Scénariste/Dessinatrice/Coloriste : Fanny Montgermont
Nb de tomes : 2
Editeur : Paquet
Résumé :
Hippolyte est un jeune résistant rennais pendant la seconde guerre mondiale. Par hasard, au milieu des décombres d'un bâtiment bombardé, il rencontre Michelle, une jeune fille étrange qui cherche ses ailes dans les gravats. Elle est persuadée être un ange, mais passe pour une folle échappée de l’asile pendant le bombardement. Au milieu du maquis, les chemins de Michelle et Hippolyte vont désormais souvent se croiser. Mais les résistants sont trahis et se font massacrer par les hommes de Justin Château-Rouge, chef de la milice.
Mon avis :
Tome 1, "mai 1944" :
C'est un peu par hasard que je suis tombé sur cet album, avec cette couverture qui me tendait littéralement les bras.
L'histoire contée par Fanny Montgermont est belle, simple, touchante. Le cadre du sujet traité est l'un des plus sombres de l'histoire de France : les "relations" entre résistants et collaborateurs dans les derniers mois de la seconde guerre mondiale.
L'auteur traite ce sujet en finesse, délicatement, presque comme si elle avait honte, avec pudeur. Hyppolite et Michelle, les deux protagonistes principaux de cet album, se rencontrent à la suite d'un bombardement dans la ville de Rennes. La jeune fille fouille les décombres d'une maison. Elle déclare à Hyppolite être un ange à la recherche de ses ailes... et de là part toute l'histoire. Je n'ose pas trop vous en parler davantage de peur de trop défleurer cette magnifique histoire.
Le dessin n'est pas renversant, le scénario n'est pas époustouflant, mais les deux mis ensemble créent une magnifique bande dessinée. Heureusement que l'on trouve de plus en plus de femmes auteur de bandes dessinées, mais de toute façon, cela reste à vous de voir...
Tome 2, "juin 1944" :
Le premier tome de ce dyptique m'ayant fasciné, j'attendai beaucoup de ce second volume et je n'ai pas été déçu, bien au contraire.
Le trait de Fanny Montgermont, s'affirme. Et si le premier tome m'a évoqué le travail d'Algésiras sur sa série "Candélabres", ici, l'évocation est différente... En fait, grâce à la couleur, je me suis senti projeté dans un univers très proche de celui d'Hayao Myazaki. L'auteure a parfaitement réussi à transmettre une ambiance poétique à cette histoire à la trame sombre. L'effet de "flouté" de nombreuses scènes crée une sensation étrange, comme si la réalité (de l'histoire) se scindait entre le présent et le rêve...
De plus, ce dessin si particulier colle parfaitement à l'histoire et Fanny Montgermont a également réussi à garder le cap de son scénario. Même si j'ai trouvé l'histoire trop condensée sur les dernières pages... les méfaits du 48CC ? Peut-être... Mais c'est là un défaut bien mineur et négligeable au vu du plaisir de lecture que m'a laissé cet album.
En résumé, nous avons un trait prometteur, une mise en couleur excellente et un scénario attachant bien que sombre par moment... cela reste à vous de voir...
Mais qu'est-ce que vous attendez ?
(Il s'agit de deux chroniques que j'ai faites pour le site
www.bulledair.com)
Et vous, vous connaissez ?
Je signale juste aux amateurs de manga que cela a toutes les chances de vous plaire.