| Dieu
| [Cadre de jeu] La Vieille Ville Arabe | | Un très vieux quartier de Palma de Majorque dispose d'une grande et magnifique ouverture sur la Baie. Baignant dans les eaux nacrées, un nombre limité de yachts appartenant aux happy few s'exposent le long de la jetée du port de plaisance, qui s'étend sous les fenêtres du mythique Millenium Palace, un bâtiment moderne et réputé pour ses fêtes très jet set. Face à la mer, le quartier arabe étale ses plus beaux atours de fantaisie mauresque, lieux raffinés qui abritent quelques-unes des réussites économiques les plus distinguées de l'île, entreprises qui ont choisi d'établir leur réputation en s'offrant des bureaux pittoresques à souhait, et juste à côté de la mairie.
Le quartier s'emmêle ensuite rapidement en rues et ruelles que l'on ne peut pratiquer qu'à pied tant il y a d'escaliers et de rétrécissements, et surtout de monde à toute heure du jour et de la nuit, autochtones et touristes pour une fois mélangés au milieu des boutiques artisanales. Le piéton se rend d'ailleurs rapidement compte que toutes les rues mènent vers la mosquée vénérable, dotée depuis l'indépendance de Majorque de son muezzin, après des siècles de tractations stériles avec l'administration espagnole. A mesure que les murs se rapprochent, l'atmosphère devient aussi plus intime et propice à la discrétion qui couvre ainsi avantageusement certaines activités douteuses. Curieusement, l'odeur repoussante habituellement rencontrée dans ce type de labyrinthes citadins est absente, tenue en respect sans doute par l'admirable conception des égoûts mis en place par les arabes au temps de leur domination sur Majorque.
La nuit les touristes se cantonnent au front de mer, naviguant de bars en discothèques, se gardant bien d'aller se perdre dans les passages sombres où l'on ne croise plus que des hommes basanés arpentant leur territoire babouches aux pieds, discutant bruyamment dans leur sabir mêlé d'arabe, d'espagnol et d'autres langues aux consonnances étranges. Des silhouettes se glissent par une porte, écartent un rideau, passent des cours et des ruelles et disparaissent rapidement, échappant facilement à l'observateur le plus aguerri. Le quartier veille jalousement sur ses mystères... Dernière modification par Nany : 13/01/2006 à 10h50. |