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Un article interessant : Discussion sur le forum L'atelier (Créations et Arts : Expositions, informations et discussions sur les créations artistiques, graphiques et numériques.)

 
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 L'atelier : Créations et Arts
27/11/2005, 14h17 #1
Zuka 
Ombre

Zuka

Un article interessant

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La Voie du mangaka

Devenir mangaka est un métier des plus risqués qui soient. Aucun cursus précis, aucune école spécialisée. Autant dire que la quasi-totalité de cette race là est autodidacte. Quant à ceux qui parviennent à s'assurer une position dans cette dictature de la créativité, ce sont soit des génies en puissance, soit de fieffés charlatans.


De manière générale, l'apprenti mangaka est avant tout passionné par son art. Il connaît et vénère ses classiques, il gribouille depuis son plus jeune âge et peut s'être déjà fait une réputation au sein de la communauté locale de lecteurs. Passé cette étape, il se tourne vers les concours organisés par les magazines de publications hebdomadaires et en cas de réussite peut se voir enrôlé en tant qu'assistant au sein de l'équipe d'un auteur renommé, où il pourra perfectionner son trait et affiner son style. S'il est remarqué par un éditeur (en général le même qui l'emploie), il peut alors rentrer dans le monde professionnel et ses quelques 3000 membres, publier ses propres créations et espérer plus tard faire partie des 10 % de mangakas vivant de leur art. Ce parcours classique, est celui qu'on suivit des dessinateurs scénaristes comme Eiichiro Oda (One Piece) ou encore Hiroyuki Takei (Shaman King), anciens assistants de Nobuhiro Watsuki (Kenshin le Vagabond) qui a lui même travaillé sous la direction de Takeshi Obata (Hikaru no Go). Le « K2R » de Mazakazu Katsura (Video Girl Aï, D.N.A), le « Bird Studio » d'Akira Toriyama (Dr Slump, Dragon Ball) ou le « Mashroom » de Masamune Shirow (Ghost in the Shell) sont autant de studios connus pour leur remarquable travail qui ont fait la renommée de ces derniers.


C'est que le manga n'est pas l'affaire d'un seul, mais de plusieurs. C'est une industrie avant d'être un art qui repose sur la contribution conjointe de quelques 300 magazines hebdomadaires (« Young magazine », « Big Comics », « Shonen Jump », entres autres), bi-hebdomadaires (« Margaret », « Hana to Yume » et autres magazines Shôjo) et mensuels (« Asuka », « Monthly Shonen Ace », « Ultra Jump », etc.) confondus gérés à 90 % par les trois grandes maisons d'édition que sont la Kodansha (créée en 1909), la Shôgakukan (1922) et la Shûeisha (1926). Ces dernières structurent à elles seules le monde du manga : elles organisent des concours en vue de découvrir les nouveaux talents, elles créent des prix récompensant mangakas amateurs (le « Hope-Step ») comme professionnels (le « Shôgakukan » ; le « Tezuka »). Ce sont aussi elles qui par leurs choix de politique éditoriale déterminent les tendances du moment et influent indirectement sur les oeuvres des auteurs qu'elles cautionnent. Une maison comme Biblos se spécialisera dans les mangas Shojo et Yaoi - a priori destinés aux filles - tandis que la Shindôsha se tournera plus vers le Seinen -mangas pour jeunes adultes - rétro en jouant sur la nostalgie des lecteurs.


Dans ce marché rigoureusement pensé, à chaque type de manga correspond une prise en charge particulière en vue d'une plus grand efficacité. Les doujinshis (ou mangas parodiques), réalisés la plupart du temps par des dilettantes ou des mangakas amateurs paraissent dans des fanzines ou autres revues indépendantes tirant à très peu d'exemplaires. Ce sont des auteurs qui visent à se faire reconnaître par leurs paires et surtout à attirer l'attention des responsables de magazines. Les histoires courtes (ou mangas non sériels), qui sont souvent l'oeuvre de mangakas débutants encore assistants, sont publiées dans les hebdomadaires à petit tirages ou les mensuels plus importants. Les hebdomadaires à fort tirage connus à l'échelle nationale éditent quant à eux les publications des mangakas professionnels.


Du sublime au commercial

Les grandes oeuvres peuvent faire les grandes réussites, contrairement à une croyance salement répandue. Si les mangakas les plus inspirés ne font pas systématiquement grosses fortunes, leurs ouvrages empruntent presque à chaque fois le chemin qui mène au dieu Argent. Quand les grands du manga s'allient aux grands du marketing il pleut des billets dans la caisse des uns et du merveilleux dans le coeur des autres.


La particularité la plus flagrante du manga est qu'il supporte à la fois le format papier et le format vidéo, et si dans un cas la dénomination de « manga » n'est pas remise en cause, dans l'autre on parle d' « anime » (prononcer [animé]). L'anime a vu le jour sous l'impulsion conjointe du créateur véritable de l'anime, Osamu Tezuka, et de la Toei Animation, créée en 1956, qui se voulait l'équivalent japonais du studio Disney. Leur objectif était semblable : reprendre sous la forme dynamique de l'audiovisuel des histoires dont le manga constituait en quelque sorte le story-board préalable. Mais les japonais innovaient en mettant à contribution le développement du média télévisuel au service d'une oeuvre antérieure et déjà plébiscitée dont il relançait l'intérêt auprès du public. 1962 vit le premier anime programmé pour la télévision, Tetsuwan Atom (Astro le petit robot), tiré du manga phare du maître qui connaissait alors un succès retentissant. Fruit du travail acharné de son propre studio d'animation, la Mushi Production, l'anime se composait de 52 épisodes de quelques 30 minutes. Ce format idéal pour le jeune public devait devenir sous peu la norme, adoptée à chaque fois par des studios aujourd'hui célèbres comme Pierrot (Great Teacher Onizuka) ou Gainax (Neon Genesis Evangelion). Avec L'O.A.V (Original Anime Video) l'animation s'émancipa un peu plus de l'emprise du manga, car tout en conservant les mêmes personnages, elle pouvait se permettre de donner des créations originales et des intrigues nouvelles qui tout en déviant de la trame narrative du manga en conservaient l'atmosphère.


Le film d'animation fut un nouveau pas dans l'évolution du manga. Cette évolution est double. D'un côté les animes devenus cultes se sont vus reconvertis en films d'animation spécialement calibrés pour un public déjà acquis. Plus indépendant, le film se contente de mettre en scène une intrigue radicalement différente de celle du manga, s'appuyant sur de meilleurs moyens techniques pour une meilleur qualité visuelle. C'est le cas de séries comme One Piece qui a déjà trois films à son actif ou plus récemment Naruto de Masashi Kishimoto. Mais le film d'animation au sens propre et noble s'élabore dans un environnement fondamentalement autre que celui de l'animation courante et de la commercialisation d'une série. N'empruntant au manga que le formalisme du trait et de l'expressivité, le film d'animation est profondément original dans sa démarche en ceci qu'il ne se pense nullement comme un produit destiné à un public ciblé, mais comme une oeuvre à part entière et donc susceptible de toucher les plus jeunes comme les plus vieux. L'oeuvre du studio Ghibli (Princesse Mononoke, Le Tombeau des Lucioles) fondé en 1985 reste jusqu'à ce jour l'illustration la plus pertinente de cette conception artistique de l'animation dont le prestige est aujourd'hui mondialement reconnu à travers des films comme Ghost in the Shell de Mamoru Oshii, Akira de Katsuhiro Otomo ou encore Jin Roh, la brigade des loups de Hiroyuki Okiura.


Mais le succès d'un manga, à un autre niveau, se mesure aussi et avant tout à l'ampleur du marché qu'il génère, et ce marché c'est principalement celui des produits dérivés. Bandes originales, DVDs, tee-shirts, peluches, etc., l'hyper commercialisation qui s'organise autour d'un manga est de taille et répond à la demande secrète d'un nombre incalculables de fanatiques, collectionneurs et autres curieux disséminés dans le monde entier. Le phénomène s'étire jusque dans les « conventions » ou salons de Japanimation, lieu de rencontres stratégiques et privilégiées entre vendeurs, admirateurs et auteurs, où s'exposent tout un panel d'oeuvres dérivées parmi lesquels les « Art books » qui compilent les dessins libres d'un artiste autour de sa série, les jeux vidéos inspirés de l'anime ou encore les doujinshis parodiques de mangaka amateurs.


Avec et pour le peuple

Au vue de cette surexploitation, le manga peut sembler perdre en définition. S'agit-il de bande dessinée ? Est-ce du dessin animé ? Avec l'avènement de nouveaux jeux vidéos qui s'apparentent graphiquement au « style manga », le flou s'accentue considérablement. En réalité, il se pourrait bien que le manga recoupe tout le phénomène autour des publications hebdomadaires d'un feuilleton imagé. « Images dérisoires » sur le modèle des « comic strips » si chers au journaux américains, ce n'est que peu à peu qu'elles se sont mises au service d'intrigues élaborées à l'image des scenarii cinématographiques. Ainsi, dès lors qu'il paraît sous la forme d'un volume, on est déjà dans l'exploitation du manga, celui-ci n'étant à l'origine qu'une vingtaine de pages parmi mille autres matériellement destinées à être jetées une fois consommées. En intégrant le développement des médias (télévision, cinéma) et de supports audiovisuels alors émergeants (chaîne Hi-fi, magnétoscope, dvd) à sa propre élaboration, l'art du manga est parvenu à un degré de popularisation tel qu'il a contribué à la pérennisation d'une industrie aujourd'hui élevée au rang d'institution.


L'évolution du manga s'avère néanmoins problématique en ce qui concerne principalement la qualité des oeuvres. Le rationalisme industriel ayant autorisé et même cautionné la classification de la production en genres aisément identifiables afin de toucher au mieux les publics visés, il a dans le même temps favorisé la création de « formules types » qui dans bien des mangas ont fait la sanctification du commercial aux dépends de l'art même. On compte milles et un animes à la piètre qualité graphique comme visuelle, au scénario inexistant et à la mise en scène ridiculement typée qui trouvent bon nombre spectateurs et acheteurs lors de leur diffusion. Il y aurait là de quoi faire déprimer plus d'un travailleur à l'encre de chine. Fort heureusement, ces mêmes animes, dès lors qu'ils tentent de se reconvertir sur le papier échouent lamentablement sous le regard outré des lecteurs. Dans ce monde de valeurs plastiques, on pardonne à l'animation ses mosaïques pixelisées à bon marché, la main du mangaka, elle, doit être infaillible.

Anaelle Talelo


Et voilà, en faisant des recherches je suis tombée sur ça ...
Je me suis dit que je devrais peut-être vous en faire profiter, que ça en interesserait surement plus d'un ^^

source : c'est ici
Zuka est déconnecté(e)
27/11/2005, 14h23 #2
Assuran Zala 
Demi-Dieu

Assuran Zala

Re : Un article interessant

C'est super interessant tu veux dire, tout ce qui est dit est incroyablement vrai... Merci Zuka!

J'aime bien dans le premier paragraphe "quasi-totalité de cette race là est autodidacte" Ben, oui les mangakas sont des cas à part
Assuran Zala est déconnecté(e)
27/11/2005, 14h54 #3
Kenta 
Ombre

Kenta

Re : Un article interessant

J'avais déjà lus cet article, qui est, il faut bien le dire fort intéressant pour le passionné que je suis. C’est vraiment un monde a pars qui est difficilement accessible. Je trouve que c’est un don, comme l’a dit Assuran, le premier paragraphe nous le fait remarquer. Il ne suffit pas de travailler pour rentrer dans ce monde. Il faut être doué, créatif, passionné (logique) et surtout être patient car pour être reconnu dans le milieu il faut souvent du temps.
Kenta est déconnecté(e)
27/11/2005, 14h59 #4
Assuran Zala 
Demi-Dieu

Assuran Zala

Re : Un article interessant

Citation
Posté par Kenta
C’est vraiment un monde a pars qui est difficilement accessible.

Sans parler du fait que si tu n'es pas japonais, ça sera encore plus dur de te faire publier là-bas

Citation
Il ne suffit pas de travailler pour rentrer dans ce monde. Il faut être doué, créatif, passionné (logique) et surtout être patient car pour être reconnu dans le milieu il faut souvent du temps.


Quand on y arrive, parce que même ça, ça ne suffit apparement pas Le facteur chance joue pour beaucoup aussi^^ Il faut se faire repérer et etre là au bon moment.
Assuran Zala est déconnecté(e)
09/08/2006, 09h51 #5
Adibombe 
Ombre

Adibombe

Re : Un article interessant

C'est un article super interressant et très juste vus que c'est vrais que tout devient commercial et "con" ( désolé pour le mot ) alors il faut bien une exeption...le MANGA !!!! Au sens propre bien sûr, je parle des bandes dessinés, pas des animes qui sont pour beucoup pas interressant avec une histoire bidon et des dessin pas très travailler ( j'avou qu'il y a quand même des exeptions ^^ ). Mais merci Zuka pour cette article ! a+ tout le monde !!
Ps:il faut de la recherche et de la culture pour faire un bon manga.
RePs lol : HS coment vous faites pour vous mettre un avatar et une signature pliz. Merci.

Dernière modification par Adibombe : 09/08/2006 à 09h57.
Adibombe est déconnecté(e)

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