Vincent (BURTON Tim, Animation, Humour, Américain) : Fiche / Article de la section Cinéma, crée sur le forum Cinéma et télévision (Cine, films et series : Informations et discussions sur le cinéma, les films, les séries tv, sitcom, émissions...)
Réalisateur et scénariste: Tim Burton Narration : Vincent Price
Durée : 6 min Titre original :Vincent Genre : poème mis en image d’animation. Peut être pourrait t’on dire : horreur poétique ? Date de sortie : 1982 (en festivals) - 1994 (en complément de l'Étrange Noël de Mr Jack)
Vidéo Originale et Française:
Disponible sur Youtube.
Vincent le petit garçon
Synopsis:
Vincent est un petit garçon qui paraît comme les autres, sauf qu’il se prend pour Vincent Price. Son monde imaginaire prend racine dans le monde réel, et il passe constamment de l’un à l’autre, jusqu’au jour ou sa deuxième personnalité prend le dessus…
Texte intégral original :
Spoiler
Vincent Malloy is seven years old,
he's always polite and does what he's told.
For a boy his age he's considerate and nice,
but he wants to be just like Vincent Price.
He doesn't mind living with his sister dog and cats,
though he would rather share a home with spiders and bats,
there he could reflect on the horrors he has invented,
and wonder dark hallways alone and tormented.
Vincent is nice when his aunt comes to see him,
but imagines dipping her in wax for his wax museum.
He likes to experiment on his dog Abercrombie,
in the hops of creating a horrible zombie.
So he and his horrible zombie dog,
could go searching for victims in the London fog.
His thoughts though aren't only of goulish crime,
he likes to paint and read to pass some of the time,
While other kids read books like "Go Jane go",
Vincent's favorite author is, Edgar Allen Poe.
One night while reading a gruesome tale,
he read a passage that made him turn pale,
such horrible news he could not survive,
for his beautiful wife had been buried alive.
He dug out her grave to make sure she was dead,
unaware that her grave was his mother's flower bed.
His mother send Vincent off to his room,
he knew he'd been banished to the tower of doom.
Where he was sentenced to spend the rest of his life,
alone with the portrait of his beautiful wife.
While alone and insane incased in his doom,
Vincent's mother burst suddenly into the room.
She said "If you want to, you can go out and play,
It's sunny outside and beautiful day."
Vincent tried to talk but he just couldn't speak,
the years of isolation had made him quite week.
So he took out some paper and scrawled with a pen;
I'm possessed by this house and can never live it again.
His mother said: "You are not possessed and you are not almost dead,
these games that you play are all in your head,
you are not Vincent Price you're Vincent Malloy,
you're not tormented or insane you're just a young boy,
you're seven years old and you are my son,
I want you to get outside and have some real fun."
Her anger now spent she walked out through the hall,
while Vincent back slowly against the wall...
The room started to sway to shiver in crick,
his horrored insanity had reached it's peak.
He saw Abercrombie his zombie slave,
and heard his wife call form beyond the grave;
She spoke from her coffin and made goulish demands,
will through cracking walls reached skeleton hands.
Every horror in his life that had crept through his dreams,
swept his mad laughter to terrified screams.
To escape the badness he reached for door,
but fell limp and lifeless down, on the floor.
His voice was soft and very slow,
as he quoted "The Raven" from Edgar Allen Poe;
"and my soul from out that shadow
that lies floating on the floor,
shall be lifted -- nevermore."
Texte intégral en français :
Spoiler
Voici Vincent Dupont, il vient d'avoir 7 ans.
il est toujours poli, c'est un garçon charmant.
Vincent est affectueux, d'une grande gentillesse,
mais il veut faire des films d'horreur comme Vincent Price.
Sa sœur, son chien, son chat, lui tiennent compagnie,
mais il serait bien mieux avec les chauves-souris.
Là il ferait marcher ses inventions terribles,
et promènerait seul son tourment indicible.
Quand sa tante vient le voir, Vincent est tout sourire,
il veut pour son musée la plonger dans la cire.
Il fait des expériences sur son chien, Aimable,
dans l'espoir de créer un monstre épouvantable,
et de trouver, avec ce sinistre vaurien,
des proies faciles dans le brouillard londonien.
Mais il ne pense pas qu'à des crimes lugubres,
il aime peindre et lire, ce qui est très salubre.
Seulement ce qu'il lit n'est pas de tout repos
Vincent a pour auteur favoris Edgar Poe.
Un soir, dans une horrible histoire d'élixir,
il lut un paragraphe qui le fit pâlir,
la nouvelle qu'il lu le berça d'épouvante,
sa très belle femme est enterrée vivante.
Il creusa pour s'assurer qu'elle était bien morte,
en détruisant ainsi des fleurs de toute sortes.
Sa mère l'envoya méditer dans sa chambre,
Il su que de ce monde il ne serait plus membre.
Et qu'il devrait passer le restant de ses jours,
seul avec le portrait de son défunt amour.
Vincent se morfondait, souffrait mille tourments,
Lorsque sa mère ouvrit la porte brusquement.
Elle dit : "Si tu veux tu peux sortir jouer,
Il y a du soleil, il faut en profiter."
Vincent voulut parler, aucun son ne sortit,
son long isolement l'avait fort affaiblit.
Il prit donc une plume et griffonna très vite ;
"Possédé par ce lieu, jamais je ne le quitte."
"Tu n'es pas possédé, tu n'es pas presque mort,
ce n'est que dans ta tête, tous ces mauvais sorts,
tu n'es pas Vincent Price, tu es Vincent Dupont,
tu n'es pas un timbré, mais un petit garçon,
tu viens d'avoir 7 ans, et même, tu es mon fils,
alors tu vas sortir, et prendre de l'exercice."
Ayant lâché ces mots, la mère repartit,
et pendant que Vincent restait abasourdi...
La chambre vacilla et trembla de partout,
il comprit qu'il était désormais vraiment fou.
Il vit son chien, Aimable, ressurgir en trombe,
et entendit sa femme, l'appeler d'outre tombe;
de son cercueil parvenait sa voix sépulcrale,
et des fentes des murs sortaient ces mains spectrales.
Toutes les horreurs qu'en rêve il avait créées,
transformèrent son rire en clameurs terrifiées.
Pour fuir cette folie il alla vers la porte,
mais il tomba, sans vie, comme une feuille morte.
Ce fût d'une voix faible et lente qu'il cita,
La fin du "Corbeau" d'Edgar Poe comme constat;
"Et mon âme de cette ombre à l'air incongru,
Clouée au sol ne s'élèvera -- jamais plus."
Vincent Price qui se coiffe comme Tim Burton... ^^
Mon avis :
Ce film, le premier où Tim Burton exerce son talent sans contrainte, a été produit par Disney, et avait fini au fond d’un tiroir à cause de la vision particulière de son auteur.
Pourtant, c’est ce film qui va réveiller le talent de Tim Burton, et qui pose les bases de son univers : l’horreur, la noirceur, mais surtout une bonne dose d’humour !
Ce projet est aussi intéressant par la narration originale, faite par Vincent Price lui même. Par la suite, Vincent Price sera à nouveau présent dans Édouard aux mains d’argent, et mourra peu après.
Ce film est très particulier car il y a plusieurs niveaux de vision possibles, selon si on le regarde en omniscient ou du point de vue de Vincent ou encore depuis l’optique de Vincent Price ! Il est très simple de se sentir concerné tour à tour par chacun de ses personnages, car ils reflètent des parties de nous-même. Nous sommes tout gentils et serviables en communauté pour être apprécier (d’accord, il y a des exceptions…) puis nous avons tous un côté sombre, où se cachent nos peurs, nos rêves… malgré tout, ce n’est qu’un film n’est-ce-pas ? ^^
L’ambiance qui en découle est ambivalente, litigieuse, et peut nous mettre mal à l’aise. Ce côté malsain est accentué par les carreaux, les spirales et rayures en tout genre, qui guident le regard du spectateur sur des non-dits, mais si bien suggérés !
Si le but n’est manifestement pas de faire peur, il est évident qu’il n’est pas simplement de nous divertir, mais de nous faire réfléchir sur les nuances de la vie, et sur notre coté obscur…
J’aime beaucoup ce court métrage, car l’animation est bien faite mais reste simple, et met l’accent sur la narration, toute en vers et très belle dans sa mélancolie.
Spoiler
A la fin, on ne sait pas ce qu’il advient du petit garçon, et l’imagination de chacun joue son rôle !^^ pour ma part, je pense que c’est son double " machiavélique " qui à cédé sa place dans un dernier souffle de folie.