| Dieu supérieur
| [Essai] Lettre à celle que j'ai laissé partir | | Cette lettre s'adresse à une personne qui m'est chère, moi, j'ai laissé s'éloigner de mon âme, le seul être qui soit capable de réchauffer mon coeur. Maintenant, il est aussi solide que du diamant et ne présente plus de faille...
Si jamais quelqu'un pouvait lire cette lettre, si, avec chance, ce serait toi, qu'après l'avoir lue tu penseras à moi, ou que tu es un souvenir de ma personne, alors, je serais heureux. Non, c'est sûr, tu ne le reconnaîtras pas. Tu auras vécu de ton côté, tournée la page, fermé le livre, laissant la poussière s'y accumuler. Mais moi, comme un idiot, je t'attends encore.
Tu t'en souviens au coup sûr plus, cela devait être pour toi, uns simple rencontre, un jour comme un autre. Pour moi, c'était une autre histoire, un rêve. Loin de toute banalité. Tu m'es apparue comme un ange, m'éblouissant par ta seule présence. Je me suis toujours demandé comment un être tel que toi, pouvait désirer parler à un misérable comme moi.
Tu m'as posé une question, je l'entends encore distinctement. Ensuite, il a fallu de répondre. Je ne sais pas d'où j'ai pu tirer suffisamment de courage dans un corps aussi chétif, mais, les mots sont sortis de ma bouche, étonnamment, ils étaient clairs ; le trouble ne pouvait se deviner dans ma voix. Toi, toujours pleine d'assurance, tu ne percevais pas le brasier qui s'animait en moi, brûlant la salle entière, les flammes léchant tes pieds, ni, l'effort que je faisais, simplement pour rester debout. Pourtant, tu as du écourter notre conversation. Mon âme était encore grande ouverte, les flammes de feu près à nous unir, et dès que tu t'en es allée, le gouffre est réapparu, plus profond, plus sombre.
J'étais immobile, stupéfait. Je te voyais encore devant moi alors que tu étais déjà si loin, la main encore tendue.
Il me restait une faible lueur, la promesse de te revoir, de te reparler, de pouvoir a nouveau ressentir l'immense flambeau m'habitant. Je t'ai attendu, tu n'es pas revenue. Les jours défilaient, je ne te voyais plus. Le saisons s'enchainaient, et toi, tu ne cessais de t'éloigner. Un grain de sable dans le désert guidé par la tempête. Puis, vînt la pluie. Torrentielle, où en marchant, la tête découverte, je mêlais mes larmes aux gouttes tombant de mes cheveux. Les rafales de vent asséchaient mon visage. tu ne venais toujours pas à moi, pour partager ma solitude.
Tu étais un perle parmi tant d'autre. Toutes différentes. Mais toi, tu avais un éclat spécial qui m'atteignait au plus profond de mon être, ôtant du reste leur couleur, leur différence, les rendant terne à jamais. Je te regardais, épanoui, heureux, toujours scintillante. Pourtant, je ne sais pas pourquoi, j'ai écarté les doigts. Et il a fallu que tu me quittes, que tu tombes et que le monde reste soudainement en suspend, que mes bras s'écartent, que je m'effondre, que tout à coups, je sombre dans le noir total.
Des larmes de rage se sont mises à couler suivie rapidement de celle du désespoir. Je creusais sans cesse, m'arrêtant juste pour essuyer mon visage du revers de la main. La fatigue commençait à se faire sentir, ce n'était rien, il fallait que je continue. Je pourrais souffrir, m'écorcher les membres, me vider de tout mon sang mais je continuerais.
Il n'a y plus aucune lumière. Tout ce que je perçois est flou, tout ce que je goûte n'est qu'amertume.
Au fil du temps, tu as perdu ton aspect charnel, tu es devenue une allégorie. L'Amour, la Délivrance et puis, la Mort. Cependant, quel est l'importance ! Tu n'es plus là, seul ce résultat est important. J'y ai réfléchi... à toi, à moi, à nous deux. Non, je suis en train de délirer. Ma solitude est devenue mon expiation. J'ai pêché en voulant me rapprocher de toi, j'en subi les conséquences. Tu es intouchable, trop loin, dans une autre sphère...
Le sable continue de tomber. Le sablier marque grain par grain combien tu me manques, combien tu m'oublies. Tu me laisses seul, à le retourner sans cesse, m'affligeant à chaque fois un nouveau revers, me giflant le visage, comme un souffle froid que la Mort m'aurait envoyé.
Malgré tout, sache une chose, où que tu sois, je t'attends encore.... |