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15/03/2008, 21h35 | #1 | | Sylphe
| Salon du livre le boycotte | | Bonsoir  .
A pparemment personne ne veut en parler sinon je crois que c'est intéressant.
Le vendredi 14 mars, le salon du livre a ouvert ses portes au Public pour la 28e édition à Paris.il a mis à l'honneur la littérature israélienne (une quarantaine de personnalités des lettres hébraïques),un choix qui n'est pas du goût d'une partie du monde arabe qui boycotte l'évènement protestant contre le fait qu'Israël ait été désigné invité d'honneur de l'édition 2008 pour les 60 ans de l'Etat hébreu. | | |
16/03/2008, 17h56 | #2 | | Dieu supérieur
| Re : Salon du livre le boycotte | | A mon sens, c'est la littérature Israélienne qui est à l'honneur, pas le pays. Or, boycotté les milieux intellectuels qui sont les plus suceptibles de soutenir une politique de rapprochement, de consensus et d'entente entre Israël et ses voisins est pour moi un non-sens complet. Je trouve ça ridicule de politiser ce genre d'évènement, mais la situation est telle qu'on ne peut pas en être surpris.
Bref, à mon avis, c'est encore la preuve d'un manque de volonté à avancer. L'état hébreux existe de fait, et à moins d'une guerre totale, il ne disparaîtra pas. Ce n'est pas en protestant continuellement et en rejetant chaque occasion de se rapprocher qu'on arrivera à une concorde entre arabes et juifs... | | |
17/03/2008, 16h10 | #4 | | Phoenix
| Re : [Actualité]Salon du livre le boycotte | | Je ne suis pas d'accord pour le boycott, mais pour moi il était necessaire de au moins le lancer. Vous avez tous les deux raisons sur le fait que la litterrature et le partage entre les élites intellectuelles sont en effet un moyen de rapprocher les hommes, mais ce même genre d'arguments tenaient aussi quand la communauté internationale boyccotait tout ce qui venait de l'Afrique du Sud et par exemple la participation aux JO. Pourtant je pense que la facon dont ce pays a été mis au ban des nations a été utile pour une résolution plus rapide de sa "guerre civile". Dans le cas d'Israël c'est différerend puisque pour l'instant la communauté internationale et nottament ses instances comme l'ONU se refuse a toute prise en main du problème (tout juste du bout des doigts), voir même à donner leur avis. Dans ce contexte il apparrait logique que ceux qui esperent encore faire bouger les choses utilisent tous les moyens mis à leur disposition dont celui là.
Et entre parenthèses les intellectuels des deux bord echangent déjà beaucoup et n'ont pas besoin d'un salon en France pour se rencontrer.
Une autre chose pour rebondir sur ce que tu dis Glorf, effectivement Israël existe de fait mais on peut s'interroger sur sa perennité en tant que tel. Beaucoup de monde le fait, souhaite sa disparition, et nottament beaucoup d'intellectuels et de journalistes de la gauche Israëlienne. Ca peut paraître radical mais seulement si l'on prend le problème de loin. Il ne s'agit pas de s'interroger sur la présence de personnes juives, mais d'un état juif ce qui est complétement differend, et j'insiste beaucoup de juifs laïques se la pose aussi.
Bref pour moi je fêterais volontiers la fin du trou noir et la migration des peuples juifs (et non pas d'un peuple, là aussi différence essentielle) de pays où ils étaient persecutés. Autant dans mon fort intérieur je ne fêterais pas la création d'un nouvel état colonisateur à l'époque où les anciens faisaient machine arrière. Surtout la facon dont il a été crée. Utilisation de la Shoah comme argument pour un projet qui était discuté et mis au point depuis plus de cinquante ans dans les cercles de reflexions et d'influences sionistes. Là aussi cette dernière phrase peut choquer quand on connait peu le problème (je ne prétend pas le connaître bien, loin de là) mais il ne s'agit que de faits historiques.
Aujourd'hui sous couvert d'une lutte légitime contre les organisations terroristes, Israël continue de façon rampente sa colonisation, et dans certains cercles de reflexions de droite, héritiers de ceux dont je parlais, on n'hésite pas à parler d'étendre la colonisation au delà des territoires de l'ex Palestine. Je ne dis pas que c'est l'opinion de la population Israëlienne (heuresement), ou c'est ce qui arrivera mais en tout cas c'est discuté.
Donc pour conclure je dirais que la guerre dans ces teritoires est une réalité et qu'elle a des repercussions importantes sur beaucoup de chose. Le coeur du monde se trouve autant là qu'à New-York ou Tokyo. Et ce n'est pas en disant que de toute facons les arabes et les juifs se taperont toujours sur la gueule qu'on arrivera bien loin. Des questions comme la disparition d'Israël en tant qu'état juif ou au contraire son agrandissement, je n'en entend pas beaucoup parlé, pourtant elles apparraissent légitimes puisqu'elles sont discutées par certains juifs et palestiniens et parce que si l'on veut apprehender dans son ensemble le problème, il est normal de se les poser.
Donc si le boycott peut créer la discution, faire avancer la reflexion, et donc peut être l'engagement de pays tiers en vue d'une sensible amélioration de la situation, et bien je suis pour. Pour qu'il soit lancé en tout cas. | | |
18/03/2008, 08h00 | #8 | | Séraphin
 
| Re : [Actualité] Salon du livre : le boycott. | | Je pense que je comprend les deux points de vue  .
C'est vrai que ça peut parraitre un peu déplacé de celebrer l'anniversaire d'un état qui est en infration flagrante des régles de l'ONU depuis plusieurs dizaines d'années, et il est normal que les pays arabes n'est pas envie de cautionner la celebration d'un pays qui peut à tout instant entrer en guerre contre eux (tout le monde se souvient du Liban l'an dernier).
D'un autre coté, c'est un peu bête de se sanctionner soi-même en refusant le dialogue culturel qui pourrait (à long terme j'en ait peur) rapprocher les deux peuples. | | |
18/03/2008, 09h01 | #9 | | Phoenix
| Re : [Actualité] Salon du livre : le boycott. | | Il faut tout de même avouer que fêter l'anniversaire de la naissance de l'Etat d'Israël était tout simplement scandaleux... C'est ni plus ni moins que de fêter la confiscation de la terre d'un peuple au profit d'un autre. De plus, le comportement actuel de l'Etat d'Israël est bien loin d'être un exemple. En particulier avec ce qui se passe en ce moment, avec la bande de Gaza. Et ce n'est pas le début de la littérature israelienne qui est fêtée, mais l'Etat lui-même, donc, je ne vois pas le moindre rapport avec les livres -_-. C'est juste de la politique.
Mais... un boycott du Salon du Livre? Il y a le oui et le non. D'abord, cette mise à l'honneur de l'Etat d'Israël n'est ni plus ni moins qu'une... mise à l'honneur de l'Etat d'Israël. Pas de dialogue, même pas de Palestiniens invités. Comment pouvoir parler d'une rencontre pour le dialogue, si les seuls invités sont les Israëliens? De plus, le boycottage reste quelque chose de non-violent, donc approuvable; et par ailleurs, des intellectuels israëliens aussi ont boycotté ce Salon.
Cependant, il est vrai que le Salon du Livre reste une rencontre culturelle, et il existe aussi des hommes ayant décidé (même s'ils désapprouvent cet évenement) de rester à ce salon, car, pour reprendre par exemple les mots de Valentino Parlato, "le livre doit toujours être respecté".
Au final, même si je ne soutiens pas à 100% ce boycottage, il ne me mécontente pas. Reste à voir les conséquences, s'il y en a bien sûr. | | |
18/03/2008, 12h41 | #10 | | Phoenix
| Re : [Actualité] Salon du livre : le boycott. | | Petite précision d'importance, ce ne sont pas les pays arabes qui ont appellé au boycott mais une partie des écrivains Israëliens. Extrait de l'interview de l'un d'eux:
" Écrivain, journaliste, blogger, Benny Ziffer est rédacteur en chef du supplément littéraire d’Haaretz, le principal quotidien israélien. Il est à l’origine de l’appel au boycott des écrivains israéliens au Salon du Livre de Paris qui ouvre ce vendredi. En exclusivité pour nonfiction.fr, il s’explique. "
....
nonfiction.fr : Vous n'êtes pas sans savoir qu'Israël sera, cette année, l'invité d'honneur du Salon du Livre à Paris. Une polémique est née sur la sélection "officielle" des écrivains israéliens ? Quel est le débat ?
Benny Ziffer : J’ai été le premier à lancer la pétition demandant le boycott du Salon du Livre à Paris. Depuis, il y a eu beaucoup de débats et de polémiques.
nonfiction.fr : Pourquoi avoir lancé cet appel au boycott ?
Benny Ziffer : Il y a plusieurs problèmes. Le premier problème c’est que notre gouvernement, notre ambassade, qui ont fait la sélection, n’ont choisi que des écrivains d’expression hébraïque en excluant, de fait, deux tiers de la scène israélienne : or celle-ci compte une énorme communauté d’expression russe, ainsi qu’une communauté d’expression arabe. C’est donc très réducteur. Le deuxième problème, c’est le choix arbitraire des écrivains fait par des bureaucrates de l’ambassade qui ont exclu des grandes figures comme notre poète national Nathan Zach. Pourtant il écrit en hébreu !
Le troisième problème, c’est que l’État israélien considère que les écrivains sont des agents de propagande. À partir du moment où l’administration finance le billet d’avion, elle estime que l’écrivain est là pour servir la cause israélienne et elle exige officiellement ce propagandisme dans un contrat que tous les écrivains doivent signer. C’est ce qui s’est passé avec les Salons du Livre de Paris et de Turin.
nonfiction.fr : Vous êtes sérieux ?
Benny Ziffer : Absolument. Le grand écrivain israélien Yehoshua Kenaz par exemple n’est pas invité en France parce qu’il a refusé de signer ce document ! Or, son œuvre est largement traduite en Français. Et il écrit en hébreu.
nonfiction.fr : Un Israélien ne peut pas écrire en yiddish ? en arabe ? en anglais ?
Benny Ziffer : Pas aux yeux de notre ambassade ! Et s’il n’écrit pas en hébreu, il n’a pas droit de cité au Salon du Livre. Il existe pourtant une littérature yiddish en Israël, bien qu’elle soit minoritaire. Il y a aussi une littérature d’expression anglaise et même en français !
nonfiction.fr : Vous-même étiez invité au Salon du Livre et vous avez refusé l'invitation ?
Benny Ziffer : Ils ne m’ont pas invité !
nonfiction.fr : C’est pour ça que vous avez appelé au boycott ?
Benny Ziffer : Oui, pour me venger ! Non, sérieusement, j’estime que c’est une question essentielle. Tout écrivain israélien devrait, au fond de sa conscience, boycotter le Salon du Livre de Paris.
nonfiction.fr : Quels sont les auteurs qui refuseront de participer ?
Benny Ziffer : Malheureusement, seuls un ou deux auteurs invités ont boycotté le salon du livre : Aaron Shabtaï et Sami Michael. Cela prouve que la liste a été bien faite par l’ambassade. Ceux qui ont été choisis ne risquaient pas de déserter ! On les a choisis pour cette raison même.
nonfiction.fr : Mais alors c’est un échec du boycott ?
Benny Ziffer : Le boycott a échoué pour l’instant, si on tient compte des écrivains "invités". Cela s’explique très facilement car les écrivains choisis sont conformistes et acceptent les règles de l’État. Beaucoup d’autres écrivains ou essayistes ont toutefois appelé au boycott, par exemple l’historien Ilan Pappe. Et cet appel au boycott suscite une vive polémique à Paris ou à Turin et dans le monde entier. Et de nombreux pays ont également appelé au boycott. De ce point de vue c’est un succès.
nonfiction.fr : Les pays qui boycottent le salon du livre sont essentiellement des pays arabes comme le Liban, le Yémen, l’Arabie Saoudite, le sultanat d'Oman, ou encore les pays du Maghreb, le Maroc, la Tunisie, l’Algérie, et bien sûr l'Iran. Tariq Ramadan est également de leur côté, tout comme de nombreuses figures musulmanes. Ne risque-t-on pas de vous accuser de faire le jeu des ennemis d’Israël ?
Benny Ziffer : Je pense que les pays arabes auraient de toute façon appelé au boycott. Il est important que les écrivains israéliens aussi se mobilisent et ne laissent pas la critique aux seuls pays arabes. C’est à mon avis le meilleur moyen de ne pas faire le jeu des ennemis d’Israël, non pas en participant à cette mascarade du Salon du Livre, mais en étant les premiers à la dénoncer. Je dois dire aussi que je me sens très solidaire des éditeurs et des écrivains arabes qui, du fait du boycott, vont être privés d’exposer au Salon du Livre.
nonfiction.fr : En même temps, un auteur pourrait refuser de participer au pavillon officiel de l'Etat israélien, mais venir au Salon du Livre en étant l'invité d'un des nombreux autres stands ou d'un éditeur ? Ne pourriez-vous pas venir, par exemple, sur le stand du Centre national du livre, ou des éditions Gallimard ?
Benny Ziffer : Oui, bien sûr. C’est ce qu’ont fait certains auteurs, par exemple l‘écrivain palestinien d’expression hébraïque Sayed Kashua, qui n’est pas sur le stand officiel, mais sera l’invité des éditions de l’Olivier. De nombreux essayistes et journalistes seront également présents mais pas officiellement dans le pavillon israélien.
[...]
nonfiction.fr : Si nonfiction.fr vous invitait, vous viendriez, pour nous faire plaisir, au salon du livre cette semaine ?
Benny Ziffer : Mais je viens ! Pas comme invité officiel, mais comme journaliste d’Haaretz. Je viens couvrir le Salon du Livre. Je viens raconter le boycott.
source: http://www.nonfiction.fr/ | | | Emplacement : | Utilisateurs regardant cette discussion : 0 ( membre(s) et 0 invité(s)) | | | | Rechercher dans cette discussion | | |
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