1779 - Port d'Isabella - Puerto Rico
Le soleil rouge se cache à l'horizon derrière la brume naissante, acclamé par le cri des oiseaux de mer. La proue écarlate d'un navire déchire soudain ce voile blanc. Le vaisseau s'avance doucement dans la baie. A la vigie, le pavillon noir flotte sous l'effet de la brise.
Sur le pont, une foule de guerriers sanguinaires, armés et prêt à ravager une nouvelle ville, s'apprêtent à débarquer. A la barre, une femme au cheveux plus noirs qu'un corbeau (

) prépare la manoeuvre. Par dessus son pantalon de cuir, un ceinturon soutient un élégant sabre certi de pierres précieuses. Sous son veston, un simple bandeau portant des couteaux de lancer l'habille.
La
Lame Rouge une fois en position, se met à cracher le feu par ses lourds canons. Les premiers boulets fusent dans les airs avant de détruire les constructions qu'ils rencontrent. Pendant ce temps, les pirates sont déjà descendus aux canots et rament vers les quais. La jeune femme rejoint les derniers hommes quittant le navire et laisse Torgnol le Gris, son second, garder le navire.
Déjà, les cloches retentissent dans toute la ville et les canons du fort commencent à répondre. Cependant, avec le soleil couchant dans les yeux, les soldats tirent à l'aveuglette. De leur côté, l'équipage de la
Lame Rouge pénétre dans les belles maisons et les riches demeures et dépouille leurs locataires. En moins d'une heure l'attaque se termine et les pirates regagnent leur bateau , les sacs remplis d'or et d'argenterie et les bourses vides pour certains.
La nuit s'est levée entre temps et les tirs des quelques canons du fort encore en état se rapprochent dangereusement. La
Lame Rouge reprend aussitôt le large. Après avoir félicité son équipage et partagé le butin, la fougueuse capitaine rejoint sa cabine. Elle ferme la porte et va vers son bureau. Subitemment, elle stoppe net, fait volte face et lance une de ses lames qui traverse les airs en direction d'un ombre cachée dans le fond de la cabine. L'ombre se décale à une vitesse fulgurante, évitant le couteau qui se plante dans une poutre. Une voix à la fois suave et grave dit alors:
"Joli coup Veuve Noire, ou devrais je dire Aurore Silvas"
"Qui es-tu? Comment es-tu entré ici? et comment connais tu mon vrai nom?"
"Je suis le capitaine du Fury"
"LE Fury"
"Il n'y en a qu'un, et il n'y a qu'un capitaine Matio Enricas"
"Ta réputation te précède. Que me veux-tu?"
"Je suis venu te faire une proposition. Je te trouve trés compétente et cela fait tant d'années que je parcours les mers. Je cherche quelqu'un pour m'accompagner désormais et je souhaiterais que tu sois celle là. "
Matio sort alors de l'ombre, la cabine disparait soudain, ils se retrouvent tout les deux comme flottant au dessus de la mer.
"A mes côtés, tu verras plus d'or et de bijoux que tu ne pourrais espérer en voir en une seule vie."
Il lui tend alors la main, un diamant gros comme le poing entre les doigts.
"Tu seras quasiment invincible. Je te fais ce don si tu me suis."
La cabine réapparait alors.
"Il me faut ta réponse ce soir."
Elle est encore toute retournée par ce qu'elle vient de voir.
"C.. Comment as tu fais, la cabine et tout ça?"
"Suis moi et je t'apprendrai"
"Quelle est la contrepartie, ton marché me semble étrange"
"Ce n'est pas un marché, c'est une invitation. Si tu viens avec moi, tu gardera ton navire et tes hommes, mais tu devras abandonner la vie que tu connais aujourd'hui. Mais celle que je te propose brille de millions d'éclats tel ce diamant."
Elle regarde alors le diamant et réfléchit à ce qu'il vient de lui promettre. Le joyaux est lisse et froid mais sa dureté le rend presque indestructible. Si telle est la vie qu'il lui propose, elle pense que ça pourrait valoir le coup. Elle lui dit alors
"Je te suis."
"Tu me combles de joie. Cette réponse réchauffe mon coeur depuis si longtemps glacial."
Il s'approche alors d'elle, la prend par la taille puis relève ses cheveux derrière son épaule. Il commence à l'embrasser dans le cou. Son contact est froid mais son baiser est brûlant. Soudain, l'instant d'une seconde, elle sent comme une piqure dans son cou mais elle est aussitôt suivie par une sensation de douceur, comme une caresse de velour. Elle sent ensuite sa chaleur affluer vers son cou avant de le quitter lentement. Elle n'aurait jamais imaginé qu'un baiser pouvait produire autant d'effet. La tête lui tourne. Le plafond commence à devenir flou. Elle laisse tomber le diamant qui disparait avant de toucher le sol puis s'effondre. Matio la retient et la pose délicatemment sur le sol.
Il s'entaille le poignée, libérant une ru écarlate. Ce nectar se pose sur les lèvres de la jeune femme et un assoiffement soudain l'envahit. Elle boit alors à cette fontaine de vitalité, s'abreuvant de cette sève. La non-vie se met à couler dans ses veines. Elle rouvre ensuite les yeux, posant un regard nouveau sur ce monde.
Matio lui dit:
"Dorénavant, Aurore est ton ancienne vie, tu seras Crépuscule, en souvenir de cela."
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De nos jours - Banque Cantonale de Génève
"A mes côtés, tu verras plus d'or et de bijoux que tu ne pourrais espérer en voir en une seule vie.
Tu ne pensais pas si bien dire mon tendre Matio."
Crépuscule est à la porte d'un immense coffre. Des centaines de lingots d'or brillent sous ses yeux.
Au dehors, la sécurité est à la poursuite d'un voleur illusoire, petit tour de passe-passe qui la fait beaucoup rire.
"Bon, ya plus qu'à ramener ça."