Je viens de terminer la série et autant dire qu’il s’agit d’une belle déception pour la série que j’attendais le plus pour la période de 2006/2007 (avec Death Note). La série est difficile à regarder et ne parvient pas à passionner le spectateur. Commençons donc la critique d’El Cazador :
« Si tu as une dernière volonté alors vas-y! »
La trilogie de Bee Train
Si je me suis penché sur El Cazador, c’est avant tout parce qu’il s’agit d’une série réalisée par le studio BEE TRAIN aussi connu pour son travail sur les animes Noir, Madlax ou encore .Hack. Les 2 premières séries figurent parmi mes préférées et c’est logiquement que je me suis tourné vers El Cazador, qui devrait être le dernier volet de la trilogie sur le genre « girls-with-guns » de BEE TRAIN. Malgré la qualité de certaines de ses séries, BEE Train a la mauvaise réputation de sortir des séries qui ennuient souvent le spectateur à l’image de .Hack//Sign ou Avenger qui figurent parmi les séries qui m’ont le plus ennuyé.
Noir et Madlax ont été aussi critiqué sur cet aspect mais j’en reviendrais plus tard dans mon texte.
Le chara design a été donné à Yoko Kikuchi qui avait déjà travaillé sur 2 séries animées de BEE TRAIN : .Hack//Dusk et Tsubasa Chronicle ; ou encore sur Kimi ga Nozomu Eien. On reconnaît très facilement sa pâte graphique ; et autant dire que je ne suis pas vraiment attaché à son style. Si on compare le chara design de Noir ou Madlax à celui d’ El Cazador, on constate que dans cette dernière série, il est moins adulte et surtout moins attachant. Les divers protagonistes de la série, comme Nadie ou Ellis ne sont pas aussi séduisants que des Mireille de Noir ou Madlax. Elles n’ont pas leur classe dans les gunfigths. Les personnages masculins majeurs de la série, qui ont fait leur apparition depuis Madlax, sont ici peu charismatiques : Rosenberg, L.A. ou encore Ricardo.
Les nombreux plans fixes sur les yeux, qui faisaient la marque de fabrique de BEE Train, particulièrement appuyés dans Noir, Madlax ou encore Avenger ; sont beaucoup moins présents dans El Cazador, enlevant par la même occasion un certain charme à la série, où les yeux parlaient plus que des mots. Bien sur certains apprécieront le geste de BEE TRAIN étant donné que les critiques à propos de Noir étaient souvent son manque de rythme, avec des personnages qui se regardaient durant dix secondes sans rien dire. Disons que mon avis dépend de la série. En effet, dans un anime comme Tsubasa Chronicle ou .Hack//Sign, ces plans étaient particulièrement énervants et renforçait l’ennui, alors que dans Noir et Madlax c’est une des forces de la série à mon sens. Ces plans parviennent à envoûter le spectateur, et aussi à installer une certaine ambiance, qu’on ne retrouve pas dans d’autres séries.
Pour cette 3ème série des « girls-with-guns », ce n’est plus à Paris ou en pleine guerre civile à Gazth-Sonika que se déroule l’action ; dans El Cazador nous sommes en plein western avec ses bandits et ses chasseurs de primes. L’univers n’est pas vraiment aguicheur. Les paysages foulés durant la série ne sont pas ni éclectiques, ni splendides. Ne vous attendez donc pas à être bluffé par les paysages, même si certains restent tout de même agréables à l’œil.
Un élément qui manque cruellement à El Cazador, ce sont des gunfights dignes de ce nom. Alors que dans Noir ou Madlax, nous avions le droit à de magnifiques gunfights ; dans El Cazador peut-on réellement appeler ces nombreux combats armés, des gunfights ? En tout cas, ils sont ternes, et ne parviennent pas à emporter le spectateur dans l’action. La mise en scène est ridicule, et l’animation n’est pas des meilleures. En regardant El Cazador, je ne suis pas resté bouche ouverte devant un gunfight qui me laissait sans voix, par la qualité de sa mise en scène. Les affrontements armés de Noir ou Madlax possédait un dynamisme, un souffle épique. Chaque gunfight était un plaisir visuel.
De plus à l’image de Noir/Madlax, la série comporte peu de sang ; même si ce point n’est pas un point faible à mes yeux ; Noir ou Madlax n’étant pas des séries particulièrement réalistes dans leurs gunfights. Tout est plutôt misé sur la chorégraphie, qui est un point raté dans El Cazador. Les gunfights n’ont aucune classe, on n’est jamais transporté dans les combats. Plus question d’héroines qui te flinguent une armée en fermant les yeux, en dansant…
L’évolution des relations entre Nadie et Eliss.
Un pèlerinage dans le passé
La structure d’El Cazador ressemble beaucoup à celle de Noir et Madlax au premier abord, avec ses 2 personnages féminins très différents l’un de l’autre (Nadie plus humaine, et l’autre Eliss un peu amorphe), une organisation dans l’ombre (Enfant dans Madlax et Soldats dans Noir), un ennemi qui semble tout contrôler (Friday Monday et Altena), ou encore un flashback mystérieux.
Pourtant à l’instar de Madlax et Noir ; il y a bien une différence dans l’intrigue. Parlons du flashback d’El Cazador, son utilisation est beaucoup moins importante que dans les autres séries de Bee Train. Bien entendu, le flashback est expliqué intégralement vers les derniers épisodes à l’instar de Noir/Madlax mais ce dernier est beaucoup moins perturbant et intéressant que dans les séries citées précédemment. Sans ces flashback récurrents, la série devrait donc être plus dynamique, mais que nenni, elle reste particulièrement ennuyeuse à regarder. L’histoire n’a rien de passionnante, à savoir la recherche du Winay Marka. Les épisodes sont de petits scénarios histoire de développer la relation entre Nadie et Ellis, d’avancer un peu vers le sud (donc vers le Winay Marka), et sont souvent parsemés de passages humoristiques bien lourds. Le design des personnages n’aide pas à rendre l’ambiance de la série très sérieuse, que ce soit par la présence de Lirio ou Ellis. D’ailleurs les personnages m’ont beaucoup déçu au niveau de leur travail, notamment Ricardo et Lirio. En tout cas, il est très difficile de s’attacher à un personnage. Mon préféré restera Nadie pour son coté garçon manqué. Le coté naïf d’ Ellis ne me plait pas du tout, elle pourrait me faire penser à Margaret Burton de Madlax en moins amorphe ; ce qui n’est pas une référence.
Les relations entre les personnages évoluent tout le long du récit, surtout celle entre Nadie et Ellis qui devient de plus en plus ambiguë à l’instar du couple Vanessa/Madlax. El Cazador reste tout de même moins poussée dans le Shojo-ai que Madlax; ce qui n’est pas un mauvais point au vu du design de ces 2 personnages. L’ending d’El Cazador indiquait un possible croisement des background entre Nadie et Ellis (comme Margeret/Madlax, Kirika/Mireille), mais le développement n’a jamais eu lieu. J’ai trouvé le procédé très étrange. Finalement le passé est limite et peu intéressant.
Les épisodes s’enchaînent sans que notre intérêt grimpe. Les intrigues des divers épisodes sont peu fouillées et peu rythmées. Le seul épisode dont j’ai pris plaisir à regarder et qui reste l’un des plus intéressant de cette série est le 14. Les derniers épisodes ne sont pas du tout mieux en matière de dynamisme. Si Bee Train voulait rendre la série plus attractive sans les flashbacks et les regards propres à ses précédentes productions ; il faudrait aussi nous fournir une trame intéressante, des personnages attachants, et de l’action prenante.
Un autre reproche à El Cazador, c’est son ambiance qui est beaucoup trop burlesque. Comparer au contexte de la guerre civile dans Madlax, ou de l’univers froid des tueurs de Noir ; El Cazador fait vraiment pale figure alors que l’un de ses protagonistes est une chasseuse de primes. Certains épisodes mettent en avant le coté kawai des personnages comme Lirio.
Ajoutons à cela des attitudes assez suggestives et très énervantes de certains personnages tels qu’ Ellis ou L.A. On ne peut que rire devant le ridicule des scènes de jouissances. En parlant de L.A., c’est clairement le personnage le plus agaçant de la série.
Le coté réaliste de la série est cette fois quasiment nul. Alors que Noir possédait un certain réalisme dans le développement de son intrigue, celle de Madlax touchait le suréalisme vers les derniers épisodes tranchant toute ressemblance à Noir . El Cazador pose directement l’existence des pouvoirs surnaturels d’Eliss, de l’existence des sorcières.
La trame principale traîne beaucoup trop, et on n’a jamais l’impression qu’elle va se lancer un jour. Meme durant les derniers épisodes, ça stagne beaucoup trop, le suspense est proche de zéro. Et finalement le développement des mystères n’intéresse pas le spectateur.
El Cazador OST 1
Innovation de Yuki Kajiura ?
S’il y a bien un point sur lequel j’ai de grandes attentes c’est bien les compositions de Yuki Kajiura. Avec des OST toutes plus belles les unes que les autres comme Noir, Madlax, Mai Hime ou encore .Hack//Sign, nous sommes en droit d’attendre une excellente OST. J’ai dit au début de ma critique que je voulais débuter El Cazador pour son studio ; mais en fait je pense que c’est surtout le nom du compositeur qui m’a incité à regarder la série, à l’image de .Hack//Sign.
Alors qu’en est-il des 2 OST de Kajiura sur El Cazador ? Je les ai trouvé de très bonne qualité, elles sont de loin supérieures à celles d’Erementar Gerad. Citons des pistes qui font la force de ces 2 OST :
-Inca rose : une piste douce et planante
-El Cazador, surement LA composition de la série qui est très rythmé. Dommage que les gunfights manquent de dynamisme.
-Forest, une des meilleures musiques de ces 2 OSTs, et Insert Song présente dans l’épisode 14 que j’avais bien aimé. Une magnifique chanson avec la jolie voix d’ Emily Bindiger que je n’avais plus entendu depuis .Hack//Sign. Superbe !
-Cowardly little dogs we are : une piste assez étrange.
-El Cazador del amor: un remix de la piste original en version japonaise; et c’est clair que ça le fait. Elle est toujours aussi belle. Elle égale l’originale à mes yeux.
-The place of eternity : une composition reposante
-L.A le thème du personnage donc, il correspond bien au personnage.
-I reach for the sun, une autre jolie piste avec un duo Kajiura/Emily Bindiger.
Les 2 OSTs possèdent bien d’autres pistes de qualité, mais celles-ci sont sûrement mes préférées.
Pourtant durant la série, les musiques se révèlent être très discrètes et ne marquent pas vraiment les esprits. On se dit meme que la musique d’El Cazador n’a rien de terrible. Comme à son habitude, BEE TRAIN a du mal à bien utiliser les compositions de Kajiura comme sur Tsubasa Chronicle. A l’écoute, les OSTs possèdent vraiment peu de déchets.
On a le droit à des pistes dans le pur esprit Kajiura, et d’autres qui sont assez innovantes comparées à ses précédentes OST. Tout comme Madlax, Kajiura voulait se renouveler et cela se ressent dans les musiques d’El Cazador, même si la différence des compositions reste beaucoup moins marquante que le passage de Noir à Madlax.
Alors la musique d’El Cazador est réussie ? Je dirais oui et non. Le problème réside dans l’utilisation des musiques durant la série. La faute aux gunfights qui ne sont pas du tout entraînant, même si la musique est de qualité. Mais à l’écoute, ces OSTs sont très bonnes et font honneur à Yuki Kajiura.
Les génériques sont plutôt bons. J’aime beaucoup l’ending Romanesque, même si je le trouve difficile à comprendre. En effet les images de cet ending indiquaient une possible intrigue autour d’un homme masqué (comme dans Madlax) mais cet élément n’a jamais été développé. Mais au moins, le générique ne nous spoil pas. On se console comme on peut.
Pour ce qui est doublage, il est correct sans plus. A noter les seiyuu de L.A. et Ellis qui savent bien jouir…

L
es methodes de Nadie pour parvenir à ses fins.
Tacos tacos tacos…
S’il y a bien des termes qui apparaissent souvent dans El Cazador, c’est bien les tacos Ils méritent un thème à eux seuls tellement les épisodes de la série en font référence. D’ailleurs, j’ai trouvé ça particulièrement agaçant par moment. On a le droit à des passages exaspérant où les personnages chantent une chanson sur les tacos, à des épisodes sur un restaurant de tacos, ou encore des clins d’œil sur une publicité de tacos etc…
Plus sérieusement, il y a d’autres thèmes évoqués qui sont intéressants, mais qui ne sont pas développés en profondeur à l’image du besoin de trouver une personne à qui se rattacher, ou encore de la tolérance. Ces thèmes sont développés à travers la relation Nadie/Eliss.
La relation Nadie/Ellis devient de plus ambiguë au fur et à mesure de l’histoire, à l’instar de Madlax avec son coté shojo-ai. On peut se demander s’il y a un réel amour entre Ellis et Nadie ou une très forte amitié. Pour ma part, je dirais qu’il s’agit d’amitié même si à certains moments on pourrait affirmer qu’elles sont amoureuses. Je laisse ce thème à l’appréciation du spectateur.
Le mystérieux flashback
Les spoils sur la fin
Dans ce paragraphe, je parlerais de la fin de la série :
«Yes, sir !»
El Cazador, digne successeur de Noir et Madlax ?
Ce 3ème volet des « girls with guns » est clairement une déception sur tous les aspects sauf la qualité de ses musiques. Le chara design est mauvais, le scénario est lent et n’est pas passionnant, les personnages ne sont pas attachants, les gunfights sont risibles, le rythme est ennuyeux, l’humour est ridicule et l’ambiance n’est pas prenante. Pour terminer sa trilogie, BEE TRAIN a clairement raté son coup. El Cazador prend une nouvelle route par rapport à Noir et à Madlax, je trouve que BEE TRAIN a voulu rendre ses séries plus abordables et le résultat n’est pas des plus satisfaisant.
Voilà mon avis.