[Cinéma] Le Roi et le Clown : Discussion sur le forum Cinéma et télévision (Cine, films et series : Informations et discussions sur le cinéma, les films, les séries tv, sitcom, émissions...)
Réalisateur: Lee Jun-Ik Auteur du scénario: Choi Seok-hwan & Kim Tae-wung Genre: Fresque historique Durée: 119 minutes Titre original: Wang-ui namja / King's Man Nationalité du film: Coréenne Date de sortie: France > 23 Janvier 2008 Bande annonce: http://www.dailymotion.com/relevanc...vost_shortfilms
. Distribution:
Jang-sang / Woo-seong Kam
King Yeonsan / Jin-yeong Jeong
Nok-su Jang / Seong-Yeon Kang
Gong-gil / Jun-gi Lee
Cheo-sun / Hang-Seon Jang
Yuk-gab / Hae-jin Yu
Chil-duk / Jeong Seok-yong
Pal-bok / Seung-hun Lee
. Résumé:
Citation
Posté par Dailymotion
Aux temps de la dynastie Chosun (fin XIV-début du XX sc.) sous le règne du tyrannique et sensible roi Yunsan (fin XV-début XVI sc.), une troupe de comédiens, pour s'attirer les faveurs du public et remplir leur bourse, monte des spectacles burlesques ayant pour héros le roi, sa favorite et les ministres de la cour. Remarquée par un conseillé du roi, la troupe est arrêtée et condamnée à mort. Mais son meneur le « cap'taine » en appelle au roi. Une représentation aura lieu devant celui-ci. Yunsan en proie à l'ennui se divertira beaucoup et surtout, au grand déplaisir du « Cap'taine », tombera sous le charme ambigu d'un des acteurs, Gong Gil, celui à qui revient les rôles féminins dans les spectacles.
. Avispersonnel: Que je le vois et je vous tiens au courant.
Y a Lee Jun-Gi !
Dernière modification par Shubi : 22/01/2008 à 19h07.
Il est distribué dans 7 salles dans toute la France c'est aberrant.
He oui... Mais fait comme je te l'ai dit: Regarde sur DailyMotion. Il y est en VOSTFR.
Pour les fans que ça pourrait ramener ici: Lee Jun-Gi = Lee Jun-Ki. En fille, il est à croquer, n'est-il pas ? Sa carrière a explosé grâce à ce rôle. Je rappelle que le film est un des plus gros succès coréens. Joli paradoxe comparé au budget du film. Vingt et une récompenses dont sept rien que pour le petit Jun-Ki.
Dernière modification par BEBOP : 24/01/2008 à 07h16.
Eh oui, il passe en ce moment même à Lyon, au CNP Terreaux, pour ceux que ça intéresse.
Sinon, sur un coup de tête, je suis allé le voir samedi soir, et je ne le regrette absolument pas. C'est vraiment un film magnifique, une fresque historique et dramatique, dans laquelle gravitent principalement trois hommes que le destin a ou va lier intimement, et qui vont se retrouver tous trois au coeur d'une tragédie dont ils vont devenir les héros "malgré eux" en quelque sorte.
Très belle musique, qui nous plonge véritablement au centre de ce monde, très belles prouesses de reconstitution historique, tant au niveau des costumes que des coutumes, des spectacles et des divertissements coréens.
J'avais déjà entendu des extraits de spectacles coréens (style conteur) sur un CD intitulé "La Route de la Soie musicale", et les intonations de voix, les décrochements dans les aigus, les passages en voix de fausset ou suraiguë et l'exagération des mimiques vocales sont tout à fait identiques !
Voilà donc pour la forme...
Sur le fond, le film est très bien tourné.
Comme le disent si bien les phrases d'accroche qui ont défilé dans la bande-annonce, en parlant du roi : "Seul son rire peut les sauver mais son rire peut aussi les condamner".
Spoiler
Le Roi est ainsi un personnage ambigü, qui peut se montrer tour à tour tyrannique et sans merci, puis puéril et capricieux, terrorisé par ses propres démons, l'ombre de son père et la mort de sa mère.
Il cherche dans le rire et les bouffoneries de la troupe des comédiens qu'il accueille une sorte de délivrance, une catharsis (expurgation des passions) qui le sauvera en quelque sorte. Il voit dans ces railleries le moyen d'extérioriser et peut-être ainsi d'exorciser son chaos intérieur.
Son côté tragique s'exprime par le fait qu'il est soumis au poids écrasant de son père et des traditions, incarnées par les ministres qui finiront par le renverser, mais aussi par le fait qu'il n'arrive pas à garder les gens qui lui sont fidèles (son conseiller, celui qui a fait entrer les comédiens au palais et qui se suicide vers la fin du film) ou ceux qui l'aiment ou pourraient devenir ses amis (sa femme ou favorite, Gong-Gil) et qu'il ne maîtrise pas le pouvoir et la fonction de roi, quelque part... Intérieurement, on dirait qu'il en est resté au stade infantile, dû au traumatisme de l'empoisonnement supposé de sa mère.
Concernant Gong-Gil et son ami indéfectible, ils sont également liés par des liens d'amitié extrêmement puissants et beaux, même s'ils se distendent à l'épreuve de l'arrivée d'un troisième homme dans cette relation (le roi).
C'est très intéressant de voir justement l'évolution des relations, des liens, et de la psychologie de tous les personnages du film, car elles sont très riches, et l'on s'aperçoit que les deux acteurs de la troupe (Gong-Gil et son ami) vont être le déclencheur et le révélateur des vérités sans fard de la Cour. Ils vont également dévoiler les personnalités des uns et des autres, notamment du roi et des ministres, qu'ils vont démasquer en leur présentant leur propre image comme dans un miroir, par leurs imitations et leurs satires.
Ce film peut aussi se lire sous l'angle d'une fable sur plusieurs formes de pouvoir :
- le pouvoir en tant qu'autorité temporelle, incarnée par le Roi, la Cour ou les ministres
- le pouvoir des traditions, des lois, et des codes, des normes
- le pouvoir des sentiments humains, qu'ils soient amitié, amour, haine, colère, etc. tant sur les personnes elles-mêmes (dominées par leurs sentiments) que sur leur entourage et leur environnement
- le pouvoir des mots, tel qu'une raillerie ou une satire peut renverser un royaume et exiger censure et tyrannie comme seule réponse
- et le pouvoir du rire, évidemment
Sinon, tous les personnages sont très hauts en couleur, et c'est fou la distinction que peut avoir Gong-Gil, à tel point qu'on peine à croire qu'il est comédien itinérant, tant ses traits, la blancheur de sa peau, et ses manières tranchent avec la "vulgarité" des autres comédiens, qui ressemblent plus à des hommes du peuple, paysans peu ou pas instruits, à la peau hâlée par les travaux des champs ou les vagabondages, par exemple... (D'ailleurs, même dans le film, ils se posent ces questions ! )
En tout cas, vous l'aurez compris, j'ai vraiment énormément apprécié ce film dramatique, et ça faisait longtemps que j'avais pas posté une longue critique (que je complèterai peut-être par la suite).
Si vous allez le voir, surtout, regardez-le en VOST parce que sinon vous perdrez peut-être l'essentiel des émotions et de l'atmosphère.
(Je ne pense pas qu'il ait été doublé en VF de toutes façons, mais mieux vaut prévenir que guérir ! )
Dernière modification par BEBOP : 27/01/2008 à 14h01. Motif: fautes de frappe
Le film a été diffusé au Festival International du film Gay et Lesbien de Grenoble.
C'est la 2ème fois que je le rate.
Mais pour la bonne nouvelle il a reçu le prix du public dans la catégorie "Longs métrages - Clin d'oeil Vues d'en Face 2008"
Et pour l'info, 5 films asiatiques sont passés par ce festival :
- Spider Lilies ( Taiwan, Rainie Yang, Isabella Leong)
- No Regret ( Corée)
- Love My Life ( Japon)
- Eternal Summer ( Taiwan)
- Bangkok Love story ( Thailande)