Résumé :
Nom : Google Chrome
OS : Windows uniquement. Les versions Mac et Linux sont en développement.
Type : Navigateur web
Éditeur : Google
Sortie : Bêta sortie le 02/09/08
Téléchargement : http://www.google.com/chrome
Plus d'infos : http://www.google.com/chrome/intl/fr/features.html
Description :
Google a annoncé aujourd'hui, via une BD, la sortie prochaine de son propre navigateur Web :
Chrome.
La BD est disponible
ici (une quarantaine de pages assez techniques en Anglais).
Principalement, Google craint que Microsoft, dans la prochaine mouture de Internet Explorer, ne trouve des moyens plus ou moins malins de détourner les gens de ses sites. En effet le moteur de recherche de Google nuit à Windows Live!, et ses nouvelles applications web (GMail, GDoc, etc.) nuisent, elles, à la suite Microsoft Office.
Ainsi, pour contrer le géant de Redmond, Google a décidé de sortir un nouveau navigateur web gratuit
open source et innovant (si on en croit la fameuse BD).
Google annonce et justifie donc stabilité, transparence et rapidité.
Infos techniques :
Je vais essayer de faire un résumé de la BD pour ceux qui ne sont pas anglophones :
Le principe de base de Chrome est le suivant : les navigateurs actuels sont de conception plutôt archaïque. Google va implémenter son navigateur pour que chaque onglet, plugin, module, etc., soit représenté par son propre processus système. Ainsi, si vous avec un onglet avec Hyjoo et un onglet avec Wikipedia, vous pourrez voir deux processus "Hyjoo" et "Wikipedia" dans vos infos système.
Les avantages sont :
- stabilité : si un plugin plante/crash alors seul l'onglet concerné se bloquera. Si le chat IRC java d'Hyjoo plante, vous pourrez toujours continuer à lire Wikipedia ;
- traçabilité : si un ralentissement se fait sentir, on sait immédiatement qui en est la cause en regardant l'utilisation des ressources par chaque processus ;
- propreté : l'utilisation de la mémoire est propre et claire puisque celle-ci est rendue au système à chaque fermeture d'un onglet, et donc totalement remise à 0.
Pour développer Chrome, l'équipe Google a choisi une politique de tests intensive, et ils peuvent se le permettre puisque leurs serveurs brassent des milliards de pages web tous les jours, sur lesquelles ils peuvent lancer leur moulinettes de test. Les sites ne sont tout de même pas choisis au hasard, Google commençant par vérifier que les sites les plus visités fonctionnent au mieux avec Chrome. À cela s'ajoutent des tests d'entrée totalement aléatoire.
Néanmoins les développeurs font savoir qu'ils ne peuvent pas tester les sites ou parties de sites qui nécessitent un compte/mot de passe, et que le comportement et les idées humaines sont différentes qu'une entrée aléatoire. Une période de tests en conditions réelles sera donc bien évidemment indispensable.
Techniquement, le navigateur est basé sur Webkit, qui est le moteur utilisé par Safari sur Mac OS X/Windows, et par Konqueror sur Linux. Il sera par ailleurs utilisé dans l'OS mobile Androïd. Webkit est très apprécié pour sa simplicité au développement, et sa rapidité.
Les équipes Google ont aussi décidé de faire développer une nouvelle machine virtuelle Javascript, nommée V8, elle aussi open source, et plus adaptée aux applications web de nos jours qu'aux animations marrantes du début du web.
Un système de classes cachées (alors que Javascript ne gère pas les classes à la base) permet des optimisations à l'exécution. Et le code Javascript n'est plus traduit dans une représentation intermédiaire du langage, mais compilé en langage machine et exécuté. Enfin, le
ramasse-miettes a été totalement repensé pour être moins conservatif, plus précis et donc plus efficace.
En matière d'interface, Google opte pour un design simpliste, proche de celui de ses applis web, avec des onglets sur le haut et une barre d'adresse (nommée
Omnibox) à l'intérieur de la page (donc un barre d'adresse par onglets). Grâce au système multiprocess, les onglets sont facilement déplaçables d'une fenêtre à l'autre.
Google a implémenté une auto complétion alimentée par les résultats de recherche de Google (un peu comme sur la page
google.fr actuellement). Mais les plus important est la sauvegarde des champs de recherche des sites visités. Ainsi après une recherche d'un livre sur un site de vente en ligne, on pourra refaire une recherche d'un autre livre directement dans l'omnibox.
La page de démarrage, elle, sera un recensement des pages les plus visitées, des derniers marques pages, et des moteurs de recherche les plus utilisés.
Chrome bénéficiera d'un mode de navigation privée qui, lorsqu'il sera activé, permettra de surfer sans laisser aucune trace sur la machine utilisée. Il n'y aura pas de système de popup actif, elles seront simplement signalées en bas de fenêtre, et l'utilisateur les ouvrira en cliquant sur leur nom.
Enfin, les applications web comme Gmail seront affichées dans une fenêtre sans onglet ni barre d'adresse, comme de simples application installées sur l'ordinateur.
En matière de sécurité, Google a opté pour une politique stricte de sandboxing, comme en Java, appliquée sur chacun des processus de Chrome.
Néanmois, là aussi les développeurs font des concessions, en particulier parce qu'ils ne peuvent pas contrôler ce que feront les plugins développés par des tiers.
Google a aussi développé une API publique recensant les sites à risque pour l'utilisateur (phishing, malwares, etc.).
Enfin, Google a tenté de faire au plus simple pour atirer les développeurs, en simplifiant le développement de plugins pas seulement pour Chrome mais pour tous les navigateurs, grâce à Gears, genre d'adapteur pour plugins.
Google insiste sur le fait que tous les composants de Chrome sont open source, libres d'utilisation et de modification, que ce soit l'interface, Webkit, V8, Gears, etc., tout peut être réutilisé par n'importe quel autre projet open source.
Avis :
Alors voilà, le temps que je rédige ce message, Chrome a été rendu disponible (le lien est en haut de la fiche).
Seul Windows est supporté pour le moment, et les versions Mac et Linux sont en développement. J'ai pris des screenshots, mais ce n'est pas une version Mac, c'est bien une version Windows tournant sous VMWare.
À l'essai, c'est vraiment sexy, rapide et intuitif. Maintenant il faudrait tester intensivement pour vraiment comprendre les avantages et inconvénients du nouveau browser Google. Je vous laisse commenter à ma place, et j'attends la version Mac.