Festival de sculptures sur glace et de neige de Harbin

La ville de Harbin
Géographie & climat :
Harbin ou Hā'ĕrbīn (en pinyin*) est une des principales villes du nord de la Chine. Elle est située en Mandchourie, près de la frontière russe, sur les rives méridionales du fleuve SongHua.
Il y règne des températures agréables entre mai et septembre (de 7 à 27°C de moyenne) mais le reste de l'année est nettement plus glacial (de -27 à 0°C de moyenne).
*pinyin : transcription des sinogrammes chinois en alphabet.
Surnoms :- Perle du cou du signe - par la forme de la province du Heilongjiang dont elle est la capitale.
- Moscou d'Orient ou Paris d'Orient - par l'architecture de la ville.
- La ville de glace - par ses longs (et froids) hivers.
Histoire & Culture :
Existant depuis la fin de l'âge de pierre, Harbin s'est développée à partir de 1898, avec la construction du "chemin de fer de l'Est chinois" (un tronçon du fameux "transsibérien" qui traversait la Mandchourie).
A la fin de la guerre russo-japonaise (1905), une trentaine de nationalités différentes s'installèrent dans la ville pour en faire une métropole internationale, haut lieu du commerce en Asie du Nord-Est.
En décembre 1918, pendant la guerre civile russe, Harbin devint la plus grande enclave de cette nationalité (en dehors de la Russie, of course

). Mais avec l'occupation de la ville en 1932 par les troupes japonaises, puis la vente du chemin de fer de l'Est chinois en 1935 à ces mêmes japonais, la Mandchourie (et donc Harbin) connut son premier exode.
C'est le 20 août 1945 que les forces russes reprirent la ville avant d'en transférer le contrôle à l'armée populaire de libération en avril 1946.
Par la suite, la plupart des étrangers émigrèrent vers de nouveaux pays, Australie et États-unis en tête, ne laissant plus que des vestiges du melting-pot passé : de nombreux restaurants japonais et snacks américains, des boulangeries russes et autres boutiques de mode française, le tout entouré de façades et constructions baroques et byzantines (dont la cathédrale Sainte-Sophie, 1932).
Le festival
Description :
Le festival de sculpture sur glace et de neige est un événement annuel dont la première eut lieu en 1963. Malheureusement, la Révolution culturelle a stoppé cette manifestation, qui n'a redémarré qu'en 1985.
Il débute le 5 du mois le plus froid de l'année : Janvier (-17°C de moyenne, les températures atteignant fréquemment les -38°C), et ce , pour une période d'un mois, en théorie ; en pratique, le festival débute avant et se prolonge au-delà.
La glace utilisée pour les sculpture provient de la rivière SongHua. En 2008, ce sont 120 000 mètres cubes de glace que les ouvriers chinois ont du extraire.
Les sculptures sont impressionnantes de réalisme et d'éclectisme. L'inspiration est puisée dans de nombreuses cultures et à différentes époques. C'est ainsi qu'une église gothique va côtoyer la galerie couverte du palais d'été (BeiJing) :
Le réalisme est accentué par des éclairages multicolores qui habillent les chefs-d'œuvre de glace, incitant le public à visiter ce lieu de nuit ; et laissant ainsi la période diurne libre pour une promenade au milieu des constructions de neige.
De nombreuses activités sont également proposées durant le festival : les plus courageux pourront nager dans la rivière gelée, les autres se contenteront de skier, patiner, admirer les lanternes de glace au jardin ZhaoLin, ou tout simplement faire un peu de shopping.
Ce festival est l'un des quatre principaux au monde avec le carnaval de Québec (Canada), le festival de la neige de Sapporo (Japon) et le festival du ski (Norvège).
Expérience personnelle :
J'ai eu la chance de profiter d'un séjour organisé par l'UFE (Union des Français de l'Etranger) de Wuhan (province du HuBei) pour assister au festival, fin janvier 2007.
J'ai même eu beaucoup de chance car la température, cette année-là, était exceptionnellement "chaude" et atteignait les -15/-20°C.
Cela ne m'a pourtant pas empêchée de ressembler à un glaçon, malgré 4 couches de vêtements, 3 paires de gants et 2 bonnets superposés, ainsi que 2 paires de semelles anti-froid et 2 paires de chaussettes dans les bottes.
Bref, en faisant abstraction du froid pénétrant, j'ai pu profité d'une agréable ballade en ville, qui s'est terminée par l'admiration de la cathédrale orthodoxe Sainte-Sophie.
Deux constats :
- Il existe des villes civilisées et architecturalement plaisantes en Chine !

- Les pigeons survivent à basse température.
Quand, à la sortie du restaurant kitch russe (avec spectacle de beautés russes dénudées), on nous a dirigé vers le festival de glace, j'ai cru à une tentative d'assassinat ; passer 2h dans le froid septentrional devait être une plaisanterie...

Et pourtant, c'est vers 20h que nous sommes arrivés dans un lieu magique (et froid) : une ville de glace, avec des remparts gigantesques, des constructions en taille réelle, des éclairages éblouissants et une musique à laquelle on pouvait, heureusement, échapper facilement, en s'éloignant de la tour disco.

C'est là que j'ai découvert l'animal le plus mignon, le plus doux et le plus chaud que j'ai rencontré : le renard des neiges ! Ce fut, cependant, un drame, pour moi, d'apprendre que je ne pourrais pas en adopter un et le ramener en France.

(J'avais même prévu de lui aménager une pièce réfrigéré...)
Après avoir admirer, arpenter et photographier le tout, nos corps nous ont réclamé d'attendre le retour à l'hôtel depuis le snack de verre, lieu chauffé (par des dizaines de radiateurs d'appoint), où nous avons pu profiter d'une infusion (chaude) de roses.
Le lendemain, c'est sous un soleil (qui avait manifestement oublié sa fonction principale : chauffer), que nous avons visiter le village de sculptures de neige.
Là encore, un moment magique avec des pans de montagne sculptés, des auberges reconstituées (avec des noms français) et des inévitables sculptures de cochon à l'approche de la nouvelle année chinoise dédiée à ce signe.
Finalement, ce weekend fut une très agréable découverte du genre, que je recommande (si l'occasion se présente).
