Zombies (ELLIS Bret Easton, Roman moderne) : Fiche / Article de la section Littérature, crée sur le forum Littérature et bande dessinée (BD, livres et édition : Informations et discussions sur la littérature, la bande dessinée et ses auteurs.)
“Le sujet de mes livres, c'est une culture qui me dégoûte, et un monde qui donne de la valeur à ce qui n'en a pas.” Bret Easton ELLIS
Genre :Nouvelles « fantastiques » autour de la société moderne américaine.
Biographie :
Bret Easton Ellis est né à Los Angeles en 1964. Après des études littéraires à Bennington College, il s'installe à New York. Ses deux premiers romans l'ont propulsé rapidement au rang des auteurs à succès. Très controversé au Etats-Unis, il poursuit sa carrière.
Bibliographie :
Moins que Zéro (Less Than Zero, 1985), 10/18 Les Lois de l'Attraction (The Rules of Attraction, 1987), 10/18 American Psycho(American Psycho, 1991), Le Seuil Zombies (Zombies, 1994), 10/18 Glamorama (Glamorama, 19996), Robert Laffont Luna Park 2005
Synopsis :
BE Ellis nous entraîne une nouvelle fois dans les Etats-Unis des années 80, un pays en proie à la superficialité, l’argent, les drogues, le sexe, la musique des années 80 et tous les abus imaginables. Ce puzzle nous entraîne principalement dans la vie de Los Angeles où toutes les perditions sont permises surtout pour la bonne société américaine, bronzée, blonde, fan d’aérobic, roulant en Porsche et consommant de fortes doses de Valium.
13 chapitres pour 13 narrateurs, 13 nouvelles formant un patchwork plus ou moins uni, bourré d’humour, de cynisme, de violence et de noirceur. Mais entre univers pailleté et lumières de la nuit, cette bonne société ne serait elle pas en proie à devenir des créatures d’outre tombe ? Leurs gestes des automatismes, leurs abus la trahison qu’ils sont blasés au point de sombrer. Entre délires psychotiques et créatures de la nuit, BE Ellis chercherait il au travers de cette chronique moderne à tâter la gueuse du fantastique ? D’une manière ou d’une autre chacun de ses narrateurs sont à leur manière devenus des zombies …
Avis Personnel :
La première question que je me suis posée, avant même d’ouvrir le livre était : Pourquoi ce titre : A ce même moment, je me suis dit, bof, du BE Ellis, surement les bonnes mœurs américaines qui se zombéifient bon gré mal gré par leur volonté à la béatification de la Muse Société moderne, du Troll Libéralisme avec un coup de pouce de la fée Coc(aïne)ette et tout simplement leur perte de valeurs morales, intellectuelles et sentimentales. Bref, ce qui les différencient des hommes et des animaux, des bêtes froides, sans scrupules, sanguinaires.
Beaucoup plus facile d’accès qu’American Psycho, – je n’ai pas refermé le livre à chaque scène violente et l’ai dévoré en un après midi – Ellis a un cynisme et une dérision autour de la bonne société américaine ancrée dans sa superficialité bien à lui. Si il traite souvent de ce sujet, je ne l’en blâmerais pas !
Alors que dire de ce livre …
Au départ, il m’a paru déroutant, non par l’histoire, mais par le système narratif, chaque chapitre est à la première personne, mais on a un point de vue, un narrateur différent à chaque chapitre. Et en plus Monsieur Ellis prend le malin plaisir de ne dévoiler le prénom du narrateur qu’en fin de chapitre, la plupart du temps, quand il n’a pas décidé de ne pas nous le donner. Pire ! Les chapitres ne sont pas en ordre chronologiques !
Mais si le premier chapitre m’a vraiment déroutée, de ne pas savoir qui était ce « je » et par la même occasion, m’a forcé à m’immiscer d’autant plus à travers lui dans les évènements ; par la suite, j’ai fini par me prendre au jeu de qui est le narrateur. Peut être parce qu’un zombie n’a pas besoin d’être étiqueté d’un nom … Allez savoir.
Il y a toujours un fil, même si il est parfois mince, entre les personnages des différentes nouvelles.
Le livre est encore, une fois bien rythmé et captivant, on nage entre Palm Spring et Malibu, mais surtout Beverly Hills (imaginez la même série télévisée, mais en version trash où tout le monde sniffe de la coc, couche avec tout le monde, prend du Valium à longueur de journée, et marrie fric et violence … Et d’un coup, après cette kyrielle où l’on nous asperge de superficialité, qu’on sent monter doucement, au fur et à mesure, on se retrouve plus proche d’une nuit en Enfer …
Après il y a tout le délire auquel je ne m’attendais pas, ce fut une agréable surprise, une surprise fantastique, je dirais même, où la bestialité, l’instinct de prédateur surgissent du fin fond de la nuit. Le style est complètement burlesque et drolatique mais n’était ce pas l’intérêt ? Surprendre et amuser son lecteur chéri ? Et bien, je l’ai pris ainsi ! N’en déplaise à Mr Ellis !
Bref, quand les créatures de la nuit font leur show, on est peut être pas si éloigné de Romero (sans la couleur bleuâtre, la myriade de monstres et les balles dans la tête et avec un embryon de cerveau résiduel), et c’est de là que pour moi, zombies est une œuvre fantastique ! Entre réalité et imaginaire … Entre délires psychotiques et absurdité euh réalité bien tangible.
Spoiler
Avec une palme d’or de la meilleure scène pour son côté inattendu et délirant, la dernière page du livre alors que la nana est en plein stress oui ? Non ? a-t-il l’intention de quitter sa femme ? Et lui, scénariste pour Maimi Vice (deux flics à Miami), très certainement, sous coc ou non. Mon passage préféré qui m’a value une crise de rire intarissable : Ecoute, pour la première fois, je vais te dire la vérité « Mon nom est Yocnor et je suis venu de la planète Arachnoïde …. » Je vous passe les détails, au cas où des petits malins lisent ses lignes sans l’avoir lu Mais dans le contexte de la scène, c’est à se casser une côte. Si c'est du pipeau, c'est d'une classe inégalable pour casser, sinon ... ben euh ... La comparaison du zoo, des gibbons en cage qui lui rappellent quelquechose file aussi une sacrée claque ... Enfin, même si cela est très vrai et qu'à la différence des gibbons, l'homme a le choix de garder sa liberté mais surtout celle de de devenir un homme sans âme, un Zombie ...
Bref, vous l’aurez compris, j’ai dévoré et beaucoup apprécié ce livre, tout comme l'auteur, et en le refermant, en début de soirée avant une tétralogie de l’exorciste, j’avais envie de rab de tarte aux framboises à défaut d’une indigestion de tarte au citron
Du coup le lendemain, j’ai cherché de quoi me sustenter, mais entre les hommes pressés (qui se reconnaîtront) et les librairies sans tarte aux framboises, j’ai pris mon bonheur ailleurs
Par contre, est ce que par hasard quelqu’un a lu Luna Park et pourrait me donner ses impressions dessus ? J’attends encore pour craquer ….
Dieu supérieur / Déesse supérieure Coordinateur Hyjoo Nyxosaurus Rex
Re : [Litt] Zombies - Bret Easton Ellis
Ah !!!!
BE ELLIS... Un de mes nombreux auteurs fetiches...
Zombies est extraordinaire comme la plupart de ses oeuvres d'ailleurs. Mais c'est vrai que celui ci a une touche vraiment particulier, le systeme narratif en fait vraiment une oeuvre inhabituel pour cet auteur qui a plutot tendance a s'attacher a son personnage principal.
Bref moi aussi j'ai adore et je le conseille vivement, je ne peux faire eloge plus flatteur que celle que notre chere Krami a faite.
Pour Luna park, c'est un peu different car beaucoup plus autobiographique, on y voit l'auteur au prise avec ses fantomes du passe, l'image de son pere et bien evidemment la coco les femmes et le reste...
Bref a lire mais a un cote beaucoup plus derangeant que le reste de ses oeuvrs car reellement autobiographique...
A voir donc selon les gouts de chacun.
Moi je suis fan.
Je savais que j'aurais du craquer quand je l'ai eu devant moi...
Ca doit en effet être assez déroutant, il est clair qu'à travers ses oeuvres, il parle avec un tel réalisme et une telle froideur des travers de la bonne société américaine qu'il a du certainement baigner dedans à un moment ou un autre.
Mais j'imagine que cela doit devenir particulièrement déroutant si le personnage sans âme devient l'auteur lui même ... Ou pire si le héros en a une ! On y est pas habitué
Mais, c'est sans doute un bon moyen de tenter de percer, le mystère et la compléxité du bonhomme.