- Album: Mago de Öz - La leyenda de la Mancha [1998]
- Groupe:
Txus:batterie, coposition, choeur.
Mohamed: violon, choeur.
Carlitos: lead guitar, choeur.
Frank: rythmic guitar, choeur.
Salva: basse, choeur.
José Andrëa: chant.
- En un Lugar...
- El Santo Grial.
- La Leyenda de La Mancha.
- Noche Toledana.
- Molinos de Viento.
- Dime con quién andas.
- Maritornes.
- El Bálsamo de Fierabrás.
- El Pacto.
- La Ínsula de Barataria.
- El Templo del Adiós.
- Requiem.
- Ancha es Castilla.
Le retour de Don Quichotte. Don quichotte s’était enfin réveillé, avait revêtu ses vêtements de warrior après des nuits et des années de sommeil, parenthèse qu’il s’était résolu à faire oublier. Il avait livré des batailles au nom du Saint Metal, sauvé des riffs, secouru des hymnes, avait déterré des albums anciens dont il s’était nourri par la suite. Il avait tant ingurgité de ces
Deep Purple,
Rainbow,
Iron Maiden qu’il en avait attrapé une indigestion. Il truffait ses déclarations de riffs et de mélodies qui dégageaient un parfum à la fois d’hommage à ces reliques et de folie toute nouvelle. Avec les pochettes des albums, il s’était fabriqué une épée. Une arme symbolique censée faire taire les mauvaises langues.
Comme tout chevalier noble digne de ce titre et ayant un très haut sentiment de sa tâche, il ne se fit pas prier pour reprendre sa mission : réparer toutes les injustices. Le pas assuré, le regard franc, la parole et la musique comme seules richesses, il énuméra quelques-unes des ignominies qu’il s’était juré de combattre. L’une d’elles le préoccupait particulièrement: laver cette marque infâme (« mancha » en castillan) qui souillait l’honneur du metal et du hard rock depuis quelques temps.
Quelle entreprise !
Cette fois il ne s’agissait pas de réparer un tort fait à un orphelin ou à une veuve mais à un style de musique conçu avec art mais négligé, oublié, insulté. Mais Don Quichotte n’était pas censé connaître tous ces détails. Il devait s’enquérir avec son ami
Sancho Pança, qui, entre-temps, avait trouvé du travail au sein d’une compagnie de disque (Locomotive Records). Loin de n’être qu’un « brasseur de vent », il y occupait la fonction de « redresseur de torts », s’employant à soutenir la lutte contre une espèce d’animaux assez répandus aux dents longues et au service des grandes majors. Sancho avait beaucoup à faire, car ces derniers étaient de plus en plus puissants et n’arrêtaient pas de sévir dans un monde où la société était si encline à céder à la facilité.
En route vers la légende. Tâche noble s’il en est,
Mago de Öz rehausse bien haut le pavillon du metal avec ce nouveau concept-album portant sur le personnage de l’œuvre phare de
Cervantès :
Don Quichotte de la Manche. Pour faire rapide, l’histoire d’un gentilhomme de la Manche, sec, sombre, amant platonique, grand lecteur de livres de chevalerie qui est pris d’une plaisante folie : restaurer l’âge des chevaliers errants et s’en aller par le monde en quête d’aventures. Un but pas si éloigné de celui du groupe qui restaure avec cette oeuvre une partie de la magie du hard et du heavy des 70’s et 80’s.
Le vent s’était calmé. Il en était fini des volets et des portes qui claquent : Mago de Öz trouvait enfin la stabilité autour d’une formation solide. Bien loin des standards speed mélodiques, errant entre hard teinté de blues et metal mélodique aux saveurs folk celtiques, la bande à Txus armée de son exquise musique est fin prête pour affronter les moulins à vent ; réanimer un peu cet esprit hard qui sommeille bien trop souvent, rallumer un peu du feu, de la folie qui parcourait jadis la musique : chimère, utopie ?
Non, aucune désillusions du côté des madrilènes. L’équipée est fin prête avec une pochette de Gaboni, illustrant l’esprit comique et festif du groupe, comme étendard ; des riffs « vintage » à la
Maiden et des soli virtuoses comme artillerie ainsi que des flûtes et violons pour accompagner les joutes. Le Magicien ne nous ressort pas cependant la même antienne :
La Leyenda est un album qui se démarque des précédents par un accent heavy plus affirmé et un regain d’efficacité dans l’écriture et dans la production. Dès l’intro, violons, flûtes et Guitares s’entrechoquent. Le groupe alterne Graals heavy et/ou speed (« El Santo Grial », « La Leyenda de la Mancha » et « El Pacto », « Requiem »), aubade hard (« Maritornes »), lamentations harmonieuses (La reprise du « Temple of The King » de
Rainbow sous le titre « El Templo del Adios », « Dime Con Quien Andas » et « Ancha Es Castilla » ), hard bluesy et dansant (« El Balsamo de las Fierabras »), farandole élevée au statut d’hymne (« Molinos de Viento »), le tout entrecoupé par la complainte « Noche Toledana » et la gigue « La Insula de Barataria », toutes deux instrumentales.
Le contrat était rempli, Don Quichotte pouvait retourner retrouver les siens, en toute sérénité. Confient, il savait que ses passes d’armes ne cesseraient d’être relatées et entonnées dans les arènes du peuple [Pas moins de 8 titres sur les douze sont régulièrement joués en live]. Et il repartit comme il était venu. Il disparut dans la mer juste au moment où les trop rares aficionados se levaient pour saluer son passage.