A l'occasion de la sortie du Hors Serie "Je reviendrais", je tiens à vous présenter une collection qui trone dans ma bibliothèque depuis quelques années.
Auteur : Jean Dufaux
Dessinateur : Enrico Marini
Editeur : Dargaud
Site de l'éditeur : www.rapaces.net
Nombres de volumes parus : Un cycle de 4 tomes et 1 hors série
L'auteur : Il a à proprement parlé du géni en matière de bandes dessinées. Vous ne me croyez pas ? C'est tout de même lui qui a écrit La Complainte des Landes Perdues ! Et ça pour moi, ca ne s'invente pas. Il a fait d'autres bonnes oeuvres comme Giacomo C., les Voleurs d'Empire, Murena (même si je n'aime pas) et une autre BD que j'affectionne DJINN. Je vais pas vous faire toute son apogée, c'est sur le site internet. Il s'est fait connaître par une BD maintenant passée à l'oublie mais qui avait bien marché :Jessica Blandy. J'ai trouvé cela pas mal, comme histoire de fille à problèmes.
J'aime beaucoup la diversité des scénarios et des époques dans ses thématiques. Il ne se laisse pas abattre par les détails historiques et les scénarios ne sentent pas le cliché à plein nez. Bon, je ne dis pas que parfois c'est du déjà vu mais qu'il garde une manière assez originale d'aborder, de faconner les personnages de ses BD. Il n'y a pas de supers héros ni de supers méchants, c'est assez vivant et toujours bien rythmé. Beaucoup de mélancolie tout de même, dans toutes ses BD les différents personnages principaux regardent le passé avec tristesse.
C'est donc un auteur à blogbusters de la BD au panel diversifié.
Synopsys officiels :
Dargaux : Dans un premier temps, nous dirions qu'ils ne sont pas comme nous. Dans un deuxième temps, il devient que ce serait plutôt nous qui ne sommes pas comme eux. Eux, les Rapaces, qui détiennent la force, l'arogance de la richesse, la mémoire des siècles passés. Ce n'est que lorsque le danger se précisera que les Rapaces réagirons. Au risque de tout basculer
La Fnac : Dans la nuit new-yorkaise, les meurtres inexpliqués se multiplient. À chaque fois, la victime est vidée de son sang. Une petite aiguille lui a percé un kyste, juste derrière l'oreille. Et une phrase mystérieuse est écrite sur le mur... Dufaux et Marini signent avec Rapaces une série à faire frémir. En compagnie de Vicky Lenore et Benito Spiaggi, agents du FBI, le lecteur découvre peu à peu la véritable nature des assassins et de leurs victimes. De couleurs brumeuses en ambiances nocturnes, tout concourt à installer un climat inquiétant et lourd de menaces. Pour un peu, on y croirait. Mais peut-être faut-il croire à cette histoire...
Résumé (mon point de vue) : Cette série peut-être vue comme une introduction ou un premier cycle. En 4 volumes, l'histoire est développée et cloturée, je trouve cela appréciable.
L'histoire tourne donc autour d'une vengeance contre les "Grands d'Espagnes" vampires anciens ayant décidés de contrôler les hommes, la nuit comme le jour, au prix de la déchéance de leur Sang et du pouvoir qui y est lié. Cette déchéance se manifeste autour d'un kyste derrière l'oreille. Lorsque les "Grand d'Espagnes" ont décidé vers les 1400 de prendre le contrôle sur les hommes, ils firent une victime parmis eux : le comte Molina qui s'opposa à cette entreprise folle. Il fut donc assassiné par ses pairs... après avoir sauvé ses deux enfants, les descendants des Rapaces.: Camilla et Drago de Molina
Dans le New-York actuel, ces deux enfants (qui ont grandi les siècles aidant) vont achever quelques siècles plus tard la vengeance de leur sang. D'abord témoin puis attirée dans l'engrenage de cette haine,
Vicky Lenore va devenir le futur des Rapaces aux côté de
Aznar Akeba, fils rebèle de Drago de Molina.



J'ai la sensation que le scénario tourne en fait beaucoup plus autour de la belle flic Vicky Lenore qu'autour des Rapaces. Elle est l'ancrage réel de tous ces êtres plusieurs fois centenaires. Ce sont ses initiatives et ses péripéties qui donne le rythme de l'histoire.
Les 4 volumes couvrent une période de quelques mois au plus, même pas une année. On y découvre une interprétation des "vampires" assez différente du JDR "Monde des Ténèbres" (Vampires la Mascarade) ou d'Anne Rice (
Lestat le Vampire), même l'origine des vampires serait différente. Dans l'idée on aurait pu le comparer au premier film de Blade, mais Rapace reste quand même bien meilleur (et moins stupide) ! Pas de Mascarade, pas de Sabbat, une population humaine en voix de disparition et dont la survie doit d'être préservée face au nombre et à la fin des vampires. La "magie" vampirique est différente, même la manière de "gouler" une femme pourrait laisser rêveur plus d'un lecteur. Je vous laisse la surprise !
C'est donc l'histoire, de la "Fin d'un règne" de décadance, l'histoire de l'apogée d'une lignée et d'une relation fraternelle, c'est l'histoire d'un renouveau dans l'Histoire New-Yorkaise.
Les perles :
La première perle est le dessin. C'est le même jeune et prometteur dessinateur que
Scorpion : Enrico Marini. Les aquarelles sont à mon goût superbes, comme vous pourrez le voir dans les illustrations plus bas. Les effets d'ombres sont très soignés. Ce qui me plait par dessus tout dans ces planches, c'est le choix des thématiques de couleurs. Plusieurs planches auront comme thématique le bleu marine, puis plusieurs autres planches, l'orange sanguin, plusieurs autres planches les couleurs des rapaces rouge vermeil et vert feuille. Comme cela est réalisé ? Tout simplement les fonds des planches sont fait avec ces couleurs, et le rendu est magnifique. On a l'impression de "voir les scènes comme si on s'y trouvait", de partager des émotions avec les personnages. Je trouve que ce choix d'aquarelle accapare le lecteur.
Les personnages secondaires : On en reparlera dans le post spécifique sur l'albium hors série, car on apprend beaucoup de détails sur eux. Déjà il n'y a pas 1 héro dans Rapaces mais 4, deux sur la fin, deux sur le devenir. J'apprécie beaucoup que ce ne soit pas un oneman show. Cet esprit de transition entre les héros est, comme je vous en avais parlé, tout le coeur de cette série. Mais Rapace nous offre plus encore : les personnages secondaires font l'objet d'autant d'attention. Je pense notamment aux gamins, au prêtre de Constanza, à la légende du "Dévoreur", aux deux rats de laboratoires et au détective amoureux de Viky : Benito Spiaggi.
Ces personnages ont tous beaucoup de charisme, des personnalités variées et complexes, des objectifs différents des héros dont l'histoire s'entremelle. Il est résulte un chassé croisé entre les ambitions des personnages secondaires et leur impact sur les objectifs des héro. Ils viennent casser toute lecture linéaire de cette histoire, imposant leur jeu aux personnages principaux. Grandiose, non ?
C'est une perle car ils viennent vraiment bousculer ce scénario.
Les imperfections :
Un "couack", petit passage à vide entre les tomes deux et trois dans le scénario. la transition est un peu abrupte et beaucoup de monde m'a dit qu'il trouvait cela dommage. Je partage aussi ce point de vu. On a l'impression en lisant le trois qu'il sera de moins bonne qualité. Cette sensation disparait la deuxième fois quand on relit les 4 tomes à la suite, mais je trouve cela dommage.
La tête de Vicky dans la dernière planche, le cuir rouge et le collier sur le cou ne lui vont pas... mais c'est une question de goût et de couleur.
Un manque d'explication sur les armes et l'histoire réelle des Molina. Si vous ne lisez que le cycle des 4 tomes, vous resterez sur votre faim. Lisez le Hors Série "Je reviendrais", elle sera en grande partie rassasiée.
Voilà ! Plus tard vous trouverez des planches et un post dédié au hors série ! Je vous souhaite bonne lecture et j'attend vos critiques personnelles avec impatience !