J'ai bien envoyé une présentation sur le forum adéquate mais il n'y a toujours
rien. Quoique ce qui suit en dit long sur moi et mon style de vie.
"There will never be Another one like you" The Doors
Je l'ai vue pour la première fois dans un centre culturel, à Paris; j'étais en train d'écouter du classique avec des écouteurs: une jolie femme de 29 ans,
élégante. Elle avait retiré ses chaussures et lisait paisiblement. Le livre qu'elle
tenait en main attira mon attention: un ouvrage rare, même en Inde, qui traite des différentes formes de l’amour, du plus anodin au plus extatique,
celui entre Radha et Krishna. Toute la complexité et la beauté de la tradition
spirituelle visnouite y sont traduites pour l’initié. Je ne pus m'empêcher de lui
exprimer mon étonnement à la voir étudier une telle littérature. Mais elle
connaissait les Indes. Elle y avait voyagé de long en large en 75 et rêvait d'y retourner. Comme moi. Puis j’ai repris mes écouteurs, elle son livre.
Le centre s’appelait
L’arbre souhait .
Trois mois plus tard, alors qu'un matin je me prélassais dans l'immense
boutique de tapis indiens d'une amie, situé dans le centre commercial du
sous-sol des Halles, après une merveilleuse nuit passée, tout seul, sous LSD,
voilà qu'elle arrive; un phosphore enchanteur se matérialisait. Fraîcheur et
gaîté personnifiées, elle se dirigea droit vers moi pour me saluer: un cadeau
des dieux! Ravissant et spirituel, il me comblera d’amour jusqu'à aujourd'hui.
J'avais l'air d'«un pacha dans la caverne d'Ali Baba», selon ses propres mots.
Elle eut le coup de foudre mais se garda bien de le montrer. Le soir, je
l'accompagnai jusqu’à son domicile. Au moment de la quitter, sachant que
j’allais me louer une chambre d’hôtel, elle m’offrit de passer la nuit chez elle,
ce que je déclinai par politesse. Elle avait tant de grâce qu'à aucun moment
le moindre désir de concupiscence ne me posséda. Respect total. Mais au fur
et à mesure que je m'éloignais de son domicile et de la féerie de la rencontre,
les sens et l'imagination me rappelaient à ma réalité d'homme!
"Riders on the storm" The Doors
Je dormis dans ma voiture, les hôtels affichant "complet". Ce fut une nuit fort
agitée, toute en courbatures, pendant laquelle je maugréais sur mon stupide
puritanisme. La semaine qui suivit fut insupportable. Impossible de la rejoindre
par téléphone et je ne connaissais pas encore ses sentiments pour moi. J'étais
tombé amoureux fou. Je fis 200 km de nuit sous une pluie battante pour me
rendre chez elle, écoutant les Doors:
Girl ya gotta love your man
Girl ya gotta love your man
Take him by the hand
Make him understand
The world on you depends
Our life will never end
Gotta love your man, yeah
Mais elle n’était pas chez elle. La porte resta obstinément fermée.
On se maria trois mois plus tard à Toronto. 23 ans après, si c’était à refaire,
je dis oui sans hésitation, et tout pareil! --Akiles