| Ombre
| [Ecrits] Membres d'Hyjoo | |
Le lendemain, sa mère était morte.
De quoi ?
Personne ne le savait.
On jeta son corps à l’océan.
Syfil la regarda s’éloigner, dérivant vers cet horizon embrasé.
De loin, on aurait dit qu’elle prenait feu.
Syfil attendit toute la nuit.
Il suivit du regard sa mère qui disparaissait déjà dans les eaux sombres.
A chaque seconde, un souvenir remontait dans son esprit.
Les pains que faisaient Maman pour le repas, les histoires qu’elle lui racontait avant de partir.
Et puis, son sourire.
Il était si beau ,son sourire.
C’était un rayon de soleil, un morceau d’été en hiver.
Syfil avait les cils électrifiés.
Quand il avait envie de pleurer, une violente décharge lui en interdisait.
Le regard lourd, noyé par des milliers de larmes qui ne pouvaient pas sortir.
Faut les enterrer.
Vite.
Toute cette eau servira à arroser ses rêves qui sèchent doucement.
Mais l’ombre immense de ses souvenir les étouffent.
Comme le lierre.
Vite.
Faut l’arracher.
Son monde est devenu un terrain vague, abandonné.
Vite.
Faut pas que ça devienne un jungle.
Non.
Syfil se sentait vidé.
Comme si son esprit était parti avec sa mère, mais que son corps était resté planté là.
Une coquille vide, de la peau sur les os.
Voilà ce qu’il était.
Il attendit de longues heures, bercé par le requiem de la mer et les plaintes des oiseaux.
Il espérait que sa mère sortirait de l’eau, avec cette étincelle qui s’appelle la vie dans ses yeux.
Comme autrefois.
Il espérait entendre encore le son de sa voix, comme autrefois.
Syfil attendait beaucoup de l’espoir.
Peut être un peu trop.
Espérer quelque chose d’inespérable, c’est comme essayer de couper un tronc d’arbre avec un ciseau.
Sa mère était morte.
Une partie de son cœur avec.
Mais le garçon ne versa pas une larme.
Car le fil qui le reliait à sa mère était extensible, infini.
Aussi loin qu’elle puisse être, jamais il ne se briserait.
(...)
Elle s’approcha de lui,.
Seul son visage brillait .
Le reste n’était que du vide.
« Mon fils…bat toi encore.
Tu n’as pas encore atteint ton rêve.
Rattrape le, gagne le temps que tu as perdu.
Même si tu dois tomber. Même si tu dois avoir peur.
Le chemin n’est jamais droit.
Il y a toujours des virages. »
Syfil avait les yeux grand ouverts.
Il voulait s’imprégner de sa chaleur, il voulait capturer le visage de sa mère.
Il buvait ses paroles à s’en étouffer.
Puis elle s’effaça doucement, après avoir déposé sur la joue de son fils un baiser brûlant .
Il avait sa chaleur, au creux de son cœur.
Elle lui avait donné un rayon de soleil.
Le matin, les hurlements silencieux de l’océan se turent et Syfil reprit doucement connaissance.
Personne ne sut comment il échappa à la mort.
« A force de côtoyer le vent, on devient le vent.
On le sent, mais personne ne peut l’attraper.
Pas même la mort. »
Le jeune miraculé devint donc un objet étrange.
On le nomma « le fils du vent ».
Tout le monde l’observait, mais personne ne l’approchait.
L’enfant avait encore du mal à parler.
Il voulait remercier Ëmanuèl qui était resté prés de lui toute la nuit.
Mais les mots restaient bloqués.
Sur ce bateau, il n’y avait pas de mot.
Ils étaient jetés à la mer, faute d’utilisation.
Ni d’eau, ni de nourriture, d’ailleurs.
Seulement des corps, des centaines de corps qui s’agitaient dans tout les sens.
Et un malaise palpable, si lourd que l’on pouvait le ramasser à la pelle.
Parfois, Syfil voyait sur le pont , des ombres qui se lamentaient, des évadés de leur monde illusoire.
Qui étaient il ?
Sa question n’avait pas encore trouvé de réponse.
Et puis, un jour, il se fit une raison.
Ils venaient d’en bas.
En bas, c’était le royaume des ombres.
Et le garçon ne le connaissait que trop bien.
Ca sentait la mort, il l’apercevais même au détour d’un couloir.
Une ombre parmi les ombres.
Haute et étouffante.
Un concentré de noir hautement énergétique.
Composée de la tristesse des Hommes, elle aimait boire leurs larmes, adorait déchirer leurs cœurs.
Et toutes ces personnes, c’étaient ses victimes.
Celles de la cale.
Tout ces corps sans vie qui erraient sur le bateau provenaient d’un seul lieu ?
Alors ,il comprit pourquoi le vent le suppliait de les aider, à eux, à tout ces Hommes qui mourraient sous ses pieds.
Il aurait du se lever, ouvrir leur prison, leur donner de son eau et son pain.
Peu à peu, les visages apparaissaient sur les ombres, comme si le fait de savoir la vérité leur rendait une apparence.
Syfil pouvait reconnaître un gamin , une femme qui se trouvaient devant lui à l’embarcation.
Alors, comprenant son erreur, il s’accroupit et pleura si longtemps et si fort que ses larmes, légères comme un flocon de neige mais en beaucoup plus glacées ,s’envolèrent dans les cieux.
Elles retombèrent en fines gouttelettes, semblables à de la pluie.
Mais personne ne se rendit compte que c’était différent.
Les gouttes laissaient sur la langue une pointe de salée, un goût amer qui ne s’efface pas.
Elles voilaient le soleil et affaiblissaient les couleurs rougeoyantes du soir.
Pour une fois, le « grand incendie » n’eut pas lieu.
Il avait été éteint.
Il n’avait pas écouté son ami le vent.
Il les avait tué.
De faim.
De soif.
A force de trop rapprocher les solitudes, elles s’étouffent .
Pas de lumière.
Seulement la nuit, devant les yeux, dans les veines, sur le cœur.
Syfil ressentait leur souffrance, mille souffrances.
Et il se haïssait d’être ce qu’il était.
Un Hommes parmi les Hommes.
Une chaleur inconnue .
Sur son épaule.
Forte et reposante.
Syfil était trop exténué pour lever la tête.
Il restait enfermé dans ses pensées, dans des actions qu’il aurait du accomplir.
Mais on ne change pas le passé.
De même qu’on ne peut effacer ce qui a été gravé dans la pierre.
Il ne vit pas Ëmanuèl le porter jusqu’à sa cabine, ni les larmes qui se formaient au coin de ses yeux.
Il n’entendit pas Ëmanuèl lui chanter une berceuse pour le calmer.
Seulement quelques mots dans le brouillard.
« Nous sommes tous coupables…Ne renonce pas …c’est à toi de changer le cours des choses…il n’est jamais trop tard…»
(...)
-Je veux te mettre en garde.
Veux tu vraiment aller en Afrique ?
Est tu sur de la route que tu prends ?
Syfil attendit quelques instants, puis leva les yeux vers cet Homme.
Pour être sur de son but, il faut commencer par en douter.
-Je ne sais pas si je suis sur la bonne route.
Je ne sais pas si je dois avancer ou reculer.
Je ne sais pas si je dois affronter ou lutter.
Je ne sais rien de ce qui se passera demain.
Mais je n’ai rien à perdre, et aussi loin que me mènera Mon Chemin, celui que je trace pas à pas, alors je continuerai.
Je n’emprunte pas la route des autres, je fais la mienne.
Et je sais qu’elle me guidera là où est mon rêve.
Je retrouverai mon père.
Et je voyagerai .
Partout ou le destin me mènera.
Le garçon s’était relevé .
Il ne regardait plus son ami, mais l’horizon.
Il faisait face à l’avenir et tournait le dos à son passé.
Non, il n’abandonnerai pas.
Tu vois ,maman, tu peux être fière de moi, je vais le poursuivre jusqu’à ce que je l’attrape, mon rêve.
Mes jambes me porteront, je le sais.
Et même si il y a des tempêtes et des cailloux, j’aurai toujours sur moi un parapluie et des pansements pour les essuyer.
Bon voila trois ptits extraits qui sont que le premier jais donc c'est pas du tout terminé !
Enfin...si vous pouvez faire ressurgir et donnez libre cours à vos critiques ,n'hesitez pas !
(Mais faut rappelez que cet ecrit, je le fais d'abord pour moi ...enfin, je crois |