| Ombre
| [Extrait] Défais-moi mes tresses. | | Ma mère pile le blé que Taja, mon frère, est allé chercher.Moi, je suis Tséna, habitant dans une modeste case d'un village d'afrique. J'ai une grande soeur et un grand frère, Miriam et Taja. Je n'ai que 15 primtemps.
Je ne connais pas mon père: où du moins, je sais que c'était un militaire blanc américain qui est reparti dans son pays alors que je n'avais qu'un an. Je suis métisse, mais aussi la preuve de la relation extra-conjugal que ma mère entretenait avec cet homme. ET pourtant malgré l'humiliation que je représentais, elle arrivait à m'aimer.
Ce soir, tantine M'zadé vient souper avec nous. Elle revient de France pour venir me chercher. Elle compte m'amener là-bas afin que je puisse faire des études convenalbles comme ses fils, mes cousins. Je n'aime pas tantine, elle se prend pour une française de souche alors qu'elle n'y a vécu que 3 ans à peine. Elle nous regarde de haut et oublie qu'elle est née ici, et se permet de nous dénigrer. Je me suis promis que de retour dans mon pays après la France, j'offrirai à tout ce que je vois un cadeau, continurait à dormir sur ma natte de paille et garderait ma langue.
Il est 8 heures, elle vient d'arriver. Elle nous embrasse et raconte à ma mère:
"- Pardonnez moi, mais l'avion a eu un peu de retard, à propos, j'ai mangé dedans donc inutile de s'attarder. Tséna, dépêche toi de prendre ta valise et dit aurevoir."
A peine ai-je reçu le message qu'elle retourne dans sa voiture. Je jette un regard à ma mère. Celle-ci me sourit comme si elle n'avait pas un once de tristesse. Je dis aurevoir aux gens du village et termine par serrer ma mère.
Elle me serre fort contre sa poitrine volumineuse en chair, mon visage est humide, je pleure.
Elle me chuchote une mélodie africaine que j'aime tant et m'attache dans le cou un collier avec un pendentif en ivoire.
C'est la dernière fois que je l'ai vu. |