Ravage
De Barjavel René
Genre: SF - Anticipation
Mais il ne faut pas cataloguer Barjavel comme un auteur de SF uniquement. Voilà comment il se décrit lui-même :
«
Ce qui me met, je crois, en marge de la science-fiction, c’est qu’on ne trouve jamais dans mes livres de monstres extravagants ou d’extraterrestres. Mes personnages sont toujours des êtres humains. C’est le sort des hommes, de l’espèce humaine, qui est mon souci. Je me qualifierais plutôt de fabuliste. Mes romans sont des fables dont on peut tirer une moralité. Non pas une morale, c’est-à-dire une règle de vie, mais bien une moralité, c’est-à-dire un conseil pratique».
Auteur : (wikipedia essentielement)
Il naît le 24 janvier 1911, a Nyons, dans la Drôme paysanne. Son père boulanger mobilisé pour la guerre, sa mère en remplaçante n’ayant que peu de temps à lui consacrer, l’enfant seul découvre la nature et s'émerveille de ses prodiges, se plonge dans la littérature, grandit dans l’amour d’une mère happée par le travail, et l’affection de sa cousine, Nini. Ce regard d’enfant grave dans sa mémoire des souvenirs intenses qu’il répercute dans son autobiographie
La charrette bleue. Celle-ci est avant tout l’écho de son enfance, et laisse peu de place à sa vie adulte. Il s’est attaché à ne pas en perdre la naïveté qui préserve du mal-être de l’âge adulte.
À l’école, il se montre médiocre écolier, voué à la succession de son père. Abel Boisselier, professeur de Français, remarque ses qualités dans cette matière et l’exhorte à continuer ses études en lui affirmant son intelligence. Son père ne peut les lui assurer, et le professeur en fait son protégé et le recueille. Le baccalauréat qu’il réussit en 1929 clôt ses études qu’il ne peut poursuivre, faute de moyens financiers. Il entame toute une série de petits boulots, et rencontre
Denoël au cours d’une interview, qui l’appelle à ses côtés.
Marié en 1936, père de
Renée (Nanou) et de
Jean dans les deux années qui suivent, il forge, avec les maladies qui assaillent les enfants-bébés, ses grands thèmes sur la Vie et la médecine, ceux de
La Faim du tigre.
Le manque d’argent et l’échec de
Le Diable l’emporte sont un début de rupture avec sa carrière de romancier, il s’aventure dans le
cinéma. La
tuberculose et ses lacunes financières l’empêchent de réaliser
Barabbas, pour qui Dieu ne fut qu’un temps. Adaptateur, dialoguiste, le cinéma n’en gardera pas un passage marquant, malgré son empreinte profonde dans de nombreux films, dont les
Don Camillo,
les Misérables (de Le Chanois),
les chiffonniers d’Emaüs,
le mouton à cinq pattes,
le guépard etc. Avec
La faim du tigre, il croit couronner sa carrière, le ton et la conclusion en gardent cette marque, mais c’est
Demain le Paradis, autrement plus
optimiste, qui termine l’œuvre de l’auteur qui aura vécu un formidable renouveau depuis cet essai, qui par ailleurs conserve sa place de choix.
Avec
La nuit des temps démarre, comme l’avait prévue
Olenka de Veer, sa carrière de grand écrivain. Certains thèmes reviennent fréquemment, tels que la chute de la civilisation causée par les excès de sa
science et par la
folie de la
guerre, ou encore le caractère éternel et indestructible de l'
amour (
Ravage,
Le Grand Secret,
La Nuit des temps,
Une rose au paradis.) Il se fait chroniqueur au journal du Dimanche (Les libres propos de René Barjavel, qui seront recueillies dans les «années de la lune», «les années de la liberté» et «les années de l’homme»), et parachève son œuvre dans l’esprit qui surpassera désormais toutes les inclinaisons pessimistes, celui de l’espoir.
Ildécède le 24 novembre 1985 à Paris.
Bibliographie :
- Colette à la recherche de l'amour (1934)
- Roland, le chevalier plus fort que le lion (1942)
- Ravage (1943)
- Le Voyageur imprudent (1943)
- Cinéma total (1944)
- Tarendol (1946)
- Le diable l'emporte (1948)
- Journal d'un homme simple (1951)
- Colomb de la lune (1962)
- La Faim du tigre (1966)
- La Nuit des temps (1968)
- Les Chemins de Katmandou (1969)
- Les Années de la lune (1972)
- Le Grand Secret (1973)
- Les Dames à la licorne (1974)
- Le Prince blessé (1974)
- Brigitte Bardot amie des animaux (1974)
- Les Années de la liberté (1975)
- Les Années de l'homme (1976)
- Si j'étais Dieu ... (1976)
- Les Jours du monde (1977)
- Les Fleurs, l'Amour, la Vie (1978)
- Lettre ouverte aux vivants qui veulent le rester (1978)
- Une rose au paradis (1981)
- La Charrette bleue (1981)
- La Tempête (1982)
- L'Enchanteur (1984)
- La Peau de César (1985)
- Demain le paradis (inachevé, édité de façon posthume - 1986)
L'histoire :
Paris 2052, monde futuriste où les voitures volent, où l’on se nourrit d’aliments chimiques, et où les morts sont mis sous verres dans les demeures familiales. L’électricité est omniprésent, jusqu’au jour ou LA panne arrive…et c’est un monde qui s’écroule. Rapidement la capitale ne devient plus qu’un champ de bataille. Plus de moyens de transport, plus de nourriture sans compter sur les cadavres qui commencent à pourrir derrière leur vitre, les incendies se multiplient, plus qu’une seule solution fuir. Fuir vers le sud ou la terre pourra nourrir comme dans le temps le peuple qui la cultive. Dans ce périple nous suivons François Deschamps et Blanche Rouget qui n’hésiteront pas à tuer pour survivre…
Mon avis:
Je l’ai lu (et relu) il y a maintenant bien longtemps, mais j’ai bien aimé ce livre. Barjavel nous montre avec beaucoup de pessimisme le résultat d’une panne d’électricité et ses conséquences dramatiques. En lisant on voit bien à quel point l’homme tend à dépendre (trop à mon avis) de technologies sans vraiment contrôler tous les paramètres. Par exemple l’idée de « loger » ses arrières grands parents derrières des vitres à la maison est assez morbide. De plus dès l’apparition de la panne, se sont les morts qui vont chasser les vivants, les cadavres en décomposition vont rapidement croupir de partout et polluer le peu d’eau potable qui reste. Je trouve ça assez original…mais pas très hygiénique.
Autre aspect intéressant que soulève Barjavel, c’est le coté bestial de l’homme en cas de crise majeur. François, le héros va tuer des gens pour survivre. Je ne sais pas ce que je ferais dans les mêmes circonstances mais ça laisse pensif.