Je viens d'écrire ce texte entre 3h et 4h du matin alors que je n'allais pas bien du tout. Bref, un nouveau texte a ajouté à mon index. Rien de bien magistral mais bon, je vous le propose quand même, car j'aime avoir des avis sur ce que j'écris.
Obsidienne.
Le temps ne te vainc pas, tu es toujours là, te rappelle à moi et tu mords. Juste une ombre en moi qui me fait aller jusqu’au bout de cette terre noire brûlée me rappelant l’obsidienne.
La nuit était sombre, les rues désertes, enfin presque, une silhouette s’avançait lentement dans le coin d’une ruelle, elle pénétrait dans la grand-rue menant au plus majestueux pont de la vieille cité. La silhouette appartenait à une jeune fille de quinze ans à peine. Le visage hagard d’un être ayant connu la honte, le déshonneur, - déshonneur de son propre corps. Un corps devenu sale, inutile, honteux. Les mains resserrées sur une poitrine encore pré pubère, les jambes flageolantes, la gamine parvenait tout de même à avancer. On aurait dit qu’elle était portée. Mais portée par quoi, aucun vent, la brume peut-être, elle enveloppait la forme humaine de son corps blanchâtre et vaporeux. L’enveloppait, la touchait comme ces ignobles menottes l’ont fait peu de temps auparavant.
Un corps fantôme, un visage sans nom, mais des larmes pourtant, des larmes qui transperceraient toute personne ayant une âme, ayant un cœur. On rencontrerait cet esprit de la nuit, cet être nocturne que nous serions brisés en un instant, nous verrions l’obsidienne. Nous serions anéantis mais nous ne la laisserions pas seule, nous tenterions quelque chose, je le crois, je le sais, je le veux. Mais personne malheureusement, être brisé, esseulé voguant sur le bitume d’une cité ayant perdu tout son charme. Suivie, la jeune fille était suivie par les lambeaux de sa jupe qui traînaient au sol derrière elle, jupe qui tenait que par la ceinture qui cinglait encore le bas-ventre de la jeune fille. Les sauvages ne l’ont même pas ménagée, ni dévêtue. Non, il ne s’agissait que de vils primates.
La fille se stoppe au milieu du pont, s’approche du parapet, ses mains relâchent pour la première fois sa poitrine dénudée et les posent sur le parapet froid et rugueux, mais elle ne cille pas. Elle tient quelque chose dans la main gauche ayant une forme sphérique, des lumières de couleurs y virevoltent. Et en un instant de rage:
- Adieu!
Le bras gauche est parti en arrière et revenant vers l’avant, la boule est éjectée de la main juvénile. La boule disparaît rapidement dans la nappe brumeuse, et, quelques instants plus tard, un léger plongeon se laisse entendre. La jeune enfant pleure toujours, le bras gauche ballant et le bras droit reposant sur le pont. Elle se détourne et reprend sa route finissant de traverser le pont. Elle ne se tue pas, heureusement. Mais n’a-t-elle pas assez contemplé cette obsidienne? Que va-t-elle devenir?
Obsidienne, couleur de l’humanité. Le temps ne te vainc pas, tu es toujours là, te rappelle à moi et tu mords. Juste une ombre en moi qui me fit aller jusqu’au bout de cette terre noire brûlée me rappelant l’obsidienne.
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