 |  | [Poésie] Les poèmes qui vous ont touchés Section : Littérature et bande dessinée BD, livres et édition | [Poésie] Les poèmes qui vous ont touchés : Discussion sur le forum Littérature et bande dessinée (BD, livres et édition : Informations et discussions sur la littérature, la bande dessinée et ses auteurs.) 01/09/2005, 11h49 | #46 | | Dieu supérieur
| Re : [Poésie] Les poèmes qui vous ont touchés | |  | Citation |  |
| |  | Posté par Corbeau |  |
| |
| | | | EL DESDICHADO
Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé,
Le Prince d'Aquitaine à la Tour abolie :
Ma seule Etoile est morte, - et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.
Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m'as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le Pampre à la Rose s'allie.
Suis-je Amour ou Phébus ?... Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
J'ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène...
Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.
Nerval
Il parle de lui même... | |  | |  |
|
Je viens de le relire... Et je crois que je l'ai enfin compris !!! En tous cas, je l'apprécie pour la première fois
 | Citation |  |
| |  | Posté par gabriel de lioncourt |  |
| |
| | | | Bon alors j'ai vu que mon poème préféré avait déjà été mis par Tarja que je remercies infiniment pour avoir commencer par ce magnifique poème de Rimbaud qui comme toujours me chavire les sens. | |  | |  |
|
De rien ! Je suis content que ca te fasse plaisir. Et tu connais le tableau d'Ophelia qui est au Louvre ? Je le trouve aussi manifique que le poème. la dernière fois, je suis resté 20 minutes devant  Je te le conseille vraiment !
Sinon le poème de Rimbeau " Sensation" est pour moi un pur poème de macho idéaliste et reflète parfaitement le caractère de Rimbeau à son âge (14-16 ans il me semble) Il me rappelle une réplique de film qui dit qu'une bonne blanquette de veau bien cuite est mille fois plus appréciable qu'une femme  | | |
01/09/2005, 18h26 | #48 | | Dieu supérieur
| Re : [Poésie] Les poèmes qui vous ont touchés | | Moi je fait référence à ce tableau. Désolé, j'avais oublié qu'il y avait plusieurs Ophélia au Louvres. Celui-ci s'appelle La Jeune Martyre par P. Delaroche en 1855.
Pour moi, c'est le plus proche du poème de Rimbeau. Ce tableau est, je trouve, immensemment reposant. Les couleurs sont extraordinaires. Si on fait référence au poème, pour moi le gars en haut serait le poète qui voit le fantome de la jeune fille.
Je suis absoluement... pas boulversé mais... séduit par la pureté du visage et des mains. Elle est paisible dans la mort : libre. Justement comme le dit Rimbeau. Elle est portée par la rivière qui, j'ai l'impression, l'emmène vers la mer. Ce tableau me trouble beaucoup.
Tarja... qui vient de se faire une introspection pour décripter ses sentiments... pas facile pour un gars
EDIT : Je viens de m'apercevoir que j'ai pas répondu à la question.
Qu'est ce que représente pour moi cette femme ? C'est compliqué ca comme question. D'ailleurs, je ne me la suis jamais posée.
Je pense que, si elle devait représenter quelque chose pour moi, la jeune Ophélia serait "l'enfance" en chacun de nous. | | Dernière modification par Tarja : 01/09/2005 à 18h50. | | |
21/09/2005, 22h33 | #49 | | Minotaure
| Re : [Poésie] Les poèmes qui vous ont touchés | | Hum... 'oiiiiiilà... j'avais pas vu de topic poésie et donc j'avais jeté ça au hasard dans le forum, mais le voici donc enfin placé au bon endroit. Du coup, ça n'a forcément rien à voir avec tout ce qui a pu précéder.
Je suis tombé sur ça aujourd'hui plutôt par hasard. J'ai aimé. Je voulais vous le faire partager.
Le hic c'était qu'c'était en anglais. Mais bon, j'a rentré chez moi et j'a traduit comme j'a pu.
Velà la bête, en anglishe d'abord, quand même, puis après seulement en franchouillard :
*Wild Geese*
You do not have to be good.
You do not have to walk on your knees
for a hundred miles through the desert, repenting.
You only have to let the soft animal of your body
love what it loves.
Tell me about despair, yours, and I will tell you mine.
Meanwhile the world goes on.
Meanwhile the sun and the clear pebbles of the rain
are moving across the landscapes,
over the prairies and the deep trees,
the mountains and the rivers.
Meanwhile the wild geese, high in the clean blue air,
are heading home again.
Whoever you are, no matter how lonely,
the world offers itself to your imagination,
calls to you like the wild geese, harsh and exciting--
over and over announcing your place
in the family of things.
(c) Mary Oliver. Online Source < http://www.frii.com/~parrot/joy/poem2.html>
---
*Oies sauvages*
Tu n'es pas obligé d'être bon.
Tu n'es pas obligé de marcher sur tes genoux
sur des centaines de kilomètres dans le désert, en repentir.
Tu dois seulement laisser le doux animal de ton corps
aimer ce qu'il aime.
Parle-moi de désespoir, du tien, et je te parlerai du mien.
Tandis que le monde poursuit son chemin.
Tandis que le soleil et les billes claires de la pluie
se meuvent à travers les paysages,
au-delà des prairies et des arbres profonds,
les montagnes et les rivières.
Tandis que les oies sauvages, là-haut dans l'air bleu limpide,
se dirigent à nouveau vers chez elles.
Qui que tu sois, aussi seul sois-tu,
le monde s'offre à ton imagination,
te lance des appels comme les oies sauvages, durs et excitants--
anonçant encore et encore ta place
dans la famille des choses.
'oilà. Je suis pas cent pour cent certain d'avoir tout à fait transmis ce que l'auteur (ou l'auteure) espérait, mais j'ai fait de mon mieux. Je la connais pas, donc j'aurais du mal à vous en parler, mais y a un lien plus haut (entre les deux versions) vers un autre site où ils en parlent sommairement.
...m'enfin comme c'est encore en anglais et qu'on peut compter sur personne mieux que sur soi-même pour ce genre de truc, je m'en vais vous traduire ça aussi. Comme ça au moins je le lirais...
Si quelqu'un suggère mieux, comme traduction, lâchez-vous... Pis sinon, y a pas de secret: le top ça reste encore d'apprendre l'anglais, hein. ^_^
Donc bon... Kétsétsé kya marqué là-bas sur l'ôt site là ?
Vé, ben donc y paraîtrait que la Mary Oliver aurait gagné le prix Pulitzer et la National Book Award (allez, un p'tit effort... "MTV Awards", c'est un bon indice ?) pour ses poèmes, et non content de ça, ça searait aussi une prof au à l'Université Bennignton (ou Bennington Collège) dans le Vermont ...et là je suis super pas sûr mais il me semble que c'est soit au Canada, soit pas loin du Canada, ...soit complètement ailleurs. :o)
Et sur ce, je m'en vais profiter du fait que je suis un tant soit peu pompette pour aller méditer devant mon écran et tenter de mettre bas un poème de mon propre cru, parce que je suis vaguement d'humeur, ce qui m'a pas pris depuis un bon p'tit moment.
Oh yeah. | | |
22/09/2005, 19h16 | #50 | | Minotaure
| Re : [Poésie] Les poèmes qui vous ont touchés | | Et c'est un double-post ! Oh yeahhhhr...
Bah, il en fallait bien un premier, et c'est un bon endroit pour ça. :o)
Donc, autre poème qui s'est perdu en chemin et a atteri par hasard dans ma boîte mail et qui m'a suffisamment parlé pour que je le placarde ici.
Encore en anglais... puis traduit comme je le pouvais en français...
---
Please Call Me By My True Names
By Thich Nhat Hanh
Don't say that I will depart tomorrow-
even today I am still arriving.
Look deeply: every second I am arriving
to be a bud on a Spring branch,
to be a tiny bird, with still-fragile wings,
learning to sing in my new nest,
to be a caterpillar in the heart of a flower,
to be a jewel hiding itself in a stone.
I still arrive,
in order to laugh and to cry,
to fear and to hope.
The rhythm of my heart
is the birth and death of all that is alive.
I am a mayfly metamorphosing
on the surface of the river.
And I am the bird
that swoops down to swallow the mayfly.
I am a frog swimming happily
in the clear water of a pond.
And I am the grass-snake
that silently feeds itself on the frog.
I am the child in Uganda, all skin and bones,
my legs as thin as bamboo sticks.
And I am the arms merchant,
selling deadly weapons to Uganda.
I am the twelve-year-old girl,
refugee on a small boat,
who throws herself into the ocean
after being raped by a sea pirate.
And I am the pirate,
my heart not yet capable of seeing and loving.
I am a member of the politburo,
with plenty of power in my hands.
And I am the man who has to pay
his "debt of blood" to my people
dying slowly in a forced-labor camp.
My joy is like Spring, so warm
it makes flowers bloom all over the Earth.
My pain is like a river of tears,
so vast it fills the four oceans.
Please call me by my true names,
so I can hear all my cries and laughter at once,
so I can see that my joy and pain are one.
Please call me by my true names,
so I can wake up
and the door of my heart
can be left open,
the door of compassion.
From Call Me By My True Names, The Collected Poems of Thich Nhat Hanh, available from Parallax Press
---
Appelle-moi donc par mes vrais noms
De Thich Nhat Hanh
Ne dites pas, je serai parti demain,
car je ne cesse de naître, aujourd’hui encore.
Regardez en profondeur : je nais à chaque seconde
bourgeon sur une branche printanière,
oisillon aux ailes encore fragiles,
apprenant à chanter dans mon nouveau nid,
chenille au coeur d’une fleur ;
bijou caché dans une pierre.
Je ne cesse de naître, pour rire et pour pleurer ; pour craindre et pour espérer :
Mon coeur est rythmé par la naissance et
la mort de tout ce qui est vivant.
Je suis l’éphémère se métamorphosant sur l’eau de la rivière,
et je suis l’oiseau qui, au printemps, naît juste à temps pour manger l’éphémère.
Je suis la grenouille nageant heureuse dans la mare claire,
Et je suis l’orvet approchant en silence pour se nourrir de la grenouille.
Je suis l’enfant d’Ouganda, décharné, squelettique,
aux jambes pareilles à des bambous fragiles,
et je suis le marchand d’armes vendant des armes meurtrières à l’Ouganda.
Je suis la fillette de douze ans, réfugiée sur une frêle embarcation,
Se jetant à l’eau pour avoir été violée par un pirate,
et je suis le pirate, au coeur incapable encore de voir et d’aimer :
Je suis un membre du Politburo,
et je suis l’homme qui doit acquitter sa "dette de sang " envers mon peuple,
mourant lentement aux travaux forcés.
Ma joie est comme le printemps, chaude,
au point d’épanouir des fleurs en tout mode de vie.
Ma peine forme une rivière de larmes, débordante,
au point d’emplir les quatre océans.
S’il vous plaît, appelez-moi par mes vrais noms,
Que j’entende ensemble mes cris et mes rires,
Que je voie ma joie mais aussi ma peine.
Appelez-moi, s’il vous plaît, par mes vrais noms,
Que je m’éveille, et ouvre pour toujours la porte de mon cœur,
la porte de la compassion.
Extrait de Call Me By My True Names, The Collected Poems of Thich Nhat Hanh, disponible chez Parallax Press Dernière modification par Fairyhacker : 01/04/2006 à 11h19. Motif: j'ai trouvé une meilleure traduction existante que celle - très aproximative - que j'avais produite moi-même | | |
26/09/2005, 16h36 | #51 | | Minotaure
| Re : [Poésie] Les poèmes qui vous ont touchés | | Et de trois... mais un français bien français , cette fois !
Et un poète qu'il en a...!
Lisez-donc à haute voix, et découvrez - si vous n'connaissiez pas - Gaston Couté !
Mmmmh... si z'êtes sensibles, je préviens que c'est du dur et du triste. J'ai découvert ça hier parce qu'un pote l'a mis en chanson, sur un air d'accordéon - air assez joyeux, voire même bouffon, pour un contraste très réussi... et on a chanté, et on a pleuré (...'fin pas vraiment, mais on aurait pu ).
LES PETITS CHATS
Hier, la chatt' gris' dans un p'quit coin
D' nout' guernier, su' eun' botte de foin,
Alle avait am'né troués p'quits chats ;
Coumm' j'pouvais pas nourri' tout ça,
J' les ai pris d'eun' pougné' tertous
En leu-z-y attachant eun' grouss' piarre au cou.
Pis j' m'ai mis en rout' pour l'étang ;
Eun' foués là, j' les ai foutus d'dans ;
Ça a fait : ppllouff!... L'ieau a grouillé,
Et pis pus ren !... Ils 'tin néyés...
Et j'sé r'parti, chantant coumm' ça :
"C'est la pauv' chatt' gris' qu'a pardu ses chats. "
En m'en allant, j'ai rencontré
Eun' fill' qu'était en train d' pleurer,
Tout' peineuse et toute en haillons,
Et qui portait deux baluchons.
L'un en main ! c'était queuqu's habits ;
L'autr', c'était son vent'e oùsqu'était son p'quit !
Et j'y ai dit : "Fill', c'est pas tout ça ;
Quand t'auras ton drôl' su' les bras,
Coumment don' qu'tu f'ras pour l'él'ver,
Toué qu'as seul'ment pas d' quoué bouffer?
Et, quand mêm' que tu l'élév'rais,
En t' saignant des quat' vein's... et pis après ?
Enfant d' peineuse, i' s'rait peineux ;
Et quoiqu'i fasse i' s'rait des ceux
Qui sont contribuab's et soldats...
Et, - par la tête ou par les bras
ou par... n'importe ben par où ! -
I' s'rait eun outil des ceux qu'a des sous.
Et p't-êt qu'un jour, lassé d' subi'
La vie et ses tristes fourbis,
I' s'en irait se j'ter à l'ieau
Ou s'foutrait eun' balle dans la pieau,
Ou dans un bois i' s'accroch'trait
Ou dans un "cintiéme" i' s'asphysquerait.
Pisqu' tu peux l'empêcher d' souffri,
Ton pequiot qu'est tout prêt à v'ni,
Fill', pourquoué don' qu' tu n' le f'rais pas ?
Tu voués : l'étang est à deux pas.
Eh ! bien, sitout qu' ton p'quiot vienra,
Pauv' fill', envoueill'-le r'trouver mes p'tits chats !... "
---
Un mot sur cet auteur méconnu dont le nom orne tout de même quelques rues :
 | Citation |  |
| | |
| | | | Ce petit gars maigriot, aux regards de flamme, aux lèvres pincées, était un grand poète. Il allait chantant les gueux des villes et des champs, dans son jargon savoureux, avec son inimitable accent du terroir. Il flagellait les tartuferies, magnifiait les misères, pleurait sur les réprouvés et sonnait le tocsin des révoltes.
Un grand poète, vous dit-on
Adieu de Victor Méric | |  | |  |
|
Mais z'auriez trouvé ce même passage, ainsi que tous les textes de notre homme, et bien d'autres choses encore, sur le site que voici : http://gastoncoute.free.fr/
Un autre genre de poésie que ce qu'on a l'habitude de voir en cours, c'est le moins qu'on puisse dire... :o)
| | |
05/10/2005, 23h13 | #52 | | Minotaure
| Re : [Poésie] Les poèmes qui vous ont touchés | | Bon... y a un moment où ça ne dépend vraiment plus de moi de faire des doubles-(ou-quadruples-)posts.
Quoi ! Personne n'aurait de poèmes à faire partager ? Je rappelle à tout hasard et en guise d'encouragement que les paroles de chansons sont des poèmes aussi, hein. Enfin je sais pas quoi, mais quand même... ^^
Bon. Que cela n'empêche.
Vu que j'ai posté sur le comptoir un mess sur spectacle du Hors Humain, voici un de ses "poèmes" - un de ses courts écrits, en tout cas.
---
OYEZ OYEZ
Voici pourquoi j'ai pris le risque insensé
Mais ô combien nourrissant
D'écrire ce livre réflexe
En touches d'adrénaline
Je n'avais pas le choix de mes appels nocturnes
De mes appels en mal de peau
Si reconnaissante à la haine
Si imperméable aux légendes
Qu'elle en devient étreinte de malchance
Je vous en prie
Approchez-vous de mes mots réflecteurs
Humanité
Complaisante d'humanité
Je vous accuse de la mort hâtive de mes Dieux
Cela devait être dit
Pour cela
Et plus encore
Il est interdit d'être des civils innocents
La grande faillite est ouverte
Je vous l'explique comme la chasse au gros gibier
D'autres mondes inconcevables
Dégueulent sur vos marches trop lisses de certitude
Malgré la pertinence mensongère des chaperonneurs du monde
Les éternités se ferment à l'homme du trop penser
Cancer
Qui accable les cerveaux rongés de surcharge
Mais voilà
D'autres puissances déboulent en urgence
L'espèce incroyable à bâbord pointe le nez
La métamorphose bat son plein dans les cellules d'un ailleurs
Oyez Oyez
Il est interdit d'être des civils innocents
Autre avènement
L'humanité est chassée des grandes banlieues stellaires
Trop d'emmerdements m'a-t-on dit
La grande peur orchestrée fait les grandes rivières
Cela est intolérable
Les morts sortent de leurs lits
Point trop n'en faut
A l'heure
Où la science scalpe les bateleurs d'âme en esprit confit
A l'heure
Où les religions se saignent d'un trop-plein d'amour
A l'heure
Où la morale conservée en bonnes manières dans les bocaux du gâtisme Renaît de ses dégénérescences curieuses
Je hurle
Et empeste sur tous les toits
Il est interdit
D'être des civils innocents.
©Le Hors Humain,1996 | | |
18/10/2005, 21h48 | #53 | | Minotaure
| Re : [Poésie] Les poèmes qui vous ont touchés | | Et de cinq, donc, puisque c'est ainsi... Très puissant, je trouve ! Déniché dans un recueil amateur, mais pas amateur du tout, celui-ci.
---
BARBAREURS
Cette virtéalité ne conrien pas d'imots ossez forts
Pour décririer l'horrageur abscène de la guorre !
Il ne faut pas troublier, juste construgir,
Avec émovement, apprengesse, sans se solitarir,
Ca fait beaucup de concepts por les bournobles de notre épunk
Les relifieux, fanassins, aux dislongs pathérétiques,
Enbut, j'exurte à vous faire compendre l'inexsticable
Par l'assence même du verpillage inextangible
Insonsé, ellogique de l'habzurde, exorcice
De stèle juste pour rare des milheurs de notre mondice
Implement vivre le prafur, sans tomps qui plisse
Etre lettre morte, et s'inventiler en phrises sous-réalisses
Cosser les malles que fabrime la fature huvaine
Créter son unibleu dans l'instase illumaine
Poncez de moi que je suis dragé ou drangé
Vous aurez tujours une par punique du trangé
Lyor
---
[NB: J'ai fait de mon mieux pour relire et laisser toutes les spécificités orthographiques qui figuraient déjà dans le poème et seulement celles-là, mais comme le texte est vraiment orthographié de façon particulière je ne peux qu'espérer que mon attention réhaussée aura suffit]
EDIT : n'avais oublié de préciser ne nom du recueil en question - soul poetry [volume un] - et ne site du Lyor en question, apparemment un slameur assez reconnu : www.129h.com Dernière modification par Fairyhacker : 19/10/2005 à 00h12. | | |
28/10/2005, 21h59 | #55 | | Ombre
| Re : [Poésie] Les poèmes qui vous ont touchés | |  | Citation |  |
| | |
| | | | Sinon le poème de Rimbeau "Sensation" est pour moi un pur poème de macho idéaliste et reflète parfaitement le caractère de Rimbeau à son âge (14-16 ans il me semble) Il me rappelle une réplique de film qui dit qu'une bonne blanquette de veau bien cuite est mille fois plus appréciable qu'une femme | |  | |  |
|
Jvoudrais juste souligner, que Rimbaud preferait sans doute effectivement la blanquette puisqu'il n'aimait pas les femmes, mais bon...
Sinon j'adore le lac de Lamartine mais il est déjà cité.
Lautréamont aussi mais c'est un peu long à citer
Mandoline (Verlaine)
Les donneurs de sérénades
Et les belles écouteuses
Echangent des propos fades
Sous les ramures chanteuses.
C'est Tircis et c'est Aminte,
Et c'est l'éternel Clitandre,
Et c'est Damis qui pour mainte
Cruelle fait maint vers tendre.
Leurs courtes vestes de soie,
Leurs longues robes à queues,
Leur élégance, leur joie
Et leurs molles ombres bleues
Tourbillonnent dans l'extase
D'une lune rose et grise,
Et la mandoline jase
Parmi les frissons de brise.
A Clymène ( Verlaine)
Mystiques barcarolles,
Romances sans paroles,
Chère, puisque tes yeux,
Couleur des cieux,
Puisque ta voix, étrange
Vision qui dérange
Et trouble l'horizon
De ma raison,
Puisque l'arôme insigne
De ta pâleur de cygne
Et puisque la candeur
De ton odeur,
Ah ! puisque tout ton être,
Musique qui pénètre,
Nimbes d'anges défunts,
Tons et parfums,
A, sur d'almes cadences
En ses correspondances
Induit mon coeur subtil,
Ainsi soit-il !
Magnitudo parvi (victor hugo -extrait-)
Le jour mourait ; j'étais près des mers, sur la grève.
Je tenais par la main ma fille, enfant qui rêve,
Jeune esprit qui se tait !
La terre, s'inclinant comme un vaisseau qui sombre,
En tournant dans l'espace allait plongeant dans l'ombre ;
La pâle nuit montait.
La pâle nuit levait son front dans les nuées ;
Les choses s'effaçaient, blêmes, diminuées,
Sans forme et sans couleur ;
Quand il monte de l'ombre, il tombe de la cendre ;
On sentait à la fois la tristesse descendre
Et monter la douleur.
Ceux dont les yeux pensifs contemplent la nature
Voyaient l'urne d'en haut, vague rondeur obscure,
Se pencher dans les cieux,
Et verser sur les monts, sur les campagnes blondes,
Et sur les flots confus pleins de rumeurs profondes,
Le soir silencieux !
Les nuages rampaient le long des promontoires ;
Mon âme, où se mêlaient ces ombres et ces gloires,
Sentait confusément
De tout cet océan, de toute cette terre,
Sortir sous l'oeil de Dieu je ne sais quoi d'austère,
D'auguste et de charmant ! | | |
29/10/2005, 19h17 | #58 | | Exilé
| Re : [Poésie] Les poèmes qui vous ont touchés | | personnellement je n'ai jamais réussi à accrocher aux poèmes...parce que dans l'ensemble on revient toujours au mème genre...
il n'y a qu'un poème qui m'ait vraiment touché,c'est un poème des Contemplations de Victor Hugo...
il y racontait son retour d'exil pour pouvoir se rendre sur la tombe de sa fille,léopoldins (je crois que c'est son nom..)qui était morte pendant la période d'exil de son père lord d'une balade sur la Seine...la barque a eu un problème et son mari (je crois que lui aussi n'a pas survécu...il a plongé et replonger mais il n'a pu remonter son épouse engoncée dans sa lourde robe à cerceaux...)et elle se sont noyés...
ce poème m'avait vraiment touchée à l'époque...et il faut vraiment en être capable...il dégageait un véritable parfum de mélancolie...je serais incapable de me remémorer autre chose qu'une partie du dernier vers
je vous le mets parce qu'il ne faut pas passer à coté...pourtant c'est un poème très simple...rien qui se veuille digne de l'Illiade ou de l'Odyssée...
pour moi ,les choses les plus simples sont apparemment les meilleures...
"Demain, dès l'aube"
Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit. Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
valà...il me rend toujours aussi triste près de 8 ans après... Dernière modification par lolipopo : 29/10/2005 à 19h22. | | |
Emplacement : | Utilisateurs regardant cette discussion : 0 ( membre(s) et 0 invité(s)) | | | | Rechercher dans cette discussion | | |
|
|
|