Voici tout d'abors la genèse du monde. J'exposerai ensuite l'historique des quatre races principales ainsi que leur descriptif (politique, économique ...). Pour information, tout est sous copyright puisque c'est à titre professionnel...
Les Temps de la Création
Au tout début, lorsque rien n’existait, seul Nadémo était. Il errait sans but à travers l’infini de l’univers. Il fut épris d’une grande solitude et dans un cri de désespoir naquirent ses enfants : Atar, Rasnoï, Vattna et Kogoune. Ils étaient agités, remplis d’énergie et faisaient le bonheur de Nadémo qui appréciait leur présence. Dans un éclat qui remplit le ciel d’étoiles, ils s’unirent dans une même harmonie afin de tester et d’éprouver tout ce dont ils avaient été dotés.
Rasnoï se confronta à l’infini et fonda le réceptacle au sein duquel les autres purent exprimer toute leur créativité. Surface brute et désertique au départ, les autres Architectes y exposèrent tout le potentiel qu’ils possédaient. Vattna s’y déversa pour créer les grandes eaux. Kogoune souffla sur le monde afin de réveiller toute chose de leur torpeur. La vie surgit peu à peu des océans et des continents. L’eau se mît à frémir tandis que des milliers de poissons nageaient en elle. La terre trembla et les animaux terrestres, mammifères et reptiles, émergèrent dans des lieux aptes à leur survie. L’air s’anima et ondula suivant le vol d’innombrables oiseaux. Telluris, le monde des Architectes, était né.
Atar, le plus insouciant, ne pensait guère à contribuer à cette création. Toute cette agitation lui paraissait bien trop compliquée et demandait beaucoup d’effort à ses frères. Ne voulant pas rester dans l’ombre, il descendit sur le monde et s’y immisça pour ajouter, suivant sa guise, des petites touches qu’il trouvait amusantes avec ce qui l’entourait. Il s’y lassa très vite et s’empressa de rejoindre ses frères afin de contempler ce qu’ils avaient fait. Lorsqu’il revint, il entendit de mauvaises paroles à son sujet. Vexé par la moquerie de ses pairs, il se précipita sur Telluris et s’y enfonça au plus profond pour hurler sa rage et sa colère envers ses pairs qui ne le comprenaient pas. Mais il se raisonna lentement et dans sa cachette, rongé par la vengeance, il fomenta un plan contre les Architectes
Lentement, la rivalité s’insinua entre les autres Architectes. Elle dégénéra de telle façon que chacun d’entre eux se lança dans la création d’êtres de plus en plus complexes. Ces derniers se multiplièrent et peuplèrent le monde. Aucun des Architectes ne put se démarquer des autres. Ils décidèrent donc d’un commun accord de confronter l’objet de leur créativité. Au début, la comparaison portait sur la taille, la force, l’intelligence et même la beauté. Pas un seul ne voulait céder aux autres le moindre compliment.
Ils partirent chacun de leur côté, réfléchissant sur de nouvelles créations et sur un moyen d’élever leur domaine au-dessus des autres. Leur patience avait cependant une limite. Ils invoquèrent des armées indénombrables et les lancèrent dans une immense bataille. Mais aucun ne voulait détruire l’œuvre qu’ils avaient mis tant de temps à créer. Ils décidèrent de s’éloigner de Telluris le plus loin possible. La bataille dura si longtemps que nul ne pensait qu’elle se terminerait un jour. Peu à peu, elle fit prendre conscience aux guerriers que ce combat était justifié. Le doute s’installa dans les rangs de chaque armée et au grand étonnement des Architectes, les combats cessèrent. Dans cette confusion, deux entités, silencieusement, s’éveillèrent.
Candore et Dankeight naquirent du champ de bataille. Ils étaient aussi différents qu’indissociables. Peu à peu, ils occupèrent l’âme de chaque être vivant. Ils s’abreuvèrent des nouvelles émotions que chacun ressentait. En touchant l’affect des créatures, les combats reprirent violemment et les forces en présence devinrent si puissantes que l’univers semblait pouvoir être anéanti par la violence des combats et la gigantesque énergie qui s’en dégageait. Atar, excité et amusé par tout ce qui se passait, était frappé par la présence de ces nouvelles entités et ne put éviter leur influence sur lui-même. Il sombra dans la démence et se mit à créer ce qui lui venait à l’esprit, troublé par tout ce qu’il ressentait. Lorsqu’il vit avec quelle folie ses frères se battaient les uns contre les autres, il voulut en faire de même et une partie de lui-même vint s’incarner sur le monde. Peu à peu, il déversa sa haine et sa rancœur qui se fragmentèrent au sein de la terre. Ainsi vinrent les Zaurcs, exutoires de la folie d’Atar. Ils étaient puissants, dotés d’une grande force et dans un désir commun, ils se mirent en marche, décidés à ravager le monde. Kogoune prit peur, lui qui avait mis tant d’ardeur à la création. Il choisit ses meilleurs guerriers et les multiplia pour faire face aux zaurcs. De toutes ses créations, les Solims se démarquaient par leur esprit vif et leur habileté dans la mystérieuse Aldécare. Ils menèrent les armées de Kogoune au-devant des combats, affrontant les dangers avec bravoure et sagesse. Ils mirent tout en œuvre pour lutter contre l’envahisseur mais rien n’aurait pu contenir les zaurcs, remplis de rage et de fureur.
Rasnoï vit son frère lutter pour le salut de tous. Il fut frappé par une telle dévotion, lui qui n’avait jamais vu en son frère qu’un rival. Il utilisa sa puissance pour fortifier les guerriers qui risquaient leur vie pour protéger Telluris. Leur peau devint aussi résistante que l’acier et la terre elle-même protégeait les défenseurs et se fissurait pour faire tomber des dizaines de zaurcs dans les profondeurs des abîmes.
Par l’intervention de Rasnoï, les puissants zaurcs n’eurent d’autres choix que de s’enfuir dans les montagnes pour éviter l’éradication de leur peuple. Les vainqueurs ne l’étaient qu’à moitié. Seuls les Solims pleuraient les morts car il n’y avait plus qu’eux sur le champ de bataille. Ils ne voulaient pas traquer les zaurcs sous peine de voir leur nombre diminuer encore. Ils s’installèrent à l’endroit même des combats, sur une immense plaine, exploitant les miracles de Rasnoï comme base pour leurs édifices.
Vattna fut rongé par la jalousie en voyant Kogoune arrogant de sa victoire. Il s’inspira de son frère et installa un de ses peuples dans les grandes forêts du Nord, voisines des plaines de Kévos. C’est ainsi que les Alfars, œuvres de mauvais sentiments, voyaient le monde pour la première fois. Ils avaient un regard moqueur sur les Solims, peuple qui n’utilisait en rien ce qu’ils avaient à portée de main. Ils connaissaient bien la nature et ils l’exploitèrent largement, tout en se jurant de la protéger par n’importe quel moyen. Les Solims apprenaient vite et maîtrisaient avec habileté l’architecture défensive. Ils érigèrent leur royaume de manière circulaire, chaque cercle matérialisé par de hauts remparts et de nombreuses cités. Une inimitié s’installa entre les deux peuples et les Alfars, en démonstration de leur supériorité, attaquèrent les Solims par de nombreux raids aussi bien par mer que sur terre. Ils ne voulaient cependant pas d’une guerre ouverte, conscients que la nature aurait encouru de graves dangers. Au fil du temps, les attaques s’estompèrent, se résumant à quelques raids de navires de temps à autre, décourageant les Solims à s’installer sur les côtes ouest du continent.
Bientôt, il n’y eut plus aucun témoin des évènements passés et les guerres d’antan devinrent légendes et mythes, récits racontés autour d’un feu. Rasnoï était dans le doute et le remords, se sentant coupable d’avoir privilégié un de ses frères à un autre. Il voulut réparer cela et dans les abîmes de Telluris, là où de nombreux zaurcs étaient tombés, il constitua un nouveau peuple, en nombre restreint, qui aiderait à relever les créatures de Atar.
Alors que tout paraissait durable et serein, une douce brise de peur s’insinua sur le monde. Ce souffle se transforma en une vaste tempête et alors que le ciel s’obscurcit, les Zaurcs, forts d’une nouvelle armée, se déversèrent de nouveau sur les plaines. Les hordes ne possédaient plus la même rage qu’auparavant et on pouvait voir apparaître de petits êtres, certains portés à dos de zaurcs ou d’autres tout simplement au milieu des rangs : les Hénassids firent leur apparition, menant des légions par leur seule volonté. Ils étaient extrêmement fragiles en vue de leur taille et de leur corpulence mais on pouvait sentir l’air vibrer lorsqu’ils utilisaient leur puissante énergie.
Les Solims furent les premiers à leur faire face. Les combats débutèrent violemment aux portes de plusieurs villes frontalières. Les Zaurcs étaient étonnamment organisés, disciplinés et l’attaque fut d’une extrême violence. Ils franchirent les remparts en peu de temps et s’emparèrent de nombreuses villes. Ils continuèrent à pénétrer au plus profond du royaume pour tenter de se rapprocher des grandes cités. Rien n’aurait pu les arrêter. Leur organisation était beaucoup plus élaborée qu’auparavant et les pouvoirs des Hénassids pouvaient à eux seuls réduire des armées entières en poussière. Vattna contemplait cette débâcle avec un certain amusement et sachant Kogoune en difficulté, il décida, contre toute attente, d’aider son frère non sans lui faire remarquer que sans les Alfars, les Solims n’auront aucune chance de survie.
Ainsi il poussa les Alfars à prendre les armes pour défendre ceux qu’ils considéraient comme rivaux. Il vint à eux en leur révélant les secrets runiques des eaux calmes. Ce pouvoir était d’une extrême puissance mais pour le libérer, les Alfars devaient recueillir le sang d’un millier de zaurcs pour le déverser dans un lac en haute montagne. Unis dans une même bataille, Solims et Alfars tinrent la même ligne et renversèrent peu à peu le cours des choses.
Candore était toujours dans les cieux, tourmentée par tout ce qui se passait devant son regard. L’esprit belliqueux de tous les autres Architectes lui était incompréhensible. Sa perception de la réalité fut altérée par toute la haine qui se déversait sur le champ de bataille. Elle ne pouvait en supporter davantage. Elle s’étendit sur le monde entier et dans une tempête extraordinaire, brisa le continent dans un sursaut d’énergie incontrôlable. La terre fut déchirée et une partie du continent dériva au loin, arrêtant le conflit et préservant Telluris de sa destruction.
Le conflit des Architectes n’en était qu’à ses prémices et de nombreuses créatures avaient déjà subi les lourdes conséquences de cette querelle. Ce qui était devenue une horrible cicatrice avait été réouverte par inadvertance et de cette plaie allait émerger un mal encore plus grand.