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[Concours] "Qui a mangé le dernier Smglupf" : les nouvelles.
Section : Littérature et bande dessinée
BD, livres et édition


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[Concours] "Qui a mangé le dernier Smglupf" : les nouvelles. : Discussion sur le forum Littérature et bande dessinée (BD, livres et édition : Informations et discussions sur la littérature, la bande dessinée et ses auteurs.)

 
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 Concours "Qui a mangé le dernier Smglupf" : les...
 Littérature et bande dessinée : BD, livres et édition
20/06/2007, 15h18 #1
Nyx 
Dieu supérieur / Déesse supérieure
Coordinateur Hyjoo
Mystère Hyjoo 2008/2009

Nyx

[Concours] "Qui a mangé le dernier Smglupf" : les nouvelles.

Et c'est parti pour les résultats !
Premier candidat !
Les commentaires sont à faire ici :
Important : [Concours] Concours de Nouvelles Le Retour !


THEME: SPACE OPERA


Chronique d’un humain comme les autres




2855, système d’Edipa


Je viens de me lever. Comme chaque matin depuis que je participe à cette mission, les eaux de cœurs m’assaillissent! Jamais je ne me ferai à ce foutu caisson !


Oui, j’ai droit à un caisson, mais ce n’est pas pour autant que je fais partie des Elus ! Non, je suis juste un membre d’équipage, certes sous-lieutenant, mais tout de même : je suis né sur ce vaisseau et la mission principale que je connaîtrai dans ma première vie sera la bonne continuité de la Mission Alpha 152, mission qui a pour but la protection et la mise en quarantaine des Elus.


Ces fameux Elus… Ils sont issus pour la plupart de cette vieille planète qui ne ressemble désormais plus à rien du tout. Bien sur, Elle a duré plus longtemps que Mars, mais il devient clair que le système Solaire va disparaître petit à petit. Non pas que l’étoile Soleil va exploser ! Non, il lui reste encore un demi millénaire, selon les dernières études produites par le Gouvernements des Mondes Colonisés. Simplement que ces planètes sont contaminées par la Guerre.

Or de mémoire d’Homo Sapiens Sapiens Sapiens, jamais un conflit armé eut lieu entre humains dans les Mondes Colonisés après l’Ultime Guerre, appelée communément la 5ème guerre mondiale. C’est d’ailleurs ce conflit qui avait réduit en poussière Mars, forteresse des vils Asi, peuple sauvage qui furent tous éliminés après que Aveda Greos, célèbre bio-physiciene multi-centenaire, ai prouvé aux Mondes Colonisés que ce peuple était génétiquement belliqueux.

Seuls les peuples de la Terre, comme on appelait avant cette planète, ont continué à se faire la guerre. D’après le Gouvernement des Mondes Colonisés, ces peuples se font la guerre comme on joue au Smglupf, dernier jeu à la mode.



Ici, aucun avis scientifique ne fut rendu, le Gouvernement a décidé que désormais, la guerre était illégale partout dans les Mondes Colonisés et aucune dérogation ne sera permise.



Donc, moi, jeune diplômé de l’Académie des Forces Subspatiales de la prestigieuse Planète Biz0058 – du nom du célèbre explorateur Jack Biz -, je décide de me lancer dans ce projet avec la ferme intention d’apprendre à ces Terriens les bonnes manières, histoire de me roder avant de combattre ces satanées bestioles stupides que sont les Smglupfs.



Evidement, comme tout jeune homme bourré d’idéaux, je fus déçu. On a juste reçu l’ordre de placer les plus éminents des Terriens dans notre grand vaisseau et de les amener sous protection dans le système de Gerpida, situé à 20 années de la Terre en vol « Plus vite que la lumière ». Quant aux autres, le Gouvernement décida de lancer une Bombe B-Gamma. Pas de combats ont-ils décidés alors que c’était justement ma motivation !

La raison invoquée fut l’attaque par surprise : on promit des armes aux différents groupes terriens, et à la place, on les raya définitivement avec cette fameuse Bombe B-Gamma, qui irradie tellement une planète que rien ne peut survivre pendant un millénaire, selon les études établies par le Gouvernement des Mondes Colonisés.



De plus, pour ne pas avoir de problème, on plaça les Elus dans des caissons de Refroidissement Neural, nouvellement produit par MicroBaxter, afin de les endormir durant le voyage vers le lieu où ils serviront la Grande Cause Humaine contre une quelconque attaque de ces Smglupfs.



La mission est un secret paraît-il, mais il ne reste que bon nombre de la population humaine seraient heureux d’apprendre la chute de ces stupides Homo Sapiens Sapiens, qui ne vivent qu’une centaine d’année à peine (soit une seule vie, comme on l’appelle) et qui ne cherchent que l’amour et le conflit, deux vecteurs qui, preuves à l’appui, amène le conflit.



En tant que sous-lieutenant du vaisseau, je copilote la vie à bord. C’est un rôle assez important, mais je ne m’en satisferais jamais. Mon capitaine est certes un vieil homme, mais je doute qu’il ne décède avant la fin de la mission. Mon rôle est surtout un rôle de flic. Je réglemente la vie à bord et empêche les jeunes de jouer à qui à mangé le dernier Smglupf, jeu rendu célèbre depuis la déclaration de guerre des ces bestioles infâmes contre la toute puissance des Mondes Colonisés.



Cet acte de guerre est d’ailleurs on ne peut plus incompréhensible pour nous, humains, vu que nous sommes les Défenseurs les plus farouches de la démocratie et du respect des droits du citoyen.




Comme dirait mon Capitaine, l’Univers est bien étrange…

Dernière modification par Nyx : 20/06/2007 à 15h28.
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21/06/2007, 14h11 #2
Ebert 
Dieu supérieur

Ebert

Re : [Concours] "Qui a mangé le dernier Smglupf" : les nouvelles.

2eme texte

Ambiance : 1920


Allongée sur les draps qui lui font office de lit, Louise sent son cœur battre de plus en plus vite. La sensation de stress allant crescendo et occupant maintenant tout son corps la fait déglutir difficilement alors qu’elle est là, à attendre impatiemment le retour de Madame Paulette dans cette sinistre pièce où elle espère ne pas laisser sa dernière once d’âme. Lentement, elle tente de redresser la tête pour apercevoir une nouvelle fois la porte hermétiquement fermée depuis maintenant plusieurs dizaines de minutes. Les volets mal accrochés vont et viennent et coupent de façon irrégulière le bruissement des feuilles mortes disséminées sur le balcon. Sans oser bouger, elle sent les poils duveteux des rats caresser ses jambes, là où les pans de sa robe tombent généralement de façon naturelle. Aujourd’hui, celle-ci est relevée jusqu’à la taille et la jeune femme attend inlassablement sur le plancher de cette maison en ruine le retour de sa mère discutant dans la pièce d’à coté. Louise sent ses mains trembler alors qu’elle les fait glisser sur son ventre à moitié découvert. Même s’il n’est pas encore rebondi, elle sent comme une présence à l’intérieur ainsi que certains souvenirs lui revenir en elle.

Souvenirs d’un été radieux au bord du lac, sa sœur cadette jouant dans l’eau comme si la guerre n’avait point eut lieu quelques années auparavant. Les lapins de garenne dansant parmi les coquelicots dans les champs et les premiers sourires vers les jeunes hommes charmants. Il prit les devants et l’invita à pique-niquer le surlendemain, sur les bords du même lac. L’excitation du premier rendez-vous, les divers scénarios échafaudés sous la couette alors que la lune brille dans le ciel et que la sœur dort à ses cotés. L’envie de le revoir, l’entendre maintes fois encore répéter son nom avec cette voix si suave à faire tourner la tête de toutes les jeunes filles des environs ; mais savoir qu’on est la seule à qui il fait de si beaux sourires avec ses dents éclatantes. La passion mise dans chaque gâteau préparé la veille du jour fatidique et l’espoir que le soleil se joigne à la partie.

Elle rougit d’impatience pendant que sa mère s’échine à attacher des rubans dans les cheveux de sa sœur alors que ceux-ci se délasseront d’eux même dans l’eau. Elle arrive au lieu indiqué et il est là, l’attendant comme un cerisier attendrait le printemps pour bourgeonner. Assis sur l’herbe, il patiente en fumant du tabac d’avant guerre et éteint à la va-vite sa cigarette lorsqu’il l’aperçoit debout devant lui. Elle se souvient parfaitement de toutes ses paroles, tous ses gestes ; les mains qui se frôlent lentement lorsqu’elle lui tend son assiette et le moment décisif où il dépose ses lèvres sur les siennes. Il dirige ensuite ses mains sous son corset et c’est l’effusion des sens, à l’abri des regards. Sa première fois. Elle lui dit qu’elle l’aime et il sourit négligemment tout en continuant son affaire.

Allongée dans l’herbe après l’acte, elle contemple les nuages en jetant un coup d’œil à sa sœur jouant toujours dans l’eau. Du coin de l’œil, elle le voit sortir une petite boîte rectangulaire d’une des poches intérieures de son veston. Elle se souvient en avoir déjà vu une du même acabit il y a plusieurs mois entre les mains de soldats, près de l’église du village. Elle referme lentement les yeux et sent son cœur battre la chamade lorsqu’elle s’amuse à se remémorer l’heure précédente. Un cri la sort de sa rêverie.

- Shit ! Qui a mangé le dernier Smglupf ?

Il se redresse alors que Louise ouvre les yeux. Il range la boîte à son ancien emplacement et se baissa pour lui cueillir un dahlia qu’elle prend dans ses mains. Elle le suit du regard tandis qu’il quitte l’endroit au pas de course. Ce fut la dernière fois qu’elle le vit.

Le bruit de la porte de chambre la ramène dans le monde des vivants. Madame Paulette est debout dans l’entrebâillement en compagnie de sa mère. Elle tient dans sa main une paire d’aiguilles à tricoter.

- Andrée, tiens ta fille ! Ce sera douloureux ! Il ne faut pas qu’elle crie !

Tandis que sa mère s’approche d’elle pour lui tenir les épaules et pour ne pas qu’elle bouge, elle sent le froid de la pointe de l’aiguille passer près de sa cuisse. Elle ressent une honte indescriptible de se retrouver là, en train de commencer à agonir sur le plancher froid d’une lugubre bâtisse abandonnée. Alors que l’aiguille pénètre en elle, elle sent quelque chose couler le long de sa jambe. Retenant avec peine ses cris, elle essaye d’attraper quelque chose avec ses mains que sa mère essaye de garder le plus immobile possible.

La jeune femme étendue par terre continue de sentir la pointe de l’aiguille à tricoter. Ce n’est plus la fraicheur de l’ustensile qui lui fait de l’effet mais la douleur qu’il réussit à engendrer en elle. Soudain, elle voit les deux femmes l’accompagnant commencer à s’agiter alors que sa vue se trouble. Elle réussit à apercevoir sa mère qui sort de la pièce avec une des aiguilles portant une pointe ensanglantée.

- Ne t’inquiète pas, Louise : Tout ira bien…

Comme pour mieux prendre conscience de ses paroles, Paulette esquisse un léger sourire qui disparait rapidement avec le retour d’Andrée et ses linges brûlants. Louise sent toujours une forte douleur au niveau du bassin et a de plus en plus de mal à tenir ses yeux grands ouverts. Les linges que sa mère tend à son amie ressortent rouges du dessous du jupon de la jeune femme. Réussissant une dernière fois à ouvrir distinctement les yeux, elle aperçoit sa mère qui tente de lui parler mais aucun son ne parvient à ses oreilles. La panique commence à s’installer en elle et elle réussit à tourner légèrement la tête pour admirer le paysage qui s’adresse à elle, par la fenêtre. Les branches des arbres nus de l’allée semblent être des bras qui n’existent que pour la voir dans leur creux et le vent à cesser de souffler les volets contre la maison. Le souffle lui manquant de plus en plus, Louise jette un léger coup d’œil embué vers sa mère qui tient une nouvelle pile de linge couleur coquelicot. Ces mêmes coquelicots qui ont bercé une des plus belles journées de sa vie.

Une larme coule délicatement le long de sa joue pour venir tomber sur le plancher poussiéreux. A l’extérieur, le premier flocon touche terre.
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22/06/2007, 14h46 #3
Nyx 
Dieu supérieur / Déesse supérieure
Coordinateur Hyjoo
Mystère Hyjoo 2008/2009

Nyx

Re : [Concours] "Qui a mangé le dernier Smglupf" : les nouvelles.

3e texte



Univers post-apocalyptique



Il se tenait là, les bras ballants, le regard enfiévré , ne sachant pas encore s’il était toujours au beau milieu de son cauchemar ou si l’atroce vérité allait se confirmer.

Il se pinça très fort pour être sûr d’être éveillé et la douleur que cela lui occasionna le convainquit que ce n’était malheureusement pas un cauchemar. La dernière ration de smglupf avait disparu !

Il se rappelait encore s’être endormi avec la boite bien en vue à ses cotés et maintenant plus rien.



Essayant de calmer les battements affolés de son cœur, il s’assit pour mieux réfléchir. Il n’y avait que deux solutions, soit il était devenu somnambule, soit, contrairement à ce qu’il croyait jusqu’à présent, il n’était pas le dernier survivant de son espèce.

Cette dernière pensée le ramena des semaines en arrière lorsqu’il était redescendu de sa randonnée en solitaire dans la montagne et que, à peine arrivé au village dans la vallée, l’horreur lui était apparue dans son intégralité. Tous les habitants étaient morts !

Le plus effrayant étant qu’ils ne portaient aucune marque visible et qu’ils avaient péri en accomplissant les gestes de la vie quotidienne, c’est même cela qui l’avait le plus effrayé et le fait qu’il n’y avait aucune trace d’agression ou de gestes defensifs.

N’ayant pas réussi à démarrer son véhicule, il s’était résolu à marcher mais cela ne le dérangeait pas car depuis des années, il était un fervent pratiquant de courses en solitaires dans la montagne et de ce fait, il bénéficiait d’une bonne condition physique.

En chemin, il s’était nourri principalement de baies et de champignons, buvant l’eau claire des ruisseaux, du moins jusqu’à ce qu’il trouve le cadavre de la brebis et qu’il décide qu’un peu de viande améliorerait bien l’ordinaire.

A la suite de quoi, il avait été malade et n’avait donc plus, de ce fait, consommé de viande.



Il s’était rendu dans la petite ville au fond de la vallée, et après trois jours de marche, était arrivé en vue de cette dernière. Le vent, ayant choisi ce moment là pour tourner, lui avait appris, bien avant qu’il ne le voit de ses yeux,

de ce qu’il l’attendait en ville mais il devait quand même s’y rendre, ne serait-ce que pour consulter la presse et voir si quelque chose avait été écrit sur cette catastrophe.

Et pour la première fois, la chance lui avait souri lorsqu’il avait déniché cette petite épicerie avec des boites de smglupf bien alignées sur les rayonnages. Il s’était littéralement jeté dessus et en avait mangé trois coup sur coup, la troisième plus par gourmandise que par réelle faim.

Il en avait ensuite mis le maximum dans son sac à dos et était reparti pour la prochaine ville, espérant toujours y découvrir un autre survivant.



Au fur et à mesure que les jours passaient, il se rendait bien compte que tout ce qui appartenait à la faune était désormais un souvenir du passé, et que les êtres de son espèce avaient finalement réussi à détruire le monde qui les avaient vu naître et les avaient nourris.

Il leur en voulait de leur égoïsme, qui avait réussi à détruire leur espèce, dans cette course frénétique au profit qui avait dépeuplé la planète entière, il ne se faisait plus trop d’illusions à ce sujet.

Et voilà qu’il se trouvait là, réfléchissant à la disparition de cette boite de smglupf , et se demandant ce qu’il allait bien pouvoir faire.

La première chose était de repérer si son visiteur n’avait pas laissé de traces de son passage, cela lui remémora les jeux de son enfance lorsqu’il jouait avec son frère, se prenant pour le dernier des mohicans et chassant ses ennemis à travers la forêt.

Il se releva donc et entreprit une minutieuse inspection des lieux, ne tardant pas à découvrir une série de petites empreintes s’approchant et s’éloignant de son campement.

Ramassant ses affaires , il commença à suivre la piste en souriant car il se revoyait trente ans plus tôt dans la même situation. Les traces étaient faciles à suivre, malgré le fait qu’elles soient menues comme si elles appartenaient à une femme ou un jeune enfant, et il progressa donc facilement dans la poursuite de son visiteur.

Mais qu’allait-il pouvoir lui dire, vous êtes un voleur, rendez moi ma boite, cela paraissait dérisoire face aux derniers évènements , et cela plus qu’autre chose le convainquit de se montrer prudent, plus pour éviter d’affoler son visiteur que par réel danger pour lui.



Cela faisait maintenant six heures qu’il suivait cette piste et , il le sentait, sa recherche ne tarderait pas à aboutir.

Il décida donc de remplir sa gourde au ruisseau qui coulait non loin de là, et de s’asseoir pour réfléchir à la meilleure manière de prendre contact avec celui ou celle qu’il traquait.



C’est alors qu’il entendit une voix cristalline s’élever derrière lui !

Bonjour, lui dit la voix, vous êtes qui ?

Je répondis d’une voix aussi douce que possible que j’étais comme elle, car c’était une jeune femme d’une vingtaine d’années, un survivant et qu’elle était ,elle, mon visiteur à mon campement précédent. Et qu’elle m’avait pris ma dernière ration de smglupf.

Je suis désolée me répondit-elle d’une voix contrite, mais j’avais faim et comme je vous avais vu en manger, je me suis dit que c’était comestible.

Ne vous inquiétez pas, le bonheur d’avoir trouvé un autre survivant vaut bien toutes les boites de smglupf de cette terre lui répondis-je calmement.

Puis-je savoir comment vous avez survécu car jusqu'à vôtre visite, je pensais bien être le dernier homme sur cette planète.

Je faisais un repérage pour emmener un groupe de touristes faire de la spéléologie et lorsque je suis revenue à la surface, je n’ai pas réussi à démarrer mon 4x4, je suis donc rentrée à pieds à mon village et là, j’ai découvert tous les membres de ma famille qui étaient morts. Je suis restée prostrée pendant un assez long moment et c’est finalement l’odeur qui m’a fait m’enfuir .

Je regrette de ne pas avoir enterrer les miens mais la terre est encore à moitié gelée et je n’avais pas assez de force pour manier la lourde pioche.

Nous discutâmes fort avant dans la nuit, nous racontant ce que nous avions découvert chacun de notre coté puis nous nous allongeâmes de part et d’autre du petit feu que j’avais réussi à allumer et prîmes un repos bien mérité.



Le lendemain, nous nous mettions en route pour la ville suivante, non dans l’espoir d’y trouver un autre survivant mais bien pour y dénicher une autre épicerie ou nous ravitailler en boites de smglupf et autres denrées nécessaires.

Nous cheminâmes l’un à coté de l’autre, perdus dans nos pensées respectives et nous demandant ce qu’il allait bien pouvoir advenir de nous.

Ce ne fut que lorsque nous fûmes en vue de la ville que nous nous dîmes que le meilleur moyen de s’en sortir était de rester ensemble et c’est ainsi que débuta notre aventure commune.

Ma co-équipière se révéla d’emblée une personne pragmatique dès que nous eûmes pénétré dans la cité. En effet, elle mis à profit son expérience des aventures souterraines pour nous procurer des articles dont je ne connaissais même pas l’usage et en priorité, c’était bien là une femme, au savon.

Non tant pour la propreté que pour la vermine que nous risquions d’attraper !



Je lui répondis que malheureusement, je doutais que la plus infime trace de faune ait survécu à ce mystérieux carnage car, j’avais observé, lui dis-je que même les mouches qui auraient du grouiller sur les cadavres brillaient par leur absence.



Nous nous apprêtions à découvrir un monde redevenu vierge de toute faune ou nous pourrions fonder une nouvelle civilisation, pour peu que d’autres aient bénéficié des même conditions miraculeuses que nous, mais que je doutais fort que cela soit le cas !



Elle me répondit que tant que l’espoir existerait, nous devrions chercher sans relâche la plus infime trace d’un survivant et que cela nous donnerais la motivation pour ne pas sombrer dans la dépression et nous laisser mourir, parachevant par là-même l’œuvre de nos anciens dirigeants.



Je ne pus qu’acquiescer devant cette déclaration porteuse d’un espoir qui n’était plus déjà qu’une petite étincelle enfouie profondément en moi.



Et c’est ainsi que nous nous installâmes dans une ferme que nous savions abandonnée par la force des choses, et que nous patientâmes jusqu’au printemps pour commencer à explorer les environs.

Nous eûmes la bonne surprise de constater que les champs et le jardin avaient été ensemencés et que la nature reprenait ses droits en libérant les pousses de futurs légumes, dont nous aurions grandement besoin dans le cadre de notre survie.

Et de voir les vergers en fleurs nous offrit un espoir que tout n’était finalement pas perdu et qu’avec de la volonté, nous pourrions très bien nous en sortir.



Et nous sommes toujours installés dans notre ferme ou, notre régime végétarien nous profite bien car nous sommes en excellente santé, et ou je me suis senti rajeunir en oubliant tous les maux de mon passé, qui me poussait toujours à rechercher la solitude de la haute montagne, pour échapper au stress d’une vie citadine épuisante.
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23/06/2007, 14h45 #4
Ebert 
Dieu supérieur

Ebert

Re : [Concours] "Qui a mangé le dernier Smglupf" : les nouvelles.

4e texte

Thème : Dans un système extra-terrestre développé

“Hé le jeunot!”
Un bruit sourd se fit.
“Tu me réponds un peu quand je te parle?”
Un nouveau coup partit mais fut arrêté par une main.
“Qu'est-ce que tu me veux encore? Tu vois pas que c'est notre pause? Laisse-moi au moins me reposer maugréa-t-il, puis il se retourna et ramena sa couverture sur son corps.
Attends, attends, insista le premier, s'il-te-plaît... Aujourd'hui, c'est différent!
Je ne vois pas ce qui a changé moi! Ce matin, levé même heure, on nous a servi la même infecte nourriture, et la première partie du travail est toujours aussi usante!
Tais-toi un peu et écoute-moi, car toi, tu as peut-être un moyen d'obtenir ta liberté. Tu as un statut à faire valoir.
Lequel? Une des personnes les plus médaillées du complexe? Et alors? Je ne pense pas que les glordings prennent en considération ces récompenses que j'ai durement gagnées! Et puis... c'est que... en fait... Non, j'ai déclenché une mutinerie.
(Sourire en face.)
On peut dire que c'était réussi. Sache, néanmoins, que ces gens t'ont suivi parce qu'ils croyaient en toi.
Ah, oui, à cause de cette foutue légende, hein? Elle me colle à la peau depuis que je suis arrivé. Le seul imbécile à avoir survécu sur ce pont avant l'arrivée des renforts. Faut pas croire tout ce qu'on raconte. J'ai eu de la chance, je pense que c'est tout.
Le modeste... Écoute, tue un homme, tu es un meurtrier, tue dix hommes, tu es un assassin, tue cent hommes, tu es un monstre ; tue-les tous à la guerre et tu deviens un héros. On peut pas refaire l'histoire, mon garçon, ni se rétracter sur ce genre de choses. Mais tu sais, tout n'est pas fini : je pense bien qu'un jour l'ombre sanglante reprendra du service!”

Il jeta un coup d'oeil à son compagnon. Il semblait mal à l'aise, son regard était vide. Son bras cogna soudain les lattes du lit au-dessus de lui. Du sang coulait de ses jointures. Après avoir serré les dents, sa bouche s'ouvrit à nouveau :
“Ne m'appelle plus comme ça. Plus jamais. Mon seul et unique nom est Syl.
J'étais pourtant sûr qu'il te restait un peu d'orgueil, capitaine. Moi qui croyais qu'un vaisseau t'attendait au-dehors. Mais bon. Je ne peux t'obliger à rien. Fais comme tu le souhaites.”
Le vieil homme se leva alors et se dirigea vers la porte du dortoir. Un bruit strident venait de retentir et des messages commençaient à s'afficher sur tous les murs.
“Talmur. Explique-toi. Comment je peux regagner ma liberté?”
Ce-dernier sourit, puis il se retourna. Son interlocuteur était encore dans la même position.
“Viens, lui répondit-il, je te le dirai en allant à l'infirmerie.”
Syl fixa son poing droit rougi et rejoint son compagnon.
“Il s'agit d'un jeu.
Un jeu? Tu veux que je participe à un jeu?
Ça l'est. Du moins, du point de vue des glordings. Il se nomme «Qui à mangé le dernier Smglupf?»
C'est quoi ce nom ridicule?
Il est question d'une créature découverte par Unmodo qui habite la planère natale des glordings. Je n'en n'ai jamais vu, mais ils en mangent comme des friandises, si bien qu'à force de gourmandise, le roi Grunark II a dû mettre en place une loi qui ne permet aux glordings de consommer des Smglupfs qu'une seule fois par an. Et c'est aujourd'hui!
Donc, il va falloir que j'observe attentivement dans quelle bouche va atterrir chacune d'elles?!
Oui, en gros, tout ce que je sais, c'est qu'en plus de ta liberté, ils te laisseront un Niwt pour t'envoler vers la planète de ton choix, sinon, tu devras payer de ta vie.”
Ils étaient arrivés à l'infirmerie.
“Autre chose?
Non, rien d'autre, je ne sais pas comment tu peux y participer, à toi de la découvrir donc, à moins que la chance ne te sourie.
En tout cas, merci pour tes connaissances.”

Syl entra dans une pièce, déposa sa main dans une machine et la ressortit quelques secondes plus tard. Elle était intacte. Il massa son poignet. Aucune trace de la blessure, comme toujours.
Ils allèrent ensuite directement aux mines, sous les brimades de tous les glordings qu'ils croisèrent.
Dans le gouffre, ils se fondirent rapidement dans la masse. Et leur labeur débuta. Pendant un temps qui leur paraissait des jours, ils creusaient des galeries afin d'extraire les différents minerais permettant à la cité de fonctionner. Les glordings utilisaient toujours la main-d'oeuvre gratuite au lieu de la laisser pourrir dans les geôles. Les argousins et les contre-maîtres n'étaient là que pour surveiller l'avancée du chantier.

Syl commençait à montrer des signes d'énervement. Il avait beau être un minimum patient, l'idée d'une liberté si proche lui faisait tourner la tête. Cela faisait bien longtemps que quelque chose de difficile ne lui était pas arrivé. Il avait trop profité de son statut et maintenant qu'une pièce du puzzle lui échappait, il enrageait. Il se mit alors à cogner plus fortement la roche et continua ainsi avec acharnement. La fatigue éteindrait sa colère et sa frustration.
Un garde s'approcha de lui. En passant, il jeta un coup d'oeil à son voisin qui paraissait étonné. Talmur hocha la tête.
“Calme toi un peu Syl, lui glissa-t-il.”
Aucune réponse.
“Hé, toi, dit le glording en posant sa gigantesque main sur l'épaule du jeune homme, tu abîmes la roche en tapant ainsi! Regarde un peu dans quel état tu mets le minerai!”
L'ancien capitaine se retourna, sa pioche toujours en main. Elle avait perdu de sa rigidité. Le surveillant se mit à rire. C'était bien sûr lui qui était à l'origine de cette mauvaise farce. Sous le coup de l'émotion, il ne vit pas partir le crochet de son adversaire. Toutefois, il ne recula pas sous l'impact. Au contraire, il s'avança vers lui et l'envoya avec sa prodigieuse force rouler à terre. Du sang se trouvait sur son poing. De l'autre côté, Talmur accourut vers son compagnon. Il crachait sur le sol un liquide noirâtre.

En cumulant leurs forces, ils réussirent à le mettre debout, puis se dirigèrent lentement vers l'infirmerie en s'arrêtant à diverses reprises pour laisser le temps à chacun de récupérer.
En entrant, ils aperçurent le même argousin qui avait frappé Syl. Ce-dernier se fit soigner et pendant ce temps, le glording annonça que l'ombre sanglante irait dans une prison individuelle en attendant son jugement.
Il partit sous bonne garde tandis qu'il voyait son compagnon essayer plusieurs demandes de grâce et d'autres afin de l'aider.

Sa nouvelle geôle était beaucoup plus sombre que la précédente. Il commençait juste à s'endormir quand un garde ouvrit la porte.
“Hé toi, sors de là ! lui cria-t-il”
Syl sortit lentement, en se protégeant les yeux de la lumière aveuglante de l'extérieur.
“Il y a quelqu'un qui veut te parler, et après, tu vas devoir me suivre.”
Le jeune homme aperçut Talmur et alla à lui aussi vite qu'il le put. Aux bruits de ses pas, ce-dernier releva la tête.
“Content de te revoir en forme.
Moi aussi. Comment se fait-il que l'on puisse se rencontrer?
Comme tu l'as sûrement vu, j'ai négocié avec les glordings et après plusieurs essais, j'ai réussi!
Réussi quoi?
C'était une sentence de mort ou la participation au jeu, donc je t'ai choisi la dernière comme punition.
Non, ce n'est pas possible...”
Il se retint au mur. Il voulut rajouter quelque chose mais il fut entraîné par les gardes dans une grande salle. Elle était vraiment immense. Un siège l'attendait au centre de la pièce. Autour de lui se trouvait des tables imposantes auxquelles étaient attablés des glordings. Ils devaient être au moins une cinquantaine et apparemment, ils étaient au courant de sa venue.

Quand il prit place, chacun d'eux prit une petite créature orangée et l'engloutit. Ce fut comme un signal de départ. Ils se mirent tous à en dévorer plus ou moins rapidement, avec une certaine élégance tout de même pour la famille royale.
Syl avait dû mal à suivre l'allure démentielle qu'on lui imposait. Mais il n'avait plus le choix.

L'orgie dura une bonne heure durant laquelle plusieurs milliers de bestioles disparurent. Le jeune homme était trempé de sueur, il ne savait pas quand cela s'arrêterait. Ses yeux lui faisaient mal, des larmes l'obligeaient à les essuyer avec le revers de sa main.
Enfin, les derniers bols se finirent. Il jeta un coup d'oeil autour de lui et se concentra sur un groupe. Des traces de sang apparaissaient à chaque coup de mâchoire. Puis, le silence se fit.
Le roi alors s'adressa à lui : “Qui a mangé le dernier Smglupf ? Lève-toi et désigne-nous la personne que tu as choisie.”
Syl se redressa, doucement. Il se dirigea vers une partie de l'assemblée et pointa son doigt un glording qui était en train de s'essuyer la bouche.
De nouveau, le seigneur lui demanda : “Es-tu sûr de toi ? Est-ce là ton choix ?
Oui, il l'est, répliqua-t-il.
Bien. Talmur, sors donc de ta cachette et dis-nous s'il a raison.”

Une porte coulissa et l'appelé entra. De son côté l'ancien capitaine s'était rassis, tout étonné de l'apparition de son compagnon.
“Maître, salua le vieil homme, Syl, membres du banquet. Je dois vous avouer que mon challenger n'était pas mauvais du tout. Cependant, il a bel et bien échoué.
Comment... comment cela se fait-il que tu sois là Talmur?
Je suis le juge. Aucune de ces personnes n'est capable de dire qui a mangé le dernier Smglupf. Ils ont donc besoin de moi pour vérifier ce que tu dis. Si tu avais gagné, tu aurais pris ma place et j'aurais obtenu ma liberté mais tu as perdu alors tu seras tué par le roi.”
Le monarque sortit son arme et sans attendre tira. Le laser pénétra dans le jeune homme et ce dernier chuta.
Son visage était encore tourné vers Talmur. “Pourquoi? murmura-t-il”.
Le vieil homme approcha son oreille jusqu'à la bouche de son ancien compagnon.
“Pourquoi as-tu... menti? lui demanda-t-il en l'agrippant de ses mains pleines de sang.
Tu as sali mon nom, c'est pour cela que je t'ai choisi. Tu ne trouves pas que c'était trop simple? Sache que moi, je peux attendre encore un an.
Quel est... ton nom?
L'ombre sanglante, lui répondit l'autre.”

Les yeux de Syl s'écarquillèrent. Puis il sombra dans l'obscurité.


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25/06/2007, 15h09 #5
Nyx 
Dieu supérieur / Déesse supérieure
Coordinateur Hyjoo
Mystère Hyjoo 2008/2009

Nyx

Re : [Concours] "Qui a mangé le dernier Smglupf" : les nouvelles.

5e texte

L'ambiance choisie est donjons et dragons.


Au moulin de Belip.

La rumeur courait depuis ce matin et semblait s'avérer de plus en plus au fil des heures: Grabi avait disparu.

Grabi était le dernier Smglupf ayant survécu à l'éruption du Mont Kapatôh. Depuis ce jour, Grabi avait mené une vie solitaire et triste dans sa maison située sur les avals de la rivière Lingf. De plus, rares étaient les visites que recevaient Grabi.

Il faut savoir que les Smglupfs étaient de petits êtres gentils mais d'une tristesse naturelle. Un véritable Smglupf est un Smglupf malheureux. Ils vivaient continuellement en se larmoyant sur leurs sorts, sur leur petite taille, - qui se situait entre vingt et cinquante centimètres de haut -, sur leur vie monotone, ....
Bref, ils n'étaient pas de joyeux compagnons. Les fêtes étaient toujours annulées au profit de pleurs collectifs sur leur misère. On les nommait ainsi car leurs complaintes collectives faisaient résonner dans la vallée des smglupfs larmoyants.

Cela dit, ils étaient intégrés à la société par les autres peuples qui ne voyaient en eux que de bons petits râleurs mais toujours présents pour prêter main-forte et aider leurs amis.
Et lors de l'éruption du volcan, l'aide apportée aux Smglupfs fut grande mais un échec car seul trois d'entre eux survécurent: Grabi, Marli et Pofia. Les petites jambes des Smglupfs ne leur avaient pas permis de fuir assez vite. Certains furent seulement blessés mais ils moururent également: car leur résistance physique n'était pas grande.

Pofia était la doyenne des petits êtres et était absente le jour de la catastrophe. En raison de son âge avancé, elle ne pouvait plus avoir de progéniture et l'avenir des Smglupfs était nul. D'ailleurs, Pofia mourut deux mois après le drame.

Marli, un Smglupf adulte avait fini d'élever le petit Grabi, âgé de neuf ans à cette époque. Marli succomba à un mauvais rhume après avoir plongé dans la rivière pour sauver Grabi tombé dans l'eau par inadvertance. Ce dernier avait quinze ans.

Après ces onze années de solitude, il avait fini de grandir et profitait de ses longues journées pour ne rien faire d'important à part pleurer très souvent. Pourtant, il était veillé tous les jours pour empêcher les Mrsofuls de s'attaquer à lui car tout le monde savait qu'ils raffolaient des Smglupfs.
Les Mrsofuls étaient des êtres mi-homme, mi-Prhfi ( les Prhfis étaient des animaux ressemblant au loup et au cochon ) et étaient assez vils et lâches.

Une loi avait interdit la chasse aux Smglupfs mais les Mrsofuls n'avaient jamais pu s'empêcher de s'en prendre aux petits pleurnichards. C'étaient leur mets préféré. Mais une surveillance de jour et de nuit préservait leur tranquillité bien que des Mrsofuls avaient toujours profité des failles de certains gardes pour se faufiler dans le village.

Grabi, le dernier Smglupf avait donc bel et bien disparu. Une battue fut organisée rapidement. Et les sept Mrsofuls qui erraient dans la région furent immédiatement arrêtés et mis sous garde par précaution.
La recherche fut malheureusement de courte durée: on retrouva les petits ossements de Grabi derrière le moulin de Belip avec sa petite tunique verte et jaune et son pantalon marron doté d'une ceinture noire à trois crans. Du sang tâchait les vêtements posés en boule près d'un tas de bois carbonisé encore fumant légèrement.

Les gens poussèrent des haut-le-cœur et bientôt toute la contrée sut que Grabi avait été dévoré.

Le chef des Plsonte, - on pouvait les confondre avec les nains sauf que ces derniers n'étaient pas aussi velus -, Blap prit la parole devant la foule de plus en plus nombreuse qui s'amassait autour du moulin:

- Ce qui s'est produit ici, aux premières heures de l'aube, est impardonnable. On ne peut laisser courir le meurtrier qui a commis cet acte barbare et répugnant. Grabi n'était certes pas un joyeux compagnon, mais il n'avait jamais causé de torts à personne et il ne méritait pas de mourir ainsi. Il s'agit d'un acte vil et méprisable et l'acte sera puni sévèrement. Alors je pose la question: qui a mangé Grabi? Qui a mangé le dernier Smglupf?

La foule avait approuvé les dires de Blap par des interjections du style: " oui c'est une honte ", " quelle lâcheté de s'en prendre à plus faible que soi ", ....

Et bientôt la question entonnait toutes les lèvres:

- Qui a mangé le dernier Smglupf?

*¤*¤*

Bien évidemment l'attention se porta rapidement sur les Mrsofuls. Et les sept suspects furent conduits sur les lieux du crime. Ils répondaient aux noms de Mlorf, Brilf, Grapf, Tzerf, Scref, Nolp et Felms.

Mlorf était un borgne. Il raconta qu'il avait dormi sur Olms à l'auberge des Mitrons et n'était reparti qu'après le déjeuner pour se rendre à Tramp où vivait son oncle.

Brilf était un jeune Mrsoful un peu foufou, qui inconscient, ne fit que dire qu'il ignorait à quoi pouvait bien ressembler un Smurf ou un Smgulf.

Grapf était un rustre costaud qui répondit de sa voix grave:

- Vous n'êtes tous que des hypocrites! Vous pleurez la mort d'une bête que vous n'aimiez même pas!

Blap lui répondit:

- Non, ce n'est pas vrai! Nous l'aimions Grabi! D'accord nous ne lui rendions pas souvent visite, d'accord nous ne l'invitions jamais à nos festins mais cela ne nous empêchait pas de l'apprécier tel qu'il était! Alors maintenant, je réitère ma question. Que faisiez-vous ce matin en Framlin*?

- Je ne répondrais pas à vos sottes questions? Pour moi, vous n'êtes que des hypocrites!

Tzerf était un vieux Mrsoful assez sage et ne put que répondre qu'il était seul chez lui sans personne qui pouvait en témoigner.

Scref était un jeune adulte et ne possédait rien qui put le différencier d'un autre Mrsoful. Il précisa qu'il rentrait chez lui après son voyage d'affaire auprès des commerçants d'Olms, et qu'il avait quitté ce matin, de bonne heure, l'hôtel Plims de la même cité.

Nolp était habillé noblement, il descendait de la noblesse d'Erplmo. Il refusa de répondre à des accusations infondées et menaça Blap de ses relations si on ne le relâchait pas rapidement. Il s'indigna d'être traité comme un vulgaire vagabond.

Felms était le plus imposant des suspects, disons qu'il avait un embonpoint assez prononcé. Il bredouilla des paroles rendues incompréhensible par l'alcool ingurgité:

- C'est queeeeee ..... hips ..... j'ignooooooooooooore quiiiiiiiiihips est vooooooooooooootrrrrrrrrrrrrrreeee Grrrrrrrrrrraaaaaaaabbbbbbboooooooo.

Et ce dernier se mit à imiter le coassement du crapaud.

L'interrogatoire des suspects n'avait pas apporté d'éléments concrets. Ils furent renvoyés dans leurs cellules en espérant qu'un futur interrogatoire soit plus convaincant ou que des aveux mettent fin à cette triste histoire ou encore que des éléments extérieurs confie des témoignages sur l'un des suspects en question.

*¤*¤*

Le reste de la journée fut consacré à l'enterrement de Grabi, sur son lieu de mort. Après une longue prière, toute la foule partie progressivement. Et chacun avait en tête cette fameuse question: Mais qui a mangé le dernier Smglupf?

Le dernier auprès de la dernière demeure de Grabi était Blap, le chef des Plsonte. Larmes aux yeux, il se retourna et s'apprêta à partir lorsqu'il entendit derrière lui une petite voix:

- Hé, papa! Je peux sortir, il n'y a plus personne?

Blap resta immobile et stupéfié face à l'ombre familière qui venait de sortir du moulin. Celle de son fils, Blippy. Ce dernier avait les vêtements tâchés de sang et un coutelas aux reflets rougeâtres était attaché à sa ceinture.

D'une voix brisée, Blap demanda à son cher fils unique:

- Mais qu'as-tu fait, Blippy? Réponds-moi, s'il te plaît! Dis-moi que tu n'as rien fait, que mes yeux m'abusent et que tu n'as pas mangé Grabi!

Désespéré, Blap pleurait face à son fils adoré qu'il ne reconnaissait plus.

- Roooh! Papa, ce n'est pas grave! Au moins maintenant nous n'entendrons plus ces éternels gémissements, car oui j'ai mangé le dernier Smglupf!

* Framlin : nom de la région.
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