| Dieu Grand Ancien
| [Quartiers : XIIIe Arrondissement] La cour des miracles | | Les enfants du XIIIe Arrondissement vont diront comment vous y rendre : leurs frères vous attendent dans les labyrinthes des tours, une batte à la main, pour vous arracher tout ce que vous avez, de la carte bancaire à vos dents d'or... Elle est sombre cette place, les rayons du soleil eux-mêmes évitent de s'y perdre. Les sentiers de bitume qui vous y mènent, se couvrent petit à petit de cartons, de tessons de bouteilles. Les maisons de bois poussent comme vous vous avancez vers elle, cris d'enfants, grognements de clochards réveillés par le bruit de vos pas. Elle vous guette, vous observe de milles yeux. La rumeur de votre venue roule avec les feuilles poussées par le vent. Puis le courant d'air revient de face, l'odeur âpre, agressive, déplaisante s'engouffre malgré vous dans vos narines. Les sentiers se rejoignent, s'écartent, franchirez-vous ce labyrinthe sans y être invité ?
Une main s'accroche à la votre. "Suivez-moi, par là vite ! On va s'occuper d'eux..." L'enfant vous écarte vers la droite, ses amis bouchent le passage à l'aide de planche de bois, les clodos se couchent en travers tandis qu'une vielle femme boîtant commence à étendre son linge encore sale. "Ils ne vous poursuivront pas ici. Trop dangereux" dit la petite fille.
Au bout de cinq longues minutes, vous arrivez dans une autre ville, sans toit, les gens jouent aux cartes à même la boue, une chapelle sert de chambre commune, la place semble grande, les contours indéfinis. Ici tout n'est que loques, repère de gangs affamés, le sol est un immense caniveau. Il vous est impossible de déterminer l'heure, la lumière n'a pas changé d'intensité depuis que vous êtes arrivés. Les gens vous saluent juste de la tête. Tous semblent savoir pourquoi vous êtes ici mais personne ne pose de question. Votre identité vous appartient car c'est la seule chose qu'il vous reste. Vous savez juste que si vous restez, vous devrez vous rendre utile... Ici il n'y a pas de lois, pas celles du reste de la ville : vous êtes dans la cour des miracles, vous êtes libre en enfer. Mais qui gère ce lieu ? C'est maintenant seulement que vous comprenez que vous n'êtes pas seul ici, le sang vous glace... Qu'y a t'il dans les profondeurs, derrières ses rideaux en lambeaux ? Dernière modification par Atlas : 15/02/2005 à 12h16. |