L'année de notre guerre
Genre : Fantasy
Auteure: Steph Swainston
Traduction : Melanie fazie
Édition : Bragelonne
Illustration : Alberto Varanda
Sortie VF :26 Avril 2005
Tome 1 :
L'année de notre guerre ou en VO :
The Year of our War
Tome 2 : jamais

ou un jour ? sinon en VO :
No present Like Time
Tome 3 : jamais

ou un jour ? sinon en VO :
The Modern World
pages : 353 pages
Synopsis : Sur Quadriterre, une guerre millénaire fait rage entre les humains et des insectes venus dont ne sait où ?
Une guerre interminable qui berce et transforme le destin d'un peuple en une interminable vie de soldat à la manière de stratégie d'avancées ou de perte de territoires. L'empereur est en charge de régir ce monde avec l'aide de serviteurs immortels représentant chacun un domaine ou une caractéristique humaine pouvant servir à contrôler et gagner cette guerre, ils se nomment les Eszais. Ces derniers sous l'empereur se sont donc mis au services de la cause humaine en substitution d'un Dieu qui semble avoir déserté ce monde. L'un de ces immortels chargé de garder le moral des troupes, d'informer et de porter les coups les plus durs à l'ennemi s'appelle
Jant ou
Comète. Immortel de moindre classe par rapport à ses collègues, il n'en demeure pas moins un maillon essentiel de l'armée de l'empereur car né d’un Awaien, Jant est doté d'un attribut naturel non négligeable: des ailes qui font de lui le messager de l'empereur, le messager des causes perdus, le seul du Cercle d'immortel offrant le secours aux hommes poussés dans leurs derniers retranchements. Complètement désabusé et désespéré, il trouve un palliatif à son ennui en la consommation de drogues. Celle ci sera la seule capable de combler son mal de vivre mais aussi de pénétrer dans le "passage", monde ou demeurent des connaissances décédées.
Jant va donc peu à peu éprouver de nouvelles sensations et perceptions, et ainsi obtenir certaines réponses, certaines idées importantes pour en finir avec ce conflit millénaire.
Avis:
Complètement innovant, ou du moins l'univers et les personnages sortent des sentiers battus dans ce domaine très "enfermé" des codes de la fantasy.
Ici on nous sert un univers, ou du moins une ambiance "loufoque" de part le langage et les héros anti-conformistes.
La lutte entre ces insectes et "l'empire" n'est qu'un prétexte à l'auteur pour nous balancer un univers pessimiste ou réaliste de part les problèmes étalés.
En effet au lieu de nous présenter un héros sûr de lui, plein de bonne volonté, de générosité ou plutôt que nous proposer une intrigue ultra complexe et soutenue, l'auteure insiste sur les problèmes, l'auteure appuie sur les carences du groupes, la fragilité d’une alliance, mais aussi et surtout, insiste sur leur bien "humaine inhumanité" ou leur "inhumaine humanité".
L’amour ne solidifiera pas plus ce monde, et les convoitises particulières non plus.
Swainston nous dresse le tableau d’un monde où, malgré les menaces des hordes insectes, les hommes n’échappent pas à leur propre corruption. Pouvoir, convoitise, paraître, toutes ces images du vouloir vivre ensemble chers à nos communautés modernes, se retrouvent en une forme presque magnifiée.
Ainsi, les Immortels sont plus soucieux de leur propre confort et d’assoir leur suprématie, les Rois n’aspirent qu’à gagner une immortalité.... C’est une sombre fête que celle à laquelle nous convie Swainston.
Ceux qui devraient incarner la lumière se révèlent être dépourvus de la sagesse et même Jant se dévoile comme un être faillible, fragile, ce qui lui donne plus d’épaisseur et donc d'intérêt.
C’est ce réalisme tranchant dans ce monde fantasy, ou dans un monde fantasy qui bouscule toute une littérature encrée et attachée à des codes fermés, précis et de moins en moins inventifs.
Impressionnant aussi quand on sait que c'est le premier roman d'une jeune auteure de 29 ans, à l'époque, qui s'est amusé à nous présenté un héros immortel junkie largué dans un monde féérique corrompu, brumeux et nonchalant.
Il y a quelques critiques comme le fait qu'elle ne s'intéresse pas assez (à mon goût )à ce monde transposé, ce "passage" plein de révélation mais sur la globalité du roman, c'est peu dire.
Surtout qu'il existe 2 autres romans (suites) qui pourraient justement nous en apporter un peu plus sur l'univers détonnant de Swainson, mais seuls les anglophiles auront la joie de suivre les aventures de Jant car ils ne sont toujours pas traduits.
PS: si quelqu'un connait bien Stephan Marsan ou quelqu'un de Bragelonne, qu'il lui en cause 2 mots.....car des bouquins comme cela, ils n'en sortent pas beaucoup......
En tout cas, superbes expériences de fantasy (littéraire?) qui changera votre regard (ou mépris) sur ce genre.....
Et ne serait ce qu'en plus point de vue beauté de l'objet, le livre se fera une très belle première place dans votre bibliothèque car les couvertures sont superbes.