L’âme du Kyudo
Description :
Genre : Gekiga, Historique, histoire et culture japonaise
Support : Paru à l’origine sous forme de 25 épisodes, le manga est édité en France sous la forme d’un seul (très gros) pavé d’un peu moins de 500 pages.
Auteur : Hiroshi Hirata (Zatoichi,...)
Titre original : Kyudo Shikon
Éditeur : Éditions Delcourt
Nombre de volumes : Un seul.
Date de parution : L’âme du Kyudo a été publié pour la première fois entre 1969 et 1970 au Japon. L'édition française date de 2006.
Résumé :
L’
âme du Kyudo est un manga historique qui retrace l’histoire d’un art, celui du tir à l’arc, à travers l’établissement au fil du temps d’un record un peu spécial. Ce record se tient au temple Sanjûsangen-Dô dans le Kyoto du début du XVIIe siècle. Les participants au Tôshiya, nom donné au défi, doivent tirer un maximum de flèches d’un bout à l’autre d’une galerie longue de 120 mètres. C’est un moyen pour les samouraïs d’exercer leur art et de montrer leur courage pour récolter les honneurs. C’est aussi un moyen pour leurs seigneurs de briller dans tout le Japon médiéval.
On suit alors l’histoire du Tôshiya à travers les yeux d’un jeune samouraï de basse classe, qui va consacrer sa vie à se préparer pour relever le défi.
Personnages :
Du fait de l’étendue de l’histoire, beaucoup de personnages (on parle de dizaines, ici) font leur apparition dans le manga, en particulier des samouraïs et des seigneurs. Voici tout de même ceux dont on suit les aventures.
Kanza Hoshino :
Kanza va voir son père tué par une flèche perdue provenant d’un terrain d’entraînement pour les futurs participants au Tôshiya. Épris de vengeance, il va assassiner l’instructeur d’une flèche entre les deux yeux et se retrouver condamné à mort à son tour. Mais, remarqué par un officier pour ses talents d’archer, il va avoir une chance de sauver sa vie pour la consacrer à s’entraîner au Tôshiya.
Maître Obayashi :
C’est l’homme qui va sauver la vie de Kanza en remarquant son abilité à manier l’arc. Il sera alors résponsable de son entraînement et répondra de sa réussite.
Avis personnel :
L’âme du Kyudo n’est pas un manga comme les autres, en tout cas ça ne se lit pas de la même manière qu’un Bleach ou un Death Note.
Tout d’abord, il y a l’aspect extérieur. Le bouquin fait quand même presque 500 pages, en format poche. C’est pas rien et il m’a fallu à peu près 3 jours pour le lire convenablement. En plus de ça l’éditeur a rajouté à la fin différentes notes, interview et documents à propos de l’histoire et de son auteur.
Ensuite le contenu : l’´œuvre commence à dater, puisqu’elle va sur ses 50 ans. Mais le trait est pourtant assez moderne, à l’opposé de ce qu’on peut voir dans un “Oreiller de Laque”. Attention, on sent quand même l’âge de la plume, en particulier dans le design des personnages qui ont tendance à tous se ressembler. Le reste est malgré tout très réaliste, et surtout très agréable à l’œil.
Mais le trésor est caché dans l’histoire. Comme précisé sur la quatrième de couverture, ce n’est pas une fiction mais un documentaire passionnant sur de multiples sujets du Japon médiéval. On y apprend les règles d’honneur qui ont fondé l’art du Kyudo, les sujets importants de l’époque, les rapports hiérarchiques dans la société japonaise, etc., autour d’un fil rouge qui est la tentative de Kanza.
J'ai adoré le côté instructif comme le côté plus ludique du manga. On apprend beaucoup en se faisant plaisir. On est très vite absorbé. C'est évidemment destiné à ceux qui ont envie d'en savoir plus sur la culture et l'histoire nippone. Le prix est raisonnable proportionnellement au contenu, et l'édition est franchement bien documentée. C'est un petit bijou dont je vous recommande chaudement la lecture.
Des images :
1) La galerie du temple Sanjûsangen-Dô
2) Une planche originale
3) La couverture française
4) La première épreuve de Kanza
5) Le déroulement du Tôshiya
6) L'auteur : Hiroshi Hirata