| Ombre
| La mort de Marcus | | Il tenait l’épée que Gabriel avait forgé pour lui, la regardait avec admiration. Jamais vu une chose pareille. Après des siècles, encore rien qui puisse se comparer à ça.
- Tu trouvera le Clan Toreador beaucoup changé.
La voix de son Sire derrière lui.
- Je n’ai vous ai pas entendu arriver…
- J’ai marché dans l’ombre. Toujours décidé à partir ?
Marcher dans l’ombre. Décidé à partir. Est-ce qu’il était prêt ?
- Oui. Comment est-ce que je vous contacterai ?
- T’es un Lasombra, non ? Alors débrouille toi.
Marcher dans l’ombre.
Partir.
Il se tenait sur les décombres d’un entrepôt, deux anarchs à côté de lui. Les troupes du Prédicateur s’étaient pratiquement détruites d’elles mêmes. Un des anarchs le regarda.
- C’est fini ?
‘Eldin est mort’.
- Ca vient de commencer.
L’anarch le regardait.
‘Et je suis morte aussi.’
‘Alors à plus.’
- Ca vient de commencer ? Combien? Combien de soldats ?
Les soldats de Guytou. Et autres.
- Beaucoup.
Il écouta les ténèbres. Les pas des soldats rétentissaient dans les ombres comme dans l’eau : amoindris mais présentes. Ils marchent dans les ombres. Et ils ne le savent pas.
Pendant un instant, il suivit du doigt les dessins sur son épée, puis la remit dans son fourreau. Gabriel. Le Clan Toréador.
- Beaucoup changé en quoi ?
- Tu verra par toi-même.
Son Sire souriait, presque amusé.
T’es un Lasombra. Alors débrouilles toi. Un mort, deux morts, trois… il contait mentalement les ennemis tombés. Ses anarchs combattaient en silence. Il faisait pareil. Il passa de l’autre côté de la foule en frénésie. Un coup de fusil dans une épaule.
Beaucoup changés.
Il tomba, le dos contre les décombres. Un homme sur lui, il tenait une épée des deux mains, la pointait contre sa poitrine.
Il ferma les yeux. L’homme en frénésie baissa l’épée. Il le vit sourire, pendant que ce qui l’entourait s’assombrissait.
Marcher dans l’ombre.
Une ombre à l’Elyseum. Puis un homme, du sang sur sa chemise. Les mains en l’air, il fit un sourire de gamin pendant qu’il avançait vers le prince. Il arriva près de lui et s’attrapa des mains à ses épaules.
Beaucoup changé.
Il dit quelque chose, assez doucement pour que personne ne puisse l’entendre en dehors d’Abigor.
Est-ce qu'il était prêt? Gabriel. Décidé à partir.
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