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[Roman] Les enfants de Sherea, chapitres 1 à 3
Section : Création littéraire
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[Roman] Les enfants de Sherea, chapitres 1 à 3 : Discussion sur le forum Création littéraire (votre edition : Faites nous partager vos écrits, poêmes et autres créations littéraires ou dessinées.)

 
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 Roman Les enfants de Sherea, chapitres 1 à 3
 Création littéraire : votre edition
31/12/2006, 10h28 #1
Shinra Otori 
Exilé

[Roman] Les enfants de Sherea, chapitres 1 à 3

[HRP : veuillez me pardonner, je sais que c'est très long... voici le début de mon roman qui compte 50 chapitres en tout... dîtes moi si ça vous interesse... je compte sur vous ! Aurez-vous envie de lire la suite ? Pour la petite histoire, je suis sur ce roman depuis 3ans maintenant...il est enfin terminé !]


Chapitre 1

Shikarto. Une aube claire et frissonnante se leva sur le village. La plaine regorgeait de rosée, appelée Pleurs de Sherea. La légende raconte que chaque matin, Sherea verse des larmes de joie pour saluer les Hommes, ses fils, et cette eau est sacrée. La rosée recouvrait tout, et même les toits des chaumières dont les cheminées fumaient depuis tôt le matin. Shikarto s’éveilla lentement, sous le regard bienveillant de Sherea.
Dans le village, un homme s’était assis, et les pleurs de Sherea mouillaient ses vêtements. Il était vêtu à la mode du clan Sheran, mode que dédaignait les deux autres clans, Aero et Kah’ Hanga. D’ailleurs, il était rare que les trois tribus s’entendent sur ce point.
Il portait donc une légère chemise de coton blanc, dans laquelle il frissonnait dans l’air froid du matin, et un pantalon de cuir brun. De solides chausses du même matériau protégeaient ses pieds. Ses cheveux bruns étaient trempés, car il s’était assis sous un arbre, et les Pleurs de Sherea qui tombaient goutte à goutte sur sa chevelure lui coulaient à présent dans le dos.
Il avait un front large, avec d’épais sourcils, au dessous desquels brillaient ses yeux d’un bleu d’outremer. Son nez était de taille moyenne et sa bouche aux lèvres épaisses se tordait en une moue inquiète.
Il observait la plaine, du bord du chemin qui à quelques mètres sortait du village. L’herbe était brillante de rosée, et la vaste prairie plane semblait s’étendre à l’infini. Au loin, on apercevait les cimes enneigées des montagnes de Ata’ Rin, au sud, et à l’est, la sombre forêt de Shikor. Timidement, le soleil faisait son apparition au sommet des arbres.
L’homme reporta son attention vers la plus proche des maisons. C’était là que vivait sa famille ; sa femme Torel et sa fille unique, Milyss.
<<- Layon !
La porte de la chaumière s’était ouverte, et une femme aux longs cheveux d’un noir brillant se mit à courir en direction de Layon. Sa foulée était élégante, et elle était leste malgré le fait qu’elle ne soit pas vraiment mince. Elle avait déjà enfanté et ses courbes étaient généreuses.
Layon se leva et accueillit Torel d’un sourire, qu’elle lui rendit, découvrant des dents blanches et régulières. Ses yeux verts d’eau pétillaient. Mais elle fronça bientôt le nez, ce qui chez elle était signe d’inquiétude.
- Tu t’es levé bien tôt, ce matin. Avant même que Sherea ne se mette à pleurer. Remarqua t-elle.
Torel connaissait la source de l’inquiétude de son époux.
- Je me fais du souci pour Milyss. Répondit-il simplement.
- Elle grandit. Ajouta Torel.
- C’est bien ce qui me fait peur. L’année dernière, nous pouvions encore prétendre qu’elle était trop jeune, mais maintenant qu’elle a eu son premier sang…
Soudain, Torel se mit à balbutier, prise de panique :
- Mais, pourquoi parles-tu de cela maintenant ?
Layon hésita.
- Man’ Ak m’a dit hier que Khan venait tout droit de Korsoera et qu’il était décidé à trouver une épouse.
Torel crut qu’elle allait défaillir.
- Comment le sait-il ?
- Il revient lui-même de la capitale. Il a entendu dire qu’Il quitterait Korsoera pour Shikarto.
- Mais pourquoi Khan ne va-t-il pas à Abala ? C’est plus près ! Fit Torel d’une voix désespérée.
Layon soupira. Il fallait bien se faire une raison.
- Il est allé à Abala il y a un mois. C’est notre tour.
Torel tomba dans les bras de son mari.
- Et Milyss qui est devenue si jolie… elle sera choisie, c’est sûr !
- Mais non, la rassura Layon, qui n’était lui-même pas très convaincu, Shima, la fille de Shi, est elle aussi belle et bien faite. Il ne prendra pas notre Milyss.
Il y eut un moment de silence.
- Promets le moi ! S’exclama t-elle soudain.
Layon promit, puis ils retournèrent ensemble dans la chaumière, pour réveiller Milyss, qui dormait sûrement encore.

Chapitre 2

Un chien aboya quelque part dans le village de Shikarto. Les oiseaux s’étaient mis à chanter et les Pleurs de Sherea disparaissaient sous le soleil du matin. La porte de la maison de Layon s’ouvrit. C’était une petite bâtisse sans prétention, semblable à toutes les autres maisons du village. Faîtes de bois, de chaumes et de pierres pour la cheminée, ses fenêtres étaient de verre, agrémentées de volets de bois peints. La porte était également de bois peint, et le nom du propriétaire s’y inscrivait en grosses lettres. Car Torel savait lire, ce qui était chose rare en territoire Sheran.
La porte s’ouvrit donc, et une jeune fille en sortit. Elle marcha pieds nus dans l’herbe fraîche et mouillée, puis s’arrêta pour humer l’air. Elle était brune, ses magnifiques cheveux noirs d’encre, pareils à ceux de sa mère, lui coulaient dans le dos telle une cascade. Elle avait les yeux bleus outremer de son père, et ses courbes étaient déjà généreuses, malgré ses quinze ans.
Elle étira ses bras au dessus de sa tête, se hissant sur la pointe de ses jambes longues et bien galbées. Elle s’étira un long moment, avant de regarder à nouveau vers l’horizon, son petit nez froncé. Elle s’était arrêtée là, espérant recueillir, elle ne savait trop pourquoi, des bribes de conversation de ses parents, quelques minutes plus tôt. Mais la voix de sa mère retentit à quelques mètres de là, sur le pas de la porte.
- Milyss ! ne reste pas ainsi pieds nus ! va me chercher de l’eau au puit !
Elle posa un seau à côté de la porte, puis la referma. Milyss grimaça ; elle détestait la corvée d’eau ! Mais elle alla tout de même ramasser le seau. Il n’était pas dans les coutumes du clan de s’opposer à ses parents. Le Père ou la Mère ordonnait, il fallait s’y plier. Mais Milyss ne se plaignait pas trop, ses parents ne la battaient pas.
Le puit se trouvait au milieu de Shikarto, et la jeune fille avait quelques centaines de mètres à parcourir, car la maison de son père était à l’entrée du village.
Milyss marchait d’un bon pas, et elle atteignit la route de terre, un peu molle, mais pas boueuse, mouillée par la rosée. Quelques minutes plus tard, elle arriva devant le puit. Elle attacha le plus solidement qu’elle put le seau au crochet prévu à cet effet, car il lui était déjà arrivé de faire tomber le seau au fond du puit, et on l’avait sévèrement disputée. Milyss n’était pas vraiment douée pour les taches ménagères, mais elle faisait de son mieux pour aider sa mère. La seule chose qu’elle faisait à la perfection, c’était chanter. La jeune fille enchantait tout le monde lors des veillées. Mais ce don n’était pas d’une grande utilité lorsqu’il fallait préparer le repas !
Milyss laissa tomber le seau dans le puit après s’être assuré de l’avoir bien fixé. Elle entendit un grand bruit d’éclaboussures, puis elle commença à remonter le seau, désormais rempli d’eau et beaucoup plus lourd.
Puis quelqu’un posa une main sur son épaule. Surprise, elle lâcha la corde, et un autre « plouf » s’ensuivit, beaucoup plus sonore que le premier. Elle se retourna en soupirant.
- Tu pourrais prévenir, quand tu arrives, Dimora !
Dimora leva les yeux au ciel.
- Tu es toujours dans la lune, par Sherea !
Myliss avait rattrapé la corde et remontait le seau pour la deuxième fois. Puis elle le posa sur le rebord du puit, en en faisant tomber le moins possible. Elle s’adressa ensuite à Dimora, de sa voix vive et douce.
- Je dois rapporter de l’eau à ma mère.
Mais visiblement, son amie tenait absolument à lui dire quelque chose.
- Tu sais que Khan, le Chef du clan, vient au village bientôt ? Fit-elle d’un ton surexcité.
Milyss ouvrit tout grands ses yeux d’un bleu intense.
- Le seigneur du clan vient ici, à Shikarto ?
- Oui ! Il cherche une épouse !
La jeune brune eut l’impression que Dimora allait éclater de rire, ou alors se mettre à pleurer.
- Il va faire son choix parmis nous ! Reprit-elle dans un état d’agitation toujours plus grand.
Milyss ne se départit pourtant pas de son calme malgré le drôle de sentiment qu’elle sentait grandir en elle.
- Sait-on quand Il arrive ?
- Demain ! Ou même aujourd’hui, personne ne sait !
La jeune fille sourit de toutes ses dents. Khan venait à Shikarto ! Elle espérait de tout son cœur qu’il la choisisse.
Elle souleva péniblement le seau, et entreprit de rentrer chez elle, en s’arrangeant pour en répandre le moins possible sur le sol. Elle n’eut que le temps de faire quelques pas, car une voix retentit dans son dos.
- Tu espères peut-être que le Chef te choisira ?
Puis il y eut un grand fracas, et un bruit d’éclaboussures. Milyss poussa un cri de rage. Elle se retourna, tremblante de colère, vers une jeune fille blonde d’à peu près son âge, qui venait de donner un coup de pied dans le seau qui gisait à terre, versant son contenu au sol, désormais vraiment boueux.
- Shima ! S’écria Milyss. Espèce de sale petite…
- Tu crois peut-être que tu es assez belle pour intéresser Khan ? Ne rêve pas ! La coupa Shima.
Milyss savait qu’elle était la fille de Shi, un riche commerçant établit à Shikarto et qui faisait souvent des affaires avec Korsoera, la capitale. Cela lui donnait un ascendant, car le père de Milyss n’était qu’un simple chasseur.
Elle observa la robe de soie vert pré de la jeune blonde, et une jalousie féroce s’empara d’elle. Certes, elle-même ne portait qu’une robe de tissu simple, qui lui tombait sur les genoux, d’un brun commun.
- Je me moque bien du Chef ! Tu as renversé ma corvée ! Répondit-elle.
Shima éclata d’un rire aigu. Milyss, piquée au vif, se jeta sur elle et la plaqua au sol. Elles roulèrent toutes deux dans la boue, dans une lutte acharnée. La brune parvint à s’asseoir sur le ventre de son adversaire, pendant que celle-ci lui tirait les cheveux. Sans se laisser démonter, elle lui assena de grandes gifles, et Shima se débattit de plus belle.
Mais soudain, un bruit de galop se fit entendre. Mue par une mystérieuse urgence, Shima profita de la surprise de Milyss pour la repousser et s’enfuir à toutes jambes.
Dimora, qui était restée muette pendant leur affrontement, aida Milyss à se relever. Elle avait l’habitude des disputes des deux jeunes filles.
Le bruit de galop se rapprocha distinctement, et le sol se mit à trembler, tandis que Milyss observait d’un air catastrophé sa robe, ses cheveux et le reste de son corps, maculés de boue. Mais elle fut frappée d’horreur en voyant le cheval débouler au grand galop au bout de la rue. Immédiatement suivit par quatre autres et une charrette, le premier cavalier était facilement reconnaissable.
Grand, avec d’épais cheveux fauves, d’une carrure impressionnante, Khan s’arrêta à la hauteur des deux filles.
Milyss en eut les larmes aux yeux. N’avait-elle pas l’air idiote, ainsi couverte de boue ?
Elle baissa la tête quand Khan posa son intense regard émeraude sur elle. Elle était morte de honte.
- Lève la tête. Ordonna t-il d’une voix grave et chaude, sans accorder aucune attention à Dimora.
Milyss aurait voulu être foudroyée par Sherea, mais redressa le menton fièrement, car elle se dit que quitte à être impolie, autant pousser l’affront jusqu’au bout.
Elle regarda son Seigneur droit dans les yeux, sans aucune pudeur et sans prononcer un mot. Elle entendit un rire goguenard retentir derrière Khan, mais celui-ci leva une main pour le faire taire.
Un silence s’installa, pendant lequel Milyss et le Chef du clan s’affrontèrent du regard. Puis brusquement, la jeune fille abaissa le sien en rougissant, rompant leur lien, des larmes lui brûlant les yeux. Elle avait eu l’impression que le chef l’avait souillé, avait cherché au fond de ses magnifiques yeux bleus ses plus intimes secrets.
Khan eut un sourire amusé. Il trouvait cette rencontre insolite ; une gamine couverte de boue, pieds nus, et lui, le Chef du clan Sheran, le clan possédant la plus grande force armée du continent, richement vêtu, tous deux s’affrontant du regard.
Il avait aimé se plonger dans les sublimes yeux de cette petite inconnue, qui semblait chétive, ainsi couverte d’une boue noirâtre, mais qui possédait tout de même un charme étrange. Elle l’avait aussi observé, avec défi, pendant de longues minutes, avant de se soumettre enfin. C’était la première fois qu’une fille le regardait dans le blanc des yeux aussi longtemps. Pas même Torii, Cheffe redoutée du clan Aero, jolie et féroce guerrière.
Il reprit, de sa voix grave et légèrement rauque :
- Quel est ton nom ?
Il s’exprimait brièvement mais clairement, et Milyss mit un certain temps à se rendre compte qu’il lui avait posé une question.
- Je m’appelle Milyss… Répondit-elle d’une voix faible.
Sans ajouter un mot de plus, Khan donna un léger coup de talon au flanc de sa monture, et elle repartit au trot à travers le village.
Milyss vit ensuite passer les quatre autres cavaliers, suivis d’une carriole transportant un grand coffre. Elle se tourna vers Dimora, qui, en lui adressant un signe de tête encourageant, rentra chez elle annoncer la nouvelle à son père.
Alors Milyss, honteuse, ramassa le seau, alla une nouvelle fois le remplir et prit le chemin de la maisonde son père.

Chapitre 3

Le soir tombait à présent sur le petit village de Shikarto. Après avoir rapporté le seau d'eau fraiche, dépitée, Milyss avait fini ses corvées puis aidé sa mère à préparer le repas. Elle avait ensuite vagabondé tout l'après midi sur la plaine, seule, après s'être baignée dans le petit cour d'eau qui passait près du village.
Et le soir venu, elle s'était laissée tomber sous un arbre qu'elle aimait bien, sur une colline tout près de Shikarto, qui surplombait les petites maisons. De son perchoir, elle voyait tout; le puit, sa propre maison, et la place du village où se dressait la grande tente réservée au Chef du clan et à ses hommes. Non loin de là, la cariole était dételée, et le coffre qu'elle contenait disparu.
Elle songea à la honte qu'elle avait ressentit. Jamais plus il ne la choisirait. Une fille du clan Sheran ne devait pas se battre. C'était contraire aux coutumes du clan.
Elle vit Khan sortir de la tente, et il donna, sembla t-il, des ordres à deux hommes postés en faction à l'entrée, tous deux exactement de la même taille. Puis ils rejoignirent les trois autres, dont l'un d'eux avait attiré le regard de Milyss. D'où elle était, elle distinguait très bien la chevelure d'un blanc de neige de l'homme.
Milyss sourit en voyant les cinq soldats déambuler à travers les rues. Ils frappèrent aux portes, et elle vit des visages de femmes et d'enfants apparaître aux fenêtres, tandis que les chefs de famille discutaient avec les compagnons de Khan. Milyss sourit, parce que cela l'amusait d'espionner ainsi, à son insu, le Seigneur du clan qui faisait les cents pas sur la place déserte.
Il eut l'air inquièt tout d'abord, puis s'arreta soudain. Milyss le voyait de profil, et , avec sa vue perçante, dont elle se vantait, elle distinguait parfaitement son menton un peu rond, son nez droit.
Puis, brusquement, il lui fit face, et la jeune fille fut certaine qu'il l'avait vu. Elle se déplaca légèrement, de sorte qu'il ne puisse plus la voir sans pour autant qu'elle ne quitte sa colline, et elle s'efforca de regarder ailleurs.
A sa grande surprise, elle vit l'homme à la crinière blanche frapper chez son père. La porte s'ouvrit, et, au comble de l'étonnement, elle le regarda jeter un regard alentour avant de rentrer dans la petite bâtisse. Elle ne s'était pas demandé pourquoi les compagnons du Chef visitaient les gens ainsi.
Mais le Sonneur souffla dans sa corne, indiquant la tombée de la nuit. En effet, il commençait à se faire sombre, et le soleil venait de se coucher. Milyss voyait des enfants et des jeunes gens rentrer chez eux, depuis les petites filles qui jouaient dans l'herbe, jusqu'aux adolescents qui sortaient de la taverne. Tous les enfants – qui étaient considérés comme tels tant qu'ils n'étaient pas mariés – se devaient, d'après la coutume du clan, de rentrer chez eux dès que se faisait entendre la corne du Sonneur du village.
Milyss descendit de la colline en courant, car sa maison n'était pas si proche. Elle ne voulait pas rentrer après la nuit.
Quand elle arriva enfin devant chez elle, Milyss entendit un raclement et la porte s'entrouvrit. Elle se cacha rapidement sur le côté ; puis elle vit l'homme aux cheveux blancs sortir de la maison.
- Je suis désolé, Layon, mais je ne peux rien faire, cette fois-ci. Ta fille est plus qu'en âge.
Elle entendit son père soupirer.
- Je le sais, Leïla. Mais merci d'être passé. A plus tard.
L'étranger remercia Torel, puis s'en fut dans l'obscurité du crépuscule. Milyss attendit qu'il ait disparu pour se montrer ; il faisait déjà nuit. Elle ouvrit la porte, et avança directement vers sa mère, qui épluchait des légumes, pour la soulager de sa besogne. La remarque de son père ne se fit pas attendre.
- Pourquoi rentres-tu si tard ?
Milyss se mordit les lèvres. Elle se tut. On ne répondait pas à ses parents.
- Où étais-tu ? Reprit Layon.
- Sur la colline... c'est pour cela que je suis en retard. Fit-elle d'une petite voix.
Torel, les lèvres pincées, le nez fronçé, s'appliquait à réaliser un ragoût de boeuf.
- Ne me dis pas que tu étais encore avec le jeune Kiran ?
La jeune file sursauta devant l'anormale agressivité de son père. Elle leva lentement des yeux apeurés vers lui.
- Non, père.
Kiran était un jeune homme réputé pour son sang chaud, qui poursuivait Milyss depuis quelques semaines, au grand dam de Layon. Ce dernier craignait que Kiran n'abusât de sa fille. Mais la présence de Khan au village semblait avoir calmé ses ardeurs envers Milyss.
- Je ne l'ai pas vu aujourd’hui, ni hier. Reprit la jeune fille.
Layon soupira. Il se leva et regarda par la fenêtre.
L'épaisseur des ténèbres y était telle, que l'on ne distinguait plus rien après deux mètres.
- Demain, tu rencontreras le Seigneur du clan.
Milyss s'exclama, les yeux brillants d'excitation :
- Vrai ?
- Il choisira une épouse parmis vous, et s'il ne trouve personne à son goût, il se dirigera vers Kumira. Dans le cas contraire, il retournera avec sa fiancée à Korsoera. Fit-il en priant pour que Khan s'en aille au plus vite.
Avec un sourire lumineux, la jeune fille retourna à son ouvrage.
- Ne penses pas que tu vas être choisie. Rétorqua son père avec agacement.
Son sourire s'effaca sur le champs.
- Nous n'avons pas d'argent pour t'offrir de beaux vêtements.
Milyss ne répondit pas. Elle observait le comportement étrange de sa mère ; celle-ci, tout en épluchant des échalotes, était secouée de gros sanglots, et pas seulement à cause des échalotes.
- As-tu vu Khan aujourd’hui ? Reprit Layon.
- Oui, admit la jeune fille.
Les pleurs de Torel redoublèrent. Son mari se leva, posa une main sur son épaule, et lui murmura qu'elle ferait mieux d'aller se coucher. Torel acquiesca, et prit la direction de la chambre conjugale, laissant Milyss finir le ragoût, ce que celle-ci s'empressa de faire. Elle savait que la discussion n'était pas terminée.
- Leïla est venu, tout à l'heure. Tu sais, l'homme aux cheveux blancs. Il nous a raconté qu'il t'avait vu ce matin, alors qu'il accompagnait le Seigneur du clan.
Milyss hocha rapidement la tête. Elle apréhendait la suite, qui ne se fit pas attendre.
- Il nous a dit que tu avait impunément affronté son regard ! Alors, je te demande... je voudrais savoir s'il t'a frappé.
La jeune fille ouvrit tout grands ses yeux bleus. Comment son père osait-il accuser le Chef comme cela ? Puis soudain elle comprit. Elle était rentrée couverte de boue et les cheveux en bataille.
- Non, s'empressa t-elle d'avouer, avant de le voir, je me suis battue avec Shima, et nous avons roulé dans la boue. Je ne l'ai vu qu'après.
Layon éclata d'un rire soulagé.
- Ne me dis pas que Khan t'as vue ainsi, couverte de boue ?
- Oh, si ! Ajouta Milyss, honteuse.

Sa mère reparut sur le seuil de la chambre. Un faible sourire éclaira son visage.
Alors, Layon ne dit plus rien, et le dîner étant près, il s'installèrent à table et mangèrent en silence. Milyss évitait soigneusement le regard de sa mère.

Dernière modification par Shinra Otori : 31/12/2006 à 10h42.
Shinra Otori est déconnecté(e)
31/12/2006, 12h20 #2
tiluman 
Griffon

tiluman

Re : [Roman] Les enfants de Sherea, chapitres 1 à 3

Cool !

Bon, comme promis je vais tout lire et je te donne mon avis dès que j'ai fin. Désolé, mais je n'ai pas le temps aujourd'hui.

kisu^^
tiluman est déconnecté(e)
01/01/2007, 16h12 #3
elmomo 
Ombre

elmomo

Re : [Roman] Les enfants de Sherea, chapitres 1 à 3

Tu écris vraiment bien , c'est facile a lire , on comprend bien et tes personnages sont attachants !!! Vivement la suite!
elmomo est déconnecté(e)
02/01/2007, 10h19 #4
Shinra Otori 
Exilé

Re : [Roman] Les enfants de Sherea, chapitres 1 à 3

Merci ^^ Cela me fait vraiment plaisir !!!

Je mettrais peut-être quelques chapitres en plus dans un moment, mais pas trop, tout d'abord parce que l'histoire n'est pas finie de taper sur ordi, et qu'en plus j'ai trop peur du plagia... comprenez moi, ça fait 3ans que je suis sur ce roman...

Encore merci ^^
Shinra Otori est déconnecté(e)
03/01/2007, 17h29 #5
tiluman 
Griffon

tiluman

Re : [Roman] Les enfants de Sherea, chapitres 1 à 3

Bon comme promis voici mon avis.

Alors, je commence par les points enfin le point négatif comme ca je pourrais finir par uen éloge.^^ Alors je trouve juste qu'à certains moment les description partent un peu trop loin de ce qui ce passe, et donc on suit un peu moins bien le fil, mais je te rassure je cherche car c'est vraiment léger.

dans l'enssemble, l'histoire coule bien, les images défilent comme dans un film ce qui est parfait et l'intrigue commence doucement et pourtant nous prend au "tripe", on veut savoir ce qui suit.^^
Voila j'adore ma douce, t'es trop forte.
tiluman est déconnecté(e)

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