| Ombre
| Une soirée d'entrainement | | La Yamaha se faufilla dans la circulation pendant près de 20 minutes avant d'arriver à sa destination, la "Salle Hakkas", en périphérie de la ville. Le motard gara sa cylindrée près de la porte de l'établissement et mis pied à terre. Aussitôt, quelques adolescents du quartier se massèrent pour observer l'élégante et puissante moto. A la stupeur de tous, le casque intégral noir cachait le visage d'une jeune asiatique aux yeux verts et aux long cheveux noirs. Quelques exclamations grossières fusèrent parmi les curieux. Yong Li les foudroya du regard, tous se turent dans l'instant.
Elle se dirigea ensuite vers l'entrée de la salle. Ses contacts lui avaient affirmés que malgré son air miteux l'endroit était la propriété du plus grand maître d'arts martiaux de la ville. Aussitôt elle avait déboursé beaucoup d'argent pour avoir l'opportunité de bénéficier de l'apprentissage de Maître Hakkas à des horaires peu orthodoxes.
La porte se referma derrière elle. L'air du bâtiment était lourd, exhalant l'odeur de la vieille friture et de la sueur. Beaucoup de sueur. La bête se réveilla, alléchée par la promesse d'un sang riche en oxygène, pompé par des coeurs vigoureux. Ses grognement furent immédiatement muselés par la volonté de la jeune femme.
Yong Li déposa ses affaires dans les vestiaires et apparu dans la salle d'entraînement vêtue simplement d'un débardeur et d'un pantalon de coton noirs. Ses yeux d'un vert éclatant n'étaient pas sa seule particularité physique : un grand tatouage couvrait son dos et ses épaules. Il représentait un dragon au tracé complexe. Maître Hakkas ne cilla pas lorsqu'il y reconnut la marque de la société du Dragon Noir, l'une des triades parmi les plus puissantes. En revanche, il commença à se préparer mentalement pour leur rencontre car il connaissait bien la renommée de cette caste guerrière.
Les deux adversaires se saluèrent respectueusement et se mirent en position, les mains serrées autour de leur bâton. Le vieil homme et la caïnite commencèrent à se combattre, lentement au début, afin de pouvoir juger du niveau de l'autre. Yong Li ne put s'empêcher de sourire intérieurement : en effet, Maître Hakkas était un combattant extraordinaire -pour un humain-. Petit à petit, les coups prirent de la vitesse et les bâtons permettant d'augmenter la précision de leurs gestes transformèrent la rencontre en un ballet spectaculaire. Pas un instant la caïnite ne pensa à utiliser ses dons surnaturels, même lorsque la badine du Maître s'écrasa avec fracas sur son plexus. Elle savoura la douleur et le goût du sang dans sa bouche : son estime pour le vieil homme ne faisant qu'augmenter.
Le cours dura longtemps. Elle travailla surtout sa concentration et sa maîtrise technique de l'arme (même si elle optait pour le sabre dans la vie quotidienne). Enfin, ils se saluèrent de nouveau, échangèrent quelques impressions et le vieux Maître quitta la salle. La caïnite se mit en position d'âsana et commença à méditer... |