| Dieu
| [Quartiers : Xe Arrondissement] Chinatown | | Passez sous l’arche rayonnante pour pénétrer dans un microcosme inconnu. L’avenue principale est illuminée de lampions rougeoyants peints de fascinantes inscriptions sibyllines. Les occidentaux ne sont pas rares ici. Beaucoup viennent s’imprégner des fragrances et de l’atmosphère ineffable de Chinatown. On les rencontre surtout assis à la terrasse des nombreux restaurants de la rue, savourant des mets exotiques observant d’un air hébété l’incompréhensible royaume qui les entoure.
Plus loin les ruelles répandent leurs tentacules sillonnant à travers les immeubles délabrés de cette incroyable cité. Ces étroites ruelles humides, ornées de linge étendu, interpellent les piétons avec les parfums épicés des boutiques voisines.
Forte odeur de poisson. Criées, braillements, disputes. Le Marché. Les autochtones se frayent machinalement un passage dans la foule à peine supportable, bousculés par les gamins agités. Les marchands exposent leur étranges produits sous leurs tonnelles bariolées. On y trouve des fruits exotiques dont on parvient à ignorer jusqu’à existence, des herbes dont la vieille vendeuse aux allures de sorcière vante les fabuleux mérites dans un patois incompréhensible, les carcasses de poulets accrochées sur les poutres dégoulinent de sang répandant des flaques noires sur le bitume, du tissus, des épices, du poissons et des crustacés, de la porcelaine, et d’autres objets d’artisanats. Le marché ne semble jamais fermer et grouille en permanence. Mais se n’est que très tard dans la nuit que l’on peut espérer croiser, au coin d’une allée, un autochtone qui connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui sait où l’on peut trouver de la drogue, des armes, de la contrefaçon, ou toute autre marchandise trafiquée par les Triades qui régissent se petit univers.
Surplombant majestueusement la Place Centrale, où l’on peut les nuits chanceuses assister à une danse du Dragon, le Temple. Pagode immense au toit d’un rouge profond et illuminée de lanternes étincelantes, le Temple dégage une intense aura de tranquilité et de mystère qui pousse tout passant non averti à se sentir pousser par une force occulte et inquiétante à l’intérieur de l’enclos. On y découvre un jardin d’eden. Les plantes sauvages s'épanouissent autour d’un lac de nénuphars où prend source un ruisseau traversé par un petit pont de bois. En progressant à travers le chemin de galets, on arrive à l’entrée de l’antichambre baignant dans un épais nuage d’encens où se recueillent des païens venant chercher la sérénité. Les statues et les autels aux éblouissantes dorures appuyant le mysticisme presque palpable de ce lieu rendent l'ambiance inconfortable, presque suffocante.
Chinatown…
Un continent entier contenu dans un aberrant ersatz de civilisation où l’enivrante exaltation des sens, détruisant les fondements virtuels de la normalité, conduit à un vertige mélancolique dont personne ne peut sortir indemne. Dernière modification par Atlas : 15/02/2005 à 12h17. |