| Fée
| [Texte]Silence Encombrant. | | Le temps c’était arrêté. Il n’y avait plus aucun bruit. Je ne comprenais pas. La vie m’était étrangère. Etais-je morte ? Je ne me doutais de rien. Je venais de tourner la tête lorsque j’eus cette vision chaotique. Le monde environnant c’était transformé. Un silence assourdissant. Quelqu’un avait appuyé sur « pause ». Je pensais. J’étais seule. Seule avec moi-même. Tout mon être ne se concentrait que sur les différentes pensées envahissant mon cerveau. Je ne contrôlais plus rien. Je ne percevais plus leurs paroles, leurs gestes, l’extérieur. Seule. Mon regard était vide. Mais si une personne avait pris la peine de s’y pencher plus longuement, elle aurait pu voir le grand trouble qui régnait en moi. Le chaos. Le monde n’était plus qu’un trou béant, sombre, vide. Cela en aurait effrayé beaucoup. Ce n’était pas mon cas. J’étais habituée à ce genre de départs aussi impromptus, qu’instantanés. Cela pouvait arriver à tout moment, c’était imprévisible. Impressionnant peut être ? Pour les autres. Pour les gens « normaux », ceux qui ne se posaient pas de questions, qui se contentaient de vivre tout simplement. Je les enviais parfois, ces gens si « normaux ». Mais jamais je n’aurais pu imaginer me passer de ces moments de détresse, d’égarements.
Je marchais, ne sachant où aller, aucune pensée n’affluait en direction de mon cerveau. Un seul ordre : marcher. Marcher le plus longtemps possible. Je me demandais si j’étais capable de tourner. Je l’étais. Je ne pouvais plus prononcer aucun mot. Un banc. Je décidai de m’asseoir. J’étais seule. J’allumais une cigarette, tout en essayant de penser à après. Qu’allais-je faire ? Cette histoire m’avait ôté la capacité de réfléchir. Ne plus y penser. Elle voulait partir, commencer une nouvelle vie sans lui, avec nous. Je n’étais pas contre cette idée. Mais les quitter, eux, m’était une pensée tout simplement inimaginable. J’avais besoin d’aide. Mais personne n’était là. C’était souvent comme ça dans ma vie, lorsque j’avais vraiment besoin d’eux, ils étaient tous occupés à telle ou telle chose et je n’osais pas les déranger. Je ne leur en voulais pas. Ou tout du moins pas toujours. Je ne savais plus vraiment. Je bougeais mes jambes. Une voiture passait. Je décidais enfin de me redresser sans savoir encore où aller. Je n’avais pas avancé. J’étais toujours au même point. Rentrer, ne pas rentrer ? Rentrer. Arrivée chez moi, ne sachant quoi faire, je décidais de mettre une fois de plus toutes ces pensées au clair. Je m’endormis. |