Mortimer
Genre : Fantasy, humour
Titre original : Mort
Auteur : Terry Pratchett (né en 1948) (britannique)
Traducteur : Patrick Coulton
Format : Roman (230 pages environ au format poche)
Tome 4 de la saga Les Annales du Disque-Monde
Bibliographie :
- La Face obscure du soleil (1976)
- Strata (1981)
Parutions :
- L'Atalante (~ 20 €)
- Pocket, collection Fantasy (~ 5€50)
Résumé :
La Mort pense à trouver un apprenti, histoire de se décharger un peu de sa charge. Il (Oui, la Mort se conjugue au masculin) va donc cherche Morty, un adolescent qui tient plus du pantin désarticulé qu'autre chose et qui est un embarras pour sa famille à lire tous ces livres.
Morty, lorsqu'il accepte la proposition du Voleur d'Ames, Escamoteur d'Années, l'Ultime Réalité, Moissoneur d'Humanité, le... (« CA VA, CA VA, ILS ONT COMPRIS JE CROIS »), le jeune garçon ne sait pas encore qu'il va sauver une princesse et mettre en danger toutes la réalité...
Avis personnel :
Avant de parler du présent volume, il convient de recadrer son auteur et ses Annales du Disque-Monde (tâches impossibles...). Je ne résiste pas à l'envie de vous citer un passage de sa biographie chez Pocket :
 | Citation |  |
| | |
| | | | Son hobby, prétend-il, c'est la culture des plantes carnivores, mais ceux qui croient ce qu'il dit s'exposent à un rectificatif : d'après lui ce jardin secret l'intéresse, mais nettement moins qu'on ne l'imagine ; on ne peut pas vraiment le considérer comme accro à ce périlleux passe-temps. Que dire encore de son programme politique ? Il s'engage sur un point crucial : augmentns, dit-il, le nombre des orangs-outans à la surface du globe, et les grands équilibres seront restaurés. | |  | |  |
|
Tout un personnage pas vrai ? Mais est-ce bien étonnant quand on sait qu'il est ami avec Neil Gaiman ?
Pratchett est donc un parodiste de la fantasy après s'être essayé, avec tout autant de talent, à parodier la SF. Ses Annales compte une trentaine de tomes aujourd'hui.Le Disque-Monde est un monde avec 5 continents comme le notre, mais plat. Il est porté par 4 éléphants eux-même juchés sur la grande Tortue A'Tuin qui se meut dans l'espace.
On y rencontre des personnages pour le moins suprenants comme la Mort. La Mort est du genre masculin, oui. Et elle parle COMME CA parce qu'elle est plus réelle que le commun des mortel. Il n'y a pas (forcément) de justice en ce monde mais il est toujours là. Quel bordel ce serait si les gens ne mouraient une fois qu'ils ont été tués n'est-ce pas ?
La Mort est, vous l'aurez deviné, mon personnage préféré du Disque. Il illumine (façon soleil noir) ce roman. Morty est intéressant en soi également. De toute façon il est difficile de mettre en défaut la qualité d'écriture de l'auteur anglais.
Mais un roman de Pratchett c'est plus qu'un moment de rigolade. Le britannique pourrait s'approprier à la devise des apologistes humanistes « plaire et faire plaire ». Mortimer est donc l'occasion de discuter un peu sur la mort bien sûr mais aussi le poids de l'histoire ou de la réalité. Une visite à Ankh-Morpork permet une esquisse sur la ville, les bas-fonds et la gatronomie. Et j'en passe et des meilleures.
Une dernière note sur l'extraordinaire qualité de la traduction fournie par M. Patrick Coulton, récompensé à juste titre pour ce travail sur les Annales du Disque-Monde. Et pourtant, on comprend avec un Terry Pratchett que la traduction ne se limite pas à seulement échanger un mot par un autre.