BRAVE STORY

Titres alternatifs : ブレイブ・ストーリー
Genre : Anime, Heroic-fantasy, Jeunesse
Année de production : 2006
Date de diffusion dans les salles françaises : 06 février 2008
Durée : 1h53
Concept original : Miyuki Makabe (manga en 2 tomes)
Réalisateur : Koichi Chigira (Full Metal Panic!, Last Exile...)
Scénario : Ichiro Okuchi (Planètes, Shigofumi...)
Studio : Gonzo (Gankutsuou, Last Exile...)
Chara. design : Yurika Chiba (Planètes...)
Animation : Yuriko Chiba (Code Geass...)
Musique : Juno Reactor
Générique de fin : Aqua Timez
Distributeur : Warner Bros
Licence : Kaze
Résumé :
Wataru, un jeune écolier, voit sa vie changée du tout au tout le jour où son père décide de vivre ailleurs avec un autre femme. Sa mère en est fragilisée et alors que le monde de Wataru s'écroule autour de lui, il se rappelle les étranges phénomènes dont il a été témoin.
Il a vu un camarade de classe, Mitsuru, utiliser de la magie et, alors qu'il franchit une étrange porte, ce-dernier lui dit que derrière cette porte son souhait peut devenir réalité...
Personnages :
Wataru Mitsuru (doublé par Takako Matsu)
Le héros typique au grand coeur. Il est encore un enfant et la séparation de ses parents l'affecte beaucoup. Dans un sens, on pourrait dire qu'il a peur du changement, de sortir du cocon. Ce n'est pas tant de la peur qu'il ressent à l'idée de grandir que de perdre ses repères.
Mitsuru Ashikawa (doublé par Eiji Wentz)
Le personnage le plus intéressant de ce film. Il a un souhait à réaliser, et pour cela il ne reculera devant rien, pas même à tuer. Pour autant, il n'est pas censément antipathique. Wataru le considère comme un ami bien sûr et Mitsuru a du mal avec le fait que des gens puissent tenir à lui, alors qu'il fait tout pour s'isoler.
Miina (doublé par Chiwa Saito)
Une fille-chat du cirque du Monde derrière la porte. Redevable envers Wataru, elle l'accompagnera par la suite car il lui promis de la ramener à son père. Elle s'attachera à lui bien qu'elle sache qu'il n'est pas de son monde et qu'il s'en retournera un jour.
Ki-Kima (doublé par Yo Oizumi)
Un homme-lézard, marchand itinérant qui essayera de guider Wataru dans son monde. En fait, Ki-Kima laisse le jeune garçon l'accompagner parce que les voyageurs de l'autre monde sont supposés porter bonheur dans la tradition populaire. Par la suite, il se prendra d'affection pour le garçon.
Avis Personnel :
Alors que ce film sort (en copies limitées) dans les salles françaises, il est bien temps d'en parler. Pour les films d'animation japonais, il est difficile d'exister à l'étranger. Seuls sont visibles les productions Ghibli ou un Ghost In The Shell. Pourtant, avec le succès croissant de la japanime, les studios nippons se disent qu'il y aussi un coup à tenter sur grand écran. On a déjà vu le studio Madhouse réaliser un dernier opus de la saga Highlander convaincant techniquement (à défaut de l'être sur un plan scénaristique) mais c'est bien Gonzo qui axe le plus sa politique de commercialisation vers l'étranger.
Il avait déjà sorti le film Origine qui avait connu une sortie encore plus intimiste. Origine démontrait les qualités techniques du studio (à défaut de son originalité) ainsi que le soin particulier attribué aux musiques. Néanmoins, le scénario de ce premier film péchait par naïveté. Est-ce que Brave Story a su reprendre les qualités de son aîné sans ses défauts ?
Gonzo a réuni un casting important, avec notamment un Koichi Chigira plus que convaincant sur la série Last Exile et un Ichiro Okuchi qui avait fait un véritable travail d'adaptation avec Planètes.
Sur un plan graphique une fois encore, on jouit d'un bon boulot, film oblige, mais je ne peux m'empêcher d'être un peu déçu. L'une des caractéristiques du studio Gonzo n'est pas tant une qualité technique sans faille, mais plutôt une créativité qui sort des clous des autres productions de japanime. Regardez quelques images de Gankutsuou pour vous en convaincre. Mais j'ai le sentiment avec Brave Story qu'ils n'ont pas osé aller aussi loin qu'ils le peuvent. Est-ce de la timidité vis-à-vis du marché occidental ? Une mise en demeure des financements hollywoodiens ? Quoi qu'il en soit on peut les qualifier de timorés.
Ainsi, l'animation est bonne mais perfectible (je continue de considérer que les Dreamworks ou autre Pixar ont encore à apprendre de leurs voisins d'outre-Pacifique) Le chara-design est sombre, peut-être trop enfantin, mais toujours de bonne tenue. Seul envol pour les incrustations CGI qui dénote enfin une prise de risque plus personnel.
Musicalement c'est classique mais bon. Pas de fausses notes à signaler même si je regrette aussi la présence uniquement au générique de fin d'une version vocale et non seulement instrumentale.
Ce film d'animation est essentiellement destiné aux enfants et ça se voit. Il est dommageable que, pour s'exporter, l'animation japonaise se sente obligée de se conformer à la restriction "dessin animé = jeunesse" ; pour autant, il y a bien moins de convenances que dans Origine et un regard plutôt intéressant.
Rien à rechercher du côté de la forme : une sorte de quête initiatique à la Alice aux Pays des Merveilles dans un monde d'Heroic Fantasy que les connaisseurs de RPG ou de Excaflowne ne renieront pas. Dommage aussi que la fin se doive plus conventionnelle, on regrettera certainement que les auteurs n'aient pas osé (pu ?) aller jusqu'au bout de la morale distillée tout au long du film.
Mais les personnages sont plus intéressants. Le héros est certes rempli de stéréotypes, voire de banalités, mais sa situation se détache du lot. Le divorce est un problème d'actualité, présent certes depuis longtemps mais ignoré quelque peu dans les Disney par trop imprégnés de bonnes moeurs religieuses. Et l'enfant de divorcés que je suis vous affirme qu'il s'est retrouvé quelque part dans le personnage de Wataru. L'accent de réalité est bel et bien respecté.
Mais le personnage le plus intéressant est bien évidemment Mitsuru. Cet enfant a un objectif, et il ne recule vraiment rien pour l'atteindre, même à tuer. On a déjà eu des méchants dans des films d'animation, mais on ne peut pas classer Mitsuru comme "méchant". Ce n'est pas tant qu'il n'est pas antipathique, ou que le héros s'acharne à voir en son camarade un ami ; je ne saurai pas dire exactement pourquoi mais, sans vraiment s'attacher à lui, on se prend d'empathie.
Mieux que la fois précédente mais encore avec une marge de progression, Brave Story n'est pas un mauvais film d'animation. Mais je ne peux m'empêcher de penser que Gonzo peut bien mieux faire.