Je salue toute l'équipe d'hyjoo, ne m'étant présentée comme il se doit.
C'est ici que se fait mon adhésion à votre site:dans sa rubrique littéraire. Je serais tout particulièrement intéressée par l'écriture d'une petite critique du "sonnet" ci-dessus, si Nihil me le permet... J'admet donc que c'est le cas

. (Dans le cas inverse, je lui donne pleins pouvoirs pour m'expulser du site

).
Pour commencer, peut-être le poème gagnerait-il encore en sensualité si l'appel aux cinq sens se faisait d'une manière plus implicite, moins évidente dans la forme, mais plus... Sensible: Le deuxième sens évoqué est le toucher, et l'effet en serait plus saisissant en le remplaçant par sa manifestation immédiate.
Je comprends bien ton intention de faire apparaître cette pluralité sensorielle très ostensiblement, mais je trouve que le poème en perd de son essence "spontanée", ce qui a pour conséquence de le rendre terre-à-terre à certains endroits.
En effet, certaines tournures, certains choix, manquent cruellement de poésie (et sont très enfantins): "Si bien que..." vers 6 --> Laborieux.
"Mais
l'ouïe lui dit..." vers7 --> Amalgame ouïe-parole malhabile et du plus mauvais effet. (On retrouve ce contraste entre l'expérimentation inapte de "l'écolier" et l'esprit inspiré du poète)
"Qu'il ne pourra jamais assouvir" vers 14 --> Lourd et inexercé.
Voilà pour les tournures maladroites.
Le désir a, dans les deux quatrains, évolué assez régulièrement vers ce qui doit être son paroxysme (1er Tercet). Il y a ici le choix (délibéré?) d'une rupture avec la structure classique du sonnet, l'apogée "dramatique" se trouvant en principe dans le 2e quatrain, le 1er tercet préparant alors la chute... Le rouge/noir, longtemps crescendo, éveille brusquement deux des cinq sens dans un seul hémistiche: Le goût, sens inmanquablement assimilé au désir, ici laissé pour compte et "noyé" par "l'odeur de leur désir"... "l'odeur de leur désir"... Admettons. Néanmoins, ce resserrement semble viser à compléter ton exercice stylistique au détriment de poésie véritable (au sens artistique). Le sens du vers 11 entre en contradiction avec le dernier vers, contradiction renforcée par la répétition d' "assouvir"...
Eh bien... Je me suis suffisamment éternisée, n'est-ce-pas?
Mais ce poème est passionnant. Après relecture, je me demande si je n'ai pas paru sévère... Fonction oblige!
Je vais faire très court pour la fin:
-Problèmes rythmiques, la plupart de tes alexandrins ne fonctionnent pas (selon les règles conservatrices pour certains): vers 7 et vers 4 (e), vers 8 (diphtongue), ton vers 6 comporte 13 syllabes:c'est un alexandrin bien nourri.
Fluidité du poème altérée par les virgules rompant l'équilibre 6-6 des hémistiches (Ex: v8: 7-5. Disharmonieux.) La musicallité est médiocre.
Voilà, je vais m'arrêter là. Puis-je assaillir le prochain, Nihil?
Ah, j'oubliais. "Adapté" prend un seul "d". Je souhaite que le reste ne soit que coquilles...
A bientôt!