Salut, je vous rassure, loin de moi l'idée de polluer ce forum avec toutes mes chroniques, mais l'intérêt de celle-ci est simplement de faire découvrir à certains ce groupe méritant espagnol: Mago de Öz. Ce groupe mérite plus de reconnaissance, cela permettra peut être d'avoir droit à une visite...

Mago de Öz - Gaïa II La Voz dormida
Groupe:
- Txus : batterie
- Carlos "Mohamed" : violon
- Carlitos : guitare solo
- Frank : guitare
- Peri: basse
- José Andrëa : chant
- Fernando Ponce de León : flûte traversière, tin whistle, cornemuse
- Sergio Cisneros "Kiskilla" : claviers, piano, accordéon
Titres:
Disque 1:
- Volaverunt Opus 666
- La Voz Dormida
- Hazme Un Sitio Entre Tu Piel
- El Poema De La Lluvia Triste
- El Callejon Del Infierno
- El Paseo De Los Tristes
- La Posada De Los Muertos
Disque 2:
- Desde Mi Cielo
- Incubos Y Sucubos
- Diabulus In Musica
- El Principe De La Dulce Pena
- Aquelarre
- Hoy Toca Ser Feliz
- Creo (La Voz Dormida-Parte II)
- La Cantata Del Diablo (Missit Me Dominus)
Chronique:
Mägo de Oz, original ? Mägo de Oz est un groupe espagnol officiant dans un style communément appelé « Folk Metal ». Cette étiquette, assez convenable de prime abord quand il s’agit de groupes nordiques pratiquant effectivement ce mélange, s’avère sévèrement réductrice quand il s’agit de
Mägo de Oz. De plus, si le groupe espagnol est souvent qualifié de « Maiden ibérique » (influence très présente dans les riffs et soli guitares), c’est à tort à mon avis car le groupe se rapproche bien plus d’un
Rainbow ou de
Deep Purple que du combo de metal. Outre de cette base hard,
Mägo de Oz apporte de nombreux éléments empruntant aux musiques celtiques, arabes et au folk européen en général. On pourrait disserter des pages sur le style et les rapprochements : il est indéniable que le groupe possède en commun avec les groupes de metal européens et en particulier germaniques, cette voix heavy et aiguë, un son de guitare années 80, un clavier utilisé souvent comme orgue Hammond faisant penser à
Jon Lord mais qui s’échappe de plus en plus de ses racines et laisse libre cours à ses inspirations puisant tout à la fois dans le classique avec de nombreux clins d’œil à
Bach et au progressif. A côté de cela le groupe a su cultiver sa différence en mélangeant allégrement du Hard (style pratiqué depuis les débuts par le groupe), du rock, de la guitare classique, des violons, cornemuses et autres flûtes sans forcément adopter le schéma simpliste d’un melting pot indigeste au rythmes archi-usés (ce qui est malheureusement souvent le cas dans ce style). La force du groupe réside dans la conjoncture de la subtilité d’un heavy technique maîtrisé et de la puissance des mélodies et des influences celtiques et folk en général. La rythmique est mise en avant sur cet album : la basse et la batterie bataillent dur aux côtés des guitares. Les solos, sans être forcément transcendantaux font directement référence aux grandes heures du hard et du heavy, la basse en léger décalage avec le reste de la rythmique fait de son effet et la batterie fait encore une fois l’objet d’un bon mixage(ce qui n’était pas toujours le cas sur les précédents opus). Originalité supplémentaire, le groupe chante dans la langue de Cervantès et force est d’avouer que cela apporte une certaine chaleur et richesse (nombreux groupes chantant en anglais se retrouvent souvent limité dans leur vocabulaire). Voilà ce qui l’en est pour les généralités d’introduction. Je ne m’attarderai pas plus sur l’histoire du groupe ni sur le style qui a su évoluer au gré des albums. Avant d’entrer dans le vif du sujet, je citerai les membres du groupe qui sont au nombre de huit ce qui m’évitera de revenir dessus dans les futures chroniques : commençons par la batterie car il s’agit du là d’un des principaux compositeurs du groupe,
Jesus Maria Hernandez Gil (Txus) ; épaulé au violon par
Carlon Prieto Guijarro (Mohammed), aux guitares
Juan Carlos Marin Lopez (Carlitos),
Francisco Javier Gomez de la Serna (Frank) et
Jorge Salan, au chant et claviers
Jose Martinez Andrëa (Jose « Balck Pit »), à la basse
Pedro Diaz,
Fernando Ponce de Leon (Fernando) à la flûte traversière, tin whistle, cornemuse et flûte castillane,
Sergio Cisneros Anguita (Kiskilla) au piano, claviers et accordéons auxquels se sont agrégés de nombreux musiciens pour les percussions et ambiances celtiques, les cordes classiques, la guitare flamenco, les chœurs…
La descente aux enfers. Ce nouvel opus est le deuxième volet d’une trilogie et se présente sous la forme d’un double album offrant près de 110 minutes de musique (c’est aussi leur sixième album !). Au menu, les ingrédients qui ont fait le succès le groupe sont bien présents : une bonne dose de speed, des ballades entraînantes, des mélodies et des refrains mémorisables, des soli virtuoses, des riffs acérés, des chants clairs…de la bonne humeur et de la fête en somme. L’évolution est pourtant notable en ce qui concerne le chant, ici supporté par certains guests masculins et féminins, et l’utilisation des claviers qui s’affirment de plus en plus, changement entamé sur le précédent album. L’ambiance générale, elle aussi marque une légère évolution, le groupe abordant des aspects plus sombres tant au niveau musical que des textes. En témoigne la longue introduction « Volaverunt Op. 666 » qui au long de ses quatre minutes plonge progressivement l’auditeur dans les ténèbres. Les orchestrations de très bon niveau appuient les chœurs (le groupe est accompagné d’un quatuor de cordes et d’une chorale classique), donnant au tout un relent de bande originale de film si ce n’était l’ajout de la rythmique purement métallique qui achève l’ensemble et nous prépare à entrer dans l’album par la grande porte. Celle-ci à peine ouverte que nous voilà assené des coups de la batterie de « La Voz Dormida » qui ouvre un morceau speed. D’autres morceaux tranchent par leur « gravité » intensifiée par l’utilisation de riffs plombés comme sur « El Poema De La Lluvia Triste » aux rythmiques proches de ce que proposait dernièrement
Symphony X, ou sur « Aquelarre » au thème orientalisant.
La fête, toujours la fête. Cet aspect qui fait la marque de fabrique du groupe n’est pas oublié. Ce nouvel album donne toujours dans le folk festif avec des rythmes très entraînants et gais. Tout est là pour une formidable farandole métallique. Dès les premières notes de « La Voz Dormida » on sait que l’on aura droit aux duels guitares/ violons/claviers sans tomber dans le cliché propre à certains groupes. Le groupe nous convie une fois de plus à une soirée dansante, à un déluge musical mêlant ces mélodies entêtantes jouées à la flûte, au violon et autres instruments, accompagnés par une rythmique d’enfer qui sait intégrer des éléments plus heavy faisant notamment penser à Maiden en ce qui concerne les mélodies et les soli, à
Symphony X pour la rythmique, à
Stratovarius pour les envolées du chant : le métissage musical est réussit. Les refrains de certaines compositions sont facilement mémorisables et permettent de s’approprier rapidement l’album ce qui ajoute au caractère festif et « live » proposé par le groupe (« Hazme Un Sitio Entre Tu Piel », « La Posada De Los Muertos »). On est rapidement subjugué par le talent du groupe, entraîné à notre insu dans cette ronde frénétique, où les chorus marquent de leur empreinte indélébile nos esprits assoiffés donnant l'envie irrésistible de reprendre le refrain en cadence. Le groupe ménage cependant son public d’un excès d’optimisme enivrant qui pourrait se révéler lassant à la longue. Les madrilènes savent jouer sur d’autres registres, tels que la tristesse comme sur « Desde Mi Cielo » qui fait aussi office de ballade. Ils laissent aussi parler l’espace d’un instant leurs instruments (« El Callejon Del Infierno », « El Principe De La Dulce Pena »), occasion supplémentaire de montrer le talent technique du groupe et de chacun de ses membres sans tomber dans la pure démonstration, une large part étant faite à la mélodie.
Un opera-metal. La présence de certains guests apportent un nouveau souffle à la carrière du groupe et donne une tonalité lyrique à l’ensemble ce qui était moins le cas sur les précédents albums. Le travail des voix est en effet admirable. Les chœurs sont parfaits (cf. le final teuton de « La Voz Dormida » très helloweenien), l’ajout de voix féminines atypiques (on a tellement l’habitude des voix fades dans ce type d’album) enrichit l’ensemble. La réappropriation du « Gates Of Babylon » de
Rainbow, ici très bien digéré, tant et si bien que le morceau apparaît comme un titre du groupe, celui-ci ne se contentant pas d’une simple reprise comme à son habitude (cf. « Man On A Silver Mountain »), incorporant ses propres influences, changeant les paroles pour mieux coller au concept de l’album (le titre figure sous le nom de « En Nombre De Dios »).
Carlos Esbedo du groupe
Savia prête ici sa voix, réalisant un véritable morceau de bravoure en s’affrontant à José, les deux mêlant leurs timbres différents. L’œuvre magistrale et finale, « La Cantata Del Diablo (Missit Me Dominus) », illustre encore mieux cette richesse où
Léo Jimenez (
Saratoga et
Stravaganzza),
Victor Garcia (
Warcry) viennent prêter main forte à José dans un titre-fleuve comme sait si bien les composer
Mägo de Oz. Ce dernier titre est à l’image de l’album : il nous offre un véritable condensé des meilleurs moments de la carrière du groupe transcendé par la recherche d’un équilibre au sein de ce cyclone sonique orchestré par les violons, claviers, cornemuse endiablés et les doubles guitares maideniennes qui raclent jusqu’à l’os les riffs les plus heavy. D’autres voix, notamment féminines, font leur apparition telles celles de
Joaquín Arellano (
Cuatros Gatos), de
Pepe Herrero (
Stravaganzza), de
Beatriz Albert (
Ebony Ark) ou d’
Aurora Beltrán (ex-
Tahures Zurdos). Ne vous attendez cependant pas à un opera-metal du type
Avantasia. On a ici affaire à du pur
Mägo De Oz où l’histoire et la musique ont chacune leur place respective, aucune n’étant favorisée au détriment de l’autre.
Note générale: 8,5/10
Titres:
La reprise du titre "Gates of Babylon" de Rainbow...
En Nombre de Dios
Et la reprise du "Man on a silver Mountain" du mêm groupe avec en guest Doro:
Man On a Silver Mountain
Astaroth - un titre bien lourd aux ambiances orientales, avec un bon petit solo....il s'agit d'une version live.
Astaroth
Super titre avec intro au clavecin...un titre qui mets la fête dans la tête..
El Que Quiere Que Entienda
Un classique du groupe interprété à la sauce metal:
Ancha Es Castilla
Deux classiques live du groupe...fin et entraînant...
Fiesta Pagana
La Danza del Fuego
Une ballade de bonne facture..avec des joleis paroles imagées pr une fois...
La Rosa de Los Vientos
Unn titre du dernier en date, speed et envoûtant, avec des bons choeurs:
La Voz Dormida
voili, voilo...faites vous plaiz', pis si vous avez des questions...