| Dieu
| [Poesie] Membres d'Hyjoo. | | Il était là, il avançait avec ses airs de grand duc, son sourire étincelant, sa peau blanchement belle, ses yeux ténébreux, sa chevelure de feu, son ptit nez à croquer. Il avait en plus cet air que je qualifierai de fierensoit… ou de fierdesoit… enfin… un air de kekchose quoi.
Je sais pas si vous avez déjà connu ça, c’est bizarre comme sensation. Je suppose que vous l’avez connu, j’veux pas dire par là que c’est un truc à vivre absolument ou que vous êtes incapable de connaître ça mais… enfin moi c’est kekchose qui me fait vibrer en dedans, en dedans de moi. J’vais expliciter pour ceux qui voient pas trop de quoi je parle, parce que kekchose qui me fait vibrer en dedans de moi c’est un peu ambiguë. Enfin… voilà… en gros, ça donne envie d’s’taper la tête contre un mur, comme une conne, en récitant du Baudelaire. Vous savez « A une passante », le coup de foudre en moins électrique quoi.
J’ai tout de suite su que c’était lui. J’l’ai suivis, j’l’ai filé, comme dans les films, avec mon gros sac remplis de tout pleins de trucs. On est arrivé comme ça. C’est à dire, lui en marchant tout beau qu’il était et moi en l’filant comme dans les films.
On est arrivé dans une impasse. Comme dans les films didons ! J’ai trouvé ça bizarre même que. Quelqu’un qui s’rend comme ça, avec tant d’assurance, droit dans une impasse. Quoi qu’il en soit, j’sais pas trop pourquoi, il s’est retourné (peut être venait il de comprendre qu’il s’était trompé de chemin et qu’il revenait sur ses pas, j’en sais rien) et en me voyant, il m’a sourit. J’ai trouvé ça rigolo et j’ai pausé mon sac par terre. Lui c’est approché, tout beau qu’il était. Moi j’ai ouverte mon sac, toute penaude que j’étais. J’en ai sorti un marteau. C’était un beau marteau soit dit en passant. D’ailleurs j’me rappellerai toujours de ce qu’il m’a dit en le voyant :
« Vous avez un beau marteau vous savez ? »
Moi, quand on me parle comme ça, ça me fait fondre. J’ai pas pu résister. J’l’ui ai enfoncé le marteau dans son ptit nez à croquer. Ca a fait kekchose du genre « crack » ; enfin pas exactement, mais j’ai jamais été très bonne en onomatopée. Il est tombé par terre, comme ça ! sur le coup comme on dit ! J’ai trouvée ça rigolo même que. Alors j’me suis sentie en confiance. J’ai vidé mon sac par terre et j’lui ai percé ses yeux ténébreux à l’agrafeuse, scalpée sa belle chevelure de feu à la ponseuse, bousillée sa peau blanchement belle à la scie sauteuse, dégommée son sourire étincelant à la perceuse. Il était beau avec ses airs de grand duc écrabouillé. Alors j’lui ai tapé la tête contre un mur en récitant Baudelaire. Vous savez « Une Charogne ». J’étais comblée. J’me rappelerai toujours de c’qu’il m’a dit :
« Vous avez un beau marteau vous savez? »
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oui, oui je sais c'est du théatre, d'ailleur je vais surement le mettre en scène un de ces 4 |