The man who cried
Réalisation : Sally Potter
Scénario : Sally Potter
Production : Christopher Sheppard
Pays d’origine : Angleterre, France
Genre : Drame sur fond historique
Durée : 97 minutes
Date de sortie française : 07 Février 2001
Acteurs : Christina Ricci, John Turturro,
Johnny Depp, Cate Blanchett
Synopsis :
L’histoire commence en 1927 en Europe de l’est, la menace et la pauvreté grandissante, le père de Fegele, une petite fille juive, quitte les siens en direction de l’ « Amérique » dans l’espoir d’y trouver la richesse et faire vivre les siens.
Mais peu de temps après son départ, le village de Fegele se retrouve dans les flammes et le sang. L’enfant va alors suivre un groupe de villageois qui part en direction du grand continent mais se trompant de navire, elle arrive en Angleterre où elle est renommée Suzie et placée dans un foyer d’accueil catholique. Interdite de parler la langue de ses ancêtres, ni leurs rites sacrés, elle garde son secret bien enfoui, son rêve et s’évade grâce au chant. La petite Suzie est en effet dotée d’une voix d’or, elle espère grâce à elle rejoindre un jour son père en « Amérique ».
Dix ans ont passé, Suzie est devenue une jeune femme, au visage triste mais à la voix d’or, son rêve ne s’est pas éteint… C’est en cherchant à le concrétiser qu’elle quittera l’Angleterre pour la France en tant que choriste et danseuse dans un cabaret, elle y rencontrera une danseuse russe manipulatrice et séduisante. L’amitié incertaine entre ses deux jeunes femmes, que tout semble opposer, les entraînera dans un théâtre, dans les bras de l’amour, dans un dédale social tourmenté par l’histoire …
Avis personnel :
Mon avis sur ce film est en demi teinte. Il a de grandes imperfections autant qu’il recèle de merveilles.
Ce film est tout en finesse, en douceur, mais peut être trop, il manque de rythme, par moment, c’est aussi mou qu’un limaçon, là où on espère voir s’éveiller un joli papillon.
Pourtant, il donne énormément de frissons dans le dos, ne serait ce que par la musicalité du film, la bande originale du film est magistrale ! Les émotions qu’elle suscite sont contrairement au scénario bien réelles, palpitantes et jamais en demi-teinte.
Voilà le premier atout du film, le second est bien sûr la pléiade d’acteurs qui officie dans le film.
Malgré la lenteur du film, on peut apprécier ces scènes qui sont comme des instantanés, les acteurs posent, on est comme dans une galerie, admirant la beauté du décor, les traits, les émotions des personnages avec en arrière fond, cette magnifique musique.
Ce film parle de destins croisés de personnages très différents, surtout dans une France où la guerre vient d’être déclarée : la petite juive, à l’éducation anglaise qu’incarne Christina Ricci, triste et invisible mais qui renaît au milieu des tziganes surtout auprès de César, elle devient alors pétillante, charmante et souriante. Un chanteur d’opéra italien sous la coupe de John Turturro, mégalomane et pédant, le Tzigane César incarné par Johnny Depp, très énigmatique et charmeur, la russe Lola, très séductrice et manipulatrice, croqueuse d’hommes argentés.
Certes il est intéressant de porter l’attention du film sur des identités sociales si dissemblables qui se croisent mais cela est vite abrogé, trop vite peut-être. Le scénario manque de profondeur, de noirceur, l’attrait du film est trop survolé à mon goût.
Mais bon je ne suis pas scénariste …
Toujours est-il que ce film a certains bons aspects à retenir. Personnellement, je l’ai revu récemment et j’avoue que pour la musique et les émotions qu’il suscite, cela a été avec grand plaisir même si la fin me laisse toujours sur ma faim et qu’il est un brin trop aseptisé et pas assez ténébreux …