| Chimère
| Re : [Ecrits] Membres d'Hyjoo | | Bon encore quelques uns:
Autrefois il croyait en Dieu, en l'amour, en l'amitié, en la vie. Il avait confiance en l'avenir. Il souriait, il riait, il plaisantait. Puis on l'avait trahi, déçu, la vie s'était chargée de lui apprendre que peu importe ce qu'on pensait, comment on se comportait, cela n'avait pas d'importance puisqu'au final ce n'était pas ça qui déterminait qui aurait droit ou non au bonheur. Il ne croyait plus en rien, sauf à la fatalité. Il n'était pas là pour être heureux. A quoi bon vivre dans ses conditions? Prouver au monde, à la société, à la vie elle-même qu'il valait mieux, qu'il avait droit lui aussi à sa part de chance et de bonheur? Non, ça ne servirait à rien. Se débattre pour rien, il ne le voulait pas. Ce serait entrer dans le jeu, ce serait accepter de faire comme tous les autres: faire semblant de pouvoir diriger sa vie, de contrôler son environnement. Non. Plutôt mourir que de mener cet ersatz de vie, que de se comporter comme un joli mouton parmi un troupeau bien dressé. Non. Il s'exclurait du jeu, définitivement. C'était simple. Aussi simple qu'un couteau en fait.
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Elle était assise à une terrasse de café, seule comme toujours. Elle regardait les gens s'activer autour d'elle. Elle faisait très souvent cela, au cinéma, dans les parcs, sur un banc... Peut-être était-elle un peu maso... Car elle en souffrait. Voir les gens bouger, rire, pleurer aussi parfois, en couple, en famille, entre amis, les gens pressés, ceux qui flânaient... Ceux qui vivaient en un mot. Oui ça la faisait souffrir. Elle, elle n'avait personne avec qui rire, personne sur qui pleurer... Pas besoin de se dépêcher car personne ne l'attendait... Oui c'était cela sa vie, observer celle des autres de derrière la fenêtre, sans jamais s'y mêler... Dans le vain espoir qu'un jour, peut-être, quelqu'un l'inviterait à entrer...
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Je ne sais pas son nom... Je ne sais pas où il vit... Je ne connais rien de lui... Mais il y a une chose que je sais: s'il n'avait pas été là autrefois, je ne serais plus là aujourd'hui. Un simple sourire de lui... Mais ça avait signifié tant de choses pour moi... Dans cette valse d'âmes étrangères les unes pour les autres, dans ce ballet de gens qui se croisent sans jamais se parler, dans cette ville immense et inhumaine, j'ai toujours été si seule... Une solitude oppressante... Au fil des années j'ai appris à vivre avec, si on peut toujours qualifier ça de vivre. Mon cœur bat, je peut penser, bouger, parler, et tout le reste... Mais je ne vis pas vraiment, je ne connais pas toutes ces choses qui font que l'existence à un sens, et un intérêt: je ne ris pas, je n'ai pas d'amis, personne en qui avoir confiance, personne que j'apprécie vraiment... Oh, on m'a déjà dit que l'avantage d'une telle « vie » est que, si je n'ai pas de plaisir, je ne souffre pas non plus... Oui, ne rien donner, c'est aussi ne rien perdre. Mais ça ne me suffisait pas. Peut-on vraiment se contenter de ce genre d'existence? Non, je préférerais mille fois souffrir à ne rien sentir. Ce jour là, un soir d'octobre, triste et pluvieux, je comptais partir. Tout était prêt, et l'ignorance des gens que je croisais sur ma route, qui me voyaient sans me voir, m'avaient confortée dans ma résolution. Puis je l'ai croisé, lui. Contrairement aux autres, il regardait autour de lui... Il n'était pas pressé, malgré la pluie. Son regard s'est posé sur moi, s'y est accroché, et ne l'a pas quitté. Nous nous sommes croisés, les yeux toujours les uns dans les autres. Puis, arrivé à ma hauteur, il m'a souri, d'un sourire ni éclatant, ni contraint, un sourire simplement franc... Nous avons continué notre chemin tous les deux, dans des directions opposées. Cette rencontre n'avait duré que quelques secondes, et pourtant elle m'a profondément bouleversée. Il m'avait regardée, moi! Pour la première fois depuis longtemps, un individu dans cette ville si impersonnelle, prenait le temps de faire attention à moi... Un simple sourire, un simple regard, qui ne lui ont rien coûté. Mais cela m'avait révélé que la solitude n'est pas une fatalité. A force de s'accommoder aux choses, on ne fait plus que subir la vie, et on ne se rend pas compte qu'il ne tient qu'à nous de faire changer tout ça... J'ai renoncé à mon projet. Je veux essayer de faire changer ma vie... Avec tous ces gens autour de moi, dans cette ville si grande, il doit bien y avoir des personnes qui en valent la peine, des gens qui lui donneraient envie de rire, ou de pleurer... Quoiqu'il advienne, je serais toujours redevable à ce charmant inconnu. Qui aurait cru qu'un simple sourire avait le pouvoir de sauver une vie? Alors, à l'avenir, essayez de sourire... Au cas où.
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Le jour s'est levé... Je ne le vois pas... Les oiseaux chantent, les papillons virevoltent, le soleil fait briller les délicates goutelettes de rosée... Mais comme d'habitude je ne vois rien, n'entends rien, fermée à tout ce qui n'est pas ma douleur... Le terrible carcan de la souffrance, comme un fardeau trop lourd... Et qui s'accentue d'autant plus que rien ne compte plus en dehors... Ni la beauté ni la joie ne m'émeuvent plus... Aucun baume ne semble suffisamment doux pour apaiser la peine qui me broit le coeur... Plus d'espoir... Ah, que ne puis-je revoir l'aube poindre! Avant de partir... Dernière modification par Nyx : 09/09/2006 à 01h28. |