| Déesse supérieure
| [Ecrits] Membres d'Hyjoo | | Bon allez juste pour le fun je mets un extrait d'une petite nouvelle personnelle, enfin plutôt de textes alignés les uns à la suite des autres, je ne suis pas écrivain donc nouvelle est trop pompeux. Dans ce passage, l'héroïne de l'histoire s'adresse à la Mort ...
A toi la grande Ténébreuse, qui s'amuse de nous pauvres éphémères... Toi qui nous emporte dans cette danse vaporeuse, sublime intemporelle, sache que tu me laisses de marbre, froide, insensible, impassible. Tu me fais plus rien depuis des années, de toute façon, tu n'existes qu'à travers nous, notre impuissance, notre mortalité tu t'en gorges. Tu trouves ça jouissif, depuis la nuit des temps de nous cueillir et nous entraîner dans ton monde, ca te fait jubiler que ta liste s'allonge exponentiellement, irrémédiablement, telle une fatalité et cela sans trouver une fin. Certains vivent avec cette peur constante que tu arrives, danses autour d'eux ou de ce qu'ils aiment, ils en deviennent malades, dépressifs quand tu leur prends leur raison d'exister, c'est humain après tout, je l'ai sans doute aussi ressenti dans le passé, mais c'est tellement loin, je ne m'en souviens plus. D'autres sont attirés par tes douces ténèbres, ta céleste mystique. Tu ne m'effraies pas, tu ne me fais plus rien, quand tu m'as pris ceux que j'aimais, que tu continues insatiablement à le faire. Mais qu'importe, ton image est un vieux cliché qui me ferait presque rire, tes actes, un quotidien d'ailleurs, j'ai trop vu les résultats physiquement, mentalement, toucher ton oeuvre de trop près, c'est déconcertant, ca fout la gerbe, mais on finit presque par trouver que c'est une banalité, et on se bat, pour quelque chose que tu ne connaîtras jamais, que tu ne peux même pas soupçonner. On trouve ca malsain de la voir de si près au début, de voir ce regard vide et sans vie, qui quelques minutes plus tôt, avait des signes de peur, de souffrances, ils semblent appeler à l'aide, l'inconnu si près d'eux, la peur, l'attrait, la délivrance ? Et puis, à la longue, ça finit par devenir un automatisme, que ce soit des inconnus qui crèvent dans nos bras, ou des proches qui n'arrivent plus à vivre en paix avec eux même, avec ce monde si drolatique, que leurs démons intérieurs les briment, les obsèdent, les tyrannisent. Et quoi qu'on fasse, aucun mot, aucune caresse, aucune amitié qui les rassuraient pendant quelques temps n'y font quoique ce soit. Tu les attires, les uns après les autres, comme un pot de miel aux mouches. Toi aussi, tu les affectionnes, tous ces écorchés qui te tendent les bras parce qu'ils te trouvent moins noire, moins destructrice, moins amère et cruelle, que cette chienne de vie, qui ne sont pour eux qu'un cauchemar vivant, où la seule issue qu'ils y voient c'est toi, irrémédiablement toi.
Sache que le fruit de ton travail, de ton oeuvre si tu te sens artiste, ne me fait plus rien, ne suis je plus humaine pour autant ? Je n'arrive plus à pleurer ton ouvrage, je n'arrive plus à avoir de sentiments, d'émotions face à ça, l'amertume parfois pour ceux qui ont choisi de décider de leur moment.. Le contentement de me dire qu'au moins, c'est peut être le seul instant où nous sommes tous à égalité, mais à part ça...Quand ce sera mon tour, je te regarderais sans crainte, avec un rictus cynique... Je ne peux les pleurer, les regretter, pourtant je les aimais, j'ai voulu les protéger contre leurs frayeurs, contre eux mêmes parfois mais je préfère vivre pour les vivants, pour ce qui est présent, même si souvent ces sombres et ténébreux mortels se sentent plus morts que vivants intérieurement, ils sont juste fragiles, mais ne veulent le montrer de peur de se briser, de sombrer plus dans cette obscurité qu'ils adulent... Est ce que cela fait de moi un être abjecte, dépourvu de sentiments ? Je crois pas, j'aime pas cette pitié, cette compassion, cette peur, que tu affubles sur ces pauvres mortels, je ne veux pas vivre dans cette crainte austère et ostensible. Au moins, ainsi quand je me replonge dans le passé, je pense avec une nostalgie rieuse les bons moments, et pas avec la douleur âcre, cette acidité de me dire, t'en as eu encore un ... Dernière modification par Kramikrobe : 17/06/2005 à 22h45. |