Boogiepop Phantom (Takashi Watanabe, Seishi Minakami, Drame/Horreur/Mythe) : Fiche / Article de la section Anime, crée sur le forum Manga et anime (BD et videos mangas : Informations et discussions sur les manga, manwha, anime, films et dessins animés japonais.)
L'univers de Boogiepop est chaotique, le cheminement à travers ses différents supports également. Un peu d'histoire pour s'y retrouver :
En 1997, la 1ère nouvelle de la série Boogiepop de Kouhei Kadono, Boogie Pop Ha Warawanai (Boogiepop And Others), remporte le 4ème MediaWorks' Dengeki Game Novel Contest. Il s'agit d'un concours annuel de light novel (nouvelles dotées d'illustrations de style manga), apparemment le plus (re)connu, organisé par l'éditeur MediaWork pour son label de light novel "Dengeki Bunko". Il a notamment révélé Yashichiro Takahashi, auteur de la série de nouvelles Shakugan no Shana.
Cette nouvelle sera suivie par 13 autres dans la même série, deux séries de mangas de 2 tomes chacun, Boogiepop Dual et Boogiepop Doesn't Laugh, un anime de 12 épisodes, Boogiepop Phantom, un drama CD et un film live, Boogiepop and Others, inspiré à la fois de la 1ère nouvelle et du manga Boogiepop Doesn't Laugh.
Sans compter l'OST de la série, ainsi que celle à la fois du film live et de la nouvelle Boogiepop and Others (vous avez bien lu, l'OST d'une nouvelle), intitulée "Music Inspired by Boogiepop and Others" et composée par.. Yuki Kajiura ! Elle est organisée en 11+1 pistes dont certaines sont censées dépeindre l'atmosphère et les illustrations de la nouvelle (concept plutôt original), alors que d'autres forment l'OST du film live. Je n'ai pas encore eu l'occasion de l'écouter, donc je ne peux pas apporter de précisions.
Genre : Drame/Horreur/Mythe Support : Série TV TV : 12 épisodes de 25 minutes (2003) Réalisateur : Takashi Watanabe Scénario : Seishi Minakami Character design : Shigeyuki Suga Musique : Yota Tsuruoka Production : Studio Madhouse Etat des sorties : La série est sortie en France en DVD chez Dybex. Site Officiel :http://www.vap.co.jp/boogie/ Trailers (série et film live) : http://boogiepop.rightstuf.com/ Manga adapté de la nouvelle : Boogiepop Doesn't Laugh Second manga dérivé de Boogiepop :Boogiepop Dual
Résumé :
Une nuit, à Tokyo, une colonne de lumière jaillit vers le ciel du toit de la Shinyo Academy. Suite à cet évènement, rien ne semble avoir changé, et pourtant.. des meurtres atroces se succèdent et restent inexpliqués, des gens disparaissent, et d'autres se découvrent d'étranges pouvoirs. Le surnaturel grouille désormais dans les rues de la ville, dans l'âme de ses habitants.
Dans l'univers lycéen, la rumeur circule qu'un Shinigami est réapparu, Boogiepop, le Dieu de la Mort, qui serait responsable de ces disparitions...
Adaptations et origines :
La série de nouvelles Boogiepop de Kouhei Kadono est à l'origine de cet anime. Boogiepop Phantom est la continuation de la première nouvelle de cette série, Boogie Pop Ha Warawanai (Boogiepop And Others), disponible en édition US, qui éclaire le lecteur sur beaucoup de points restés obscurs dans la série. Les évènements relatés dans l'anime ont donc lieu *après* cette première nouvelle et son adaptation sous forme de manga, Boogiepop Doesn't Laugh.
Personnages principaux :
Boogiepop :
Dieu de la Mort,
Boogiepop est l'incarnation d'une légende urbaine très répandue.
Il est à la fois craint et attendu, ce qui dénote en substance le désespoir profond de certains lycéens qui espèrent succomber de sa main.
Spoiler fin :
Spoiler
Seiyuu : Kaori Shimizu
Indiquer le Seiyuu prend toute sa signification à la fin de la série. En effet, Boogiepop prend possession du corps de Touka quand ça lui semble nécessaire, c'est-à-dire lorsqu'il sent un danger quelconque. On peut donc le voir comme une personnalité présente en parallèle de celle de Touka, la plupart du temps endormie.
Je parle de Boogiepop au masculin, mais il n'a pas véritablement de genre dans la série, il apparaît plutôt comme une entité endrogyne, comme le dénotent sa voix et son apparence.
Les buts qu'il poursuit restent mystérieux, son rôle également.
Tout ce qu'on peut affirmer c'est qu'il semble protéger le présent : il représente la Mort en effectuant son travail de "faucheuse" tout en protégeant le monde d'entités pouvant entraîner une aliénation de celui-ci, il se fait alors le garant de son équilibre intrinsèque.
Boogiepop Phantom :
Seiyuu : Mayumi Asano
Spoiler fin :
Spoiler
Humm.. on sait pas trop d'où, ni comment, et encore moins pourquoi il est apparu, alors qui il/elle/ça peut être.. ?!
Pas de certitudes, mais quand même suffisamment d'informations disséminées pour établir ce qui suit comme étant une assez bonne hypothèse à mon sens.
La Manticore (cf. Manticore Phantom) a été tuée par Boogiepop, via la colonne de lumière (qui n'est pas aussi anodine que ça, mais ça on ne l'apprend pas dans la série il me semble), afin de sauvegarder l'équilibre du présent qu'elle menaçait.
Alors qu'elle succombait, une partie de sa conscience trouva refuge dans le champ électromagnétique entourant la ville, semblable à celui d'un cerveau humain en bien des points. Une nouvelle entité naissait alors de la confrontation de la psyché de Boogiepop et de la facette pitoyable et sensible du caractère de la Manticore, de sa peine et de ses regrets face à la mort : Boogiepop Phantom.
De la même façon que Boogiepop, Boogiepop Phantom occupe un corps, celui de Yurihara Minako dont il a réussi à maintenir la "cohérence". Il adopte l'apparence vestimentaire de Boogiepop, mais il ne s'arrête pas là et c'est également dans le fond que Boogiepop Phantom devient le reflet de Boogiepop.
Lorsqu'il prend conscience du caractère éphémère qu'aura dorénavant son existence (il mourra lorsque le champ magnétique qui le maintient en vie se serra dissipé), il se trouve une mission : il dévouera son existence à protéger ceux qui ont "évolué" suite aux manifestations de la colonne de lumière (cf. Manaka Kisaragi) et qui ont développé de mystérieux pouvoirs, et ce jusqu'à ce que le monde soit prêt à les accepter.
Miyashita Touka :
Lycéenne ordinaire, avenante et joyeuse, elle est en couple avec Takeda Keiji et a pour meilleure amie la très curieuse Suema Kazuto.
Elle ne se démarque en apparence dans aucun domaine, que ce soit dans les disciplines scolaires ou sportives.
Elle a pour particularité de ne jamais quitter son sac de sport, *jamais*.
Spoiler fin :
Spoiler
Seiyuu : Kaori Shimizu
Cf. Boogiepop dont Miyashita n'est autre que l'alter-ego.
Le mystère de son affection particulièrement étrange pour son sac de sport s'éclaircit ainsi : elle y transporte les "affaires" de Boogiepop, vêtements et armes. Elle n'en a pas pour autant conscience, sa mémoire étant effacée par Boogiepop.
Kirima Nagi :
Seiyuu : Yuu Asakawa
Spoiler moitié de la série :
Spoiler
Ce personnage pourrait s'apparenter à l'héroïne dans une série "conventionnelle", elle permet au spectateur de s'imprégner d'un regard extérieur sur les différents évènements surnaturels de la série sur lesquels elle enquête avec acharnement.
Elle est affectée par une sorte de complexe du sauveur (très proche de celui de Suzaku dans Code Geass, par exemple) : à cause de son obscur passé, elle s'est complètement investie dans un rôle de justicière, mais elle reste en même temps très distante avec les autres, estimant être un danger pour autrui.
Kirasagi Manaka :
Seiyuu : Sanae Kobayashi
Spoiler fin :
Spoiler
Manaka fait partie des "special children", enfants ayant évolués suite aux manifestations de la colonne de lumière. Elle a 5 ans, mais le fait qu'elle ait grandit à une vitesse pour le moins surnaturelle lui donne l'apparence d'une adolescente.
Elle absorbe la mémoire de tous ceux qui l'entourent, phénomène qui transforme leur mémoire en papillons de lumière.
Son passé est très obscur, on sait seulement qu'elle vivait chez sa grand-mère jusqu'à son décès, tandis que sa mère était internée. Sa grand-mère, sentant sa fin arriver, décida d'étrangler Manaka pour qu'elle ne puisse pas nuire à autrui.
Seulement, la même nuit se produisit l'apparition de la colonne de lumière qui redonna vie à Manaka. Alors libre de vagabonder à sa guise, elle accumula un savoir immense et quasi absolu.
Quant à sa mission, elle est simple : éclairer autrui, représentant du présent, de la mémoire du passé.
Manticore Phantom :
Seiyuu : Jun Fukuyama
Spoiler fin :
Spoiler
Lorsque la Manticore a été tuée par Boogiepop avec l'aide d'une mystérieuse colonne de lumière, sa conscience fragmentée se divisa en deux parties et survécut via le champ électromagnétique de Tokyo.
L'une de ces parties engendra la survenance de Boogiepop Phantom, l'autre forma le Manticore Phantom qui prit l'apparence de Saotome Masami (d'où sa disparition au début de l'anime).
Fidèle à la Manticore, le Manticore Phantom continua dès lors à dévorer l'âme des habitants de la ville, s'attaquant de préférence aux personnes en état de détresse émotionnelle, leur disparition prenant facilement l'apparence d'un suicide ou d'une fugue.
A l'instar des autres Phantoms, sa forme réelle est un champ électro-magnétique duquel il tire sa force mais également son caractère éphémère. Son unique but étant de survivre, il cherche un moyen de maintenir son existence de façon définitive avant de disparaître avec la dissipation du champ électromagnétique.
Avis personnel :
Tout d'abord je m'excuse pour le résumé vraiment très court, mais je pense qu'il est préférable de découvrir la trame progressivement, le suspense étant un des nombreux points forts de cette série.
J'ai été conquise par cet anime trop peu connu, et ce dès le premier épisode. L'atmosphère est un mélange subtil de Texhnolyze et de Lain, Touka ressemblant d'ailleurs beaucoup à Lain (et elles ont la même seiyuu). On peut même rapprocher quelque peu son ambiance de celle de Kakurenbo, en plus travaillée.
Chaque épisode fait sombrer lentement un personnage dans les abîmes de la folie. L'immersion est très bien orchestrée grâce à des personnages à la fois intriguants et attachants. Au milieu des tourments provoqués par leurs propres sentiments et illusions, ils se retrouvent confrontés à des événements hors du commun. On adhère facilement à leurs personnalités étudiées avec réalisme et sensibilité et on suit alors avec angoisse leur évolution torturée.
Le scénario est très complexe, sa trame fantastique n'a rien de linéaire et la psychologie y a énormément d'importance. Il ne s'agit pas simplement de personnages qui vivent et meurent, et de l'ombre d'un Shinigami qui vient planer sur leur vie. Le scénario est bien plus ambitieux, il est ingénieusement composé de nombreux intervenants dont la plupart restent mystérieux jusqu'au dénouement. Je ne peux pas vraiment étayer mon propos sans spoiler, mais ce que je peux dire c'est que cette série aborde le monde et ses mécanismes avec subtilité, et la mort elle-même y est présentée à l'image de la vie, elle suit sa propre logique tortueuse et n'est pas manichéenne.
Les multiples flashbacks entre les différents épisodes et personnages rendent l'ensemble proche d'un cauchemar Lynchien, et cela renforce les liens intrinsèques passé/présent et l'importance des événements passés dans les situations présentes. Le contenu est réellement d'une richesse peu commune, les dialogues sont intelligents et l'univers dépeint est très bien travaillé. Les messages philosophiques qui accompagnent le récit sont savamment distillés et viennent humaniser un ton souvent cynique et mordant. On aborde d'ailleurs réellement ces points à partir de l'épisode 7, seront alors éclaircies beaucoup de questions laissées en suspens jusque là. Les 12 épisodes forment une trame unique et tourmentée qui se retrouve éclatée par les différentes vies qui s'y croisent. Ca permet à l'anime d'aborder plusieurs sujets malgré la courte durée de l'ensemble.
Le graphisme très sombre rend l'environnement glauque, ce qui empêche tout repérage dans l'espace et renforce l'impression d'isolement, et intensifie donc le côté oppressant et déstabilisant de l'anime. Visuellement c'est excellent et parfaitement adapté, les changements fréquents de points de vue et les divers plans fixes ont tous une justification scénaristique. Tout comme cela est notable au niveau du chara design, les changements de situations s'accompagnent d'un changement visuel, notamment au niveau du grain et de la luminosité. Un travail tout bonnement remarquable de Madhouse et de Takashi Watanabe.
Le chara design, basé sur les illustrations de Kouji Ogata, n'est pas spécialement original, il reste sobre mais ambigu car il se façonne relativement aux différentes situations. Les traits s'accentuent ou deviennent plus flous en fonction des sentiments et des perceptions des personnages, ils ne sont pas figés et apportent ainsi un côté humain réaliste aux personnages.
La bande sonore est composée de musiques expérimentales variées qui s'accordent parfaitement à ce drame horrifique. Divers brouillages, bruitages, échos et autres bruits blancs donnent aux scènes un caractère hypnotique et onirique. Certaines notes lancinantes reviennent régulièrement ponctuer les épisodes, toujours avec intention.
L'opening, visuellement très réussi, contraste violemment avec le contenu des épisodes, le mélange d'images réelles et de dessins sur une bande son de J-pop langoureuse renforce l'impression d'anormalité : le fantastique s'immisce dans le monde réel à travers les personnages. L'ending est quant à lui un montage de différentes scènes provenant des épisodes qui s'entremêlent à l'instar du scénario, comme un petit court-métrage de la mémoire des personnages. Le concept original de ce montage fait qu'on ne comprend l'ending que progressivement.
Tout concourt donc à provoquer une impression de malaise chez le spectateur, en écho à celui des personnages dont la névrose grandissante nous imprègne graduellement. L'atmosphère si singulière de l'anime confère aux moindres détails paraissant anodins un relief onirique et étranger.
Pour moi c'est une excellente surprise que cette série à la fois mélancolique, oppressante et philosophiquement intéressante qui arrive à mêler les genres sans tomber dans l'excès. J'ai vraiment adoré ce mélange très abouti de thriller/drame/fantastique/mythologie, que ce soit au niveau du scénario, de la mise en scène ou du graphisme, on frôle véritablement la perfection ^^
Cependant, cet anime peut sembler de prime abord assez spécial à ceux qui ne seraient pas habitués à ce genre d'ambiance, et le terme "Horreur" est tout à fait justifié concernant certaines scènes assez "gores". Il est donc à reserver à un public averti.
Si vous en faites partie, un conseil : ne vous laissez pas intimider par le sentiment d'étrangeté qui risque de vous envahir, laissez-le au contraire vous entraîner dans les méandres de cette fantastique série-puzzle
Une belle fiche sur un anime que j'aimes beaucoup ^^
J'ai eu illico envie de le voir après avoir visionné la bande annonce et je ne l'ai pas regretté ^^
Le seul point noir que j'accorde à cet anime c'est que l'on ait pas droit à un seul personnage principal parce que je me souviens qu'au premier épisode je commencais à m'attacher à la jeune étudiante -_-
J'aurais vraiment voulu qu'on la découvre plus hélas l'aspect décousu ne le permettait pas..En tout cas je sais que j'aimais beaucoup l'opening (que ce soit le clip ou le générique..)
En tout cas c'est un anime que je trouves graphiquement très réussi et surtout le design de Boogiepop..ça fait longtemps que je l'ai vu alors je ne peux pas vraiment en dire plus mais dans le genre anime d'horreur il est très réussi à mon gout ^_^
Je comprends, moi aussi je m'étais attachée à Moto.. ><
Pour ce qui est des personnages qui ne sont pas récurrents (c'est-à-dire presque tous..), je pense que l'attachement est provoqué volontairement (quel sadisme ), ça permet de bien s'imprégner de leur psychologie, et par empathie l'impact est alors décuplé à chaque fois ^^
Sinon pour le design de Boogiepop je suis tout à fait d'accord, vraiment du beau travail. D'ailleurs sur le site officiel il y en a une approche un peu plus "moderne", assez différente et moins réaliste mais que je trouve aussi sympa ^^
Merci en tout cas, contente que la fiche te plaise, j'ai du me limiter à des images assez peu représentatives pour ne pas spoiler..
j'ai cru comprendre qu'il y avait une OST de cet anime!! wah vraiment ça me laisse bouche bée, car j'ai justement une question qui me torture constemment (si jamais tu as la réponse, ce serait un immense soulagement ^-^) :
il y a une musique récurrente dans l'anime, monocorde et pas clairement identifiable dans la tonalité (majeur ou mineur??)... Je peux juste dire qu'elle apparait dans plusieurs épisodes, particulièrement dans le 1er (il me semble juste avant la coupure délimitant la moitié de l'épisode), mais on la perçoit également très clairement pile à la fin de l'épisode 4 (c'est cette musique qui conclut l'épisode 4, l'épisode où il est question du "Type E").
Aurais-tu des informations à ce sujet???
P.S: j'avais aussi remarqué cette musique dans Fruits Basket, mais en étant attentif, il me semble qu'elle n'apparaît qu'une toute petite fois...
Dernière modification par Joanne : 02/09/2007 à 10h37.