| Mémoriam Reflexio | | Une fois n'est pas coutume, Ossojir songeait parfois au passé.
Comme pour tous ceux de son espèce, sa capacité mémoriel s'était considérablement accru avec l'étreinte. Il en avait d'habord ressenti de l'allégresse, grisé par la sensation de puissance que ressente la plupart des Caïnites dans leur jeunesse. Mais il avait vite déchanté les années passant.
Encore jeune en années vampiriques, il se posa les questions que ceux de son Clan ne se posait généralement que bien des siècles plus tard.
La mémoire est elle une bénédiction ou une malédiction ? Etait il possible de la tourner à son avantage pour améliorer ses conditions de survie ?
Il avait poussé loin sa reflexion sur le sujet, allant même jusqu'à interroger de nombreux spécialistes en la matière Trémère, ainsi que les anciens de son Clan. Mais Brujah comme Usurpateur n'avaient eu qu'une réponse : leur mémoire était plus longue et c'était une part de la malédiction de leur non-vie, voila tout. Même les plus grand maître de la Domination qu'il avait interrogé l'avaient envoyé balladé, exaspéré par ses questions.
Desésperé de ne trouver de réponses à ses interrogations sur la mémoire vampirique, il était donc entré en terre, tombant en torpeur pendant quelques années. Et sa reflexion s'en était trouvé amélioré...
Lentement, une théorie aprés l'autre, il recensa toutes les possibiltés de la chose dans son cerveau et les emmagasina.
La mémoire vampirique était selon les experts cinq à six fois plus devellopée que celle des humains. Elle gardait toutefois son coté selectif, permettant à la créature d'évoluer sans avoir à craindre de voir son esprit embrouillé par de trop nombreuses informations. Elle offrait toutefois la plupart du temps la possibilitée de retenir de nombreux noms et visages rencontrés au cours des siècles, ce qui était un atout précieux.
Il comprit ensuite les raisons qui pousse les Anciens, blasé, à se retirer dans la terre. Si on exceptait ceux qui s'enfouissaient a cause de blessures graves et lente à soigner, la lassitude semblait être la cause numéro un de la torpeur. Les Anciens avait tout vu, tout connu. Ils avaient pour la plupart connu leur lot de passions, de haine, d'amour, d'émotions fortes. Ils ne tiraient plus rien des émotions du monde qui les entouraient.
Mort tout en étant vivant, marchant parmi un monde qui changeait sans eux tout en tournant en rond.
Bien sur, Ossojir avait toujours su cela, on lui avait déja expliqué. Mais la, en terre, il prit en pleine face la réele mesure de cet état de fait. Il se sentit tout-à-coup pris d'une boufée de réalité en pleine face. La colère, toujours indomptable parmi les siens, monta en lui. Il poussa la terre au dessus de lui, poussé par un sentiment de confinement dérengeant. Sa faiblesse et le poid de la terre accentua sa colère. Les pensées tournaient dans son esprit...
"Jamais !" - songeait-t'il - "Je ne céderai pas au desespoir ! Je me montrerai plus fort que la lassitude ! Je ne permettrai pas au monde de m'engloutir ! Tu m'entend ! Jamais ! Je le combattrai jusqu'au dernier souffle !"
Ossojir ignorait à qui ses propos étaient adressé. A Dieu ? A son Sire ?
Il ne croyait pas particulièrement au premier et ses rapports avec le second étaient désormais constitué de haine pure et simple.
Peu importait, il voulait maintenant sortir, il avait les réponses a ses questions. Il banda ses muscles et senti la bête s'emparer de lui...
Quatre ans après s'être volontairement mis en terre dans un but d'illumination, Ossojir en ressortit en pleine frénésie. Il ne reprit ses esprit qu'après avoir vidés de leur sang deux chasseurs, ainsi que le produit de leur chasse : un splendide daim. Aprés avoir conscieusement fait le ménage derrière lui, il quitta les forêts orléanaise pour revenir sur Paris, plein d'une nouvelle force.
Il s'était juré de combattre la lassitude. Il avait trouvé ses idéaux et les avaient exploités au maximum afin d'en tirer le maximum d'émotions. Il était devenu encore plus passionné si une telle chose était possible et il s'était aussi fait une autre promesse. Il ne retournerait plus jamais en terre, même pas pour chercher les réponses aux questions qui l'obsédaient.
Il n'en fallait pas plus pour donner un sens à sa vie... |