 |  | Confusion des sentiments (La) ZWEIG Stefan Littérature | Confusion des sentiments (La) (ZWEIG Stefan, Roman intimiste) : Fiche / Article de la section Littérature, crée sur le forum Littérature et bande dessinée (BD, livres et édition : Informations et discussions sur la littérature, la bande dessinée et ses auteurs.)  | Confusion des sentiments (La) Auteur : ZWEIG Stefan Genre : Roman intimiste
| | Rédaction : Zuka (02/08/2005) |
La Confusion des sentiments
Auteur : Stefan Zweig
Biographie : Né à Vienne, en 1881, dans une famille de la grande bourgeoisie juive, Stefan Zweig se passionne très jeune pour la poésie, la littérature et le théâtre. Ami de Rilke, de Freud, d'Emile Verhaeren, et de Romain Rolland, il est un humaniste sincère et un pacifiste très attaché à la culture européenne . L'atmosphère cosmopolite de la Vienne des Habsbourg développe chez lui le goût des voyages, et toute sa vie il parcourra les pays d'Europe, l'Amérique du Nord, le Mexique, Cuba, les Indes, Ceylan et l'Afrique... A ce pacifiste féru d'échanges intellectuels au delà des nationalités, la première guerre mondiale fait l'effet d'un traumatisme. Au lendemain de celle-ci , Zweig connaît un succès international qui jamais ne le grisera . Comme l'écrit Dominique Bona dans la biographie qu'elle lui consacre ( Stefan Zweig, l'Ami blessé) : "Au contraire de poètes imbus de leur génie et de leur personne, narcisses amoureux de leur image et de leur moindre écrit, Zweig est un artiste dont l'humilité est sincère et qui évite de s'admirer lui-même. Selon le mot de Gorki, "il ne se préfère pas". Capable de rester ouvert aux autres et d'admirer leur talent, il sera le moins égocentrique des écrivains. " Ses recueils ( Amok 1922 ; La Confusion des sentiments, 1926, Légendes ; 1931) révèlent sa maîtrise de l'analyse des sentiments troubles, des secrets dévastateurs et un regard critique sur la morale sociale. Il donne aussi des essais sur Balzac, Dickens et Dostoïevski, incarnations majeures selon lui de l'Europe culturelle ( Trois Maîtres, 1919), sur Hölderlin, Kleist et Nietzsche ( Lutte avec les démons, 1925) et aussi sur des destins sacrifiés (Marie-Antoinette, Marie Stuart, Magellan…)
En 1933, Hitler est nommé chancelier en Allemagne. C'est l'année de l'adaptation cinématographique de sa nouvelle Brûlant secret qui attise la colère des nazis. Ils ne supportent ni le livre, ni le film. Un autodafé des livres de Stefan Zweig a lieu à Berlin. Son opposition au régime hitlérien se manifeste aussi en 1934 dans son Érasme : grandeur et décadence d'une idée, qui révèle ses convictions humanistes. Cette même année, Stefan Zweig vient s'installer à Londres pour y poursuivre la préparation de sa biographie de Marie Stuart. Son séjour ne semble avoir aucun motif politique, mais bientôt l'invasion de l'Autriche par les troupes de Hitler et son annexion par l'Allemagne nazie le dissuadent de rentrer dans son pays.
En 1939, Sigmund Freud dont Stefan Zweig fut un proche, meurt à Londres ; ce dernier rédige et lit son oraison funèbre. Après un séjour à New York en 1940, Stefan Zweig s'établit au Brésil en 1941 où Il espère encore trouver la paix de l'esprit . Il rédige le Joueur d'échecs et un essai biographique sur Montaigne. En février 1942, Stefan Zweig choisit la seule issue, pour lui, à un pessimisme profond. Avec son épouse, ils s'empoisonnent ensemble : pour se soustraire à la vie sans brutalité ...
Bibliographie :
1901 les Cordes d'argent
1904 L'Amour d'Erika Ewald
1906 Guirlandes précoces, poèmes
1907 Thersite, pièce de théâtre
1910 Emile Verhaeren, essai biographique
1911 Première Expérience, (dont Brûlant Secret)
1912 La Maison au bord de la mer, pièce de théâtre
1917 Jérémie, pièce de théâtre
1920 Trois Maîtres ( essai sur Balzac, Dickens et Dostoïevski)
La Peur
1922 Amok ( dont Lettre d'une inconnue)
1925 Le Combat avec le Démon ( essai sur Kleist, Hölderin, et Nietzsche)
1926 La Confusion des sentiments
1927 Volpone,
Les heures Etoilées de l'Humanité
1928 Trois Poètes de leur vie ( essai sur Stendhal, Casanova et Tolstoï)
Joseph Fouché, essai biographique
1931 La Guérison par l'Esprit ( essai sur Freud, Mesmer et Mary Bake-Eddy)
Légendes
1932 Marie-Antoinette, biographie
1934 Vingt-quatre heures de la vie d'une femme
Erasme, biographie
1935 Marie Stuart, biographie
1936 Castellion contre Calvin, biographie
1937 Le Chandelier enterré, nouvelle
1938 Impatience du cœur
La Pitié dangereuse, roman
Magellan, biographie
1940 Amerigo, biographie
1941 Brésil, terre d'avenir, essai
1942
-
1946 Publications posthumes :
Le Monde d'hier (son autobiographie)
Le Joueur d'échec
Balzac, biographie inachevée
Montaigne, biographie inachevée
Ivresse de la métamorphose, roman inachevé
Clarissa, roman inachevé
Source : http://www.alalettre.com
L'Oeuvre : (je serais dans l'incapacité de faire aussi bien que ce que j'ai trouvé, je vous met donc le texte, suivi du lien )
Cet ouvrage n'est pas écrit sous forme de journal, mais c'est une longue évocation rétrospective : ayant reçu de ses étudiants et collègues un livre d'hommage à l'occasion de son soixantième anniversaire, un vieux professeur de philologie constate qu'il y manque une expérience vécue dans sa jeunesse, celle précisément qui fut déterminante pour sa vie entière.
Dans ce récit à la première personne, le " je " est celui de Roland, le jeune homme de 19 ans que le narrateur était à une époque désormais lointaine et qu'il s'efforce, aujourd'hui, de retrouver. L'étudiant d'alors, tout en essayant d'analyser à quoi est dû le magnétisme de son professeur de philologie, se laisse vite gagner par un sentiment passionné, où se mêlent un enthousiasme juvénile et une admiration presque filiale, et qui grandit de jour en jour jusqu'à friser l'idolâtrie.
Face à cette demande affective le professeur a un comportement tout à fait imprévisible. Tantôt il le laisse avec tendresse s'approcher de lui, parfois il le repousse avec irritation. Cette continuelle " douche froide " est ressentie par le disciple de façon très douloureuse. Elle le pousse naturellement à interpréter toutes les réactions de cet homme qui, sans conteste, est pour lui une figure paternelle. Et la conclusion à laquelle il aboutit toujours est qu'il est rejeté. L'angoisse profonde qu'il éprouve alors peut être comprise comme un mécanisme de défense contre la colère suscitée par l'injustice. Mais en même temps il aime son purgatoire. Le rapport passionné qu'il tente d'instaurer avec son " maître ", en dépit de son désespoir et de sa souffrance, se nourrit donc, en grande partie, de la fameuse Hassliebe, ce sentiment ambivalent fait d'amour et de haine, si caractéristique des adolescents. Il y a d'ailleurs quelque chose d'enfantin et de touchant dans les efforts que le jeune homme déploie pour s'identifier à un être pour qui il éprouve un désir presque fusionnel.
Malgré l'état de détresse et d'extrême confusion psychique où il se trouve, le héros commence peu à peu à concevoir des soupçons - et le lecteur avec lui, sur cet homme solitaire et énigmatique qui se dérobe perpétuellement. Et, en même temps que la souffrance, grandit aussi la certitude que cet homme cache un secret. Ce secret sera révélé à la fin de l'œuvre, à huis clos, au crépuscule, dans la pénombre et donc, on pense ici inévitablement à la cure psychanalytique - de façon que l'échange se fasse exclusivement par la parole.
Cette œuvre très forte et très émouvante, où l'attachement passionné et douloureux d'un être jeune pour un être d'âge mûr est montré à travers un double regard, celui du narrateur présent (qui a vieilli) et celui de l'acteur passé (avec son regard jeune et naïf).
Source : http://delpiano.club.fr/ONPA_Zweig_Confusion.htm#Syn
Mon avis : En fait, ce livre m'a tout simplement boulversée ...
Il est extremement bien écrit, ce qui fait que nous sommes plongés au fond de l'histoire, dans la tête même de Roland.
Zweig décrit de façon admirable la démarche qu'ont suivies les pensées de ce jeune homme, ce qui fait que nous comprenont en même temps que lui.
On a l'impression de ressentir tout ce qu'il décrit
L'auteur réussi à montrer toute la beauté qui peut résider dans un vieillard aussi bien que dans un jeune homme, il met ses protagoniste en proie à des sentiments forts et violents qu'ils ont du mal à controler.
Pour un livre court, c'est un livre très intense dont on ne sort pas indemne, loin de là ...
20/05/2008, 17h44 | #2 | | Dragon / Hydre
| Re : [Litt] La Confusion des sentiments, Stefan Zweig | | Je suis un peu tombé dessus par hasard... dans la mesure où le hasard existerait...
Le protagoniste Roland, nous raconte un épisode de sa jeunesse où il ne savait pas trop à quoi se raccrocher et comment un professeur a su déclencher en lui une passion dont il n'aurait jamais imaginé l'ampleur de la réciprocité !
Zweig décortique tous les sentiments et les pensées qui traversent ce jeune homme de 19 ans qui se cherchait et qui a croisé le chemin d'un homme peu ordinaire, un mentor.
Le thème de la passion est très bien décrit et on voit très clairement l'évolution de la relation entre les deux hommes... La passion qui les réunit initialement provoque effectivement une confusion des sentiments de part et d'autre, à cause de nombreux non-dits liés à l'époque et à la configuration de leurs situations sociales respectives.
D'un côté l'innocence ou l'ignorance de la jeunesse, de l'autre une lucidité et une frustration aigries.
La fin se devine mais les mots se succèdent et vous emmènent à une autre époque avec beaucoup de pudeur dans une prose poétique.
Jolie passion.
Edit :
La couverture qui est une reproduction d'Anton Raederscheidt, Deux hommes en bleu, correspond très bien à l'importance de cette rencontre !
Et les feutres (chapeau melon si vous préférez)me rappelle des peintures de Magritte Dernière modification par elissec : 20/05/2008 à 17h51. Motif: couverture | | | Emplacement : | Utilisateurs regardant cette discussion : 0 ( membre(s) et 0 invité(s)) | | | | Rechercher dans cette discussion | | |
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