| [Ecrits] Membres d'Hyjoo | | J'aime beaucoup ce que vous faites! Gabriel, Tigane, j'ai lu vos nouvelles d'une traite! Que ce soit sur le fond ou la forme, je n'ai rien à dire, si ce n'est que des encouragements à poursuivre (et éviter les fautes d'orthographe qui entachent quand même la beauté de vos écrits...)
Voilà un pitit texte, pas vraiment à la hauteur de ce que vous faites, mais bon j'aime bien écrire... alors voilà.
Elle se sent seule… encore une fois. Elle se rend compte qu'elle n'a pas d'ami. Des camarades, des copines…, ça oui. Mais elle n'a pas particulièrement l'impression d'avoir quelqu'un qui soit toujours là pour elle, qui soit prêt à l'attendre lorsqu'elle doit parcourir le kilomètre qui la sépare de l'établissement. À pied, pas à vélo. Elle en a bien un, mais elle n'ose plus s'en servir. Quoi qu'elle en dise, elle souffre comme tout un chacun du regard des autres. Il y a des choses qu'elle peut supporter, mais pas ça. Son vélo, trop petit, est un vélo d'enfant. Mais elle n'ose pas en changer. Son père a tout acheté pour remettre celui de son cadet à neuf. Alors elle marche. Ou prend le bus quand elle le peut. C'est rapide, on n'a pas le temps de penser à beaucoup de choses démoralisantes.
Assise à son bureau, ses pensées errent d'une image à l'autre sans pouvoir se fixer. Et puis elle pense à Magali. La seule qui puisse prétendre au statut d'amie. Et elle se rappelle Alexandre. Il lui manque. Mais elle se heurte à un mur qui ne lui renvoie aucune réponse depuis plusieurs mois. Elle a beau espérer, au fond d'elle-même, elle est toujours triste en envoyant un message. L'unique réponse qui rallume l'écran de son portable, c'est l'accusé de réception. Elle attend, et se remet à songer que sa famille est tout ce qui lui reste. Extrémiste, pessimiste, mais rémanante. Obsédante, même. Tristes pensées! Une famille qu'elle aime et qui l'aime, des liens comme seul le sang en crée. Elle se sent séparée de tout. Et voilà qu'elle pleure. Ses larmes lui piquent les yeux, coulent le long de ses joues, la démangent, mais elle ne bouge pas. C'est plus fort qu'elle. Elle ne cherche pas à passer à autre chose. Elle s'interroge encore sur ses choix. Il est trop tard et elle le sait. Mais elle ne trouve personne à qui communiquer son amour des lettres, sa passion qui l'anime face à des hiéroglyphes ou des hiragana, ce sentiment indescriptible qui s'empare d'elle quand elle lit ou écoute des requiems. Elle se sent alors perdue au milieu d'un vaste océan. Elle est insignifiante. Elle se fait sûrement de fausses idées. Elle ne sait plus que faire. Et voilà qu'elle se retrouve à son point de départ. Son nez se met à couler, lui aussi. Elle n'a plus envie de rien, et décide, pour la énième fois, de reprendre son livre et de se laisser bercer par Mozart.
Edit : j'en ai retrouvé un autre, pas du tout dans le même style. C'est juste un extrait...
Lyena se réveilla en sursaut. La fine chemise qui lui couvrait les épaules était empoissée de sueur. Ses pensées étaient encore confuses, mais elle prenait peu à peu conscience que tout un pan de son passé, voilé jusque là pour d'obscures raisons, avait été mis à jour. Elle avait à présent accès à des souvenirs d'avant sa venue sur Proserpine, et elle ne s'en réjouissait pas, tant glaciale était la sensation qui accompagnait ses efforts de remémoration. Un rapide regard autour d'elle l'informa qu'on les avait amenés à l'infirmerie. Phys était couché dans un lit voisin du sien. Son corps était agité de tremblements et de convulsions. Affolée, elle se leva et se précipita au chevet de son frère. Il semblait se battre contre un mal dont elle ne pouvait localiser la source. La porte grinça. Elle fit volte-face. Le Merryle lui sourit et la salua d'une profonde inclinaison de la tête. Elle lui rendit son salut machinalement.
“Que voulez-vous?, lui demanda-t-elle sèchement.
- Votre frère résiste, Altesse…, remarqua-t-il, sans répondre à sa question. Il aura besoin de votre lumière… Je vous prie de m'excuser, j'aurais dû prévoir que son chemin serait plus périlleux.
- Il me semble vous avoir demandé ce que vous veniez faire ici, rappela Lyena, que les propos de son interlocuteur inquiétaient.
- Pardonnez-moi, je suis d'une rare impolitesse. Je me nomme Bliedj Hoï, et je suis ici pour vous ramener à votre peuple.” Un gémissement de Phys empêcha Lyena de poursuivre la conversation. Elle posa la main sur le front brûlant de son frère et lui murmura quelques mots à l'oreille, dans le fol espoir qu'il les entendrait. Elle se sentait inutile, et ses yeux se mouillèrent de larmes.
“Si je puis me permettre, Altesse, vous pourriez peut-être l'aider à rejoindre la lumière?
- Je l'aurais déjà fait si je savais comment m'y prendre! Vous avez d'autres conseils aussi avisés que celui-là à me donner?, s'écria la jeune fille, que l'impuissance rendait agressive.
- Je ne vois malheureusement pas d'autre alternative. Je ne suis pas capable d'inverser le processus, murmura Bliedj.
- Pourquoi l'avoir lancé?
- C'était la seule façon de s'assurer de votre identité. Je vous expliquerai plus tard pourquoi ce point était si important, à moins que vous ne vous en rappeliez. J'ignore, tout comme vous, la raison pour laquelle on vous a caché vos souvenirs, ou du moins je n'en suis pas sûr. Les difficultés que j'ai rencontrées pour vous les rendre indiquent qu'ils contiennent quelque chose de précieux. Ou dangereux, peut-être. Je ne comprends pas, en tout cas, pourquoi votre frère résiste. Vos souvenirs respectifs étaient au même niveau subconscient, pourtant…” Bliedj secoua la tête d'un air navré, et leva les yeux sur la jeune fille en pleurs penchée sur son frère. Il se décida à tenter le tout pour le tout, conscient que si l'un des jumeaux venait à mourir, il perdrait sa raison d'être. Il s'assit sur le lit de Lyena, et ouvrit son esprit. Les premières ondes qu'il perçut émanaient d'elle, et la douleur qu'il ressentit le força à couper aussitôt tout lien avec l'extérieur. Les tentatives qu'il mena par la suite aboutirent toutes au même échec. Découragé et incapable de supporter un nouvel assaut des ondes de douleur, il soupira et ouvrit les yeux pour tomber face à deux abîmes dorés qui le fixaient. Dernière modification par Sheeana : 13/05/2006 à 17h47. |