 |  | [Poésie] Les poèmes qui vous ont touchés Section : Littérature et bande dessinée BD, livres et édition | [Poésie] Les poèmes qui vous ont touchés : Discussion sur le forum Littérature et bande dessinée (BD, livres et édition : Informations et discussions sur la littérature, la bande dessinée et ses auteurs.) 12/02/2006, 16h26 | #76 | | Demi-Déesse
| Re : [Poésie] Les poèmes qui vous ont touchés | | Je crois que je ne vais pas pouvoir m'empêcher de vous faire partager ce magnifique poème de Francisco de Quevedo grand poète espagnol du siècle d'or! Je le met dans sa version originale sinon le sonnet perd tout son charme! Ne vous inquiétez pas il n'est pas très dur à comprendre:
Definiendo el amor
Es hielo abrasador, es fuego helado,
es herida, que duele y no se siente,
es un soñado bien, un mal presente,
es un breve descanso muy cansado.
Es un descuido, que nos da cuidado,
un cobarde, con nombre de valiento,
un andar solitario entre la gente,
una amar solamente son amado.
Es una libertad encarcelada,
que dura hasta el postrero paroxismo,
enfermedad que crece si es curada.
Este es el niño Amor, éste es tu abismo:
mirad cuàl amistad tendrá con nada,
el que en todo es contrario de sí mismo.
Francisco de Quevedo | | |
16/02/2006, 10h32 | #79 | | Manticore
| Re : [Poésie] Les poèmes qui vous ont touchés | | Voilà un poème en anglais. Un poème qui m'a énormément touchée, Joyce Carol Oates me le fit découvrir dans Délicieuses pourritures.
Medlars and Sorb-apples
D.H. Lawrence
I love you, rotten,
Delicious rottenness.
I love to suck you out from your skins
So brown and soft and coming suave,
So morbid, as the Italians say.
What a rare, powerful, reminiscent flavour
Comes out of your falling through the stages of decay:
Stream within stream.
Something of the same flavour as Syracusan muscat wine
Or vulgar Marsala.
Though even the word Marsala will smack of preciosity
Soon in the pussyfoot West.
What is it?
What is it, in the grape turning raisin,
In the medlar, in the sorb-apple,
Wineskins of brown morbidity,
Autumnal excrementa;
What is it that reminds us of white gods?
Gods nude as blanched nut-kernels,
Strangely, half-sinisterly flesh-fragrant
As if with sweat,
And drenched with mystery.
Sorb-apples, medlars with dead crowns.
I say, wonderful are the hellish experiences,
Orphic, delicate
Dionysos of the Underworld.
A kiss, and a spasm of farewell, a moment's orgasm of
rupture,
Then along the damp road alone, till the next turning.
And there, a new partner, a new parting, a new unfusing
into twain,
A new gasp of further isolation,
A new intoxication of loneliness, among decaying, frost-cold
leaves.
Going down the strange lanes of hell, more and more
intensely alone,
The fibres of the heart parting one after the other
And yet the soul continuing, naked-footed, ever more vividly
embodied
Like a flame blown whiter and whiter
In a deeper and deeper darkness
Ever more exquisite, distilled in separation.
So, in the strange retorts of medlars and sorb-apples
The distilled essence of hell.
The exquisite odour of leave-taking.
Jamque vale!
Orpheus, and the winding, leaf-clogged, silent lanes of hell.
Each soul departing with its own isolation,
Strangest of all strange companions,
And best.
Medlars, sorb-apples,
More than sweet
Flux of autumn
Sucked out of your empty bladders
And sipped down, perhaps, with a sip of Marsala
So that the rambling, sky-dropped grape can add its savour
to yours,
Orphic farewell, and farewell, and farewell
And the ego sum of Dionysos
The sono io of perfect drunkenness
Intoxication of final loneliness.
Bon alors j'espére que vous tenez pas vraiment à ce que j'en fasse une traduction parce que sinon cela risque de me prendre beauuuuuucoup de temps. Dernière modification par Nyx : 23/02/2006 à 18h12. | | |
05/03/2006, 11h14 | #81 | | Ombre
| Le Petit Chat Est Mort...... | | Le petit chat est mort…
Il est tombé du toit, m’a dit l’ami Renaud..
il a abandonné sa place sur mon piano
et moi,j’ai plus envie de jouer des concertos,
taquiner les marteaux, sans mon p’tit Domino.
Avant de faire sa fugue, il aimait en cadence
Accompagné mes notes, et en tout élégance ;
Miauler un air de Brahms de Ludwig ou de Franz,
Ou sur un tcha tcha tcha en simuler la danse..
Pourquoi est-il parti mon plus fidèle allié ?
Qui vais-je caresser, cajoler, chouchouter ?
Qui va lécher mes joues, écouter mes secrets ?
Domino reviens vite, faire chanter mon clavier.
Les blanches de mon Gaveau, attendent qu’un minet
Vienne frotter leur ivoire avec ses coussinets
Mon cœur fou de douleur attend désespéré
Qu’un chaton tant aimé revienne le ranimer.
Il est tombé du toit, chantonnait ma radio,
quand soudain un museau, derrières mes carreaux
a fait mentir Renaud et jouer mon piano
Domino tout penaud avait chasser l’oiseau
Aladdin
Tu connais pas ce gosse, sur son lit d’hôpital !
Tu l’as vu aux infos ou bien dans le journal.
T’as zappé les clichés, t’as changé de canal !
Ce gamin aurait pu être le tien
si ton sang était babylonien,
si tu vivais au pays d’Aladdin ;
ce pays lointain, où la lampe s’éteint.
T’as beau frotter la mire de ta télé,
aucun génie ne viendra sauver,
ce peuple, torturé devant l’humanité
qui clame sa douleur, en caméras cachées.
Tu n’entends pas cette femme au voile déchiré !
On lui avait promis respect et dignité !
Le tchador arraché, les G.I l’ont violée.
Son coeur aurait pu être le tien
si ton sang était babylonien,
si tu vivais au pays d’Aladdin ;
Où la vierge souillée est appelée « putain »
T’as beau écouter la radio, la télé,
aucun génie ne viendra sauver
cette femme blessee, outragee, violentee
que les larmes d’un père sont venues purifier !
Tu ne vois pas ces gens, usés par la tyrannie !
On devait leur apporter la démocratie :
Ils votent dans les tombes, du coté d’Ramadi !
Ces humains auraient pu être tiens
Si ton sang était babylonien.
Si tu vivais au pays d’Aladdin ;
Ce pays lointain, où un peuple s’éteint
T’as beau frotter tes yeux effarés
Aucun génie ne viendra sauver
ce peuple à jamais condamné
Par l’or noir qui coule dans ses vallées.
On connaît tous, les auteurs de ce génocide.
Nos mots de regrets, ont cette odeur fétide
du sang qui coule encore, sur cette terre aride.
Ami, réveilles toi et viens avec moi, lutter !
Faisons de nos stylos des fusils d’amitiés.
Boutons de ce pays ces voleurs démasqués!
De Tikrït à Gaza, les canons doivent cesser .
Donnons aux enfants d'Aladdin,
la joie de déguster, demain,
en paix, avec tout leurs voisins :
un thé, sous l'odeur des Jasmins
de Patricia ruffin Dernière modification par Nyx : 05/03/2006 à 12h32. | | |
05/03/2006, 18h03 | #82 | | Ombre
| paix, entre Juifs et Musulmans, tant de similitudes pour deux frères qui s'ignorent | | Lettre de Samuel à Ali pour la paix entre les juifs et les musulmans
Toi, qui a peint des croix gammées
Le lieu sacré de mes aînés,
Sais-tu que tu es manipulé
Par des yankees, et des fêlés !
Nos parents sont nés à Alger.
On habitait le même quartier.
Petits, on jouait sans regarder
Nos religions et nos pensées.
Mais la vie nous a séparés ;
Les pleurs couvraient le port d'Alger
Avec ta mère, tu agitais,
Le mouchoir blanc de l'amitié.
Sur le bateau qui m'emportait,
J’savais pas qu'en France, tu deviendrais
Ce tagueur fou, manipulé
Par des yankees et des fêlés !
Hé pourtant,,,
Tes gâteaux sont mes préférés
Casher nos agneaux, nos poulets,
Même le sexe de nos bébés
Prouve que des frères, nos peuples étaient.
Alors demain, si tu voulais
On pourrait à nouveau s'aimer
Dans le respect de nos idées
Sur cette terre de liberté.
Patricia Dernière modification par Glorf : 05/03/2006 à 18h22. | | |
28/05/2006, 23h52 | #85 | | Ombre
| Re : [Poésie] Les poèmes qui vous ont touchés | | Le tigre
je suis le tigre.
Je te guette parmi les feuilles
aussi grandes que des lingots
de minerai mouillé.
Le fleuve blanc grandit
sous la brume.Te voici .
Tu plonges nue.
J’attends.
Alors d’un bond,
feu,sang et dents,
ma griffe abat
ta poitrine,tes hanches.
Je bois ton sang, je brise
tes membres,un à un .
Et je reste dans la forêt
à veiller durant des années
tes os ,ta cendre,
immobile, à l’écart
de la haine et de la colère,
désarmé par ta mort,
traversé par les lianes,
immobile sous la pluie,
sentinelle implacable
de mon amour, cet assassin.
Pablo Neruda (mon chouchou  ) | | |
02/06/2006, 09h03 | #86 | Déesse supérieureModératrice Asile & Cpt
| Re : [Poésie] Les poèmes qui vous ont touchés | | Pierre de Soleil d' Octavio Paz
Mais comme il fait 590 vers, je mets un extrait et un lien vers la version intégrale ( il y a aussi possibilité de lire la VO sur ce site)
face au soir de salpêtre et de pierre
armée de couteaux invisibles
d'une rouge écriture indéchiffrable
tu écris sur ma peau et ces plaies
comme un vêtement de flammes me recouvrent,
je brûle sans me consumer, je cherche l'eau
et dans tes yeux il n'y a pas d'eau, ils sont de pierre,
et tes seins, ton ventre, tes hanches
sont de pierre, ta bouche a un goût de poussière,
ta bouche a un goût de temps empoisonné,
ton corps a un goût de puits condamné,
passage de miroirs que répètent
les yeux de l'assoiffé, passage
qui revient toujours à son point de départ,
et tu me conduis, aveugle, par la main
à travers ces galeries obstinées
jusqu'au centre du cercle et tu surgis
comme un éclat qui se fige en hache,
comme une lumière écorchée, fascinante
comme l'échafaud du condamné,
flexible comme le fouet et svelte
comme l'arme soeur de la lune,
et tes paroles tranchantes creusent
ma poitrine et me dépeuplent et me vident,
un à un, tu arraches mes souvenirs,
j'ai oublié mon nom, mes amis
grondent parmi les porcs ou pourrissent
mangés par le soleil dans un fossé,
http://www.francopolis.net/francose...octaviopaz2.htm | | |
08/06/2006, 22h47 | #87 | |
| Re : [Poésie] Les poèmes qui vous ont touchés | | A LA SANTE DU SERPENT
Je chante la chaleur à visage de nouveau né,la chaleur désespérée.
Au tour du pain de rompre l'homme,d'etre la beauté du point jour.
Celui qui se fie au tournesol ne méditera pas dans la maison.
Toutes les pensées de l amour deviendront ses pensées.
Dans la boucle de l'hirondelle un orage s'informe,un jardin se construit.
Il y aura toujours une goutte d'eau pour durer plus que le soleil
sans que l'ascendant du soleil soit ébranlé.
Produis ce que la connaissance veut garder secret,
la connaisance aux cent passages.
Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite
ni égards ni patience.
Combien durera ce manque de l'homme mourant au centre de
la création parce que la création l'a congédié?
Chaque maison était une saison.La ville ainsi se répétait.
Tous les habitants ensemble ne connaissaient que l'hiver
malgré leur chair réchauffée,malgré le jour qui ne s'en allait pas.
Tu es dans ton essence constamment poète,constamment au
zénith de ton amour,avide de vérité et de justice.C'est sans doute
un mal nécessaire que tu ne puisses l'etre assidument dans ta conscience.
Tu feras de l'ame qui n'existe pas un homme meilleur qu'elle.
Regarde l'image téméraire ou se baigne ton pays,ce plaisir qui t'a longtemps fui.
Nombreux sont ceux qui attendent que l'écueil les soulève,
que le but les franchisse,pour se définir.
Remercie celui qui ne prend pas souci de ton remords.Tu es son égal.
Les larmes méprisent leur confident.
Il reste une profondeur mesurable là ou le sable subjugue la destinée.
Mon amour,peu importe que je sois né : tu deviens visible à la place ou je disparais.
Pouvoir marcher,sans tromper l'oiseau, du coeur de l'arbre à l'extase du fruit.
Ce qui t'accueille à travers le plaisir n'est que la gratitude mercenaire du
souvenir.La présence que tu as choisie ne délivre pas d'adieu.
Ne te courbe que pour aimer. Si tu meurs, tu aimes encore.
Les ténèbres que tu t'infuses sont régies par la luxure de ton ascendant solaire.
Néglige ceux aux yeux de qui l'homme passe pour n'etre qu'une étape de la couleur
sur le dos tourmenté de la terre.Qu 'ils dévident leur longue remontrance.
L'encre du tisonnier et la rougeur du nuage ne font qu'un.
Il n'est pas digne du poète de mystifier l'agneau,d'investir sa laine.
Si nous habitons un éclair,il est le coeur de l'eternel.
Yeux qui,croyant inventer le jour,avez éveillé le vent,
Que puis je pour vous ? Je suis l'oubli.
La poésie est de toutes les eaux claires celle qui s'attarde le moins
aux reflets de ses ponts.Poèsie,a la vie future à l'intérieur de l'homme requalifié.
Une rose pour qu'il pleuve.Au terme d'innombrables années,c'est ton souhait.
RENE CHAR , Fureur et mystère
"Poésie/Gallimard"
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09/06/2006, 10h03 | #89 | | Nouveau membre
| Re : [Poésie] Les poèmes qui vous ont touchés | | Ah. Moi j'ai mes propres poètes, qui pour moi égalent tous les plus grands.
J'ai mon Math. :
- Sanctuaire des songes & Sablier doré
Si tu savais mon ami...
Les bons moments se perdent dans le temps...
Ils sont chassés de mon esprit,
Tels l'innocence des enfants...
J'attends l'heure où tout finit,
La mort approche à pas lents...
Comme la vie est lente,
Et comme l'espérance est violente...
Mon sanctuaire des songes oubliés se fait chaque jour plus grand...
Et chaque mot, chaque caresse se voit dispersé au gré du vent...
Sur nos corps, nos âmes, ces filets de sang...
Il semble que la lumière n'existe que dans une autre ère, un autre temps...
Et puis j'ai ma douce Nunu... :
Muse
Une croix sur la bouche,
Les yeux fermés,
Apparait ma muse,
De mes douleurs, s’amuse.
Elle fait jouer les mots,
Qui sur ma feuille s’étalent,
En long en large me font défaut,
Deviennent de plus en plus pâles,
Elle danse, ténébreuse,
Elle joue, moqueuse,
Elle virevolte, attirante,
Mais elle m’enchante…
Et quand le rire apparait,
Alors elle s’efface, disparaît,
Elle va visiter d’autres douleurs,
Loin de moi, d’autres couleurs…
Et d'autres encore, tous des jeunes poètes : entre 15 et 17 ans. C'est ces poèmes là qui me touchent le plus.. et aussi ceux de Baudelaire mais qui ont déjà pas mal été cités. Dernière modification par Chimame : 11/06/2006 à 21h07. | | |
12/06/2006, 13h42 | #90 | | Harpie
| Re : [Poésie] Les poèmes qui vous ont touchés | | Ô triste, triste était mon âme
À cause, à cause d'une femme.
Je ne me suis pas consolé
Bien que mon coeur s'en soit allé,
Bien que mon cœur, bien que mon âme
Eussent fui loin de cette femme.
Je ne me suis pas consolé,
Bien que mon cœur s'en soit allé.
Et mon cœur, mon cœur trop sensible
Dit à mon âme : Est-il possible,
Est-il possible, - le fût-il, -
Ce fier exil, ce triste exil ?
Mon âme dit à mon cœur : Sais-je
Moi-même que nous veut ce piège
D'être présents bien qu'exilés,
Encore que loin en allés ?
Verlaine.
Romances sans parole. | | | Emplacement : | Utilisateurs regardant cette discussion : 0 ( membre(s) et 0 invité(s)) | | | | Rechercher dans cette discussion | | |
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