Allez, un texte que je viens de finir... enfin "finir" est un bien grand mot, je vais sûrement devoir le retravailler .. mais bon, le voici ..
Requiem pour un sentiment
Le sable glissa dans mes chaussures .. il s'écoula lentement, je ne pus m'empêcher d'y penser. Ces allées incessantes dans mes pieds m'exaspéraient, mais je n'y pouvais rien. Je vis des pyramides égyptiennes au loin, et mon compagnon de voyage dut s'en aller. C'est là que le Soleil se leva réellement, que le ciel décida de se parer d'une robe violette remplie d'étoiles, et que tu apparus. Ce jour était marqué du chiffre 11, quoi de mieux pour représenter deux êtres solitaires qui se trouvent réunis ?
Tu avais l'air de chercher quelque chose sans vraiment le chercher, j'ai décidé de me présenter à toi. Je ne sais pas si tu as finalement trouvé ce que tu recherchais à ce moment là, mais nous nous sommes trouvés. Notre 11 se transformait en 2, puis en 1, car nous ne faisions plus qu'un.
Notre voyage était tortueux, sinueux, ces dunes n'en finissaient plus de se mettre sur notre chemin. Nous avancions péniblement, mais au moins nous avancions. Tout droit, toujours tout droit. Quelques oasis ont parsemé notre périple d'instants d'accalmie et de douceur, et quoiqu'il arrive, nous nous tenions la main. Je n'oublierai jamais ces oiseaux venus tout droit du paradis pour égayer notre voyage, le Soleil au zénith.
Or, le sable faisait son oeuvre, et l'usure commença à se faire sentir .. usure de nos liens ? Non, usure de notre volonté à nous battre. Nous nous épuisions dans ces efforts qui nous donnaient l'impression d'avancer pour mieux se rendre compte à quel point la distance était grande avant notre arrivée.
Puis le mirage s'effondra sous nos yeux, une déchirure s'amorça, et rien ne pourrait dorénavant l'empêcher de prendre de l'ampleur .. nous ne nous tenions que par le bout des doigts, tentant constamment de rattrapper la main de l'autre, sans succès. Le vent se leva, soulevant le sable dans nos yeux, nous aveuglant l'un l'autre, alors que le Soleil commença à décliner.
La pluie fit son apparition, fine, mais bien présente. Notre but n'est plus visible, tu pris la décision de changer de cap, la déchirure s'amplifia nettement de ton côté et je n'arrivai plus à te retenir, mes doigts glissant sans cesse au bout des tiens, j'eus l'impression de perdre pied .. non, des sables mouvants .. plus je me débattais, et plus je m'enfonçais, te voyant partir au loin..
Le Soleil fut sur le point d'achever son cycle, la Lune apparut et cacha ce dernier petit à petit, ne laissant transparaître plus qu'une couronne flamboyante autour d'un vide si présent. Aucun nuage, et pourtant la pluie continua de plus belle, elle en devint torrentielle. Je me laissai envahir par ce sable plus que jamais présent sur mon être, je n'arrivai à distinguer que ces oiseaux du paradis, toujours présents, mais insaisissables, désespérément insaisissables ..
Je ne sais pas pourquoi, j'ai trouvé la volonté de remonter. Cela prit du temps, fut atrocement douloureux, mais j'ai réussi à m'échapper de ce tumulte. Les oiseaux restent proches de moi, de cette aventure, il ne me reste qu'eux, et la Lune. Et toi aussi, même si je te vois t'éloigner, je t'ai encore proche de moi. La pluie se transforme en neige, doux manteau recouvrant ce désert. La nature se vêt de ses plus belles parures. Malgré la neige, le sable réussit à s'infiltrer et à m'exaspérer.
Mais le ciel change de couleur, prend une teinte plus jaune-orangée. Aurais-je trouvé un nouveau cap ? Quoi qu'il en soit, je me suis relevé.
La métamorphose a atteint son stade final: adieu, mon amour.