| Ombre
| [Ecrits] Membres d'Hyjoo | | ne cherchez pas à comprendre, c'est bien trop compliqué ,vu que ca sort de mon esprit.
alors voici un extrait d'une petite nouvelle que j'ai écrit (sur la musique de "requiem for a dream sivousplait !).
Chacun aura une opinion différente, mais ce qui compte, c'est que moi, je m'y retrouve.
Bon, j'ai eu du mal à choisir car tout les chapitres ont une écriture différentes, une vision opposée.
Bonne lecture.
ps: le titre c'est : "Depuis que tu es partie."
Ils sont partout.
Dans ma chambre, au salon, dans la cave, derrière les portes, sous le tapis, prés de la cheminée.
Partout je peux apercevoir leur visages.Sans expression, les yeux éteints.
Ce ne sont pas des fantômes, loin de la.
Non, ils n’ont pas de draps sur la tête ni des chaînes à leur pieds ,ce sont plutôt de drôles de nuages ambulants.
Tous gris, sans vraiment avoir de formes précises.
Ce sont des hommes, des femmes, des petits, des grands.
Ils ont une apparence humaine, mais c’est comme si on les avait passé à la machine à laver.Les couleurs sont parties, même celle que l’on trouve à l’intérieur.
Ce ne sont plus que des ombres, des choses que l’on ne voit jamais à la télévision tant c’est triste.
Le regard perdu, ils errent dans un monde que je ne peux pas voir, un monde de noir et de gris, leur monde.Ils s’accrochent, non ils veulent pas s’en aller.On les retrouve enroulés autour des poignées, du lustre, d’un bureau, des chaises.
La maison est pleine d’ombre maintenant.
Il sont là mais absents.Ils pleurent mais sans larme.Ils hurlent mais en silence.
On peut les traverser comme on traverse un brouillard.
En un peu plus froid.
Quand on tend bien l’oreille, ils parlent.
Des choses qu’ils auraient pu faire avant :des odeurs du gâteau dans le four, des histoires que racontaient leur maman, du toucher soyeux de la moquette, d’une mélodie entraînante.Ils veulent encore ressentir dans le creux de leur ventre cette soif d’apprendre à vivre.
Car quand on est que du vent, qu’un amas de souvenirs grinçant de toute part,on a plus soif du tout.
Et ils chuchotent, murmurent, se lamentent , prisonniers de leur monde illusoire.Cela donne une mélodie sombre et entêtante, un requiem, qui reste longtemps après son départ.Ils ne me voient pas.
Ils ne se voient pas.
Mais moi, je peux.
Des fois, j’essaye de les faire partir.
Pensez vous, cinq ou six dans ma chambre, c’est dérangeant.
Alors je souffle ; oh juste une petite brise ; je souffle à peine et, telle une odeur fanée, ils s’estompent doucement.
(..)Allongé par terre, pris dans un flot de nuages gris, j’attends.19h20.
J’attends, j’observe le temps qui passe et ces aiguilles qui tournent à s’en décrocher la mâchoire.
19h20.Ma montre ralentie, mais pas eux.Ils sont toujours là, en train de courir, costar cravate oblige.
Je les regarde.
19h21.A force de trop être regardé, le temps s’étouffe.Et ce cortège qui n’en finit pas de passer.
19h18.Regarde.Est ce que le temps peut reculer ?Est ce que tu crois que je pourrais le tordre, le malaxer, le déformer ?
Lui rajouter un soupçon de fantaisie ? D’imaginaire ?
Comme on fait avec une pâte à pizza ?
Tu crois que je pourrais ,lui aussi, le mettre au four ?
Le faire cuire pour qu’il se transforme en quelque chose de meilleur ,qui sait courir quand il faut et s’arrêter au bon moment ?Tu crois ?19h22.
(...) Dernière modification par Sun : 01/07/2005 à 18h21. Motif: Boulette de topic urgh :s |