Hellevator : The Bottled Fools
Réalisateur : YAMAGUCHI Hiroki
Auteur du scénario : YAMAGUCHI Hiroki
Acteurs : Luchino Fujisaki, Ninalada Mochiduki,Viblio Sawatsukumori,Alamocia Nakaji,Nocosh Utsunomiya, Zitacock Obitani, Calpico Teranouchi...
Genre : Cyberpunk Horreur
Durée : 1h37
Titre original : Gusha no Bindume (Gusher no Binds Me)
Nationalité du film : Japonaise
Date de sortie : 2004 (jamais sorti en France)
Résumé :
Dans un futur indéterminé, la population vit dans une gigantesque tour où la lumière du jour est inexistante. Leur seul transport en commun est un immense réseau d'ascenseurs qui amène inlassablement les habitants à l'étage désiré, chaque étage étant dédié à une activité différente (lycée, magasins, administration) ou à des résidences organisées par statut social (les plus pauvres se retrouvant au niveau le plus profond et sale de la tour). Pour gérer tout ça le "Surveillance Bureau" a été mis en place : police totalitaire qui surveille tout et tout le monde !
Un jour Luchino, une lycéenne plutôt rebelle et mystérieuse, provoque par inadvertance un énorme incendie (elle fumait alors que c'est formellement interdit). L'incendie finit par bloquer l'ascenseur dans lequelle elle se trouvait avec quelques autres habitants et des prisonniers en transit... Un huis clos sanglant commence alors !
Avis personnel :
Vous connaissez sans doute tous
Brazil (si ce n'est pour l'avoir vu, ce que vous devriez vous empresser de faire, c'est tout du moins de nom) le chef-d'oeuvre de Terry Gilliam (ancien Monthy Python), et bien voici le
Brazil japonais, version sanglante !! Rien que ça devrait déjà vous donner envie de foncer voir le film !

. Quand Brazil, avec son univers savamment orchestré et "barré", rencontre Cube et son ambiance claustrophobe, ça nous donne :
The Bottled Fools, un film d'ambiance dans lequel on est plongé dès les premières secondes avec notamment son générique "froid" et décalé, faisant écho au personnage principal : l'énigmatique Luchino.
Non content de nous présenter un monde unique, avec une personnalité propre et une histoire de huis clos vraiment réussie niveau ambiance, le film nous réserve également un scénario bien ficelé et surtout bien amené, qui ne manquera pas d'en surprendre plus d'un.
La personnalité visuelle du film est incontestable : cette ville "souterraine" nous est rapidement présentée à base de schémas numériques, et on devine facilement l'étendue de la chose grâce aux ascenseurs (à travers le nombre d'étages qui défilent sur le cadran ou quelques vues d'extérieur). On nous montre également une petite partie de cette ville : la partie pauvre (sale et sombre, ça nous met tout de suite dans le bain). Puis on finit le tour des lieux avec l'entrée dans l'ascenseur, pièce principale du film (qui sera même reprise à certains moments, avec quelques modifications toutefois, pour d'autres lieux) et qui conclut l'aperçu de la ville à travers quelques arrêts à divers étages, arrêts que ne manquent pas de commenter la charmante groom. On notera aussi le mode de fonctionnement très militarisé de la ville (d'où la ressemblance flagrante avec
Brazil) à travers, entre autres, des cadres costards/cravates "automatisés" qui feront un rapide passage dans le film et qui semblent suivre éternellement la même routine, ou bien encore des membres du service de surveillance qui plane constamment au-dessus de chaque habitant.
Côté réalisation c'est nickel ! Des plans et mouvements de caméra, en passant par une musique convaincante et un soin particulier sur les effets sonores (on notera par exemple le prisonnier qui parle à l'envers °_°; ) tout est rondement mené ! Les acteurs sont tout aussi efficaces : les prisonniers et Luchino en tête... effrayants et mystérieux à souhait, ils maîtrisent leurs personnages et y vont à fond ! Le scénario quant à lui, comme je le disais plus haut, ne manquera pas de vous surprendre (jusqu'à la dernière seconde

) et laisse la part belle à la psychologie des personnages (normal, c'est un huis clos je rappelle

).
En bref, le seul petit reproche à faire c'est le manque d'originalité générale : que ce soit dans le thème ou dans le déroulement, et malgré son impact visuel immédiat, on se rend compte qu'on a déjà tout vu au moins une fois dans un autre film (il empreinte même à
Matrix 
). Mais, si on fait l'impasse là-dessus, nous voilà en face d'un huis clos à l'ambiance très réussie, rempli de folie, de sang (roh que oui, y'a du sang là

) et de personnages absurdes et déments ; le tout soutenu par un scénario efficace et une réalisation en béton armé... Un bon moment garanti !!
Bande annonce :
http://park5.wakwak.com/%7Ekyoto/grumble16/movie/gusher_480.mov