Origine : Russe né à Nizhni Novgorod à l’Est de Moscou
Date et lieu de l'étreinte : 1984 à Nizhni Novgorod
Date d'arrivée à Majorque : 1990
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Né en 1953 à Nizhni Novgorod à l’Est de Moscou. Son Père (Vassili Kritchev) meurt peu de temps après au Goulag en Sibérie. Le jeune Sergueï et sa mère Héléna reviennent alors auprès de la famille de sa mère d’origine Rom.
Le jeune Sergueï est alors pris sous l’aile de son Oncle Jiroslav (le frère Rom d’Héléna). Ce dernier appartient à une branche régionale d’une organisation criminelle fortement hiérarchisée appelés « Voleurs dans la Loi ». La famille se déplace alors régulièrement en convoie dans toute la Russie au grés des convoyages de marchandises alimentant le marché noir et des contrats pour des cambriolages organisés. Autant dire que son enfance et sont adolescence sont fortement influencées par le milieu criminel dans lequel il baigne. L’argent ne coule pas à flot mais personne dans la famille de manque de quoi que ce soit.
De par la position de son oncle au sein des Voleurs dans la loi, il reçoit l’éducation des élites de la criminalité et développe rapidement un talent certains pour le cambriolage. Les années 70 voit le développement florissant du trafic de drogue au détriment de la contrebande classique. Les voyages se développent alors principalement entre l’Afghanistan et l’Europe et tout en poursuivant le cambriolage pendant les haltes, Sergueï apprends petit à petit à monter son propre réseau.
En 1974, à la mort de Jiroslav Sergueï prend son indépendance familiale (Héléna est décédée en 1972). Il monte un petit groupe spécialisé dans le trafic de Vodka aidé par Alexandre Kadirov et Ioulia Timochenko cousin et cousine du côté maternel et paternel. Après deux années fructueuses, Sergueï est finalement arrêté au cours d’un banal contrôle. Les litres de Vodka frelatées retrouvés en sa possession le conduise tout droit au Goulag.
L’expérience s’avère particulièrement traumatisante pour un jeune homme de 23 ans. Autant dire que le physique de Sergueï pourtant peu féminin arrive à attiser la libido de vieux prisonniers endurcis, anciens de l’armée rouge ou mineurs syndicalistes déportés. Il restera 1 an au Goulag mais finalement, les derniers mois, la corruption faite par Ioulia et Alexander ajouté à l’appui habituel de l’Organizatsiya (nouveau nom des voleurs dans la loi) fini par payer. Sergueï finit par se voir charger de la « sécurité » des détenus et est finalement libéré au printemps 1977 .
Inutile de dire que toute attitude évoquant un semblant d’homosexualité le fait sortir de ses gonds et à l’exception de Ioulia et Alexander, Sergueï ne supporte pas le moindre geste ambiguë ou un peut trop familier de la part d’un homme à son égard (la main sur l’épaule par exemple, etc.)
A sa sortie et après ce passage traumatisant, l’objectif du groupe devient limpide, faire sauter le système soviétique en déstabilisent l’URSS. Dès leur libération, la Cellule de Novgorod se reforme et part immédiatement vers le sud pour participer au transport d’armes vers les rebelles des républiques caucasiennes alimentant ainsi les tension aux frontières…
Le groupe renoue alors d’anciennes relations avec une caravane Rom qui travaillait déjà par le passé dans le convoyage de marchandises de contrebande avec son oncle Jiroslav. Après deux années de fructueuse collaboration, Sergueï est finalement étreint en 1980 par le Ravnos en réalité à la tête de la caravane Rom.
Après une période de probation et la découverte d’un monde et de notions jusqu'à présent inconnu Sergueï passe son Bijav avec succès en 1983.
La cellule de Novgorod fusionne alors avec la caravane de son Sire. Ioulia et Alexander reçoivent le Mangavipen et continuent de travailler aux côtés de Sergueï. La déstabilisation de l’URSS repart de plus belle alors que les liens qu’entretenait Sergueï avec l’Organizatsiya s’étiole progressivement. La grande caravane quitte alors l’URSS pour se déplacer vers les pays de l’Est (Roumanie, bulgarie, Hongrie, Pologne, RDA, etc…), déstabilisant les dirigeants des Nomenklatura locales par le chaos engendré par leur illusion…(une population parfois affamée qui n’a que la religion pour se consoler supporte mal de voir les blasphèmes et les orgies de nourriture de petit potentats locaux…).
1989 voit la chute de l’URSS et parallèlement un rideau de fer occulte tombe sur la russie. La cellule de Novgorod prend à nouveau son indépendance pour s’installer en Europe alors que la caravane de son Sire part pour la Russie…. Après tout l’objectif a été accomplit et il y a certainement de très nombreuses choses à faire en Europe.
La cellule de Novgorod en profite alors pour tisser de nombreux liens avec les Ravnos de l’Union Européenne au cours des nombreux carnavals organisés. Ce sont des moments privilégiés pour se perfectionner et l’Europe ouvre des perspectives nouvelles et intéressantes. D’autant plus que les barons de l’Organizatsiya ont radicalement changé et visiblement l’effondrement du bloc de l’Est a aussi vu l’effondrement des anciens dirigeants et de nombreuses têtes ont dû tomber… inutile de chercher désormais des soutiens de ce côté là.
Au milieu des années 90, la Caravane quitte le nord de l’Europe pour rejoindre les rives de la méditerranée. Les activités criminelles y sont nettement plus propices et les zones de déstabilisation plus attractives (corse, pays basque mais aussi moyen orient). L’île de Majorque de par sa position et géographique et politique est un point stratégique. Mais avant de commencer de grands mouvements de déstabilisations il convient de bien s’intégrer au crime organisé local…
Les buts personnels du personnage :
Rencontrer les principaux barons du crime local et de les fédérer en une seule entité suffisamment puissante pour ne pas être inquiété (Créer ainsi différentes branches (drogue, proxénétisme, trafic d’arme, vol, etc..) et asseoir à terme le contrôle par une coterie du crime sur 1 ou 2 arrondissements... (paiement de taxe pour les vampires qui veulent exercer tranquillement leurs activités sur ces arrondissements etc…(ça sera déjà pas mal si on y arrive…) et profiter de cette organisation pour déstabiliser les Puissants et les faire retourner dans le cycle de la Maya. Il sera alors temps de déstabiliser cette nouvelle organisation…la stabilité fige le Weig…
Role envisagé que vous tiendrez dans la société vampirique de Majorque :
A priori, Sergueï est un homme de l’ombre. Il n’est pas du genre à se balader en Elyséum et ce ne sera vraiment pas un grand orateur… Ce sont surtout ses serviteurs qui agiront et un serviteur n’a pas de poste…
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Psychologie du personnage :
Elle est directement liée à son éducation au sein des Voleurs dans la loi puis de l’Organizatsiya. La voie du Paradoxe complétant le tout…
Sergueï¨se considère comme un authentique criminel et à ce titre comme quelqu’un de respectable. Le crime est donc un mode de vie et en aucun cas un moyen de s’enrichir.
Originellement Sergueï obéissait à un code d’éthique stricte, la voie du Paradoxe à sue assouplir cette rigidité…, la collaboration avec les autorités de la Camarilla ne sera clairement pas recherchée (autant dire qu’une participation à un poste au sein de la Camarilla n’est pas pour demain).
Son monde reste celui du crime toutefois celui-ci est orienté dans la déstabilisation de toute structure rigide. Toute accumulation de Weig doit être détruit (œuvre d’art, lien de sang etc…)
Description du personnage :
Environs 1m90 de muscle avec une chevelure blonde coupé court et des yeux gris. . Les lettres VOZY sont tatoués sur les phalanges de son poing droit, tandis qu’un dragon remonte le long de son mollet gauche jusque sur le haut de sa cuisse.
S’exprime extrêmement mal en espagnol et parle donc avec un solide accent russe…
Faiblesse du clan :
Sergueï prend du temps avant de commettre un vol, mais lorsqu’il agit, il agit vite. C’est sa façon à lui d’être prudent. Il s’attaque en général à toute personne en générale connu pour en disposer et ne faisant pas partie du milieu criminel…
Voie : Paradoxe
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Historiques :
Génération 4. On envoie pas n’importe qui établir une base avancée de l’Organizatsiya et cela nécessite des épaule solides.
Statut 2. Nouveau-Né. Sergueï a été étreint en 1984 soit 13 ans d’âge vampirique.
Goule 4. Alexandre Kodorov et Ioulia Timochenko compagnons de la cellule de Novgorod. Tout les trois communiquent dans le langage traditionnel de la Fénia issus des Voleurs dans la loi de Novgorod (un patois russe particulièrement difficile à comprendre même pour les russes eux-même).
Troupeau 2 : Un groupe de filles des pays de l’Est travaillant pour le plus grand plaisir des touristes occidentaux en mal d’affection et fantasmant sur leur délicieux accent slave. Elles sont jeunes et souvent très influençables…
Ressource : 2 : Ressources financières principalement issue du recel depuis des années.
Mauvaise réputation. En raison de son mode de pensé particulièrement déviant (tiré du code d’éthique des Voleurs dans la Loi). Ce n’est vraiment pas le genre de personne que l’on fréquente ou à qui on sert la main dans les salons mondains…Comment peut on avoir des idées aussi tordues…
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Dernière modification par Philippe II : 14/04/2007 à 17h38.
Date et lieu de l'étreinte : 17 août 1668, à Chantilly
Date d'arrivée à Majorque : 1982
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Background :
Artiste attaché au Prince de Condé Henry-Jules de Bourbon lorsque celui-ci fit refaire le château de Chantilly pour en faire un pendant de Versailles. Il y peint diverses fresques et dessine quelques unes des statues du Parc. Néanmoins, ses principales occupations artistiques consistent en l'écriture de romans, pièces de théâtre, et la poésie, bien qu'il y soit plus médiocre.C'est son amante de l'époque, Isabella, une femme à la beauté gitane, qui l'étreint par amour. Lorsqu'elle tombe en torpeur 1 siècle plus tard, il se mit à veiller sur son corps. Il a toujours regretté d'avoir perdu la verve créative, et n'a eu de cesse d'essayer de créer. Début 1914, il pense que laisser libre cours à sa bête donnera la première oeuvre pleinement vampirique. La première guerre mondiale couvre ses exactions. Depuis, il a recouvert son humanité est l'a développée, toujours pour créer, car ses un caractère humain.
Les buts personnels du personnage : créer une grande oeuvre d'art, puis une autre, et une autre...
Role envisagé que vous tiendrez dans la société vampirique de Majorque :
En quête d'inspiration qui lui permettra de dépendre, dans l'art, la société vampirique, il s'attache depuis prêt de 10 ans à se rapprocher de ses frères, autant dans le milieux mondain de Majorque, qu'il maitrise sur le bout des doigts. Il s'intègre aussi à la politique, où il voit ses frères étaler ce qu'ils ont de plus vil.
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Psychologie du personnage : trés humain dans son attitude, il se conduit pourtant comme une dilettante, aidé en cela par son statut d'ancien et sa grande influence dans les milieux culturels de Majorque.
Description du personnage : Grand, svelte et à la peau plus clair que les autres vampires, malgré son ancienneté, il porte ses long cheveux brun en un catogan parfait. D'un gout certain, il se promène vêtu de costumes coupés à sa taille, soit de coupe récente (style Lagerfeld), soit de coupe Belle époque (style Arsène Lupin). PLus rarement, il ressort ses vêtements d'ascendance hippie (mais ce la reste des costumes).
Faiblesse du clan : Le jeu, développé par la cours de Louis 14.
Voie : Humanité : 7. De part son passé d'artiste, Philippe a gardé une grande sensibilité qui l'a fait perdurer dans la voix de l'humanité. Celle-ci est pourtant teintée de preceptes Hindouïstes et Boudhistes, qui font que sa philosophie reste proche de celle de ses frêres. Il partage leur but, pas leurs moyens. Il partage leur code de l'honneur.
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Historiques :
génération : niveau 2 (4 points)
Influence : niveau 5 (5 points). Il a compris, depuis le XX siècle, qu'avoir une importance primordiale dans la culture lui laissera une grande lattitude et l'opportunité de cotoyer les plus grands artistes de ce temps.
Statut : niveau 4(8 points). C'est un ancien et un grand mescène des arts dans Majorque.
Handicap :
Terrible secret (+3 points) Il est Ravnos, prétend suivre la voix du Paradoxe, mais est plus humains que bien des vampires.
présence inquiétante (+1 point) : les vampires craignent le soleil, c'est indéniable. Et lorsque un nouveau-né ce languit de l'aube et qu'il tente de la voir, ça brûle. Les yeux de Phillipe ont un éclat rouge, inquiétant, intrigant.
Background plus complet :
Spoiler
Créer
Fils d'un intendant bourgeois ayant accédé à la noblesse grâce à l'héritière d'une noble famille désargentée, Philippe était dédié à une carrière de courtisan, ce qui eu permit à sa famille de remonter socialement. Malheuresement pour eux, il n'a suivi les espérance de ses parents que pour mieux les contenter, passant son temps à écrire des nouvelles et à peindre.
Il ne trouvera jamais le courage de le leur dire, et ils n'auront pas la joie de voir les arts prendre une grande importance dans le royaume de France. Mort peu avant, ils ne sauront jamais que leur enfant a fait fortune en peignant pour les princes de Condé, les Montmorency et même pour Monsieur le frêre du roi.
Louis 14 ayant écrasé la noblesse, seuls les princes de Condé, Princes de sang et donc cousins du roi, peuvent se permettre de tenter de lui faire ombrage. Ils se sont créé un raiseau de clientélisme dans la haute noblesse, toléré par le roi car leur réseau reste un appuis à sa politique, non un contrepoint. Pour mon cas, les Condé ont aussi tentés de s'affirmer par les arts, tout comme l'avait fait Richelieu, Marie de Medicis puis le Roi-Soleil. Philippe de Beaubourg n'étant pas un artiste assez reconnu, bien que talentueux, il est passé entre les filets du mécénant royal et a donc été payé par les Condés pour peindre aux côté d'artistes de son accabits, mais aussi de plus grands, dont la notoriété permettait de multiplier les mécènes. A leur côté, Philippe apprends, mais ne se lie pas plus que ça, la multiplicité de ses activités l'en empêchant.
C'est pendant cette période où il voit le monde curial sombrer dans une pseudo-décadence qu'il se raccroche à une jeune et belle femme qui lui offre ce qu'il avait attendu : un amour romanesque, hors des intérêts des coucheries de la cour. Il passe de longues heures à discuter d'art avec elle, et s'étonne de sa grande connaissance de la renaissance humaniste.
De même, elle lui parle d'amour, de connivence éternelle et de création permanente, de la possibilité de cotoyer tout les plus grands artistes dde chaque époque. Il confesse alors fièrement avoir vu, une fois, Molière et Bossuet discuter, de loin, dans le parc du château de Chantilly.
Fou amoureux, il se laisse entrainer par son amante dans l'éternité.
Isabelle est une Ravnos de 9ème génération. Etreinte dans la Cours des Miracles à Paris en 1439 où elle a ses quartiers, elle y restera jusqu'à ce que le crime remplace les larcins.Elle parcours donc l'Europe pendant tout le 16° siècle. La voix du paradoxe la mène à pousser loin en Orient, mais elle ne dépassera pas le Moyen-Orient. En effet, la culture chretienne orthodoxe qui l'entoure ne lui convient pas, et elle remonte donc vers Paris. Elle s'arrête en
1665 à Chantilly, et s'interesse à Philippe, qu'elle étreind par amour en 1668. Leur idylle dure prêt de 50 ans, avant qu'elle ne se lasse de lui, puis du monde. Elle tombe en torpeur en 1792 dans le sud de la Sardaigne.
Une nouvelle vie
Et à l’amont du monde, la vie devant elle et l’amour en elle, elle lui tourna soudain le dos et partie vers le couchant.
« NON, ça ne va pas !! »
D’un geste, il balaya les feuilles qui recouvraient son plan de travail. Il se prit alors la tête entre les mains et voulu pleurer. Pourtant aucune larme ne vint. Il n’était même pas triste. Frustré, énervé, mais absolument pas triste.
« Une malédiction, ce n’est qu’une malédiction ! »
Son corps s’agita comme sous l’effet de violents sanglots. Les flots en furie qui agitaient son corps ne s’exprimèrent pourtant qu’ainsi, et ses yeux restèrent désespérément secs. Il se redressa alors, jeta un regard plein d’amertume aux feuillets éparpillés sur le sol et sur la table, avant de tourner le dos à tout cela et de s’enfuir.
Les rues de Chantilly étaient froides en cette nuit de Noël 1682. Il n’était pourtant vêtu que d’un simple manteau de tissu rouge qui lui enserrait le haut du corps, et ses longues bottes d’équitation devaient plus le couvrir que le simple pantalon de tissu noir qui moulait ses longues jambes. Il marchait d’un pas rapide vers les jardins du château, proche de la demeure du centre ville où il habitait. Henry-Jules de Bourbon, prince de Condé, donnait un bal fastueux, digne de Versailles, dans les jardin du château, et il y avait été convié il y a de cela plusieurs mois.
Le regard dans le vide, il admirait l’agencement des jardins. Tout avait été fait pour offrir un pendant à Versailles. Les Condé s’étaient toujours permis plus que les autres, et leur statut encore récent de prince de sang leur permettait d’être encore plus ostentatoires. Ca et là, des courtisans passaient et le saluaient d’un signe de tête. Certains le félicitaient pour son dernier ouvrage, sa dernière peinture. D’autres encore ne le remarquaient même pas. Peut-être parce qu’il n’en avait pas envie.
Loin derrière lui, une ombre se faufilait et se rapprochait inexorablement. Plus silencieuse et imperceptible que la nuit, elle arriva rapidement à portée du jeune homme. Arrivée juste derrière lui, elle s’arrêta un instant.
« Je vous ai senti arriver alors que vous étiez encore aux écurie.
-Je ne voulais surtout pas être remarqué par toute cette foule. Que les nôtres me voient, cela m’est égal, que eux m’aient vu arriver, cela me gênerai plus.
-C’est votre choix.
-Exact. »
La femme qui se tenait à côté de lui était d’une beauté envoûtante. Il était difficile de croire que personne ne l’ai remarquée, tant elle ensorcelait chaque brin d’herbe qui l’entourait. Le vent lui-même semblait chanter ses louanges. Vêtue d’un robe rouge tenue prêt du corps, son regard brûlait de haine autant que de passion lorsqu’elle regardait le jeune homme à son côté.
Celui-ci gardait toujours les yeux dans le vaque, indifférent à l’ange qui se tenait à son côté. Ses yeux d’onyx fixaient l’horizon, et ses lèvres fines se fendaient d’un sourire mélancolique. La pâle lueur de la lune éclairait sa peau pâle. Il prit une profonde bouffée d’oxygène de son nez aquilin, puis se tourna vers sa compagne ; il lui prit les lèvres d’un fugace baiser, avant de s’adresser à elle d’une voix calme et chantante.
« J’ai à te parler.
-Moi aussi. »
Les deux corps sveltes s’éclipsèrent pour se dissimuler dans un bosquet reculé. La pâle lueur de la lune semblait orienter ses raillons vers le couple, maintenant dans la lumière cette brune à la beauté gitane, alors que son amant ne cessait d’osciller entre l’ombre et la lumière, un regard triste posé sur sa compagne.
« Que m’est-il arrivé, que m’as-tu fait ?
-Je te l’ai déjà expliqué la nuit dernière.
-Tu m’as parlé des aspects techniques. Tu m’as décrite ma nouvelle nature, tu m’as appris à me comporter et tu m’as enseigné sur les réalités nocturnes.
-Que te faut-il de plus ?
-Tu ne m’as rien dit, il hausa la voix, tout ce que tu m’as dit n’était que foutaise à côté de la réalité !! Il se ravisa en voyant l’expression apeurée de son amie. Pourquoi ne m’as-tu rien dis la dessus ?
-M’aurais-tu suivi si je te l’avais dis ? Aurais-tu accepté l’éternité à mes côtés si je t’avais dis cela ?
-Je ne te permets pas d’en douter ! » Il avait crié cette phrase en un souffle. Il le regretta aussitôt et s’agenouilla devant son amante, lui prit les mains et les posa contre son cœur. « Le sens-tu ? Le sens-tu ? Il n’y a rien. Un grand vide. Ce n’est pas qu’un muscle qui s’est arrêté. Tu as étant une flamme. » Il vit qu’elle avait sursauté et prit peur en entendant cela. « Ne te méprend pas. Je brûle toujours pour toi. Mais plus jamais je ne pourrais te parler comme je l’ai fait auparavant. Plus jamais je ne pourrais scinder ton front d’une nuée d’étoiles. Tu es toujours une rose à mes yeux, mais moi, j’ai fané. »
Il mit sa tête contre son giron et tenta de pleurer à nouveau.
« Oui, j’aurais dû te le dire. J’ai trop douté de toi. J’ai eu trop peur de te perdre !
-Jamais, jamais je ne t’aurais abandonnée, et jamais je ne t’abandonnerai.
-Alors pourquoi m’as-tu fais si peur ce matin ?
-Je voulais voir si ce n’était pas un rêve, je voulais voir le soleil.
-Tu aurais pu mourir !
-Mais je suis là, et je n’avais jamais rien vu de si beau. »
Ses yeux, encore brûlés par la vive lumière qui les avait frappés, fixaient le ciel de leurs pupilles rouges. La lumière de la lune calmait la douleur qu’il éprouvait. Il pouvait deviner les formes des choses. Ses sens développés lui permettaient de sentir son monde, et le sang qu’il avait prit à la carotide de sa concierge lui avait permis de soigner un peu ses yeux.
« N’en parlons plus, oublions tout cela ; tu es mort maintenant, et nous n’y pouvons plus rien. Je t’aime, et je te promet de t’aider, quelque soit ton désir. »
Elle l’avait presque imploré en disant cela. Ils étaient face à face, agenouillés dans une position théâtrale, le bosquet formant un écrin à cette pathétique scène.
Une idée
Bien des années étaient passées depuis ce moment. Ils étaient toujours ensemble, aussi étrange que cela puisse paraître. Mais ils avaient cessé de s’aimer. Et cela faisait maintenant prés de 200 ans qu’il veillait sur son corps endormi. Son corps, depuis longtemps épargné par le temps, gisait dans un cercueil fait d’ivoire et d’argent.
Philippe passait des heures à la regarder, morte, et pourtant si vivante pour lui. Ils avaient passé prêt de 100 ans ensembles, lui et son sir, elle et son infant, lui et son aimée, elle et son amant. Pendant 100 années, il l’avait soutenu, mais le poids des âges, qu’elle sentait depuis plus longtemps alors que lui, avait eus raisons d’Isabelle. Mais plus que cela, ç’avait été la lassitude. Il l’avait compris depuis peu, lorsqu’il avait de même ressenti cette lassitude au plus profond de son âme. Mais il avait trouvé où s’accrocher, une raison de rester, et le goût des choses était revenu. Elle s’était endormie parce qu’elle avait perdue espoir. Mais en quoi ? En leur amour ? Peut-être. Combien de frères et sœurs avait-il qu’elle avait aimée ? Il ne pouvait pourtant se résoudre à l’abandonner. Ils s’aimeraient à nouveau, il le savait. Elle ne s’y était pourtant pas assez accrochée.
Il s’attelait, en ce début de siècle, à recomposer. Musique, tableau, et même nouvelles et livres. Il voulait redonner un sens à toute sa vie. Il prenait ça et là des fragments de notes, d’images, de mots où d’expression pour tenter, en un patchwork des créations humaines, de retrouver une verve créative. Pourtant, tout ce qu’il faisait était dénué de beauté autant que de laideur. La seule réaction possible face ses créations était la neutralité. Ni dégoût, ni répulsion, rien de ce qui faisait une œuvre d’art. Il n’avait même pas la possibilité de ce considéré comme un incompris, un avant-gardiste. Ses créations ne recueillaient qu’indifférence.
Tant de frustration, de dégoût pour ce qu’il faisait, ce qu’il était. La flamme de la création s’était depuis longtemps éteinte. Il était dans cet état d’abandon et de répulsion pour ce qu’il était lorsqu’il se perdit au point de sentir une force de destruction au fond de lui. La Bête que cachait son âme, qu’il avait contenue depuis tant d’année, sortait ses crocs. Mais plutôt que d’en avoir peur, il voulut voir son potentiel, de quoi elle était capable. Une théorie s’échafauda au plus profond de son esprit. Si c’est l’humanité, propre aux vivants, qui permet la création artistique, peut être que ce qui est propre au vampire lui permettra de retrouver l’inspiration.
Notes
Je me suis abandonné depuis si longtemps. J’ouvre les yeux et je ne vois que vide et désolation. Ma défection n’a pas été longue, pourtant il me semble que cela fait une éternité que je ne fais qu’assister à ma lente descente. J’écris ces quelques lignes pour retrouver un semblant d’humanité, essayer de retrouver le contrôle de mon corps, de mes pensées. La sensation de la plume contre mes doigts me permet de me sentir comme plus jamais je ne m’étais senti depuis mon étreinte.
Je m’accroche à chaque sentiment passé. La douleur de mes yeux qui n’auraient plus dû voir le soleil a depuis longtemps disparue, mais j’essaye de me souvenir de cette brûlure. Mon amour pour Isabelle surtout, j’essaye de le faire renaître. Je le sens, latent, attendant le moment propice pour éclater et se révéler.
J’ai vu, j’ai assisté à la colère du monstre. Nous craignons et haïssons les lupins, mais je n’avais jamais compris pourquoi. Maintenant, je comprends à quel point ils sont proches de nous. Ils écoutent, ils vivent, ils sont la bête, plus que le Sabbath ne le revendiquera et ne le sera jamais, aussi horribles soient-ils. Mais surtout, je sais désormais ce que j’ai toujours voulu savoir. J’ai cru que m’abandonner à la bête me permettrait de créer un art purement vampirique. En réalité, ce n’est que destruction. Je l’ai découvert, notre race n’est que destruction.
Le rejet de la destruction pousse les humains à vouloir créer. On ne détruit que pour reconstruire. Du moins, c’est ce que font les humains. De même, les nouveaux courants de pensée artistique que je vois répondent du dégoût de leur monde. Et le seul moyen de voir à quel point le monde dans lequel on vit et répugnant, et d’avoir un idéal d’humanisme. Alors seulement à partir de ce constat, de cette représentation idéale, on peut voir à quel point le monde qui nous entoure en est loin. Alors, on peut le juger, travailler à sa reconstruction, à sa re-création. Mais surtout, on peut créer, créer un monde imaginaire, où l’on dénonce ce que l’on voit, ce que l’on est et ce que les autres sont, mettre dans une lumière plus vive et plus brûlante que celle du soleil les travers qui sont les nôtres.
Constater cela, voir un idéal que je veux mien me fait déjà retrouver un verbe que je croyais à jamais perdu. Je dois déjà vaincre ce que j’ai en moi, reprendre le dessus sur le monstre que je suis devenu. Mister Hyde ne doit pas vaincre. Il ne vaincra pas. D’ici peu, j’aurai repris l’ascendant. Il faudra ensuite que je m’atèle à devenir le plus humain possible. Je n’en doute pas. Je le veux, je le ferai, j’y arriverai.
Notes
Il y a si longtemps que je n’ai pas écris. Le faire aujourd’hui rend la chose encore plus magique. Les stylos ont remplacés les plumes, et se caresser le menton avec les crins soyeux d’une plume d’oie est aujourd’hui remplacé par le mâchouillement du plastique. Les postures sont moins poétiques, mais plus expressives. L’art, depuis les années 50, signifie, dit, tout en représentant. On ne peut lire ce qui se dit, écouter ce qui se compose, regarder ce qui se peint, mais aussi filme et photographie, sans tomber dans un abîme sans fond.
Depuis que j’ai recommencé à écrire, j’ai repris le dessus sur mon monstre. Je suis devenu bien plus humain que je ne l’ai jamais été. Je recommence à composer et à écrire. Jamais je ne m’étais senti aussi vivant. J’ai intégré les courant humains, je les ai suivis et m’en suis inspirés. J’ai pu prendre un très grand ascendant dessus, au point de devenir, indirectement, un facteur clef de leur développement et réussite ; J’ai plus de honte à l’écrire qu’à le dire, mais c’est un milieux aussi avantageux intellectuellement que pécuniairement. Quand Isabelle se réveillera, je pourrais lui composer des odes telles qu’elle n’en a jamais entendues. Je lui ferai suivre le chemin que j’ai pris, et l’amour renaîtra en elle. J’espère qu’elle le tournera vers moi, mais finalement, qu’importe. Mon art doit pouvoir aider chacun à voir ce qu’il se refuse : dans non-vie, il y a vie !
Après Londres, Berlin et New York, le monde se passionne pour les paysages exotiques ; je l’ai suivi du Swinging London au Summer of Love, de la Sehnsucht au cubisme, du Jazz à la New-Wave. Il migre aujourd’hui vers le sud. John Lennon s’est éteint en soufflant la flamme des 60’s et 70’s, je cours voir qui, en cette année 1984, rallumera la flamme de la création. J’ai déjà réuni mes manuscrits, mes affaires sont prêtes, et j’emmène Isabelle à Palma de Majorque avec moi. Là-bas, l’éternité semble prometteuse. J’espère pouvoir m’y faire un nom en politique. Je n’ai que trop vécu loin de ma communauté. Les voir fera souffler un vent nouveau sur les voiles de ma création ; et peut-être arriverais-je à leur montrer qu’ils peuvent être eux aussi humains, et vivre…
Dernière modification par Chevelu : 30/04/2007 à 18h04.