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08/04/2008, 09h13 | #1 | | Sylphide
| [Roman] The Legend of Forcks | | Voici l'intro et le premier chapitre de mon histoire en version censurée non illustrée...(mon petit doigt me dit qu'il en faudrait plusieurs pour bien comprendre le début mais elle est tellement longue....bon enfin, bref, je vous laisse lire, dites moi ce que vous en pensez !).
Forcks Densetsu
*The Legend of Forcks*
Les adultes le nient souvent mais, au delà de ce que les scientifiques appellent « dimensions », il y a d'autres mondes, bien différents du notre. Personne encore n'a trouvé le moyen de passer d'un monde à l'autre et si une personne l'a fait, alors elle n'est jamais revenue pour en parler.
Le monde que nous appelons le monde réel n'est qu'une parcelle de ce qui constitue les dimensions et parfois, quand la porte s'ouvre, d'autres horizons font alors leur apparition.
Ainsi, le continent de Crest, du monde d'Assilia, nous est inconnu. Partis de rien et parvenus à l'apogée de notre civilisation, nous ne nous sommes pas intéressés aux autres êtres plus ou moins avancés que nous, qui, parallèlement à nous développaient leur propre monde loin de nous.
Assilia, nous ne la connaissons pas, mais elle, nous connaît. Elle est perdue quelque part dans l'univers et possède ses propres règles, ses propres dieux et ses habitants, leurs propres particularités. Partie du même point que notre monde, les premiers êtres qui s'y sont développés ont eu une destinée qui a complètement fait basculer l'évolution des habitants qui y ont ensuite prospéré.
Considérée comme une hérésie et une forme de malédiction chez nous, la magie sur Assilia est adorée et respectée. Et c'est cette magie qui va influencer la destinée de son peuple.
**********
- La Grande Guerre des Esprits d'Assilia
Les deux premiers êtres apparus sur Assilia furent Shina et Ika. Composées de magie pure, la première était faite d'ombre, de haine et de vide, la seconde de lumière, d'amour et de vie. Aussi complémentaires qu'antagoniques, Shina et Ika ne pensaient qu'à s'affronter pour conquérir Assilia. Ika rêvait de ciels de lumière, de plaines couvertes d'herbe blanche et douce comme de la soie, d'arbres centenaires à l'écorce argentée et aux feuilles de diamant. Shina voyait le monde désertique, vide de vie ou de végétation, la terre couleur du sang et le ciel couleur du néant.
Seuls les démons les plus fourbes, les esprits les plus malins et les créatures les plus viles survivraient dans cet environnement impitoyable où un vent dévastateur, soit glacé, soit brûlant, détruirait tout sur son passage.
Ika vivait entourée de sa cour d'esprits. Sa plus grande servante et amie, Flare, était l'esprit du Feu sacré et des Flammes infernales. Vêtue de flammes et de rubis, elle était la déesse de la danse et de l'incandescence et avait un don de clairvoyance. Son fils, l'esprit du Courage Tatsudanshi, était le chevalier blanc d'Ika. Éperdument amoureux, ils ne se séparaient jamais et il lui obéissait au doigt et à l'oeil. Flare avait une soeur aînée, Uma, la Fée des Mers et des Océans. Couverte de saphirs et de voiles de vapeur, elle pouvait lire le passé ancien comme un livre. Sa fille, Kitsuneona était la prétresse du temps. Elle pouvait lire ses lignes et prédire le futur le plus lointain.
Aux côtés d'Ika, il y avait aussi Yama, la Fille d'Assilia, née de la prime poussière de ce monde et aux vêtements d'or. Elle était plus jeune que Flare mais beaucoup plus posée. Son fils, Tsuyosa, était la Force personnifiée. Selon les esprits, il était la source de puissance qui avait fait tourner Assilia pour la première fois. Enfin, Fuma, la Femme Brise couverte d'argent était l'air d'Assilia. Sa fille, Chie, était la Sagesse même et la plus grande source de distraction des esprits, tant sa conversation ravissait les âmes.
Shina haïssait les autres esprits, trop heureux, trop amoureux, trop...proches. Elle n'avait pas d'enfants car sa haine démesurée lui commandait de ne pas dédier une partie de son pouvoir à quelqu'un d'autre. Exaspérée par l'attitude des esprits d'Ika, elle envoya un rayon de magie noire au hasard sur eux, une sorte d'avertissement en somme. Ce dernier toucha de plein fouet Uma en plein visage. Défigurée et brûlée atrocement par la magie noire, elle manqua de se dissoudre sous le choc et fut sauvée in extremis par Ika qui régénéra ses chairs, sans pouvoir lui rendre la vue pour autant. Désormais aveugle, Uma faisait pleuvoir au hasard et du se résoudre à rythmer la houle des océans. Flare, hors d'elle, envoya à son tour un trait de feu sur Shina, en guise de représailles. Shina, satisfaite d'avoir fait naître la peur et la colère chez les esprits d'Ika, décida d'attaquer véritablement les cieux où ils résidaient. C'est ainsi que commença la guerre des Esprits d'Assilia.
Au bout de cent longues années d'un combat acharné, ulcérée par la résistance d'Ika, Shina décida de laisser libre court à sa haine et voulu en finir avec sa soeur en détruisant Assilia. Pour éviter le pire et protéger son rêve d'argent, Ika fit appel à Uma, Yama, Flare, Fuma et leurs suivants. Les esprits prêtèrent main forte à Ika et affrontèrent Shina de toutes leurs forces.
Uma, la fée des Eaux, couvrit Assilia de profonds océans. Peuplés de créatures aquatiques aux chants envoûtants, ils étaient de véritables pièges pour les visiteurs imprudents. Yama fit jaillir le continent de Crest des eaux. De hautes montagnes au Nord de Celui ci devinrent son domaine. Provoquant de terribles tremblements de terre, elle ensevelissait et lapidait les impudents qui la défiaient. Fuma, d'un seul geste de la main, déplaçait l'atmosphère d'Assilia. De puissants ouragans et de gigantesques tornades assaillaient sans relâche Shina. Enfin, Flare déclencha la fureur des flammes. Kumos, l'étoile qui donnait sa lumière à Assilia, devint sa source principale d'énergie. Manipulant cette dernière avec génie, elle déversa des torrents de flammes et fit couler la lave la plus brûlante des failles créées pas Yama sur Shina. Devant ces nouvelles ennemies, Shina décida de lever sa propre armée. Elle mêla son énergie maléfique à la poussière du sol le plus aride envoûtant et fit naître les Djinns. Ces démons aux cheveux flamboyants étaient sans coeur, assoiffés de sang, violents et rongés par tous les pêchers du monde. Guidés par Mirutachi, la première Djinn créée, les Djinns partirent en guerre sous les ordres d’Akuus, dit « l'Impitoyable », et mirent à mal trois des quatre esprits d'Ika ainsi que tous les suivants. Seule Flare, l'Esprit du feu sacré, parvint à maintenir à distance les démons. Posté en haut de la plus haute montagne du continent de Crest, le mont Dragon, elle déclanchait d'interminables éruptions qui décimaient les régiments diaboliques. Irritée au plus haut point par le fait qu'un esprit d'un rang inférieur lui tienne tête, Shina précipita Assilia dans les ténèbres et rassembla toute son énergie pour porter un coup fatal aux esprits. Alertée par l'activité magique anormale qui régnait chez les démons, Flare mis en garde Ika qui, à son tour, concentra toutes ses forces. Elle créa un gigantesque bouclier immaculé autour de Shina qui lança alors son attaque. Quand sa magie maléfique entra en contact avec le bouclier d’Ika, les deux énergies entrèrent en résonance et il y eut une énorme explosion qui balaya tout le monde. Vidées de leur énergie, Ika et Shina s'évaporèrent en une pluie d'étoiles blanches et noires. À l'aide de ses dernières forces, Ika propulsa son esprit le plus loin possible de celui de Shina, vers un monde dont elles ignoraient même l'existence et qui abritait une petite planète bleue, peuplés d'êtres qui inspireraient plus tard les gardiens d’Assilia : notre monde.
Très affaiblie par son voyage, Ika dissimula sa présence et observa les êtres qui l'entouraient. Les hommes étaient fascinants. Capables du pire comme du meilleur, ils naissaient, vivaient et mouraient naturellement. Emerveillée par leurs capacités, elle décida de peupler Assilia d'hommes et de femmes. Elle fit part de sa décision aux esprits de second rang restés là bas et, vidée de toute énergie, elle choisit l'enveloppe charnelle de l'un de ces êtres pendant qu'il était à l'aube de sa vie et s'y installa pour reprendre des forces.
De leur côté, les esprits restés sur Assilia reprirent conscience. Encouragés par la réception d'ordres venant de leur maîtresse qu'ils croyaient morte, ils se mirent à travailler pour pouvoir les accomplir. Flare et Fuma unirent leurs forces et donnèrent naissance à Gaïa, la Dryade d'Emeraude. Fuma et Uma générèrent Reïa, la Glaciale, Flare et Fuma créèrent Raya, la Foudroyante et enfin, née de Fuma et Yama, Maya la Terrestre, maîtresse de la gravité. Dorénavant au nombre de douze, les esprits d'Ika prospérèrent et transformèrent Assilia en un véritable Eden. Enfin, unissant leurs forces à la magie brûlante qui leur était parvenue sous la forme d'un message, ils firent exploser la vie sur la planète avant de s'endormir pour un sommeil de mille ans.
Les créatures qui apparurent alors sur ce tout nouveau continent décidèrent d’appeler leur nouveau territoire « Crest », ce qui signifiait « Terre » dans leur langage primitif. Puis ils se mirent à prospérer et bientôt, les humains peuplèrent tout Assilia. Il y avait cependant de gros problèmes d’ordre publique : Personne ne faisait régner l’ordre et beaucoup de monde mourrait de maladie, de la famine où pire encore, assassiné par des envieux. Un jour, trois hommes prirent la décision d’aider les gens dans le besoin. Ils quittèrent leurs tribus et se mirent en quête de bonnes actions.
Piro, Makr et Lus étaient tous les trois de villages différents mais s’entendaient très bien, liés par leur idéal commun. Très vite, ils furent connus comme des « chevaliers » qui réglaient les problèmes de ceux qui étaient dans le besoin. Les gens affluèrent et les trois amis devinrent très riches.
Pour ne pas céder à la tentation de s’enrichir plus que de raison et de sombrer dans la cupidité, ils redistribuèrent leurs richesses. Les villageois les appelèrent alors les « Satos », les Bénis des esprits, et vinrent s’installer autour de leurs lieux de résidence respectifs. Le temps passa et, avec la déformation, on se mit à connaître les Chevaliers Satos comme étant les Chevaliers « Saints ». Piro devint Pierre, Makr, Marc et Lus, Louis. Les villages où ils vivaient devenant surpeuplés, ils décidèrent de s’établir ailleurs et ils fondèrent alors, respectivement, les villes forteresses de Highwall, Midwall et Downwall où ils restèrent jusqu’à leurs mort. Leurs descendants prirent alors la relève, alors que le monde devenait de plus en plus paisible…
J'espère que ça vous a plus ! Si c'est le cas, j'entrerai dans le vif du sujet en postant le chapitre 2 ! Dernière modification par Alexielleneko : 13/04/2008 à 17h05. Motif: Précision sur le contenu du topic | | |
08/04/2008, 14h04 | #2 | | Griffon
| Re : [Roman] The Legend of Forcks | | Salut, je vais donc te donner mon avis de lecteur.
Je trouve que ca fait trop "résumé" dans le sens où les pérégrinations que tu racontes pourrait faire l'objet d'un livre entier. J'imagine bien que c'est pour planter le décor, et que la narration evoluera par la suite, mais là je sais pas ça m'a bloqué. Surtout dès le début où tu enchaines les noms et les attibuts. J'ai trouvé que ca faisait trop et ça ne m'a pas donné envie de me concentrer sur qui était qui.
Si je peux me permettre de donner un conseil,
Peut être devrais tu commencer par faire vivre ton héroïne et amener le "commencement" qu'après (flashback ou dialogue, pensée) ou alors la découper en petite partie et la mettre entête de tes chapitres (comme ca se fait parfois)
Ou si tu veux la guarder en introduction, peut être la rendre moins dense en y intégrant des "scènes" ou des dialogues.
Concernant le fond, comme je te l'ai dis je n'était pas trop concentré sur la lecture, mais j'ai trouvé que ca ne sortait pas des sentiers battus, non plus que ca faisait "vu et revu", au milieu quoi, tu me diras c'est déjà balaize parce que dans le style tous les chemins ont déjà été foulés et refoulés. Donc au final de ce côté là c'est positif mais le côté trop dense m'a enpêché de vraiment me concentrer dessus.
Au final ca a quand même éveillé ma curiosité puisque je suis parti sur ton site pour voir la suite et nottamment comment était la narration dans des scènes plus présentes. Mais grace à mon super pc, je n'ai pas pu la lire (c'est quoi le logiciel pour les pdf déjà ??  )
Bon voilà c'est donc mon avis qui ne vaut pas mieu qu'un autre, ca se prouve le prochain te diras que c'est génial. J'éspère juste (et humblement) qu'il pourra t'être utile.
Et sinon c'est vrai qu'il y a un truc qui m'a fait horreur ^^ c'est de donner à Yama un personnage féminin, ou à un personnage féminin le nom de Yama.
Je m'explique, Yama est avant tout le dieu de la mort dans le boudhisme et l'indhouisme, mais c'est aussi un des personnages principal du bouquin que j'ai certainement le plus lu ( seigneur de lumière de Zelazny). Où au delà d'un dieu de mort, c'est un peu l'incarnation du mâle. C'est con mais quand j'ai lu que Yama était une femme, je n'ai pas pu m'empêcher de me dire "elle écrit n'importe quoi" ^^
En effet c'est con, bref anecdote sans interêt, il n'y a certainement que moi que ca puisse déranger. Dernière modification par Takezô jr : 08/04/2008 à 14h08. | | |
08/04/2008, 16h42 | #3 | | Sylphide
| Re : [Roman] The Legend of Forcks | | Pour les PDF, c'est Adobe Reader (gratuit)...en plus, tu pourras profiter de mes (mouahahhahaha) jolies illustrations...
Sinon, pour Yama...heu...c'est la Montagne en japonais(et non, je ne suis pas allée chercher loin.)...
N'étant ni bouddhiste, ni indouiste ni quoi que ce soit, je n'étais pas au courant de ce sens là du mot/nom YAMA (je mourrais moins bête ce soir). Je tiens aussi à préciser que j'ai essayé de faire en sorte que la mythologie de mon histoire soit entièrement athée vis à vis de notre monde à nous (je n'aime pas les conflits religieux...
Je suis cependant TRES contente de lire que tu as voulu voir la suite sur le site (c'est le principal pour moi je dois dire)...
J'ai voulu planter le décor du monde dans lequel va se dérouler l'histoire en premier car c'est justement cette fameuse guerre des esprits qui va tout chambouler...
J'avoue qu'au début, il y a beaucoup de nom (on dirait un sorte de remake de la mythologie grècque à la sauce mi-jap/ mi-délire... lol là, c'est moi qui
délire)...
Si tu trouves le pavé des noms "imbuvable", la section sur les esprits de l'encyclopédie de mon site (perpétuellement en travaux) pourrait t'aider... Dernière modification par Alexielleneko : 08/04/2008 à 16h44. | | |
15/04/2008, 22h42 | #4 | | Sylphide
| Re : [Roman] The Legend of Forcks | | Après une petite révision du texte (adaptation spéciale Hyjoo ), voici le chapitre 2 ! Maintenant, on entre dans le vif du sujet !!! Pour ceux qui ont du mal avec les villes citées dans le texte, cliquez ici, une carte est disponible...Attention, le site est en travaux, les liens sont un peu chamboulés...
2. Téléportation
Beth traversa la rue en manquant de se faire renverser.
Peu importe, elle avait attendu que sa commande arrive pendant deux semaines et elle n’en pouvait plus. Tant pis si elle se faisait écraser, c’est que c’était son destin. Elle entra dans une petite boutique à l’allure miteuse. Depuis le comptoir, un type obèse la regardait avec l’air satisfait du commerçant qui vendait enfin un produit qui l’encombre depuis des années... Ses lunettes trop petites pour sa gigantesque face brillaient et reflétaient les images pixellisées affichées par des écrans LCD de basse qualité : « t’es pile à l’heure…- J’ai du sauter mon petit déjeuner alors j’espère que vous avez bel et bien reçu ma commande cette fois…
- T’en fais pas, cette fois ci, c’est pas un de mes colis de …
- Passez moi les détails…et mon colis par ailleurs…Je vais rater le début des cours…
- Ok, ok, pas la peine de devenir folle… ».
Il lui tourna le dos et alors que la pleine Lune apparaissait devant elle, Beth reçu enfin ce qu’elle attendait. Le carton ne faisait qu’une dizaine de centimètre de longueur et de largeur et à peine un ou deux centimètres de profondeur. Elle le pressa contre son cœur, le glissa prestement dans son cartable, lança un « Merci beaucoup ! A plus ! » et disparu comme elle était arrivée. Lorsqu’elle franchit la grille de son lycée, la cloche avait déjà sonné et la plupart des élèves s’étaient déjà déchaussés.
Bien qu’Elisabeth Walker soit anglaise, ce geste quotidien répété tous les jours par les jeunes japonais était devenu naturel chez elle car elle est venue vivre au Japon alors qu’elle n’était encore qu’un bébé. Ses parents, tous deux anglais, se sont entredéchirés à partir de ce moment : son père, à cause de son infidélité chronique, sa mère à cause du mal du pays qui la dévorait et qui finalement la tuera. Aussitôt, son père avait placé Beth, alors âgée de 2 ans et son grand frère Christopher qui avait déjà 10 ans à l’Ecole Konji, une sorte d’école pour orphelins qui prenait sous son aile les enfants de la maternelle jusqu'à leur entrée en université, car sa future nouvelle compagne, une femme détestable et sévère, ne supportait pas d’avoir les enfants d’une autre « dans les pattes ». Beth n’a jamais revu son père. A l’age de sept ans, comme si son « cher » père l’avait prévu, un accident de la circulation fit de Beth et Chris des orphelins à part entière en emportant en supplément la belle-mère grincheuse. Chris et Beth grandirent plus heureux qu’en présence de leur père et lorsque ce premier entra à l’université, il pu prendre un petit travail pour payer un appartement pour sa sœur et lui.Les cours parurent durer une éternité à Beth et lorsqu’elle renfila ses chaussures, ce fut encore plus rapidement qu’à son arrivée. Elle repéra sa meilleur amie, Karen, et manqua de la faire tomber à la renverse : « Je l’ai ! Ça y est, il faut que tu viennes vite à la maison ! Allez, dépêche toi !
- Attends une seconde sinon je vais finir par me casser la figure…
- Ce n’est pas grave, dépêche toi, ça fait un mois qu’on attend ça alors dépêche toi !
- D’accord, c’est bon, je suis prête, on peut y aller. ».
Karen était plus posée que Beth. De mère anglaise et de père français, ses parents avaient péris tous deux dans un accident de train le lendemain de son arrivée au Japon. Sa grand-mère paternelle, qui n’avait aucun moyen de payer un lycée de renommée proche de chez elle, plaça dans cette école sa petite fille qui excellait dans toutes les matières. Avec ses cheveux blonds qui lui tombaient sur la nuque en boucles soyeuses et ses grands yeux bleus, elle n’avait rien du tout d’une japonaise. Elle était la coqueluche de la classe et Beth paraissait bien fade par rapport à elle avec ses cheveux bruns raides comme des baguettes. Karen avait un physique de star et un corps musclé par la natation.
Beth elle, était petite, était plate comme une limande et avait des jambes excessivement courtes. Pire que tout, sa voix, aigrelette, lassait rapidement ses camarades de classes lorsque portée par l’excitation, elle se lançait dans de grandes explications sur les jeux vidéos. Sa seule beauté était ses gigantesques yeux vert clair qui lançaient des éclairs quand elle s’énervait.
Elle entra comme un ouragan en criant « je suis rentrée » dans l’appartement pourtant vide et entraîna Karen dans le coin de la pièce principale qui était « sa chambre ». Elle déroula son futon, sorti de son sac le micro colis et déchira l’emballage avec ses dents tant elle ne tenait plus en place : « Prépare la machine de guerre Karen, on va enfin pouvoir voir ce qu’il a dans le ventre ! ». Dans sa vie, Beth avait deux passions : Son petit ami, Shinji, et les jeux vidéo. Elle avait rencontré Shinji à son arrivée à Konji et elle était tombée dans les jeux vidéo à cause de lui. Au fur et à mesure qu’ils ont grandi, ils se sont forgés une réputation de joueurs d’exception parmi les étudiants de Konji au point que assoiffés de sang Shinji Bu fut surtout connu sous le nom de « Game Master ». Beth, elle n’avait pas de surnom mais elle était connue comme étant la « fille-qui-avait-fini-tous-les-Role-Playing-Game-du-Japon-du-plus-mauvais-au-meilleur ». Ce que Beth recherchait dans ces jeux, c’est la difficulté, du point de vu des énigmes, des quêtes, mais aussi des personnages attrayants, qui lui faisaient oublier son quotidien.
Elle sorti enfin l’objet de l’emballage de carton. C’était un simple CD, dans une simple boite de plastique transparent sans aucune indication. Elle le glissa dans une console passée de mode depuis longtemps et mit cette dernière sous tension. Karen suivait activement Beth dans ses « investigations » car, il faut dire, l’aidait très souvent à résoudre les énigmes mathématiques, les anagrammes et autres casse-tête académiques. Le titre apparu enfin sur l’écran : « Wonderspace ». Beth eut une expression boudeuse : « Qu’est ce que c’est bateau, si le type qui a programmé ce jeu n’avait pas mystérieusement disparu juste au moment d’en finir le test, je crois que je ne me fierai pas à ce qu’on en dit… ». Il faut dire que si elle avait attendu ce colis avec tant d’impatience, c’est qu’il était plutôt particulier ce jeu. Créé par un jeune programmeur inconnu employé par une société réputée pour ses « daubes », il n’était jamais sorti dans le commerce. Et pour cause : lors de la phase de test final, le programmeur, au moment de finir le jeu avait disparu sans laisser de trace. Hors, l’énigme finale était tellement difficile à résoudre que personne ne su s’il y avait encore du temps de jeu derrière et donc des bugs. Le jeu n’est donc pas sorti et le projet fut bouclé. Dans le placard de l’appartement, à part ses uniformes, deux tenues décontractées, son futon et sa console, Beth n’avait que deux bons milliers de CD de jeux soigneusement rangés à trois ou quatre par boîtiers. Tous terminés, explorés à 200%. Et aucun livre de solution. Son rêve d’ailleurs était d’écrire elle-même ces livres en collaboration avec Karen bien sûr…
Elle contrôlait un petit personnage « super déformé » de sexe féminin. Elle fut heureuse de voir qu’elle ne pouvait pas incarner de personnage masculin : enfin un programmeur qui crée une héroïne puissante et belle sans être une bombe sexuelle. Hilda, Sa petite princesse de pixels n’avait pas de couronne mais se battait comme une furie avec une épée très longue et très fine. Elle avait de longs cheveux vert pomme, de grands yeux turquoise. Son armure rose assortie à son corsage tranchait avec le blanc de sa longue jupe fendue sur les cotés qui lui tombait sur les mollets. On pouvait voir apparaître ses mi-bas blancs retenus par de mignons lacets roses quand elle bondissait.
Prises par le jeu, Beth et Karen ne remarquaient plus ce qui se passait autour d’elles. Elles bondissaient à chaque coup d’épée de la jeune fille pixellisée et laissaient échapper un « Ouais ! » plein de sadisme lorsque la victime de cette dernière rendait l’âme. En l’occurrence, il s’agissait ici de petits champignons aux dents acérées. L’espace d’un instant, Beth devint livide. Son héroïne n’avait plus qu’un seul point de vie. C’est alors qu’elle décocha une attaque fatale pour son adversaire. Aussitôt le monstre disparu, une très forte lumière les enveloppa. Beth et Karen furent soulevées dans les airs et disparurent soudain dans une explosion d’étoiles blanches et scintillantes.
« Vous devriez être plus prudente… ». Une voix féminine, plutôt raffinée venait de réveiller Beth. Elle leva les yeux et bondit sur ses pieds en apercevant son interlocutrice. C’était Hilda, la « petite princesse », mais elle n’avait plus rien du petit sprite de l’écran de télévision.Hilda était grande, très grande, fine et avait le port d’une reine. Très droite et l’allure à la limite hautaine, elle fixait Beth avec ses yeux couleur azur. Ses cheveux dorés flottaient au gré du vent et c’était un tableau du plus bel effet : « Vous me fixez comme si j’était quelqu’un qui tombait du ciel…pourtant, c’est moi qui devrai vous observer…avec vos cheveux couleur cobalt… ». Beth ouvrit de grands yeux et porta ses mains à sa tête. Elle fixait l’une des mèches de ses cheveux qui était du plus bleu des bleus. Avant qu’elle n’ait pu tourner de l’œil ou se plaindre, un champignon vorace apparut et se rua sur elle.
Hilda dégaina son épée à la vitesse de l’éclair, empoigna Beth par le bras et l’attira vers elle : « Savez-vous vous battre ?
- Quoi ? hein ?
- Possèdes-tu une arme pour te défendre ? Je n’ai plus beaucoup de force tant j'ai combattu ces vermines…
- Je n’ai rien du tout, je n’ai pas d’arme…
- De la magie peut-être ?
- Je ne sais pas du tout…
- Essayez, concentrez vous ! ».
Beth se dit qu’elle n’avait rien à perdre. Elle ferma les yeux et se mit à réfléchir. Son adversaire était un champignon, une plante…il fallait donc utiliser…un sort capable de l’anéantir. Elle se concentra sur le champignon, tendit les mains et, bien que sceptique, extériorisa tout « ce qu’elle pu » sur sa cible. Un flash, un bruit de claquement comme une gifle et le champignon vacilla avant d’exploser comme un chat dans un four micro-onde. Beth très surprise se tourna vers Hilda : « De la magie ?
- Visiblement, vous êtes magicienne à votre insu.
- C’est possible ?
- Bien sûr, la magie est quelque chose qui s’apprend dès le plus jeune age chez les personnes dotées d’une grande énergie spirituelle.
- Et mon énergie à moi ?
- Elle est puissante. Assez pour créer un sort non élémentaire. Ce n’est pas courant.
- Je suis perdue, j’aimerai trouver un endroit où réfléchir… ».
En changeant de sujet ainsi, Beth espérait trouver un point de ralliement ou Karen aurait pu s’être réfugiée : « Je ne suis pas… d’ici, je me suis perdue et je ne sais pas vraiment ou aller.
- Si vous savez vous faire discrète, je peux vous héberger.
- Vraiment ? Ca ne posera pas de problème ?
- De toutes façons, personne n’aura le droit de contester ma décision.
- Vous êtes sure ?
- Et comment. Je suis Hilda de Highwall, Princesse de ce pays. »
Devant l’air fier d’Hilda, Beth se rappela qu’Hilda était la princesse qu’elle contrôlait avant de disparaître dans la « pluie d’étoiles ». Elle se dit donc qu’elle pouvait lui faire confiance et elle la suivi donc vers la ville d’Highwall. Hilda lui expliqua en chemin les rudiments de ce nouveau monde qui s’ouvrait à elle : « Highwall est la capitale de la région nord de notre monde. Midwall est la capitale de la région centrale et Downwall celle du sud. Chacune des capitales est dirigée par le membre le plus élevé de la noblesse locale. Il s’avère que les dirigeants de ces villes sont mes cousins.
- C’est un système qui fonctionne bien ?
- Il en a toujours été ainsi.
- Il n’y a jamais de guerres ?
- Il y en a eu mais il n’y a que Highwall qui ait conservé ses fortifications.
- Il y a beaucoup de villages sinon ?
- Il y a St Pierre à l’extrême nord-ouest. C’est une ville enfouie perpétuellement sous la neige et complètement perdue dans les montagnes. Au nord-est, il y a St Marc, un village de bergers connu pour ses herbes médicinales qui poussent sur le flanc du Mont Dragon. C’est un volcan qui est en activité et qui fait régulièrement des victimes.
- C’est terrible…vous ne pouvez rien faire pour éviter ça ?
- Surtout pas ! La légende dit que le Mont Dragon est le lieu d’habitation du plus puissant des esprits de Feu. Cela serait une offense. Au sud-ouest d’Highwall, on trouve Angelo del Amor. On appelle aussi cet endroit « la ville des amoureux ». C’est une sorte de paradis terrestre. Il y fait chaud, le temps est clément toute l’année et les auberges sont toutes plus raffinées les unes que les autres. Plus à l’est, on trouve Midwall puis, encore plus loin, de l’autre coté du fleuve du Dragon, St Louis. C’est une ville entièrement fluviale.
- Comme Venise ?
- Venise ? Je ne connais pas cet endroit.
- Ha…euh…
- A l’extrême sud, juste entre Midwall et St Louis, on trouve Downwall. C’est une ville portuaire très riche et très peuplée. A cause de cela, il y a souvent des problèmes sur la voie publique et de nombreux larcins sont commis dès la nuit tombée.
- C’est intéressant. Mais vous ne m’avez pas parlé de Midwall. ».
Hilda se tourna alors vers Beth, l’air soucieux et lui dit : « Je vous en parlerai plus tard, nous arrivons en ville. ».
Dernière modification par Alexielleneko : 15/04/2008 à 22h48. Motif: Map... | | | Emplacement : | Utilisateurs regardant cette discussion : 0 ( membre(s) et 0 invité(s)) | | | | Rechercher dans cette discussion | | |
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