L'âge des méchancetés
Auteur : Fumio Niwa.
Genre : moeurs, société, culture.
Type littéraire : nouvelle, tirée d'une anthologie.
Pièce jointe : Livre de poche aux éditions Gallimard, collection Folio, très bonne traduction de Jean Cholley qui reflète bien le style et l'intention de l'auteur.
Petite biographie de l'auteur :
Né le 22 novembre 1904 à Yokkaichi au Japon et décédé le 20 avril 2005 d'une pneumonie à Musashino, Fumio Niwa étudie la littérature à l'université de Waseda. Il devient en 1965 membre de l'Académie japonaise des arts, et l'année suivante est élu président de l'Association des écrivains japonais. Très prolifique, il publie de nombreux ouvrages chaque année.
Bibliographie de l'auteur :
- Le saumon ayu, 1931
- La place de l'amour, 1937
- Bataille navale, 1942
- Compagnie sans retour, 1943
- L'honnête homme idéal, 1947
- L'age des méchancetés, 1947
- Les reptiles, 1950
- Les Couteaux du cuisinier, 1954
Résumé de « L'âge des méchancetés » :
« Comment se débarrasser de la grand-mère de sa femme qui empoisonne la vie de tous les habitants de la maison ? Exaspéré, Itami décide d'envoyer la vieille dame chez un autre membre de la famille. Attachée sur le dos de sa petite-fille qui la porte comme un sac, la voilà en route ! Mais on ne se débarrasse pas impunément de ses aïeuls... »
Résumé sur la 4e de couverture.
Avis personnel :
Cette courte nouvelle de moins de 100 pages se lit avec facilité et avec un plaisir partagé. Durant toute la lecture, les évènements qui se passent dérangent, on hésite entre rire et avoir pitié des les personnages, parce que la situation dépeinte ici n'est pas seulement celle des japonais. Cette histoire se déroule après la deuxième Guerre Mondiale, et pourtant la question de la place des personnages agées dans la société est toujours d'actualité, et dans tous les pays.
Récit cynique, qui dégage un profond pessimisme à l'égard de la vieillesse. L'âge des méchancetés, c'est l'âge où, malgré le fait que notre vie n'a plus aucun sens, nous persistons à survivre presque comme un parasite.
Mes sentiments sur cette histoire sont partagés. La vieille Umejo a 86 ans, ce qui est étonnament long, à tel point que sa fille a eu le temps de mourir avant elle, la laissant à la charge de ses petits-enfants (mariés et ayant eux-mêmes des enfants).
D'un côté, j'ai pitié de la vieille Umejo, dont personne ne veut et qu'on emmène un peu partout. D'un autre, elle est vraiment peu reconnaissante envers ceux qui daignent s'occuper d'elle sans broncher ; elle ne fait que manger (et elle mange comme 4, ce qui est difficile pour sa famille puisqu'à la fin de la guerre, le pays est dans la misère et la nourriture est rationnée), elle ment sans arrêt et a la facheuse manie de fouiller partout et de voler tout ce qu'elle trouve (aussi bien petit bout de papier que caleçon) et elle le fait avec une habileté et une subtilité telles qu'on se doute bien que cette sale manie ne date pas de la veille... Elle ne se gêne pas pour réveiller tout le monde pendant la nuit si elle a faim (elle ne bouge quasiment pas de la journée et a faim à peu près toutes les 2 heures...), ou si elle n'arrive pas à trouver le chemin des toilettes...
Elle mène une existence pitoyable qui empire au fil du temps et s'accroche tout de même à la vie, attrapant plein de vilaines manies au passage, se servant de sa sénilité comme excuse (elle déchire ses vêtements en morceux si petits qu'ils sont bons à jeter...)...
Elle est détestable, le stéréotype même de la petite vieille gâteuse insupportable... et pourtant, on n'arrive pas à la détester tout à fait, parce que peut-être que plus tard, nous aussi nous serons comme elle, vieux et pathétiques...