 |  | [Poésie] Les poèmes qui vous ont touchés Section : Littérature et bande dessinée BD, livres et édition | [Poésie] Les poèmes qui vous ont touchés : Discussion sur le forum Littérature et bande dessinée (BD, livres et édition : Informations et discussions sur la littérature, la bande dessinée et ses auteurs.) 24/06/2005, 22h08 | #31 | | Ombre
| Re : [Poésie] Les poèmes qui vous ont touchés | | Ben pour moi c'est Paul Eluard :
La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu
C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.
Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,
Parfums éclos d'une couvée d'aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l'innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.
Paul Eluard (1895-1952), extrait de Capitale de la douleur.
Je ne sais pas si je peux dire que c'est mon préféré étant un lecteur pas très enclin à lire de la poésie^^, mais c'est le poême le plus récent qui m'a marqué
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25/06/2005, 10h34 | #32 | | Titanide
| Re : [Poésie] Les poèmes qui vous ont touchés | | des poèmes qui m'ont marqué c'est ceux que j'ai pu lire il y a au moins 10 ans dans le roman de dan simons "hypérion"... c'est le genre de textes qu'on a envi de lire à haute voix ! j'aime bien leur côté un peu morbide et mystérieux...
"Nulle odeur de mort , il n'y aura nulle mort.
Pleure donc , Pleure Cybele, car tes pernicieux bébés ont transformé un dieu en un agité sans pouvoir.
Pleurez aussi , mes frères, pleurez car j' ai perdu mes forces...
Faible comme le roseau...oui si faible...et sans voix...
Plus rien que la douleur, la douleur et la faiblesse.
Pleurez, O Pleurez car je n'ai pas encore fini de me réchauffer..."
"Sans autre script et accessoire que ma propre faible mortalité , je portais le poids de cette quiétude éternelle, la fixité morose et la triple forme inchangée, pesant sur mes sens d'une lune entière.
Dans mon cerveau brûlant assurement j'en mesurai les saisons d'argent hébergées par la nuit.
Chaque jour me voyant plus pâle et plus blème ( souvent, avec ferveur, je priais que la mort veuille bien m'arrcher à cette vallée des larmes et à tous ses fardeaux), haletant de desespoir, appelant le changement, heure après heure, je me maudissais...[...]
je vis alors un visage livide, non encore transfixé par le desespoir humain
Mais blanchi par une aveuglante maladie d'immortalité qui ne tue point.
Elle opère de continuels changements
Que ne peut interrompre une fin bienheureuse.
Cheminant pas à pas vers la mort sans mourrir,
le visage était au delà du lis et de la neige.
Plus loin , je n'ose imaginer, bien que j'ai longtemps contemplé son profil..." | | |
24/08/2005, 23h38 | #33 | | Griffon
| Re : [Poésie] Les poèmes qui vous ont touchés | | Un poème que je trouve excellent à cause du nombre d'interprétations possibles avec si peu de mots :
Chantre
Et l'unique cordeau des trompettes marines Guillaume Apollinaire
Non j'ai rien oubliée  | | |
26/08/2005, 12h53 | #44 | | Ombre
| Re : [Poésie] Les poèmes qui vous ont touchés | | Et hop, un autre de Baudelaire 
Avant de le lire je n'aimais pas la poésie, c'est le premier poème que j'ai lu qui m'ait vraiment touché.
Spleen et Idéal XXVII (sans titre) :
Avec ses vêtements ondoyants et nacrés,
Même quand elle marche on croirait qu'elle danse,
Comme ces longs serpents que les jongleurs sacrés
Au bout de leurs bâtons agitent en cadence.
Comme le sable morne et l'azur des déserts,
Insensibles tous deux à l'humaine souffrance
Comme les longs réseaux de la houle des mers
Elle se développe avec indifférence.
Ses yeux polis sont faits de minéraux charmants,
Et dans cette nature étrange et symbolique
Où l'ange inviolé se mêle au sphinx antique,
Où tout n'est qu'or, acier, lumière et diamants,
Resplendit à jamais, comme un astre inutile,
La froide majesté de la femme stérile. | | |
01/09/2005, 10h17 | #45 | | Manticore
| Re : [Poésie] Les poèmes qui vous ont touchés | | Bon alors j'ai vu que mon poème préféré avait déjà été mis par tarja que je remercies infiniment pour avoir commencer par ce magnifique poème de Rimbaud qui comme toujours me chavire les sens.
Que mettre maintenant lool :
Recueillement
Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir; il descend; le voici:
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.
Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma Douleur, donne-moi la main; viens par ici,
Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant;
Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et comme un long linceul, traînant vers l'Orient,
Entends, ma Chère, entends la douce Nuit qui marche.
Charles Baudelaire
Peut-être parce que ces vers m'ont toujours obsédé, obssedant mon esprit :
Sensation
Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue:
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien:
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, - heureux comme avec une femme.
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